AU Small Finance Bank et l'évolution des services bancaires

Dans un monde en constante évolution, l'accès aux services financiers est devenu un enjeu majeur pour le développement économique et social. Cet article explore l'impact des institutions financières telles qu'AU Small Finance Bank, ainsi que le rôle croissant des services bancaires mobiles, en particulier dans des pays comme le Ghana.

AU Small Finance Bank, dont le siège est à Bengaluru, a été l'une des forces pionnières du mouvement indien de microfinance urbaine. Le parcours de la banque a commencé en 1999, et aujourd'hui, elle est l'une des principales banques commerciales avec un héritage remarquable qui continue de se développer.

Au 31 mars 2023, Jana Small Finance Bank est présente dans 22 États et 2 territoires de l'Union, avec 754 points de vente bancaires stratégiquement placés pour avoir un impact significatif. Au cours des 16 dernières années, la banque a développé une compréhension profonde des besoins financiers uniques de ses plus de 12 millions de clients, favorisant ainsi le progrès et la prospérité. La banque a été à l'avant-garde des innovations numériques, en lançant de multiples produits et services pour offrir la meilleure expérience bancaire à ses clients.

En parallèle, d'autres institutions comme Capital Small Finance Bank, dont le siège est à Jalandhar, Punjab, ont commencé leur parcours en 2000 et sont devenues la première Small Finance Bank d'Inde en avril 2016. Avec plus de deux décennies d'expérience, elles ont bâti une solide franchise axée sur la vente au détail, répondant aux aspirations du groupe à revenu moyen avec un crédit abordable, des dépôts sécurisés et des solutions bancaires quotidiennes.

Jana Small Finance Bank Logo

L'inclusion financière au Ghana : un exemple de transformation

Bien qu’elle se soit améliorée depuis 2010, l’inclusion financière reste un enjeu majeur au Ghana. L’accroissement de la part de la population ghanéenne ayant accès à des services financiers, passée de 41 % en 2010 à 58 % en 2015, est permis pour 7 points par les services bancaires par mobile, mais demeure réparti de façon inégale selon les populations : femmes, zones rurales, populations les plus pauvres.

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Le gouvernement s’appuie sur le système de règlement des paiements interbancaires (GhIPSS) adopté en mai 2018 et sur l’encadrement du secteur par la Banque du Ghana pour promouvoir l’avènement du mobile money dans les services financiers aux particuliers. En 2018, 7 millions de ghanéens ont réalisé près de 1,5 milliards de transactions financières grâce à leur téléphone. L’accès plus large à un compte bancaire permet de renforcer l’inclusion financière nécessaire au développement du pays.

Elle permettra au gouvernement d’élargir la base fiscale particulièrement faible au Ghana - 13 % de mobilisation fiscale localement contre 20 % dans la sous-région - et d’assurer une meilleure traçabilité des flux financiers.

L'accès aux services financiers grâce au téléphone mobile

Au Ghana, l’accès aux services financiers formels reste encore largement perfectible. D’après le Groupe consultatif d'assistance aux pauvres, en décembre 2015, l’inclusion financière du Ghana restait encore largement perfectible.

Alors que 73 % des adultes vivaient avec des revenus les plaçant au-dessus du seuil de pauvreté, la population ghanéenne avait une utilisation encore réduite des services financiers. L’accès aux services financiers au Ghana est pourtant supérieur aux niveaux moyens en Afrique subsaharienne.

En 2015, 58 % de la population a accès à un compte bancaire au Ghana contre 43 % en moyenne en Afrique subsaharienne et 39 % ont accès à un compte de services bancaires par mobile contre 21 % en moyenne sur le continent. Cette amélioration depuis 2010, où l’inclusion financière n’était que de 41 %, est permise à hauteur de 7 points (plus du tiers) par le développement des services bancaires accessibles sur téléphone mobile, ou mobile money.

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Les femmes, les personnes les plus pauvres et les zones rurales sont les populations avec l’accès le plus restreint aux services bancaires. Ainsi, 57 % des femmes ont accès à des services financiers formelles en 2015 contre 62 % des hommes.

