Choisir entre secteur public et privé pour un designer freelance : avantages et inconvénients

Le statut de freelance séduit de plus en plus de Français. En effet, au moins de six salariés sur dix envisagent un jour de quitter le salariat pour devenir indépendant. Si ce statut connaît un essor remarquable ces dernières années, il reste encore entouré d’idées reçues.

Un freelance est un professionnel qui exerce son activité de manière indépendante, sans être rattaché à un employeur par un lien de subordination. Autrement dit, il gère son travail en toute autonomie, en assumant lui-même la responsabilité de la gestion de ses missions, de ses clients, et de son organisation.

Freelance : comprendre les statuts et formes juridiques disponibles

Si le terme « freelance » est souvent employé dans le langage commun pour désigner une personne exerçant une activité professionnelle de manière indépendante, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un statut juridique. Par conséquent, travailler en freelance suppose avant toute chose de créer son entreprise et, pour cela, de choisir un statut juridique.

  • Le portage salarial : le portage salarial est un statut hybride à mi-chemin entre le salariat et l’indépendance, il permet à un travailleur indépendant de bénéficier des avantages du salariat tout en conservant son indépendance. Il fonctionne sur une relation tripartite entre un salarié porté, une entreprise de portage salarial et une entreprise cliente.
  • La SASU : la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) est une société par action simplifiée qui ne comporte qu’un seul associé. L’une des particularités de la SASU est qu’il n’existe pas de seuil minimum imposé pour le capital social.
  • L’EURL : l’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée est une SARL qui ne compte qu’un seul associé. L’associé unique n’est responsable qu’au montant de ses investissements.
  • La micro-entreprise (auto-entrepreneur) : l'auto-entreprise (ou micro-entreprise) est la solution la plus accessible : création rapide, formalités limitées, comptabilité allégée.

Le portage salarial est le seul statut freelance ouvrant des droits à l'assurance chômage. Le freelance signe un contrat de travail avec une société de portage salarial. Ainsi, il devient salarié porté et bénéficie des avantages du salariat classique. Même s’il est salarié de l’entreprise de portage, il n’en demeure pas moins un indépendant.

Avantages généraux du travail en freelance pour un designer

Le principal avantage de la vie en freelance est bien évidemment la liberté et la flexibilité. Gérer son emploi du temps comme on le souhaite et opter pour un équilibre vie pro-vie perso qui nous convient. Cette liberté vous permet également de travailler en freelance en remote d’où vous le souhaitez, vous n’êtes plus assigné à un bureau de 9h à 18h.

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  • Liberté et flexibilité : vous décidez où et quand vous travaillez et prenez les dispositions nécessaires avec les donneurs d’ordre. Sans cadre de travail imposé, vous êtes libre de travailler depuis votre domicile, un espace de coworking ou à l’étranger comme digital nomad.
  • Création de vos propres règles : chaque freelance conçoit ses process, sa stratégie commerciale et sa manière de gérer clients et missions.
  • Revenus non plafonnés : la liberté tarifaire du freelance offre des perspectives de revenus possiblement supérieurs à ceux d’un salarié classique. À compétence égale et à temps plein, les revenus sont souvent plus élevés en freelance.
  • Diversité des projets : les freelances ont l’opportunité de travailler sur une variété de projets avec des clients différents, ce qui est stimulant et forme rapidement.
  • Satisfaction et épanouissement : selon un rapport de Malt et BGC, 84 % des freelances sont épanouis dans leurs activités, contre 69 % pour les salariés.

Inconvénients et risques pour un designer freelance

Devenir freelance n’est pas sans risques ni difficultés. Être conscient des principaux inconvénients du travail en freelance évite la désillusion lors de la réorientation professionnelle.

  • Instabilité financière : votre rémunération dépend de votre capacité à trouver des clients, à négocier vos tarifs, et à facturer vos prestations. L’absence de salaire fixe chaque mois crée une incertitude financière.
  • Protection sociale limitée : contrairement aux salariés, les freelances doivent gérer leur propre couverture sociale. Vous ne côtisez pas pour le chômage en tant qu’auto-entrepreneur (sauf portage salarial) et vous n’avez pas droit aux congés payés.
  • Charge administrative : vous êtes responsable de la gestion administrative et financière de votre entreprise (facturation, comptabilité, déclarations à l’Urssaf, CFE, TVA). Ces tâches peuvent être chronophages.
  • Isolement professionnel : travailler en freelance peut entraîner un sentiment de solitude, surtout si l’on manque d’interactions sociales régulières. Pour rompre l’isolement, rejoignez des réseaux, des espaces de coworking ou des communautés de freelances.
  • Charge mentale et risque de burn-out : la pression de gérer seul son activité peut déteindre sur la vie personnelle. Sans discipline, la frontière entre vie professionnelle et personnelle devient floue.
  • Préjugés et difficultés pratiques : le statut souffre parfois de préjugés (“ce n’est pas un vrai job”), et peut compliquer l’accès à certains financements (prêts bancaires) selon les établissements.

Freelance dans le secteur public vs secteur privé : points spécifiques à considérer

Le freelance peut travailler pour des clients variés : TPE/PME, start-up, grands groupes, agences, institutions, associations, établissements publics et services de l’État. Le choix entre missions dans le secteur public ou privé entraîne des différences importantes.

