Les Astuces Essentielles pour Réussir en Tant qu'Auto-Entrepreneur

Le régime de l’auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) séduit par ses nombreux avantages : des cotisations sociales uniquement lorsque l'on encaisse du chiffre d'affaires, pas de TVA à facturer jusqu'à un certain seuil, ainsi qu'une comptabilité allégée. Il n'en reste pas moins que l'on peut vite se perdre dans cette jungle administrative ! Faisons le tour des erreurs les plus communes lors de la création d'une entreprise, et découvrons comment les éviter pour optimiser votre parcours.

Infographie auto-entrepreneur

1. Le Seuil de CA à Respecter pour Bénéficier de la Franchise en Base de TVA

En principe, les micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA. Cela signifie qu'ils n'ont pas à récolter, déclarer ou payer la TVA sur les prestations effectuées ou ventes réalisées. La seule obligation, pour les micro-entrepreneurs profitant de cette franchise, est de renseigner la mention « TVA non applicable-article 293 B du CGI » sur toutes leurs factures. Mais attention !

Si le micro-entrepreneur dépasse un certain seuil de chiffre d'affaires, celui-ci deviendra redevable de la TVA dès le 1er jour du dépassement, et non plus dès le premier jour du mois du dépassement. Pour cela, il devra demander un numéro de TVA auprès de son service des impôts et le mentionner sur toutes ses factures au même titre que le prix HT et le prix TTC.

Voici les CA annuels maximums à respecter par catégorie d'activité pour pouvoir continuer de bénéficier de la franchise en base de TVA. À noter : en cas de dépassement des seuils ouvrant droit à la franchise en base de TVA, celle-ci est maintenue au cours de l'année du dépassement si un certain seuil n'est pas dépassé. C'est ce qu'on appelle le seuil de tolérance ou seuil majoré.

Si vous dépassez le seuil de la franchise sans franchir le seuil de tolérance, vous êtes redevable de la TVA dès le 1er janvier de l'année suivante.

Lire aussi: Franchise habitation : astuces pour la minimiser

Seuils de la Franchise en Base de TVA

Catégorie d'activité Seuils de la franchise Seuils majorés
Livraisons de biens, ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement 85 000 € 93 500 €
Prestations de services 37 500 € 41 250 €
Activités des avocats, auteurs et artistes-interprètes 50 000 € 55 000 €
Autres activités des avocats, auteurs et artistes-interprètes 35 000 € 38 500 €

2. Le Versement Libératoire : l'Oubli qui Peut Coûter Cher

Le versement libératoire est une option qui permet au micro-entrepreneur de régler ses cotisations fiscales en même temps que ses cotisations sociales, tous les mois ou tous les trimestres selon la périodicité de déclaration choisie. Pour en bénéficier en 2025, le revenu fiscal de référence de 2023 (N-2) doit être inférieur à 28 797 € par part de quotient familial.

Selon votre situation, le versement libératoire de l’impôt peut être :

  • Une erreur si vous êtes non imposable : prendre cette option vous obligera à payer plus d’impôts que prévu ;
  • Une belle économie d’impôts si votre chiffre d’affaires dépasse certains montants.

Tout dépend de votre situation personnelle (mariage, pacs, enfant, emploi salarié à côté…). L’adhésion ou la dénonciation de l'option pour le versement libératoire se fait auprès de l’URSSAF avant le 30 septembre de l'année en cours pour une application au premier janvier de l'année suivante.

3. Le Code APE pour l'Inscription en Micro-Entrepreneur

Le code APE ou Activité Principale Exercée désigne, comme son nom l'indique, l'activité la plus importante qu'exerce le micro-entrepreneur, celle qui lui génère le plus de chiffre d’affaires. Celui-ci est déterminé par l'INSEE en fonction de ce que vous inscrivez sur le formulaire de déclaration d’activité.

Le code APE est surtout utilisé à des fins de statistiques pour savoir dans quelle branche l'activité est exercée. Mais il a d’autres utilités et un code APE erroné peut poser les problèmes suivants :

Lire aussi: Stratégies d'optimisation fiscale

  • Une erreur d’affiliation au régime social et l’impossibilité de toucher certaines aides ou subventions ;
  • Votre assureur peut refuser de vous couvrir si vous n'avez pas le bon code APE.

