L’artisanat des instruments de musique en bois au Costa Rica: diversité autochtone et savoir-faire
Le Costa Rica compte actuellement 8 communautés autochtones, réparties sur 23 territoires dans l’ensemble du pays. Les communautés indigènes du Costa Rica Maleku : Le peuple Maleku est également connu sous le nom de « Guatuso ». Cette communauté a encore une très forte autonomie culturelle et elle souhaite la conserver. Les Malekus ont toujours gardé leur propre langue, leur façon de cuisiner, leurs recettes, leurs danses ancestrales… Ils continuent d'élever leurs enfants selon les rituels et les traditions de la communauté. Lorsqu’une personne décède chez les Malekus, elle est enterrée à proximité de sa famille : près des habitations, une manière de rendre hommage au défunt.
Bribri : La communauté indigène des Bribri est une des plus importantes du pays avec près de 17 000 habitants qui se répartissent en 4 zones. Sur la côte Caraïbes : Talamanca, Cocles et dans le Pacifique Sud Salitre et Cabagra. Cette communauté est très ouverte vers l’extérieur, elle reçoit régulièrement des voyageurs qui souhaitent découvrir leur culture de plus près. Ils construisent leurs propres maisons : des habitations coniques typiques de Talamancan. Concernant leur religion, ils croient en leur propre dieu (Sibö) et procèdent, eux aussi, à des enterrements autour de leur maison. Côté artisanat, ils fabriquent des instruments pour la chasse, la pèche mais également pour la musique avec le Güiro, le Sabak (tambour), le Maraca et l'utilisation du Dúk (escargot). Certaines de leurs traditions et coutumes sont légèrement similaires à celles d'un peuple voisin, les Cábecares. Pour découvrir davantage les Bribri, nous organisons des courts séjours au sein de la communauté.
Cábecar : C'est la deuxième plus grande ethnie du pays avec une population de plus de 10 000 habitants dans le pays. Il y a 8 réserves qui composent l’ensemble du territoire Cabécar : Ujarrás, Chirripó Arriba, Bajo Chirripó, Nairi Awari, Tayní, Kekoldi et Talamanca Cabécar. Les Cabécaras vivent essentiellement de la culture agricole (café, cacao, banane…) et de la chasse. En plus de la langue espagnole, ils conservent tant bien que mal leur langue typique, une manière de conserver leur culture. Excellents en artisanat, ils fabriquent de magnifiques sacs et hamacs.
Borucas : Aussi connus sous le nom de Brunkas, cette communauté se trouve dans la réserve Bocura Curre mais aussi à Puerto Cortés et Palmar Norte. L’incroyable Fiesta de los Diablitos a lieu à Boruca Curre. Cette célébration sous forme de procession dure trois jours et a lieu chaque année : du 31 décembre au 2 janvier. Cette fête symbolise l'effort constant des communautés indigènes pour défendre ses traditions, ses coutumes, ses croyances, sa langue…
Terraba ou Teribe : Situé dans le canton de Buenos Aires. Ce groupe se démarque grâce à son artisanat avec ses magnifiques masques en bois, divers instruments de musique comme des tambours, des maracas et des flûtes.
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Chorotega : Ils sont situés dans les provinces de Guanacaste et Puntarenas. Bien que cette communauté n’ait pas gardé sa langue natale, elle a su préserver ses recettes typiques à base de maïs, ses connaissances curatives de nombreuses plantes médicinales ainsi que son savoir-faire d’exception autour de la poterie. Afin de sauver l'histoire et les coutumes de ce peuple, un musée a été créé : l’écomusée de la céramique de Chorotega, un projet mené par ses propres habitants qui avaient à cœur de partager l’histoire de ses ancêtres.
Huetár : C’est la communauté indigène la plus proche de la Vallée Centrale. Malgré le fait qu’elle a délaissé sa langue depuis le 18ème siècle, ce peuple a su préserver ses traditions grâce à la musique (le marimba et les maracas notamment) mais aussi grâce à l’élaboration de la chicha et leurs connaissances des plantes médicinales.