Le développement du secteur bancaire participe trop peu à l’inclusion financière. Après avoir connu une croissance rapide depuis 2010, la financiarisation de l’économie ghanéenne a régressé en 2017 et en 2018.

Le total des actifs du secteur financier est passé de 53 % du PIB en 2010 à 78 % en 2017. Elle a ensuite baissé pour atteindre 54 % du PIB en 2019 après la fermeture d’institutions financières par la Banque du Ghana.

Les taux d’intérêts très élevés pratiqués par les banques, bien au-dessus de la moyenne en Afrique subsaharienne, sont désignés comme étant une cause importante de la faible intermédiation financière. La différence entre le taux d’intérêt moyen des crédits et le taux de rémunération moyen des dépôts est de 16,0 % en 2019 (15,4 % en 2018) alors que la moyenne en Afrique subsaharienne se situait à 9,1 % en 2018.

Ces taux élevés s’expliquent par la forte inflation et par la structure du marché bancaire. Les institutions non-bancaires participent au financement du secteur privé mais sont très fragiles. Ce sont majoritaires des institutions de microfinance (MFI) et des banques de prêt et dépôt, des banques communautaires et rurales, des banques immobilières et des « susu ».

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Ces institutions participent à l’inclusion financière des ghanéens qui n’ont pas accès au financement des banques commerciales classiques en raison des taux pratiqués.

Les ghanéens, largement dotés de téléphones mobiles, se tournent alors vers les services bancaires par mobile depuis le début des années 2010. Le taux de couverture de la téléphonie mobile progresse : 80 % de la population ghanéenne est pourvue d’un téléphone et 35 % des ghanéens possèdent un smartphone, contre 15 % d’entre eux en 2013.

On compte 40,1 millions d’abonnements téléphoniques au Ghana, soit 1,3 abonnement téléphonique par ghanéen. La concurrence sur les prix entre opérateurs est élevée, au bénéfice du consommateur. La croissance de la consommation des données cellulaires est dynamique.

Le nombre d’abonnement à des données cellulaires s’élève à 26,7 millions à la fin novembre 2019, en hausse de 6,8 % sur un an. Les abonnements 4G sont en forte augmentation (+de 67,6 % de janvier 2019 à octobre 2019).

Suivant ce mouvement, les trois opérateurs téléphoniques présents au Ghana et plusieurs banques ont lancé des services de micro-comptes bancaires par téléphone mobile. Ces comptes s’apparentent à des comptes bancaires traditionnels. Restreints à des dépôts faibles, ils n’autorisent que des transactions financières d’un montant limité.

Afin de pourvoir le compte en devises, l’utilisateur peut se rendre auprès d’un des nombreux agents de « momo » (pour mobile money) installés dans les rues du Ghana. Le plus souvent, ils sont reconnaissables à leurs parasols jaunes aux couleurs de la société MTN, première entreprise de télécoms du pays et principal opérateur de services bancaires par téléphone.

Des banques proposent des services de microcrédit adjoints. En 2018, plus de 7 millions de ghanéens - pour une population de 30 millions d’habitants - ont réalisé près de 1,5 milliards de transactions par téléphone mobile.

Alors qu’en 2012, on comptait 7,1 millions de comptes bancaires traditionnels pour 350 000 comptes de services bancaires par mobile, les niveaux se sont équilibrés et l’on compte actuellement 13,5 millions de comptes traditionnels pour 13,1 millions de comptes mobiles. En parallèle, le volume des opérations a explosé, pour atteindre 1 455 millions de transactions en 2018.

D’après la Banque du Ghana, cette évolution concerne aussi les montants financiers traitées qui passent de 35,4 Mds GHS en 2015 (env. 25,8 % du PIB) à 155,8 Mds GHS en 2017 (env.