Pendant votre inscription, vous devez indiquer l'ensemble des activités exercées avec précision au sein de votre micro-entreprise et mentionner l’activité principale. En revanche, il n’est pas nécessaire d’indiquer un code APE car cela peut soit être refusé, soit être imprécis. Si le code APE attribué ne correspond pas, vous avez la possibilité de demander la modification du code APE.

4. La Périodicité des Déclarations de Chiffre d’Affaires si Vous Êtes au Chômage

Si vous avez créé votre entreprise alors que vous étiez au chômage, vous devez actualiser votre situation tous les mois auprès de France Travail afin de continuer à percevoir vos ARE. Vous devrez donc demander à déclarer votre chiffre d'affaires mensuellement auprès de l'Urssaf. Ainsi, vous obtiendrez des justificatifs de CA mensuels à fournir à France Travail, ce qui lui permettra d'évaluer le montant d'ARE auquel vous avez droit, mois après mois.

Si vous optez pour la déclaration de CA trimestrielle à l’URSSAF, vous allez percevoir moins d’ARE tout de suite car vous ne pourrez pas fournir de justificatifs tous les mois lors de votre actualisation.

  • Avec la déclaration mensuelle : 80 % de vos ARE ;
  • Avec la déclaration trimestrielle : 70 % du montant de vos ARE.

Moralité : il faut choisir la déclaration mensuelle de chiffre d’affaires pour pouvoir toucher rapidement vos ARE (même si le reste de vos ARE vous parviendra une fois le justificatif transmis).

5. La Différence Entre ACRE et ARCE

Les acronymes se ressemblent et portent régulièrement à confusion auprès des créateurs et créatrices d'entreprises. Voyons ce qui se cache derrière ces sigles :

Lire aussi: Astuces franchise assurance : Auto & Habitation

  • ACRE : Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise ;
  • ARCE : Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise.

L'ACRE (ex ACCRE) est une exonération de cotisations sociales en micro-entreprise. Elle permet de bénéficier d’un taux de cotisations sociales réduit de 50 % durant la première année d’activité. Cette aide est accordée par l'URSSAF sous réserve de remplir certaines conditions.

L'ARCE est une aide délivrée par France Travail (ex Pôle Emploi). Elle permet de bénéficier des allocations chômage sous forme de capital à la création de l'entreprise.

Le créateur ou la créatrice d'entreprise qui bénéficie de l'ACRE reçoit 60 % de ses allocations chômage en deux temps :

  • La première partie à la création de l’entreprise ;
  • La seconde partie 6 mois après la création de l'entreprise si celle-ci est toujours active.

L'ARCE supprime la réception des ARE tous les mois. Il faut donc choisir entre le versement en capital de vos allocations (ARCE) et le versement des allocations mensuelles classiques (ARE).

ARE ou ARCE : comment faire le bon choix ?

6. Le Choix de la Date de Début d'Activité (Pour Profiter de l'ACRE)

Il n'y a pas de moment idéal car il faut prendre en compte de nombreux facteurs. Mais il y a un moment plus propice que les autres, notamment si vous souhaitez bénéficier au maximum de l'avantage de l’ACRE en micro-entrepreneur.

L'ACRE fonctionne en trimestres civils : la période d'exonération est composée du trimestre civil en cours et des 3 prochains trimestres. La notion de trimestre civil n'est pas négligeable car selon le choix du mois de votre date de début d'activité vous risquez de perdre 1 à pratiquement 3 mois d'exonération.

Pour profiter pleinement de l'ACRE, il faut mieux fixer votre date de début d'activité en début de trimestre civil, c'est à dire : janvier, avril, juillet ou octobre.

7. Le Droit au Chômage Après l'Arrêt de la Micro-Entreprise

Il est coutume de penser qu'en auto-entreprise on cotise pour l'assurance chômage. Ce n'est pas vrai : le micro-entrepreneur ne cotise pas pour l'assurance chômage par le biais de son auto-entreprise.

Cependant, il peut prétendre au chômage depuis 2019 sous la forme de « l’allocation pour les travailleurs indépendants » (ATI). Cette allocation correspond à environ 800 € par mois pendant 6 mois.