Avantages et contraintes du secteur privé

  • Souplesse et rapidité de décision : les entreprises privées peuvent souvent démarrer des collaborations plus rapidement et ajuster les budgets.
  • Variété des projets et opportunités commerciales : nombreuses missions marketing, produit, innovation et design dans les entreprises privées.
  • Rétribution potentiellement plus élevée sur certaines missions spécialisées.
  • Attention toutefois à la requalification du contrat : un freelance qui travaille exclusivement pour une entreprise, sans liberté d’organisation, qui est intégré dans les locaux, ou sous exclusivité, peut voir son contrat requalifié en CDI par les tribunaux.

Avantages et contraintes du secteur public

  • Stabilité des paiements : les organismes publics peuvent offrir une sécurité de paiement et des contrats pluriannuels.
  • Cadre contractuel strict : les marchés publics obéissent à des règles formalisées (devis, marchés, appels d’offres) qui peuvent être lourdes mais protègent aussi les deux parties.
  • Moins de flexibilité sur le périmètre et la créativité dans certains cas : les projets publics peuvent nécessiter des conformités et des validations nombreuses.
  • Processus de recrutement parfois long et administratif.

Prospection, tarification et organisation : leviers pour réussir

La prospection représente l’un des principaux défis pour les freelances débutants. Pourtant, avec une bonne méthode et les bonnes pratiques, il est tout à fait possible de trouver des clients rapidement.

  1. S’inscrire sur des plateformes de freelance : c’est la première chose à faire quand vous commencez en freelance. Vous inscrire sur ces plateformes va vous donner de la visibilité et vous permettre de trouver vos premiers clients.
  2. Prospecter activement : même si vous avez déjà trouvé des clients, vous devez continuer de prospecter pour maintenir un flux constant d’activité.
  3. Développer votre réseau professionnel : les connexions peuvent conduire à des collaborations et à des projets plus importants.
  4. Créer un portfolio : un portfolio permet de fournir des exemples de vos travaux. Pour un designer, c’est un outil essentiel.
  5. Établir des conditions contractuelles claires : contractualisez la relation avec un freelance avec un devis ou un contrat pour protéger vos intérêts (délais, livrables, facturation, propriété intellectuelle).

Aides et dispositifs pour sécuriser le démarrage

En tant que freelance, vous avez le droit à de nombreuses aides pour lancer votre activité.

  • L’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (ACRE) : offre une réduction partielle des charges sociales pendant la première année d’activité.
  • L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) : versement forfaitaire de 60 % du solde restant des droits à l’ARE.
  • NACRE : accompagnement spécifique aux porteurs de projets dans certaines régions.
  • Le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE) : permet de tester une activité entrepreneuriale tout en recevant un accompagnement personnalisé.
  • Le prêt d’honneur solidaire : financement sans intérêt ni garantie pour créateurs d’entreprise.

Comparatif coûts : freelance vs CDI (exemple chiffré)

Le freelance a souvent la réputation d'être moins cher qu'un salarié. En réalité, tout dépend de la durée de la mission et des paramètres. Voici un exemple simplifié :

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Poste TJM freelance Coût équivalent CDI (approx.)
Chef de projet 340 € (TJM) 291 € (calcul sur salaire brut annuel 45 000 € + 45 % charges patronales)

Choisir l'option la plus abordable dépend donc de la durée de votre projet, du TJM du freelance, des charges patronales et des besoins spécifiques.

Alternatives hybrides et services d’accompagnement

Si la vie en freelance vous attire mais que vous êtes freiné par la création d’une entreprise, alors des solutions existent. Le portage salarial permet de travailler de manière indépendante tout en étant soutenu par une société pour gérer les démarches administratives.

Des plateformes comme Hightekers proposent un mix : vous bénéficiez d’un CDI chez Hightekers, vous n’avez plus à créer ni gérer votre entreprise, et la société s’occupe de l’administratif, facturation, collecte des paiements et formalités fiscales. Vous recevez vos paiements mensuels à date fixe, comme un salarié, tout en gardant le choix des missions, du lieu et des horaires.

Présentation du portage salarial avec Kaiporting | Accompagnement & Offres sur mesure

Choisir selon votre profil et vos priorités

Enfin, quel environnement de travail vous convient le mieux ? C’est en vous posant toutes ces questions que vous réussirez à peser le pour et le contre et à faire votre choix final. Devenir freelance implique de peser la liberté et la flexibilité contre la sécurité et les avantages du salariat.

  • Si vous privilégiez la sécurité, les avantages sociaux (congés payés, assurance santé, retraite, droit au chômage), le salariat restera l’option n°1.
  • Si vous privilégiez la liberté, la possibilité de choisir vos projets et d’augmenter potentiellement vos revenus, le freelancing peut être la voie à suivre.
  • Si vous voulez le meilleur des deux mondes, explorez le portage salarial ou les services d’accompagnement qui prennent en charge l’administratif tout en vous offrant une protection sociale.

Pour un designer, le choix entre travailler pour le secteur public ou le secteur privé, ou entre être salarié ou freelance, doit se faire après un bilan de compétences, une analyse du marché et une réflexion sur votre tolérance au risque, vos besoins financiers et votre besoin d’autonomie.

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Vous envisagez d’exercer une activité comme travailleur indépendant ? La vie de freelance regorge d’avantages : l’autonomie, la flexibilité, la possibilité d’organiser ses horaires de travail à sa guise, le choix des clients et des missions. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir également son lot d’inconvénients et de défis : comment gérer l’instabilité financière, le manque de sécurité professionnelle et la solitude inhérents à une activité indépendante ?

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