Techniques et histoire de l’artisanat du collier ras-du-cou en ferronnerie d’art
Le collier ras‑du‑cou, appelé aussi choker, est un bijou court qui se place serré à la base du cou. Sa longueur varie généralement entre 30 et 40 cm, ce qui lui permet d’épouser parfaitement le cou sans tomber sur le décolleté. Il peut être constitué de chaîne en métal, de perles, de ruban, de velours ou de tissu. Ses attaches varient selon les matériaux : crochet, fermoir classique, velcro ou simple nœud pour les modèles en tissu.
Un lien entre ferronnerie d’art et joaillerie : compétences et outils
La base du métier est le dessin, car le ferronnier est avant tout un créateur, il conçoit et réalise des ouvrages dans divers métaux tels que le fer, le cuivre ou encore inox en passant par l’acier et bien d’autres… Il travaille essentiellement dans sa forge avec le même matériel composé de moules, de fours, de marteaux, de burins et de pinces. Les ferronniers sont des techniciens de très haut niveau qui connaissent bien leur métier et la matière qu’ils travaillent. « C’est un métier qui allie à la fois la précision et la finesse. »
La ferronnerie n’est pas le seul métier à travailler les métaux, il y a notamment le forgeron qui forge le métal pour produire principalement de l’utilitaire. À l’époque, le forgeron était le seul à pouvoir fournir des outils pour les autres métiers. Certains artisans vont bien plus loin que la création ou que l’application de techniques traditionnelles pour concevoir des pièces. En effet, ils vont inventer et mettre en place des savoir-faire afin de rendre leurs pièces encore plus uniques.
Spécialisation et transmission des savoirs
« Beaucoup de savoir, il y a beaucoup de choses très anciennes et qui sont transmises depuis longtemps surtout du savoir par rapport au outil, par rapport à la maîtrise de certaines pièces dans la réalisation. » Armel Mazière (professeur de ferronnerie d’art) témoigne : « J’ai découvert le métier de ferronnerie d’art dans le sud de la France vers Toulon. J’ai passé mon CAP là‑bas et ensuite, j’ai passé mon brevet de maîtrise chez les compagnons du devoir. »
« Dans un premier temps, j’étais spécialisé dans la restauration des portes anciennes, les patines de serrure, les serrures, de différentes époques et de différentes régions. Ensuite, je me suis spécialisé dans les rampes d’escalier de la période classique. Ce sont des domaines qui sont complètement différents et qui sont extrêmement complexes. Et il y a énormément de spécialisation complexe et très intéressante dans ce métier‑là. »
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Techniques de travail du métal pertinentes au collier ras‑du‑cou
La conception et la structure des colliers ras‑du‑cou, avec leur nature très ajustée, exigent des mesures et un savoir-faire précis pour garantir un ajustement confortable et une esthétique attrayante. Fabriqués à partir de divers matériaux tels que les métaux précieux, les diamants naturels, les pierres précieuses ainsi que les perles ; les tours de cou présentent également des détails tels que le travail en filigrane, la gravure et le sertissage de pierres, qui mettent en valeur le savoir-faire des artisans. En outre, des fermoirs ou des attaches bien conçus garantissent à la fois un port sûr et une facilité d’utilisation.
Les forgerons et ferronniers utilisent des techniques variées : la coulée à la cire perdue, le filigrane, la granulation, le gaufrage et le repoussé. La coulée à la cire perdue permet la production en série d’éléments populaires, le filigrane crée des motifs délicats à partir de fils torsadés, la granulation applique de minuscules sphères métalliques pour décorer, tandis que le repoussé donne du relief aux surfaces métalliques.
Adaptation des techniques aux colliers ras‑du‑cou
Le travail de filigrane, créant des motifs à partir de fils torsadés fins soudés sur des surfaces, et la granulation, appliquant de minuscules sphères métalliques en arrangements décoratifs, produisaient des effets délicats sur des pièces de haut statut. Le gaufrage et le repoussé - le martelage de tôles métalliques par derrière pour créer des motifs en relief - apparaissaient sur des montures décoratives. Pour les colliers ajustés, ces techniques nécessitent une grande précision pour conserver confort et harmonie autour du cou.
Histoire du ras‑du‑cou : de l’Antiquité à la mode contemporaine
Les colliers serrés ne sont pas une invention moderne. Ils se rencontrent dans de nombreuses cultures. Des bijoux antiques en or et en pierres précieuses trouvés en Égypte ou en Mésopotamie montrent des colliers ajustés au cou. Vers 2500 avant J.-C., les Sumériens ont été les premiers à porter des colliers ras‑du‑cou en or. Les pharaons au pouvoir en Égypte arboraient également des colliers et pensaient que les tours de cou avaient des pouvoirs spéciaux de guérison et de protection.
Imaginez un instant la reine Cléopâtre, sur son trône et portant un immense tour de cou, fait d’or et de perles semi‑précieuses. Dans les anciennes cultures mésopotamiennes et égyptiennes, les colliers ras du cou étaient utilisés comme outils de guérison et étaient censés être dotés de pouvoirs protecteurs. Les colliers étaient utilisés pour se protéger du mal et du mal, ils étaient donc généralement en or, représentant Ra, le dieu du soleil.
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Au XVIᵉ siècle, Anne Boleyn, reine consort d’Angleterre, popularise le collier ras‑du‑cou en perles orné d’une lettre B et diffuse la tendance dans la cour anglaise. Pendant la Révolution française, des femmes portent un ruban rouge autour du cou pour symboliser les victimes de la guillotine. Dans les années 1920 et 1940, le collier ras de cou est fabriqué avec du ruban, dentelle et perles symbolisant glamour et luxe.
Les colliers ras de cou ont du se réinventer pour plaire à la génération actuelle. « Les amateurs de colliers ras‑de‑cou modernes préfèrent des formes et des designs recherchés ainsi que des montures ouvertes. Alors que l’époque victorienne préférait les designs complexes, les pièces qui comportent des pierres de grande taille sont aujourd’hui populaires, de même que les colliers de style riviera plébiscités par les mariées. »
Réapparitions et icônes
Crédits Photo : La princesse Diana dans sa revenge dress (robe vengeance), portant un somptueux ras‑de‑cou. L’effervescente Princesse Diana a porté un collier ras‑de‑cou en perles, diamants et saphir avec une séduisante robe noire, ce que beaucoup considèrent comme sa « robe de la vengeance » en 1994. Gwyneth Paltrow a marqué l’histoire des colliers ras‑de‑cou en portant un collier Harry Winston en diamants naturels lors de la cérémonie des Oscars en 1999. Ces « réapparitions » prouvent que les ras‑de‑cou sont intemporels.
Les colliers ras‑du‑cou vont avec tout et sont donc faciles à porter. En raison de leur position haute dans le cou, ils ne passent pas inaperçus. En fait, ils s’adaptent avec toutes les tenues avec n’importe quel type d’encolure, qu’il s’agisse d’une encolure en U, en V ou en cœur. « Il est également très glamour sur une tenue à col montant bien ajustée, en particulier sur une couleur plus foncée », conseille Mme Garg.
Variations matérielles et esthétiques
Il existe une grande variété de collier ras de cou selon le matériau utilisé. Les modèles en métal et pierres sont composés de chaînes fines ornées de perles ou de pendentifs. Ils confèrent un style intemporel et sophistiqué. Ceux en cuir et velours rappellent l’esthétique punk ou gothique. Cette matière apporte une touche rock tandis que le velours évoque le romantisme victorien.
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Les colliers en dentelle et tissu, variante douce et bohème, sont au cœur de l’identité de certaines maisons contemporaines. Les colliers en tissu brodé avec fil satiné se distinguent par leurs motifs floraux et leur confort, et s’intègrent parfaitement dans la tendance des bijoux romantiques. Les modèles en tissu sont hypoallergéniques, faciles d’entretien, originaux et souvent fabriqués de façon responsable.
Longueur et confort : choisir le bon ras‑du‑cou
La longueur d’un collier ras‑du‑cou doit être adaptée à la morphologie du cou pour mettre en valeur la silhouette. Les guides de style recommandent les options suivantes :
- Colliers de 30 à 35 cm : longueur classique du choker, serré à la base du cou.
- Colliers de 35 à 40 cm : légèrement plus longs, ils offrent plus de confort et conviennent à la majorité des cous standards.
- Cou long : les ras‑du‑cou mettent en valeur la longueur sans l’exagérer. Les colliers mi‑longs ou longs permettent la superposition.
Pour choisir la bonne longueur de collier ras‑du‑cou, il est conseillé de mesurer son tour de cou et d’ajouter 2 cm pour un choker confortable. Les modèles modulables et ajustables offrent une marge pour adapter la longueur à chaque morphologie.
De l’artisanat traditionnel à l’innovation
Retour sur ces artisans d’arts, pionniers d’une technique. Le tourneur d’art sur bois est aujourd’hui un grand nom de l’artisanat d’art, et ce, grâce à une technique qu’il a inventée et qu’il est encore le seul à maîtriser. Dans son atelier de Goncelin, Pascal Oudet a mis au point une technique pour sabler le bois en transparence. Ce procédé lui permet de créer une véritable dentelle de bois dont le motif suit le dessin des cernes.
Marie‑Anne Thieffry, sculptrice de carton, détourne ce matériau de récupération pour révéler son histoire et les multiples possibilités de le façonner. Après avoir travaillé dans la publicité et au hasard d’une rencontre avec la matière, Marie‑Anne Thieffry débute son travail autour du carton. Elle l’expérimente et recherche par elle‑même différentes techniques pour réaliser ses créations uniques.
Tzuri Gueta est designer textile. Son travail se situe à la croisée de l’artisanat, de l’art, et du design. Il a conçu et développé une matière inédite, faite de silicone et de textile. Dans son atelier du Viaduc des Arts, il crée des bijoux uniques à partir de cette dentelle siliconée. La matière a un rendu visuel unique, et invite au toucher.
Miki Nakamura est une artiste unique au monde. Cette japonaise réalise ses sculptures à partir de fibre de mûrier, traditionnellement utilisée pour fabriquer le papier en Asie. Elle compose ainsi ses sculptures, alliant une grande finesse des gestes à une parfaite connaissance de la matière. La technique demande une grande minutie.
Ces exemples montrent que, si la tradition reste au cœur de l’artisanat, l’innovation matérielle et technique permet de réinventer le collier ras‑du‑cou, qu’il soit en métal travaillé à la main ou en matières nouvelles et sensibles au toucher.
Métier d'art Ferronnier-forgeron, Forge et Style, Thibault KLUKASZEWSKI
Tenue et symbolique des artisans
Historiquement, le largeot était le pantalon de travail traditionnel conçu pour les charpentiers. Le largeot est devenu un emblème de tradition et d’élégance, par son histoire et par l’image qu’il véhicule. Véritable vêtement de métier, il est d’ailleurs très aimé chez les métiers dont le savoir‑faire est ancestral. Les ferronniers ne dérogent pas à la règle, la tenue du ferronnier est composée d’un pantalon robuste et résistant en coton de couleur noir, le plus souvent un largeot. Pour compléter la tenue, une chemise ou un tee‑shirt au coton car le coton a la caractéristique de ne pas brûler vite. il faut rajouter un tablier en croûte de cuir et des chaussures de sécurité.
Collier ras‑du‑cou : usages culturels et symboliques
Dans la tradition indienne, les ras‑de‑cou appelés “guluband” sont portés depuis des siècles. En Inde également, les tours de cou ont une histoire importante et revêtent une signification culturelle et symbolique profonde. Les colliers ras du cou étaient utilisés comme amulette et ornés de breloques ou de pendentifs. En Égypte, les femmes enceintes portaient des colliers avec de petits pendentifs en forme d'hippopotame, symbolisant Taweret, la déesse de l'accouchement et de la fertilité.
Les bijoux vikings, quant à eux, montrent la diversité des usages symboliques et techniques dans l’histoire des ornements portés autour du cou et du corps : amulettes protectrices, marqueurs de statut, richesse portable et objets d’échange. Les pendentifs du marteau de Thor, les motifs runiques et l’emploi de matériaux comme l’ambre ou l’argent illustrent la richesse symbolique et technique de ces traditions.
Polyvalence contemporaine
La polyvalence des colliers ras‑du‑cou permet de les superposer. Ainsi, pour les mariages, vous pouvez opter pour un tour de cou en diamant naturel et l’associer à des colliers plus longs et plus fins pour obtenir une allure royale. Pour les mariages et autres grands événements, on optera pour un tour de cou plus épais et plus complexe, avec des diamants, des pierres précieuses ou des perles plus grosses ou plus nombreuses. Quant aux boucles d’oreilles, c’est la taille et le style du collier qui les définissent.
« Les colliers ras‑de‑cou ne conviennent pas à tout le monde. Les femmes, ou même les hommes d’aujourd’hui, qui les portent sont des personnes confiantes et férues de mode. Les colliers ras‑de‑cou ont prouvé à maintes reprises qu’ils ne sont pas seulement une phase passagère. Parmi les accessoires qui traversent les époques, le collier ras de cou occupe une place particulière. »
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