L'Artisanat dans la Rome Antique : Types de Métiers et Organisation

L’Italie, avec son patrimoine exceptionnel, a toujours été un terrain d’analyse privilégié pour l’étude des productions artisanales. Les nombreux peuples et cultures qui l’ont occupée depuis l’Antiquité ont produit d’excellentes manufactures, largement diffusées dans toute la Méditerranée. L'Italie est aussi le centre vers lequel ont convergé nombre d’objets, d’œuvres, de matières premières et d’artisans, d’abord pour les échanges commerciaux et culturels, ensuite pour l’importance qu’ont prise la péninsule et sa capitale comme cœur de l’empire romain puis de la Chrétienté.

Lorsque l’on s’intéresse à la culture matérielle et aux productions artistiques du passé, la question des artisans et des ateliers constitue un champ de recherches fécond et complexe. Cela est particulièrement le cas pour l’Antiquité et le Moyen Âge, où la notion moderne d’« artiste » est difficilement applicable aux individus, souvent anonymes, à l’origine des biens manufacturés qui nous sont parvenus. Ces artisans ont laissé de précieux témoignages de leur savoir-faire, tant technique qu’artistique : il est possible de reconstruire leurs gestes, de retracer les traditions culturelles dans lesquelles ils s’intègrent, de suivre leurs déplacements d’une aire géographique à l’autre ou bien de définir leurs identités personnelles ou collectives.

La Notion d'Artisan et d'Atelier

À la notion d’artisan, est intrinsèquement liée celle d’atelier, c’est-à-dire un regroupement d’individus qui travaillent ensemble, de manière plus ou moins organisée, formant une communauté de métiers sans doute polyvalents qui fonctionne en tant qu’officine spécialisée par la maîtrise d’une technè spécifique et par leur clientèle. Identifier ces ateliers peut être aisé en cas de marques de fabrique (signatures, estampilles, étalons monétaires etc.) ; dans le cas de productions bien identifiables de l’Italie antique et médiévale, c’est surtout l’organisation même du ou des ateliers, de la création à la commercialisation des objets, qui interroge.

La tâche est encore plus ardue pour certains types d’arts décoratifs, comme la peinture murale, où il n’est pas toujours possible d’identifier un peintre ou un atelier mais où l’on peut retrouver des carnets de motifs, des recettes de pigments ou des procédés qui informent sur une technique ou un répertoire communs à plusieurs contextes. Ainsi, aborder la question des artisans et des ateliers signifie comprendre comment un objet ou une œuvre ont été réalisés, mais également par qui, pour qui, dans quel but et dans quel contexte - social, culturel, artistique et socio-économique, de sorte que notre artisan devient le représentant de son milieu socio-culturel d’appartenance.

On s’intéressera d’abord aux transmissions et acquisitions des pratiques et des savoirs professionnels des gens de métiers en Italie et, de manière plus générale, dans le bassin méditerranéen. Seront également traitées, à une large échelle chronologique, les questions relatives à la diversité des conditions et aux hiérarchisation sociales des artisans, ainsi que l’évolution des spécialisations et des transactions commerciales des ateliers.

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En resituant les jalons et les débats historiographiques tant en archéologie des techniques qu’en histoire économique, le programme de formation traitera de plusieurs problématiques complémentaires : techniques d’exécution, centres de production, échanges, circulations et mobilités des matériaux, des savoir-faire et des personnes.

Définir Artisanat et Manufacture

Définir artisanat et manufacture n’est pas chose aisée, que ce soit en français ou en italien. Tous deux concernent le domaine de la fabrication d’objets, différenciée de la production agricole et minière. La manufacture, en français, évoque plutôt une activité effectuée dans une importante unité pouvant regrouper un grand nombre de travailleurs, telles les figlinae de l’opus doliare. En revanche, l’artisanat renvoie à l’image d’un lieu de travail plus réduit avec un plus petit nombre d’acteurs, voire une seule personne ; cette activité se déroule souvent dans le cadre d’ateliers-boutiques, où les artisans vendent leurs produits mais également les entretiennent et les réparent. Ceci nous amène à traiter des aspects économiques certes mais aussi sociaux, culturels et techniques.

Le monde des artes, qui exalte le savoir-faire et qui comprend aussi les métiers d’art, peut également englober, au-delà du secteur secondaire tel qu’on le définit aujourd’hui, des métiers plus intellectuels comme architectes et médecins ou encore le monde de l’alimentation comme les bouchers, charcutiers, boulangers et pâtissiers.

Les Artisans à Rome

Les artisans venaient de tous les coins de l'empire pour exercer à Rome. Les artisans des provinces venaient à Rome et apportaient des techniques de fabrication ancestrale. Les Romains maîtrisaient ces techniques en grand nombre ainsi que le témoignent les artisanats du cuir, du tissu, du bois, du métal ou du verre. La plupart des artisans travaillaient seuls au fond de leurs ateliers.

Artisans Romains

Représentation d'artisans romains

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Le Travail du Verre

Le travail du verre était connu depuis longtemps mais ce n'est qu'à la fin du 1er siècle avant J-c qu'on découvrit la possibilité de le souffler, moyen économique et simple de réaliser toutes sortes de récipients utilitaires. Bientôt, on se mit à le souffler dans des moules, permettant ainsi la fabrication en série de bouteilles et de verrerie décorative.

