Artisanat syrien Kodjia : préserver les métiers, soutenir les familles
La guerre en Syrie a fait de nombreux ravages, tant humains qu’économiques. Situé au cœur du Moyen-Orient, la Syrie est un pays riche en histoire et en culture. Lorsqu’on visite ce pays fascinant, on est immédiatement séduit par la beauté de ses paysages, la chaleur de son accueil et la richesse de ses traditions artisanales.
Une association et un projet : Al Sakhra et l’atelier de brocart
L’association Al Sakhra (Le Rocher en arabe), a pour ambition de sauvegarder le patrimoine artisanal syrien tout en permettant à plusieurs familles de pourvoir à leurs besoins. L’objectif de cette association est d’aider les Syriens à rester dans leur pays, plutôt que de les abandonner sur les routes de l’exode, et particulièrement les minorités chrétiennes. Cela se concrétise par la création d’emplois, qui contribuent à la renaissance du patrimoine artisanal syrien.
L'association porte notamment un projet d'atelier de brocart, artisanat typique de Damas qui consiste à tisser une étoffe à la main avec de la soie naturelle et des fils d'or. Le brocart est une étoffe à base de soie incorporant des fils d’or ou d’argent dans son tissage. Ses motifs sont géométriques, floraux ou animaliers. C’est certainement l’un des tissus les plus splendides jamais confectionnés de main d’homme.
Ce projet permettrait d'enrayer la baisse des familles d’artisans syriens et d'assurer la transmission des métiers traditionnels à l’intérieur d’une structure propre, tout en favorisant l’autonomie des femmes par le travail. Le projet d’atelier de fabrication de brocart va toucher cinq bénéficiaires directs ainsi que leurs familles.
Les bénéficiaires du projet
- Parmi les bénéficiaires du projet, on comptera un père de famille chrétien, Chadi, titulaire d’un bac+2, qui occupera le poste de chef de projet.
- Mohamad, un maître artisan musulman spécialisé dans le brocart, formera son fils, Abdelkarim, ainsi que Rima et Mireille.
- Rima, une jeune mère de famille chrétienne de trois enfants souhaite concilier son goût pour l’artisanat et l’innovation avec un travail suffisamment rémunérateur pour subvenir aux besoins de sa famille.
- Mireille est quant à elle une étudiante chrétienne qui a dû quitter Maaloula en 2014. Elle travaille pour gagner sa vie et payer ses études d’architecture.
Préserver divers savoir-faire : textiles, bois, vannerie, verre
La Syrie est avec le Maroc et l’Egypte, l’un des grands foyers de l’artisanat traditionnel arabe, dans la continuité d’un passé prestigieux. Les produits d’Alep et de Damas étaient déjà recherchés dans les cours européennes au temps des croisades : métaux ouvragés, verres et tissus. La Syria est située sur un important carrefour de la route de la soie, ses relations commerciales n’étaient pas seulement limitées à l’Europe ; elles concernaient aussi la péninsule arabique, la vallée du Nil, l’Asie Mineure, la Mésopotamie, la Perse et même au-delà l’Asie Centrale, l’Extrême Orient et l’Afrique.
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Le damas (ou “damasco”) est une étoffe tissée, dont les motifs apparaissent à l’endroit en satin sur fond tissé et à l’envers en tissé sur fond de satin. Le satin a depuis été remplacé par des tissus lourds. Des hôtels récents ont acquis de nombreuses nappes en damas pour leurs tables. L’aghabani est un tissu brodé, avec des fils de soie initialement, suivant des formes végétales et géométriques.
Nos artisans fabriquent des foulards en soie naturelle. Ce sont des foulards à motifs de couleurs. Ils sont tous fabriqués avec un savoir-faire d’exception qui se transmet de génération en génération.
C’est avec soin que nos artisans vous confectionnent de belles nappes en damassé. La qualité de ce tissu en fait sa particularité. Il est en 100 % coton et permet donc sa durée dans le temps. Avant la guerre, la Syrie était un très gros exportateur de coton. Damas réalisait 10 % de ses exportations grâce au textile. Le coton bio était une de ses spécialités.
La fabrication du verre est répandue depuis 4 000 ans en Syrie. Des formes originales de teinture et de gravure du verre y ont connu leur apogée entre les XIIème et XVème siècles. Une rapide renaissance du métier à partir d’ateliers artisanaux sans outils mécaniques de façonnage, s’amorce à partir des années 1950.
Autre trésor artisanal syrien, les boîtes mosaïques, souvent réalisées à la main, sont de véritables œuvres d’art. Ces boîtes décoratives, ornées de motifs géométriques et colorés, reflètent l’héritage artistique de la région et la minutie des artisans locaux. Elles sont parfaites pour conserver des bijoux ou des petits objets précieux.
