L'Artisanat du Zimbabwe: Histoire et Techniques

Au cœur du Zimbabwe, les femmes perpétuent l'art ancestral des cases peintes aux motifs géométriques uniques. Dans le sud-ouest du Zimbabwe, au cœur du majestueux parc national de Matobo, les femmes perpétuent un art traditionnel unique : la peinture de cases en terre aux motifs géométriques audacieux.

Femme africaine peignant une maison traditionnelle

Un savoir-faire traditionnel qui séduit jusqu'en Europe et offre de nouvelles perspectives économiques à ces artistes talentueuses. Ces peintures de maisons en terre ont gagné en notoriété. Leurs motifs se retrouvent dans la mode et le design jusqu'en Europe, apportant des revenus non négligeables aux artisanes de ce coin rural d'Afrique australe.

La Tradition de la Peinture Murale Ndébélé

La peinture de huttes est une tradition ancienne du peuple Ndébélé. Peggy Masuku, 54 ans, est l’une des artistes les plus douées de cette tradition. Tout a commencé lorsque sa belle-mère lui a confié la tâche d’étaler une pâte de bouse de vache sur les murs et les sols des huttes, une technique d’entretien ancestrale. Aujourd’hui, Peggy excelle dans la peinture des murs extérieurs, créant des motifs géométriques complexes à partir de pigments naturels de terre, de charbon et de cendre. Les artistes comme Peggy utilisent des mélanges de pigments issus de la terre, du charbon et des cendres pour créer les tons mats si caractéristiques de leurs œuvres. Comme l’explique l’historien culturel Pathisa Nyathi, les motifs étaient autrefois imprégnés de symbolique, reflétant la vision du monde, les croyances et les valeurs de ces communautés. Au fil du temps, les significations se sont perdues et, en raison de l'interaction avec d'autres cultures, notamment occidentales, l'accent est désormais mis sur l'esthétique.

A 54 ans, elle est reconnue parmi les plus douées des femmes qui maîtrisent cet art traditionnel dans le paysage somptueux du parc national de Matobo, entre collines de granit et rochers en équilibre qui sont autant de repères spirituels. Pour la discrète Peggy Masuku, tout a commencé lorsque sa belle-mère lui confie, en tant que plus jeune fille de la famille, la tâche d'étaler une pâte de bouse de vache sur les murs et les sols des huttes, technique traditionnelle d'entretien des structures. "Elle veillait à ce que je le fasse à la perfection. Au début, j'ai cru qu'elle abusait, avant de comprendre que c'était la meilleure formation", confie-t-elle à l'AFP. Après, elle est passée à la peinture des murs extérieur des cases en terre battue, "comme le font les femmes âgées", et avec le temps, est devenue "très habile".

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Reconnaissance et Perspectives Économiques

La beauté des cases peintes du Zimbabwe a tapé dans l’œil de Véronique Attala, une Française installée dans la région depuis plus de 30 ans. La reconnaissance est venue quand elle a remporté plusieurs fois un concours local annuel créé en 2014 par une Française installée dans la région depuis plus de 30 ans. Cette dernière, Véronique Attala, se souvient de son émotion lorsqu'au cours d'une randonnée, elle était "tombée par hasard sur une case magnifiquement décorée" dans le site classé par l'Unesco qui compte l'une des plus fortes concentrations de peintures rupestres d'Afrique. Ce coup de projecteur a ouvert de nouvelles perspectives. La Collection Matobo, un projet mené par l’ambassade allemande, explore désormais le potentiel commercial de ces créations en les reproduisant sur des supports variés comme des tissus, des pots de fleurs ou des abat-jour. Le projet de la Collection Matobo aide à trouver des marchés, notamment à l'étranger, les artistes recevant un droit de licence pour leurs dessins et des redevances pour chaque vente.L'ambassade a fait appel à des avocats spécialisés pour aider les femmes à s'y retrouver dans les questions de droits d'auteur et de compensation. "L'objectif est de promouvoir l'art de ces femmes et, par conséquent, de sensibiliser à ce patrimoine culturel unique", explique l'attachée culturelle de l'ambassade, Katrin Simon.

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Maisons peintes à Matobo, Zimbabwe

Encouragée par son succès, Peggy Masuku a reçu une commande pour peindre des bâtiments près des chutes Victoria, la principale attraction touristique du Zimbabwe, ce qui, elle l'espère, débouchera sur d'autres projets. Elgar Maphosa, autre peintre de maisons, se dit impressionnée que les traditions de sa région "soient arrivées si loin". "C'est une pratique routinière", souligne cette femme de 58 ans. "Je n'ai jamais imaginé que j'en tirerais un jour un revenu".

Transmission aux Générations Futures

Fières de leur art, les peintres de cases comme Peggy Masuku ou Patience Ndlovu s’attachent à transmettre leur savoir-faire aux nouvelles générations. Son amie Patience Ndlovu, 58 ans, enseigne son art à sa fille fonctionnaire de 26 ans, Nozipho, qui se dit "fière" de s'inscrire dans les pas des générations précédentes. Nozipho, la fille de Patience, perpétue ainsi la tradition avec enthousiasme malgré son emploi de fonctionnaire. Avec la reconnaissance grandissante de leur art, aussi bien au Zimbabwe qu’à l’international, ces femmes talentueuses voient s’ouvrir de nouvelles opportunités. C’est une pratique routinière. À travers leur art ancestral, ces femmes résilientes prouvent que la tradition peut être source d’émancipation économique.

La Sculpture Shona: Un Mouvement Artistique Majeur

Connu comme un vivier artistique, le Zimbabwe fait honneur à sa réputation. Depuis près d’un siècle, la sculpture shona renouvelle le genre. Le travail de la pierre atteint dans ce pays d’Afrique subsaharienne une inventivité rarissime. La serpentine confère aux œuvres une grâce particulière. Dès les années 1970, les artistes zimbabwéens ont fait retentir leur créativité sur la scène de l’art international. Les principaux thèmes illustrés reprennent la mythologie shona, dont la métamorphose humain-animal. Par tradition, la pierre de prédilection des sculpteurs est la stéatite.

Sculpture Shona

Jairos Jiri (1921-1982), surnommé Baba ou père, a grandement favorisé l’essor de la sculpture shona. Par le biais de l’association Jairos Jiri, il entreprend d’enseigner aux personnes porteuses de handicaps des compétences artistiques (peinture, sculpture, vannerie, orfèvrerie, etc.). En 1957, quand Frank McEwen prend la direction de la galerie nationale d’Harare, les artistes shona ont enfin un lieu où travailler et exposer. McEwen organise pour eux des expositions collectives en France et au Royaume-Uni.

Les Paniers Bolga: Un Art Traditionnel du Ghana

L’histoire des paniers Bolga est intimement liée à l’histoire du peuple GURUNSI lui-même. Les paniers Bolga, loin d’être de simples objets utilitaires, possèdent une valeur historique inestimable. Les paniers Bolga tirent leur nom de la ville de Bolgatanga, où la tradition de vannerie est profondément enracinée. Les motifs et les techniques de tissage peuvent varier, reflétant les traditions et les histoires locales. Les paniers Bolga possèdent une histoire culturelle fascinante. Initialement utilisés pour des tâches domestiques telles que la récolte et le transport des vivres, ces paniers ont gagné en popularité grâce à leur durabilité et leurs motifs colorés. Les motifs et les techniques de tissage varient, chaque panier racontant une histoire unique et jouant un rôle crucial dans les rites et cérémonies, tels que les mariages, les funérailles et les fêtes communautaires.

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Les paniers décoratifs Bolga sont fabriqués principalement à partir des herbes d’éléphant , une herbe robuste et flexible. Cette herbe est récoltée, séchée et teinte avant d’être tissée. Les teintures naturelles et synthétiques ajoutent des couleurs vives et variées aux paniers. Nous collaborons avec des artisans qui vivent de leur passion et nous transmettent leur talent et leur culture d’exception à travers ces œuvres d’art. Ils confectionnent les paniers Bolga au quotidien et les revendent sur des marchés. Pour les artisans, chaque création est une pièce unique, un reflet de leur histoire personnelle et de leur identité culturelle. En collaborant avec les artisans des communautés locales, nous leur offrons des opportunités d’emploi et participons à une meilleure qualité de vie.