L'Utilisation des Métaux

Le comportement sadique des Romains antiques à l’encontre des Esclaves

Les Romains utilisaient l'or, l'argent, le plomb et le fer. Ils savaient extraire le métal, le fondre et le couler, sauf le fer qu'ils étaient obligés de forger.

L'Os : Un Équivalent du Plastique

Utilisé pour les objets courants comme les manches de couteaux, les épingles à cheveux, les peignes et les gardes d'épées, l'os était l'équivalent de notre plastique.

L'Importance des Boulangeries

Sans ses boulangeries, Rome n'aurait pas pu survivre. Ne disposant pas de cuisine, la plupart des habitants y achetaient le pain, aliment de base.

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Le Commerce et le Transport

Les routes de l'empire étaient excellentes mais la Méditerranée restait la principale voie de communication. Les navires d'une capacité pouvant atteindre 400 tonnes, ramenaient du blé d'Égypte et des autres régions d'Afrique et acheminaient les produits agricoles et artisanaux de Rome dans le reste de l'empire. Des vaisseaux de guerre Romains chassaient pirates et navires ennemis des voies maritimes. Le transport par bateau des aliments et autres marchandises était d'une extrême importance dans la vie quotidienne de l'empire romain.

Un bas-relief sculpté vers 200 fut découvert près du port de Trajan. Le phare représenté derrière le navire est sans doute celui construit par l'empereur Claude. Un navire marchand de ce type pouvait transporter jusqu'à 6000 amphores. Les rames de la poupe, l'arrière, servaient de gouvernail.

Port de Trajan

Reconstitution du port de Trajan

Les Femmes et le Travail dans la Rome Antique

La majeure partie des travailleuses présentes dans le catalogue est d’origine servile alors que les femmes libres s’y trouvent en très petite quantité (seulement 18 attestées sur un total de 574).

Plus de 70 % des inscriptions relevées concernent les métiers de la domesticité. Les femmes étaient donc apparemment plus actives dans ces domaines. Elles sont les plus nombreuses dans des professions telles que celles d’ancillae, de nutrices, d’ornatrices, de sarcinatrices, de pedisequae ou de vicariae. Et si l’on prend en compte toutes les fonctions attachées au travail du textile, aux vêtements et à la gestion de garde-robe, on peut remarquer qu’elles occupaient la plus grande partie de la population domestique féminine (12 professions sur 29 professions domestiques). Ensuite, les professions concernant le soin et l’esthétique des personnes occupent une place importante (6 professions sur 29) ; il en est de même pour les métiers d’assistance, d’accompagnement et d’éducation (5 professions sur 29). Les activités de service, purement domestiques, occupent aussi une grande part de ces métiers (6 professions sur 29). Et, bien évidemment, plus de la moitié de ces femmes (55 %) étaient très clairement esclaves. Pour chaque profession de ce secteur, il en est de même.

Un peu plus de 10 % des inscriptions de notre étude concernent les métiers du divertissement, du spectacle et des plaisirs. Plus de la moitié de ces femmes sont esclaves ou vernae (55,5 %) et les professions les plus représentées sont celles de prostituées (grâce aux inscriptions de Pompéi) et de musiciennes.

Les deux autres catégories de métiers présentent, elles, une particularité intéressante. Les métiers de l’artisanat et du commerce et ceux à responsabilités présentent une majorité de femmes affranchies, ce qui dénote une indépendance certaine. La plus grande part de ces femmes travaillait sans doute de manière indépendante à l’extérieur de la sphère privée et domestique. D’autres faisaient sans doute encore partie de la familia mais les rapports de confiance établis avec les maîtres (notamment avec des métiers qui les rendaient proches de ces derniers tels ceux d’obstetrices, lectrices, librariae ou amanuensis) leur avaient sans doute permis d’accéder à la liberté. Nous avons créé une catégorie pour les métiers dits « à responsabilité », mais la majorité de ceux-ci s’exerçaient dans la sphère domestique : les paedagogae, lectrices, anagnostriae et autres représentantes de professions intellectuelles étaient attachées à des personnes que l’on éduquait ou dont on rédigeait les correspondances. Les femmes les plus nombreuses de cette catégorie exerçaient la médecine et l’obstétrique (46 medicae, iatromeae, obstetrices) et dans ces cas là, le cadre de l’activité est plus difficile à déterminer.

Les métiers de l’artisanat et du commerce sont minoritaires dans notre catalogue (7 %), mais une très large majorité d’entre eux sont exercés par des affranchies. Cela laisse supposer qu’ils étaient exercés de manière plus indépendante, hors de toutes les obligations liées à la familia. Les commerçantes semblent occuper la plus large part de cette catégorie de métiers.

Tableau 1 : Répartition des Métiers par Catégorie (Femmes)

Catégorie de Métier Pourcentage
Domesticité 70%
Divertissement et Spectacle 10%
Artisanat et Commerce 7%
Responsabilités 13%

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