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Vannerie en roseaux : mémoire et utilité
Dans un coin tranquille de la campagne de Lattaquié, l’artisan syrien Nabhan Kafraqtari s’assied parmi des tas de roseaux, pratiquant un métier transmis de génération en génération, mais aujourd’hui menacé d’extinction. Les roseaux, qui poussent naturellement le long des rivières, constituaient autrefois un matériau essentiel dans la Syrie rurale. Ils étaient transformés en paniers pour la récolte des olives, en plateaux pour servir le pain, et en meubles reflétant la simplicité et la chaleur de la vie villageoise.
« J’ai appris ce métier de mon père, qui l’avait lui-même appris de mon grand-père », a déclaré Kafraqtari à SANA en anglais, ses doigts se déplaçant rapidement entre les roseaux entrelacés. « Ce n’est pas seulement un moyen de gagner sa vie. C’est une mémoire tangible transmise d’une génération à l’autre. »
Objets religieux et artisanat de dévotion
Icônes : Imad est un jeune qui habite à Qara. Désœuvré à cause de la guerre, il est longtemps resté sans emploi. Grâce à son grand talent de peinture et avec l’aide d’un prêtre local, il s’est lancé dans la confection d’icônes. Imad travaille désormais pour l’Eglise orthodoxe en Syrie. Il a réalisé des icônes pour la cathédrale de Homs qui avait été détruite par la guerre. Il a un vrai talent et fait de très belles icônes. Nous voulons l’aider à financer un vrai atelier.
Chapelets : C’est dans le couvent de carmélites d’Alep que sont fabriqués les chapelets que nous proposons. En dépit des bombardements, les sœurs de ce couvent ont décidé de ne pas quitter leur ville et les habitants avec lesquels elles ont créé du lien. Tous les chapelets sont confectionnés à partir de bois d’olivier, de Bethléem en référence à la vie du Christ, mais aussi avec des oliviers de la région d’Alep.
Croix de Jacques : Jacques est un chrétien de la ville de Maaloula. Il est charpentier de métier. Il assemble et sculpte des croix avec différents motifs.
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Le savon d’Alep, le savon historique
Parmi les souvenirs orientaux les plus emblématiques que l’on peut rapporter de Syrie, le savon d’Alep occupe une place de choix. Fabriqué à partir d’huile d’olive et d’huile de baie de laurier, ce savon naturel est reconnu pour ses vertus hydratantes et antiseptiques, et il est apprécié depuis des siècles. « Le savon d'Alep -enfin du vrai- a opéré des miracles chez mon petit-fils régulièrement atteint de plaques d'eczéma. »
La famille Zanabili a eu le courage de réparer et de relancer la production. Leur usine fabrique du savon depuis environ 200 ans et il aurait été dommage de laisser mourir ce pan de l’histoire qui a fait la renommée d’Alep. Touchés par leur histoire, nous avons décidé de les aider à se reconstruire en leur permettant d’exporter leurs produits vers la France.
Ateliers détruits et reconstruction par le commerce
La guerre représente une menace pour l’artisanat local. Afin de le préserver, nous nous engageons à vendre des produits artisanaux. Cela permet aux artisans de vivre et faire vivre leur pays. Georges, avec qui nous travaillons, a vu son atelier se faire détruire après l’invasion du Front Al-Nostra en 2014. Après cela, il ne reste rien, que les débris d’une vie autrefois simple et heureuse.
Nous travaillons aussi avec deux frères de Damas qui ont 70 ans et travaillent le bois depuis de nombreuses années. Ils habitent juste à côté de la maison Saint Ananie, lieu de la conversion de Saint-Paul. Elle se situe dans le vieux Damas. Eux aussi subissent les conséquences de la guerre. Pouvoir vendre leurs produits leur garantit une protection et une certaine stabilité.
Soutenir les artisans : circuits, musées et marchés
Après l’indépendance, une des premières actions entreprises par les pouvoirs publics en faveur de l’artisanat a été de créer le Musée des Arts et des Traditions Populaires au Palais Azem de Damas en 1954. Son chantier de restauration fut lui-même une occasion de faire revivre les anciens savoir-faire de construction et de décoration. Au moyen de mannequins en cire, les vêtements et les objets sont présentés dans leur contexte familier.
Le Ministère du Tourisme organise régulièrement des stands de l’artisanat très visités dans ses festivals du Lattaquié et de Palmyre, de même qu’à la foire internationale de Damas. La direction générale des antiquités avait également organisé dès 1958 une grande exposition sur les produits de l’artisanat syrien, qui l’avait envoyé en tournée en Europe.
Le règlement d’exploitation du “souk touristique” à la madrasseh al Suleymanieh a fait objet du décret n° 2 du Conseil Supérieur du Tourisme en date du 23 septembre 1972. D’après ce document, le Ministère peut passer un contrat avec chaque concessionnaire pour que celui-ci y produise, présente ou vende des produits artisanaux. La Tekkiyé Suleymanieh a l’avantage d’être un beau monument historique situé dans le centre commercial de la ville contemporaine, juste à l’arrière du Ministère du Tourisme.
À Alep, le souk touristique est installé depuis 1987 dans un ancien caravansérail, Khan el Chouneh, situé en face de l’entrée principale de la citadelle d’Alep et qui a entièrement été restauré à cette occasion. Le souk de Damas paraît plus animé que celui d’Alep, mais étant à l’air libre, son cadre est déjà plus agréable. Il est plus grand aussi avec une soixantaine de locaux contre moins d’une cinquantaine à Alep.
Transmission, organisation des métiers et défis
En Syrie, comme dans d’autres pays orientaux, la possession d’un savoir-faire artisanal passe généralement par un processus d’appropriation par l'apprentissage. La structuration des métiers est restée plutôt traditionnelle, avec une hiérarchie maître (“maallem”), ouvrier (“saneh”) et apprenti (“ajir”). Les savoir-faire se transmettent de père en fils, de maître en ouvrier. Ils comportent une part de “secret professionnel” jalousement gardé.
Dans les autres secteurs de l’artisanat, d’anciennes lignes de partage répartissaient les métiers entre les différentes communautés confessionnelles et ethniques du pays. Ainsi, à Damas l’or et le tissage du brocart était l’apanage des chrétiens, tandis que les juifs se réservaient l’art du cuivre incrusté. Depuis quelques dizaines d’années, les familles kurdes ont progressivement réussi à s’implanter dans le secteur du brocart en installant un métier à tisser à la maison. Mais les cartes perforées des métiers Jacquard sont toujours réalisées par des arméniens.
Le rôle des pouvoirs publics n’est pas facile, car au-delà de la transmission des savoir-faire individuels, se posent aussi les problèmes de qualité et d’approvisionnement des matières premières, ainsi que de fonctionnement des “chaînes opératoires qui réunissent, chacune, un ensemble d’opérations techniques », en particulier en ce qui concerne la fabrication des textiles.
Commerce, expositions et relais internationaux
la-boutique-de-nora.com appartient à la société SDR Tijara Arts, que j'ai créée en décembre 2004. Tijara, c'est le nom du quartier où j'ai grandi qui signifie «commerce». par des artistes, le mot «Arts» trouve ainsi tout son sens. J'expose également sur les marchés de la Région Parisienne et dans les comités d'entreprise. Si une telle exposition vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter.
Il y a peu de temps, le Musée Linden de Stuttgart a accueilli la collection réunie par un grand amateur d’art syrien, M. Antoine Touma. Le Ministère du Tourisme organise régulièrement des stands de l’artisanat très visités. Avec beaucoup d’inventivité, la technique de la “mosaïque” s’est appliquée à quantité d’objets usuels. Les objets de “mosaïque” ont l’avantage d’être facilement transportables.
Syrie : savoir-faire artisanal transmis malgré des ravages
Pourquoi acheter artisanal syrien aujourd’hui
- Préserver des savoir-faire menacés par la guerre et la modernité.
- Soutenir économiquement des familles et encourager leur maintien dans le pays.
- Favoriser la reconstruction d’ateliers détruits et relancer des productions historiques.
- Offrir des produits authentiques, durables et porteurs d’identité culturelle.
Chez Albeitalchami, nous partageons notre passion pour l’artisanat syrien authentique et les produits traditionnels d’Alep. Chaque article, qu’il s’agisse de savons naturels, de boîtes mosaïques artisanales ou de souvenirs orientaux, est sélectionné avec soin pour sa qualité et son authenticité. Nous travaillons directement avec des artisans locaux afin de préserver les savoir-faire ancestraux et de soutenir les communautés syriennes. Notre équipe, présente entre Paris et Damas, est dédiée à offrir une expérience d’achat transparente et enrichissante.
| Produit | Matériaux / technique | Impact |
|---|---|---|
| BROCARD / DAMAS | Soie naturelle, fils d’or, métiers à tisser | Transmission du tissage, emplois locaux |
| Foulards en soie | Soie naturelle, motifs colorés | Valorisation du savoir-faire familial |
| Savon d’Alep | Huile d’olive, huile de baie de laurier | Relance d’usines historiques, export |
| Boîtes mosaïques | Marqueterie, incrustations nacre/bois | Art portable et exportable |
| Vannerie en roseaux | Roseaux locaux | Préservation d’un patrimoine rural |
La résistance des artisans syriens, leur créativité et la mobilisation d’associations comme Al Sakhra montrent qu’il est possible de conjuguer sauvegarde du patrimoine et soutien aux populations locales. Acheter un produit artisanal syrien, c’est participer concrètement à cette reconstruction culturelle et sociale.
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