Le rôle des pouvoirs publics dans le développement du bancaire mobile

Conscient de l’opportunité qu’offrent les services bancaires par mobile pour la financiarisation de la population ghanéenne, le gouvernement a très tôt soutenu l’essor d’un environnement favorable. L’accès à un compte bancaire - l’inclusion financière - permet aux citoyens d’avoir accès à des services financiers (prêts ou épargne principalement) mais aussi de ne plus dépendre de l’argent liquide pour les besoins quotidiens.

Outre la facilitation du financement de nouvelles entreprises, le développement de l’inclusion financière par le mobile money permet un traçage plus sûr et plus efficace des transactions financières. L’utilisation des fonds est alors rendue plus claire lors des contrôles fiscaux, mais aussi dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Au Ghana, le remplacement des transactions en liquide par des transactions financières par mobile permettra l’élargissement du filet fiscal. Le nouveau modèle de transaction financière, qui s’impose peu à peu depuis le début des années 2010, a encouragé le gouvernement à encadrer cette activité, tout en lui assurant un environnement favorable.

Pour encourager l’inclusion financière, l’État avait déjà mis en place en 2008 une carte de paiement biométrique grâce aux empreintes digitales individuelles : le système de carte E-zwich. Ces dernières devaient pouvoir être utilisées comme moyen de paiement dans l’ensemble des points de ventes du pays, ainsi que dans les banques.

Bien que louable, cette initiative indépendante du paiement par mobile à ses débuts, n’avait pas ou peu abouti suite à un faible taux d’utilisation par les commerçants. Toutefois, d’après la Banque mondiale, les transactions permises par le système E- zwich ont augmenté depuis 2010.

En 2019, Thalès, par sa filiale Gemalto, a été sélectionné pour fournir un système de paiement à double identification, qui permettra d’améliorer les fonctionnalités des cartes de crédit E-zwich. Le système proposé par Gemalto est constitué de la solution de paiement PURE adossé au système universel de paiement électronique par application mobile de la société Paycode.

Le GhIPSS permet l’interopérabilité entre les fournisseurs de services bancaires par mobile, notamment grâce à la mise en place de l’utilisation du QR code. La mise en place du Ghana Interbank Payment and Sttlement Systems (GhIPSS) en mai 2018 avait pour objectif de faciliter l'interopérabilité entre les instruments de paiement lors des transferts d'argent par téléphone mobile.

Doté d’une agence propre, subsidiaire de la Banque du Ghana, le GhIPSS est le successeur du GhLink, l'un des premiers systèmes de transfert d'argent mobile interopérable en Afrique.

L’interopérabilité entre les banques et les sociétés de télécommunications est assurée par le système Mobile Money Interoperability (MMI) auxquels participent les trois opérateurs de télécommunications par téléphone mobile du Ghana : Airtel-Tigo, Vodafone et MTN.

En interconnectant les systèmes de transferts d’argent par téléphone de ces trois opérateurs entre eux et à la plateforme E-zwich et GhLink (cf. annexe 4 pour un exemple de structure générique), le MMI permet les transferts d’argents entre les comptes de différents opérateurs télécoms.

Le GhIPSS met en place l’initiative, portée par le Vice-Président Mahamudu BAWUMIA, d’un QR code pour faciliter les paiements par téléphone mobile. L’objectif de ce QR code universel est de permettre aux clients et aux commerçants qui ne disposent pas de compte bancaire mobile de payer ou d’être payés par le compte bancaire mobile de leur interlocuteur directement depuis ou vers leur compte bancaire.

Lancé officiellement le 25 mars 2020, le Ghana Universal QR Code (GhQR) prend la forme d’un QR code qui pourra être scanné par les clients des fintechs, banques et opérateurs télécoms, parmi lesquels ADB, Calbank, Ecobank, Fidelity Bank, GCB, Republic Bank, Zenith Bank et UBA, pour payer à partir d’un compte bancaire, d’une carte de crédit ou d’un compte de services bancaires par mobile.

Outre sa fonction de garante de la politique monétaire, la Banque du Ghana est aussi responsable de de la réglementation et de la surveillance du système bancaire et de crédit, et donc des agents qui fournissent des services bancaires comme les institutions de micro-crédit ou de mobile money.