Mais ce n’est pas gagné pour la percevoir car les conditions sont strictes ! Il faut répondre aux critères suivants :

  • Vous avez exercé une activité en continu pendant 2 ans ;
  • Cette activité a généré au moins 10 000 € sur au moins l’une de ces 2 années ;
  • L’activité n’était pas viable économiquement ou elle a fait l'objet d’une liquidation judiciaire ou d’un redressement judiciaire ;
  • Vous disposez de ressources inférieures au RSA ;
  • Vous êtes à la recherche d’un emploi.

8. La Confusion Entre Chiffre d'Affaires, Revenus, Rémunération et Bénéfice

Ces termes sont partout, pour votre actualisation auprès de France Travail, de la CAF, votre déclaration de revenus auprès des impôts, etc. Ils ne désignent pas tous la même chose même si leur signification est très proche.

Voyons ensemble ce que représentent ces 4 termes :

  • Chiffre d'affaires (CA) : C'est le montant des recettes encaissées sur votre compte bancaire. C'est ce que vous recevez exactement sans prendre en compte les cotisations que vous aurez à payer et vos frais professionnels.
  • Revenus : C'est ce que vous êtes censé·e « gagner » après avoir enlevé les charges directes (cotisations sociales et fiscales) et frais professionnels (frais d'exploitation, essence, déplacement, etc.).
  • Rémunération : Pour les administrations (France Travail, la CAF ou les impôts), cela équivaut aux revenus. Cependant, il ne faut pas oublier que le terme de rémunération est également utilisé pour indiquer la somme que vous vous versez sur votre compte personnel, par exemple en guise de « salaire ».
  • Bénéfice : C'est le petit interdit de la famille, celui-ci ne s'applique pas aux micro-entrepreneurs. Le bénéfice est la différence entre les recettes et les charges. Si cette différence est positive, c'est un bénéfice. Si le résultat est négatif, c'est une perte ou un déficit.

9. La Différence Entre Indépendance et Salariat avec Certain·es Client·es

Il est coutume pour certaines entreprises de proposer à leurs employé·es de passer en micro-entreprise ou de proposer des contrats en micro-entreprise au lieu des classiques contrats CDD/CDI.

Cependant, il faut savoir qu'un auto-entrepreneur n'a pas de patron·ne. Il est lui-même chef de sa propre entreprise et il effectue un travail, une prestation pour le compte d'un·e client·e.

Il décide ou négocie :

  • Ses tarifs (et non son salaire !) ;
  • Ses conditions de travail ;
  • Ses disponibilités.

Il faut garder à l'esprit que si le ou la client·e fixe lui-même ses propres conditions, attribue une rémunération fixe et régulière par mois, prête son matériel, etc., ce sont des éléments qui peuvent amener à considérer la relation comme du salariat déguisé.

10. La Fixation du Tarif en Micro-Entreprise

L'erreur la plus courante et la plus coûteuse reste la fixation du tarif. Lorsqu’un micro-entrepreneur se lance, une question lui trotte à la tête : « combien facturer ? ». La peur de fixer un prix trop haut et de ne pas avoir de client·es est une peur commune propre à beaucoup de jeunes entrepreneur·es.

Voici quelques conseils concrets pour vous rassurer dans cette prise de décision :

  • Regarder la concurrence pour fixer vos prix : attention, vous devez prendre en compte leur statut juridique, leurs charges, leur expérience… Pour comparer ce qui est comparable !
  • Ne pas se brader : vous avez fait le plus gros : créer une entreprise ! Vous être votre propre patron·ne. Vous devez donc éviter de sous-estimer votre travail en tirant les prix vers le bas.
  • Apprendre à vendre : vous devez valoriser votre expertise, votre expérience et les résultats que peut obtenir votre clientèle. Il ne faut pas hésiter à raconter votre histoire et à vous appuyer sur les bénéfices offerts.
  • Tenir compte de vos charges : un dessinateur en auto-entreprise et un autre en société ne vont pas facturer de la même façon. Les coûts sont différents, les moyens et outils utilisés aussi. De quoi avez-vous besoin pour produire ce service ou vendre ce produit ? Quels sont vos charges.

balises: #Entrepreneur

Articles populaires: