L'Artisanat du Nord du Québec: Histoire et Tradition des Mitaines Tricotées
Les mitaines tricotées sont des accessoires de mode pratiques pour les mois d'hiver froids, alliant chaleur, confort et style. Au Québec, cet artisanat est profondément enraciné dans l'histoire et les traditions des communautés locales, notamment chez les Premières Nations et dans des régions comme Charlevoix.
Les Mitaines Tricotées de St-Joachim: Un Héritage Local
La ville de St-Joachim, située dans la région de Charlevoix au Québec, est réputée pour ses mitaines tricotées à la main par des artisans locaux. Ces mitaines sont fabriquées à partir de laine douce et chaude, avec des designs traditionnels et modernes. Les designs varient selon les artisans, mais ils comprennent souvent des motifs de flocons de neige, de sapins, de caribous et de feuilles d'érable.
Le tricot est une tradition locale, avec des designs qui ont été transmis de génération en génération. Autrefois, le site Web "Artisanat St-Joachim" était une ressource précieuse pour les tricoteurs locaux, offrant des patrons de tricot pour divers articles, y compris les mitaines. Bien que ce site ne soit plus actif, de nombreux patrons restent disponibles en ligne pour ceux qui souhaitent confectionner leurs propres mitaines.
Les mitaines tricotées de St-Joachim peuvent être achetées dans des boutiques locales à Charlevoix. De plus, les artisans locaux vendent également leurs créations en ligne sur des sites de commerce électronique comme Etsy.
Les Cris et l'Artisanat: Un Savoir-Faire Ancestral
Les Cris font partie des Premières Nations Amérindiennes d’Amérique du Nord. Chacune de ces communautés a un caractère particulier qui provient de son environnement physique et de son architecture. Mais toutes sont situées proches de majestueux lacs ou rivières.
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En 1986, l’ouverture de la route de la Baie-James, la Trans-Taïga, a considérablement diminué l’isolement des villages cris. Cette route, longue de 690 kilomètres entre Matagami et Chisasibi, constitue un élément de changement important dans le mode vie des Cris. Les échanges avec l’extérieur sont, depuis, beaucoup plus faciles et importants.
La grande majorité de la population Cri parle la langue crie à la maison et dans les communautés. L’anglais est également utilisé comme langue seconde. Dans la plupart des villages, le français est la troisième langue qui gagne en popularité dans les écoles. Plusieurs organismes s’occupent de sauvegarder la présence et la qualité de la langue crie.
Les fêtes et les jeux font aussi parties des distractions des Cris et des jeunes. Tournoi de hockey, de balle molle. Mais le hockey est le sport favoris pour beaucoup. Des tournois inter-villages sont organisés chaque hiver et les familles se déplacent dans les villages pour aller soutenir les jeunes. En été ils font également des concours de canot.
Chez les autochtones, il y a un très grand nombre d’artistes. Peintres, sculpteurs. Ces oeuvres représentent souvent la nature et les animaux. Ils sculptent aussi bien le bois que la pierre stéatite. L’outarde est très souvent honoré dans les sculptures en bois de cèdre.
Les grands-mères sont de véritables artistes de la broderie. Elles brodent aussi bien les mocassins, les mitaines, les bottes de motifs très colorés. La fabrication des raquettes se fait en bois de frêne. Souple et très solide. Deux formes, soit ronde ou pointue. L’intérieur est tressé avec du cuir d’orignal.
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La télécommunication est une merveille pour les EEYOU. Après la télécopie, les Cris sont déjà à l’heure d’internet. Une entreprise de Wemindji offre même le service de réseau. L’intégration des nouvelles technologies se fait progressivement et aura une répercussion importante dans l’ouverture des cultures.
Chaque village a aussi une radio locale qui émet toute la journée la vie du village et de la musique. C’est un lien pour beaucoup de famille. La nation Cri a son propre magazine « The Nation » qui existe depuis 1994. EEYOU : Homme en langue crie.
Atikuss: Un ÉCONOMUSÉE® Autochtone
Au Québec et ailleurs au Canada, la chance nous est donnée d’entrer dans les coulisses de toutes sortes de savoir-faire artisanaux grâce à la Société du réseau ÉCONOMUSÉE®. À même leurs lieux de création, de production et d’exposition, ces artisans lèvent le voile sur leur activité par le biais de parcours d’interprétation, de visites guidées ou virtuelles, d’activités ou encore d’ateliers.
Chez Atikuss, atelier-boutique fondé en 2014 par Josée Shushei Leblanc, les créations mises en valeur nous font remonter le temps de plusieurs millénaires. Les « Bottes de l’espoir » sont le produit phare d’Atikuss. On peut également se procurer des mukluks et des mocassins, mais aussi divers vêtements, bijoux et accessoires tels que des sacs à mains, des mitaines ou des chapeaux de fourrures provenant de différentes communautés autochtones du Québec.