Le Patrimoine Architectural du Zimbabwe

Encore peu connu, le patrimoine architectural du Zimbabwe est pourtant fascinant ! Saviez-vous que le pays abrite les vestiges d'une des plus grandes civilisations africaines après celle des pharaons ? Les sites du Great Zimbabwe et de Khami sont les chefs-d'œuvre d'une architecture de pierre pensée par les Shona. Zimbabwe signifie d'ailleurs « maison de pierre ». D'autres riches cultures y ont laissé leur empreinte, telle celle des Ndebele et leurs superbes maisons peintes. De l'époque coloniale, le pays a conservé une architecture typique aux accents résolument éclectiques. À l'indépendance, le pays se tourne vers le néovernaculaire, symbole de son identité retrouvée. Mais très vite, il fait face à des défis urbains et démographiques qu'il peine aujourd'hui encore à juguler.

Great Zimbabwe et Khami: L'Architecture de Pierre des Shona

Le monument national du Great Zimbabwe est sans doute le plus célèbre site du pays. Cette cité médiévale, qui a prospéré entre 1100 et 1450, était alors la capitale du vaste empire shona. C'est là que s'est développée l'une des plus grandes civilisations africaines après celles des pharaons et que beaucoup ont surnommé « la civilisation de pierre ». Les Shona possédaient une technique bien particulière de travail de la pierre : ils la plongeaient dans un feu très chaud, puis versaient de l'eau dessus afin de pouvoir la rendre plus facilement taillable. Voilà qui explique la qualité des assemblages réalisés sans l'aide d'aucun mortier.

Great Zimbabwe

Si le site du Great Zimbabwe illustre l'idée d'une architecture pensée comme une extension de l'environnement naturel, les ruines de Khami (Khami Ruins), elles, témoignent de l'avènement d'une architecture pensée pour modeler et modifier l'environnement. Capitale du royaume de Butua gérée par la dynastie shona des Torwa, Khami a supplanté le Great Zimbabwe au XVIe siècle.

Les Ndebele sont aujourd’hui connus dans le monde entier pour la richesse des formes et couleurs de leur habitat traditionnel. Les hommes sont en charge de la construction : charpente de bois, toiture de chaume, murs d’argile et de boue. La maison est le plus souvent rectangulaire avec une cour en façade et un mur d’enceinte protecteur. Une pièce extérieure, sorte de petit pavillon, est réservée à la cuisine et au lavage. Les femmes, elles, se chargent de la décoration, c’est-à-dire de l’identité même de la maison.

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Architecture Coloniale et Post-Indépendance

Les villes d'Harare et de Bulawayo conservent un urbanisme tracé au cordeau typique de la période coloniale. En matière architecturale, l'éclectisme est de rigueur. Les bâtiments officiels se font davantage néo-Renaissance avec leurs loggias et arcades, ou néoclassiques avec la sobriété de leurs lignes tout en symétrie. À la suite de son indépendance, le Zimbabwe connaît une migration massive des zones rurales vers les zones urbaines, notamment dans la capitale. Mais le manque de logement entraîne la prolifération des bidonvilles. Le premier à faire l'objet d'une réhabilitation est celui de Dzivarasekwa. Les habitants y ont été formés à la plomberie et à la maçonnerie, ont participé à la construction de maisons, à l'installation d'infrastructures sanitaires, à l'asphaltage des routes, mais aussi à la mise en place de solutions écologiques telles que le tri des déchets ou l'éclairage à énergie solaire.

De nombreux projets offrent une approche originale et novatrice de l'architecture, à l'image de l'Eastgate Center. Conçu par Mike Pearce, ce centre commercial est un parfait exemple de l'architecture biomimétique. Il a été conçu sur le modèle des termitières dont les milliers de petits trous assurent une ventilation naturelle constante et le maintien d'un climat stable.

Tableau Récapitulatif des Formes d'Artisanat

Type d'Artisanat Techniques Matériaux Signification Culturelle
Peinture murale Ndébélé Mélange de pigments, application sur les murs Terre, charbon, cendre Expression de la vision du monde et des valeurs
Sculpture Shona Taille de la pierre Serpentine, stéatite Représentation de la mythologie shona
Paniers Bolga Vannerie Herbes d'éléphant Objets utilitaires et symboliques
Architecture Shona Assemblage de pierres sans mortier Granit Extension de l'environnement naturel

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