Elle revêt aussi la fonction de promotion, règlementation et supervision des systèmes de paiement et de règlement. C’est à ce titre que le GhIPSS est encadré par établissement dépendant de la Banque du Ghana.

Pour encadrer les services bancaires par mobile et l’activité des fintech, la Banque du Ghana a ouvert en avril 2020 un département fintech et innovation. Ce bureau est responsable de l'octroi de licences, de la régulation des émetteurs de monnaie électronique et d'autres formes de paiement mises en place par des entités non bancaires.

Dans la foulée, la Banque du Ghana a enregistré la première licence bancaire d'émission de monnaie électronique à la fintech Zeepay Ghana Limited. Zeepay est une entreprise ghanéenne qui fournit des services de paiement mobile destinés en particulier aux personnes non-bancarisées.

La Banque du Ghana transforme peu à peu l’ensemble de ses services et fonctions pour qu’ils soient accessibles par le mobile money. Lors de l’introduction de son nouveau registre des garanties en mai 2020, il a été prévu que les particuliers puissent enregistrer leur garantie bancaire grâce à un transfert par téléphone.

Ce système de garanties, initié en 2010, permet d’enregistrer les garanties et les collatéraux des emprunteurs auprès de leur banques. Il facilite les prêts en améliorant la divulgation des informations entre emprunteurs et prêteurs et participe à résoudre le problème des taux élevés qui rendent difficiles l’accès au crédit.

Enfin, cette méthode d’enregistrement informatique sera plus transparente, participant ainsi aux efforts de l’État ghanéen dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Enfin, le plan stratégique pour le système de paiement de la Banque du Ghana donne une place importante aux paiements par mobile, preuve de leur pleine intégration par les autorités de régulation. Le plan prévoit par exemple de favoriser la paye des salaires par voie numérique, notamment grâce au mobile money dans les plus petites structures.

Les enjeux des services financiers découlant du mobile money

Pour aller plus loin dans le développement des services financiers numériques, le gouvernement inscrit son action dans le cadre de programmes développés conjointement avec la Banque mondiale. Tout d’abord, le gouvernement ghanéen a présenté la stratégie nationale d'inclusion financière et de développement (National Financial Inclusion and Development Strategy), et se donne pour objectif de faire passer l’inclusion financière à 85 % de la population d’ici 2023, contre 58 % actuellement.

Ensuite, le ministère a présenté le programme de politiques publiques en matière de services financiers numériques (Digital Financial Services Policy), développé en partenariat avec le Groupe consultatif d'assistance aux pauvres. Enfin, la Cash-Lite Roadmap propose des mesures qui permettront de créer un environnement favorable aux paiements sans espèces.

Alors que les services bancaires par mobile s’insèrent peu à peu dans les politiques économiques ghanéennes - mesures contra-cycliques, concurrence et lutte contre le surendettement -, le Ghana doit définir la place qu’y prendront les entreprises et le secteur privé.

Parmi les premières mesures prises par le gouvernement ghanéen en soutien à l’activité économique lors de la crise du COVID-19, figure l’assouplissement des règles d’encadrement des services de « momo ». La Banque du Ghana a rendu obligatoire l’exonération de frais pour les envois de fond jusqu’à 100 GHS (env. 16,6 EUR).

Cette mesure permettait dans un premier temps de faciliter les paiements sans contacts. Avec la réduction des frais, la Banque du Ghana cherchait à inciter les consommateurs à se tourner vers le mobile money pour des raisons sanitaires.

Par la suite, au vu des marges de manœuvres très limitées des leviers budgétaires et monétaires, faciliter les échanges d’argent par téléphone mobile permettait aussi d’encourager la consommation, en soutien à l’activité économique. En parallèle à cette mesure, les membres de l’Association des banques du Ghana ont convenu de promouvoir les retraits aux distributeurs automatiques de billets et l’usage des paiements dématérialisés. MTN a d’ores et déjà annoncé prolonger cette mesure jusqu’à septembre 2020.

L’implication des acteurs privés dans ce pan de la politique économique marque la forte dépendance qu’entretiennent p...

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