À la fois empreints de tradition et très en phase avec la mode, chacun de ces objets faits main révèle la dextérité des artisanes autochtones qui les ont confectionnés. Quand elle s’est lancée dans l’aventure Atikuss il y a près de 10 ans, Josée Shushei Leblanc avait aussi en tête de répondre à la menace pesant sur la perpétuation des savoir-faire traditionnels en raison des trop faibles rémunérations perçues par les artisanes autochtones, eu égard à la quantité et à la qualité du travail qu’elles fournissent.
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Avec les Bottes de l’espoir, entre les employées innues de l’atelier et les artisanes qui œuvrent au perlage, ce sont déjà des centaines de femmes autochtones qui ont été soutenues par Atikuss. Au-delà des retombées pour les communautés, la sauvegarde de ce patrimoine vivant favorise encore d’autres valeurs, des principes qui sont dans l’ADN même de la culture autochtone depuis des millénaires, tels la chasse responsable, l’utilisation raisonnée et durable des matières premières et le non-gaspillage.
À Ushuat en Côte-Nord, en poussant la porte du premier ÉCONOMUSÉE® autochtone qui a pris place à l’atelier-boutique Atikuss, on est sensibilisé à ces valeurs communes aux Premières Nations. L’atelier-boutique offre par ailleurs une fenêtre sur l’art de toute une diversité de communautés autochtones du Québec, à travers les objets et œuvres présentées.
À l’occasion de la visite guidée, on en apprend davantage sur la façon dont les mocassins étaient jadis confectionnés, sur le tannage des peaux, sur les méthodes de tissage, de perlage et de décoration des bottes, ou sur les différents animaux totems qui ornent les semelles de ces dernières. En compagnie des artisanes autochtones, on peut apprendre à confectionner son propre tambour traditionnel ou un capteur de rêve, et même être initié aux secrets du perlage.
Apprendre à tricoter des mitaines : tutoriel débutant complet
Les Atikamekw et leur Artisanat
Peuple autochtone du Canada originaire de la rivière St Maurice au Québec et dont le territoire chevauche les régions de l’Abitibi, le lac St Jean, la Muricie et Lanaudière. Ce territoire couvre 80.000 km2 et porte le nom de Nitaskinan qui veut dire Notre terre.
Les femmes confectionnaient des mitaines, des manteaux et des mocassins en peau d’orignal. Les ornements des vêtements qui diffèrent d’un peuple à un autre et les distinguent était constitué de clochettes fabriquées dans des os vidés de leur moelle et recouvraient les habits de cérémonie.
Fabrication de raquettes pour se déplacer sur la neige en observant les perdrix qui savent marcher sur la neige. Les raquettes étaient fabriquées avec des lanières de cuir de caribou ou d’orignal et du bouleau.
Des paniers d’écorce de plusieurs formes étaient fabriqués en racines et écorces de bouleau pour y stocker les aliments.
Le canot attikamek avait des extrémités élevées et servait à la traite des fourrures.
Les 6 Saisons et leur Influence sur l'Artisanat
Leur vie est réglée selon le cycle de leurs 6 saisons. Chaque saison dure deux mois et à des activités spécifiques :
- Pré printemps- SIKON(mars/avril): début de la fonte des neiges. Récolte d’eau d’érable.
- Printemps - MIROSKAMIN(mai/juin): période du bourgeonnement des arbres et de la floraison. Chasse avec le retour des oiseaux migrateurs.
- Eté - NIPIN(juillet/août): fabrication de l’équipement de chasse (hommes) cueillette des fruits sauvages (femmes)
- Automne - TAKWAKIN(septembre/octobre): les jours raccourcissent, les hommes sont prêts à partir sur leur territoire, les femmes fabriquent les équipements pour l’hiver. C’est la saison de la chasse à l’ours qui est utile pour faire les réserves de graisse pour l’hiver.
- Pré hiver - PITCIPIPON(novembre/décembre): la neige recouvre le sol, derniers préparatifs avant l’hiver.
- Hiver - PIPON(janvier/février): déplacements fréquents sur le territoire. Les femmes préparent les peaux.
Conclusion
Les mitaines tricotées du nord du Québec sont bien plus que de simples accessoires d'hiver. Elles incarnent un héritage riche et diversifié, transmis de génération en génération par les artisans locaux et les communautés autochtones. Que ce soit à St-Joachim, chez les Cris ou les Atikamekw, cet artisanat témoigne d'un savoir-faire unique et d'une profonde connexion avec la nature et les traditions ancestrales.
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