Ngobe - Bugle : Ce peuple, initialement originaire du Panama où sa culture est encore profondément enracinée, est arrivé au Costa Rica depuis des centaines d’années. Ils ont gardé l’intégralité de leur langue d’origine sans jamais la voir disparaître. Les femmes de la communauté Ngobe sont les seules du pays à conserver leur costume traditionnel au quotidien. Elles portent ce magnifique vêtement qui se compose d’une longue chemise aux couleurs vives avec des formes géométriques sur la poitrine et sur les manches. Ces instruments de musique font partie de ce qui rend la musique costaricienne si unique par rapport au reste du monde. Les instruments les plus insolites et les plus traditionnels seraient le Quijongo, l’Ocarina et la Carraca. Le Quijongo est un bâton en bois flexible, fait sous la forme d’un arc par une ficelle de chanvre. Un pot au centre sert de caisse de résonance. Il est joué en battant sur la corde accordée ; en changeant la façon dont vous couvrez la bouche du pot avec vos doigts, cela produit un son oscillant comme le vent qui siffle dans les arbres. L’Ocarina est très différente du Quijongo, elle tient dans votre paume et comporte deux à six trous, produisant des échelles de trois, quatre, cinq, six et sept sons, sans parler des sons obtenus couvrant la moitié des trous lorsque vous soufflez dans cet instrument de musique. Le plus inhabituel de tous ces instruments est sans doute la Carraca, également appelée «Quijada de Burro». La mâchoire n’est pas nécessairement celle d’un âne ; elle pourrait aussi provenir d’un cheval. Il s’appelle «carraca» (hochet) car le son qu’il émet lorsqu’il est joué est similaire au son produit par un canard femelle («carraca»). C’est aussi un instrument d’une grande richesse sonore. Les instruments ci-dessus ne sont pas vraiment des instruments de musique “utilisables” par vous. Un autre instrument utilisé au Costa Rica que vous connaissez très certainement est la guitare espagnole, à peu près la même que toute guitare acoustique. On n’associe pas le Costa Rica à une destination culturelle. En effet, ce n’est pas l’activité la plus développée. Le centre costaricain de l’artisanat se trouve à Sarchi. C’est un petit village à 25 km au Nord Ouest de San José. Depuis le XIXè siècle, on y fabrique des chars à bœufs en bois. Ces charrettes qui servaient autrefois à transporter les grains de café. C’est sur la route de Sarchi que nous avons eu un pneu crevé. Donc après quelques détours et allers-retours au B&B, nous sommes arrivés à Sarchi. Au centre ce village de 3000 habitants se trouve une grande église verte, un peu en hauteur. Comme toutes les églises que nous avons croisées, elle était fermée. La rares fois où nous en avons vues ouvertes, c’était lors des offices. Sur la place au-dessous, entre les bancs et les arbustes, est présentée une charrette géante. C’est la plus grande au monde. Autour, nous découvrons les maisons basses, colorées. En général, il n’y a pas d’étage. Sauf quand les constructions sont en zone pentue. Nous avons été frappés par la présence de grilles sur les façades. Sans doute un fort sentiment de propriété ? Sur les conseils de notre hôte, nous sommes allés à l’atelier Eloy Alfaro. Il doit y en avoir d’autres, peut être moins touristiques. La menuiserie semble sortie d’une autre époque. Le bois est taillé et mis en forme, puis teint. Ensuite, des peintres sont chargés de la décoration. Les motifs sont aussi détaillés que colorés. Certaines sont couvertes d’oiseaux multicolores comme ceux qui volent partout dans ce pays. Beaucoup présentent une ornementation qui m’a semblée assez typique avec des fleurs, des motifs géométriques et des spirales. Le bois est finalement verni. Les artisans fabriquent aussi des fauteuils en bois et des hamacs. C’était intéressant, bien qu’assez rapide.
Les instruments de musique en bois jouent un rôle crucial dans l’identité culturelle des peuples costaricains. La marimba, symbole historique et identitaire, est particulièrement liée à la région de Guanacaste et de Puntarenas et est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2010. Le son des barres, produit par des baguettes de guaitil, et le cadre souvent en cèdre, teca ou guapinol, témoignent d’un savoir-faire transmis de génération en génération. Les marimbistas et les constructeurs de marimbas perpétuent une tradition vivante, présente dans les marchés et lors des fêtes à travers le pays.
Marimba instrument made in Zimbabwe
Parallèlement, l’artisanat des autres communautés s’exprime dans des objets et instruments variés - guiros, sabaks, tambours, flûtes et carracas - reflétant des savoir-faire locaux et des approches écologiques à la sélection des matériaux. Des musiciens et artisans s’impliquent aussi dans des initiatives internationales de conservation des bois, montrant une conscience mondiale autour de la durabilité des ressources forestières utilisées dans la facture instrumentale. Des projets comme l’AplG et des initiatives européennes encouragent l’utilisation de bois locaux et le développement d’outils pour l’éco-conception des instruments.
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Le Costa Rica est aussi un terrain fertile pour le développement d’un artisanat musical engagé: des musiciens et artisans œuvrent pour préserver les traditions tout en explorant des pratiques contemporaines et responsables vis-à-vis des ressources forestières-un équilibre entre héritage culturel et durabilité.
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