État des lieux et défis de l'entrepreneuriat au Sénégal
L’entrepreneuriat est en plein essor au Sénégal, porté par une culture d’innovation et une volonté de développement économique. L’entrepreneuriat a amorcé un virage plein d’espoir au Sénégal. Il est en plein essor depuis quelques années.
Pour ma part, il y a deux raisons. La première est que j’ai toujours côtoyé des entrepreneurs. En réalité, j’ai fait une formation en finance et en ingénierie financière, c’est pourquoi, j’ai travaillé durant 10 ans dans le milieu de la finance auprès des grands chefs d’entreprises notamment quand j’étais à la Banque régionale de marchés (BRM), où je gérais le portefeuille de grandes entreprises. De ce fait, j’étais en contact avec ces chefs d’entreprises. J’ai fait le tour du Sénégal et j’ai rencontré les entrepreneurs « informels » et autres. J’ai aussi travaillé à la Délégation régionale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER) où j’étais en charge du portefeuille Start-up en lien avec l’ écosystème des entrepreneurs et start-up technologiques. Le deuxième élément est lié à une frustration qui m’a poussé à me lancer dans l’entrepreneuriat car je contribuais au développement des sociétés et on m’appelait « coach » parce que je jouais le rôle de conseiller. Cependant, je me disais toujours que pour être un meilleur conseiller, il faudrait avoir vécu la vie d’entrepreneur pour demain, me prévaloir du titre de consultant ou de conseiller reconnu. Globalement, ce sont ces raisons qui m’ont poussé depuis quelques années à confirmer le fait que je voulais être un entrepreneur.
Forces et ressources de l’écosystème
Les entrepreneurs sénégalais cherchent à créer des entreprises qui répondent aux besoins de leur communauté, tout en étant rentables. Les préceptes de l’entrepreneuriat au Sénégal sont multiples, mais ils ont en commun un esprit de détermination et de résilience face aux défis économiques et sociaux. Les soubassements de l’entrepreneuriat au Sénégal sont également multiples. Les entrepreneurs sénégalais ont accès à un large éventail de ressources, notamment des programmes de formation et de financement, des incubateurs et des accélérateurs d’entreprises, ainsi que des réseaux de soutien et de mentorat.
Tout compte fait, les autorités sénégalaises ont pris la mesure de bâtir un écosystème favorable à l’éclosion des startups. En fin 2020, la DER/FJ a levé au total 72 milliards de Francs CFA et a financé 110 startups du numérique et a accompagné 105.000 jeunes porteurs de projets dans les domaines de l’artisanat, de la pêche, de l’agriculture entre autres. L’Etat a mis en place des institutions telles que l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) par le décret N° 2014-26 du 09 Janvier 2014. La même année, le Gouvernement du Sénégal avec l’appui de la Banque Mondiale et de l’Agence Française de Développement (AFD) a créé par le décret n°2014-1264 en date du 07 octobre 2014, le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3 FPT).
Deux universités sénégalaises se détachent du lot. L’Ecole polytechnique de Dakar (ESP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) organise depuis 2014, le Salon du Polytechnicien. Sa jumelle de l’Université de Iba Der Thiam de Thiès, l’Ecole Polytechnique est un creuset en matière de promotion des innovations et des inventions. Sa jumelle de l’Université de Iba Der Thiam de Thiès, l’Ecole Polytechnique est un creuset en matière de promotion des innovations et des inventions.
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Accès au financement : un obstacle majeur
L’accès au financement est très difficile et continue de l’être malgré le fait qu’il y a eu beaucoup d’initiatives pour aider les startups à avoir accès à des financements. Typiquement, une des grandes contraintes est l’accès au financement bancaire. La banque n’a pas vocation à financer une startup. De ce fait, il nous faut trouver d’autres modèles de financement. Nous avons entre autres Teranga capital, Dakar Network Angels mais ce n’est pas assez… Et surtout les tickets d’investissements que nous avons sont assez faibles, si l’on compare Wave, il y a 4 ans lorsqu’il faisait une levée de fonds de plus d’un milliard de FCFA déjà à ce temps-là, mais nous aujourd’hui, pour nos startups si on lève 50 millions de FCFA, les gens pensent qu’on a fait une grosse levée de fonds mais malheureusement ce n’est pas assez, on ne peut pas faire de grandes choses avec 50 millions. L’innovation coûte chère.
Pour donner la chance à une startup comme Proxalys ou d’autres à être des champions nationaux et régionaux, il ne faut pas se leurrer, ce sont des gros montants qui devront être mobilisés pour qu’on puisse être des champions sinon nous ne le serons jamais parce que ce sont les boites étrangères qui viendront soit nous racheter, soit nous détruire. Le financement est important ; il compte énormément.
| Type d'acteur | Rôle | Exemples |
|---|---|---|
| Institutions publiques | Financement, politique, accompagnement | DER/FJ, ANPEJ, ADEPME |
| Investisseurs privés | Apports de capitaux, mentors | Teranga Capital, Dakar Network Angels |
| Incubateurs & universités | Formation, R&D, mise en réseau | ESP/UCAD, EUROMED Fès (benchmark) |
Digitalisation et spécificités africaines : le modèle « phygital »
Chez nous, c’est ce qu’on appelle le « mobile first » c’est-à-dire l’Internet qui pénètre partout mais à travers l’utilisation du téléphone. La culture de la digitalisation au Sénégal et en Afrique passe par le téléphone. Tout ce que nous aurons à développer en e-logistique, e-santé, fintech etc… on aura des solutions qui seront fortement appuyées par l’utilisation du mobile. Une des particularités mais aussi une des difficultés de la « digitalisation » en Afrique, c’est que c’est une digitalisation dite « phygitale », c’est à dire il y a le contact physique en plus de la stratégie digitale. Ce sont des faits propres à notre environnement.
Le grand défi que nous avons est celui de la sensibilisation et de l’éducation parce qu’on parle de personnes qui ne sont pas allées à l’école ou une cible qui n’a appris que l’arabe. Il s’agit de plusieurs communautés et chacune a ses propres réalités et ces dernières tiennent les petits commerces en Afrique. C’est très différent ici, on l’a vu au Sénégal avec le cas de Wave; même si cette entreprise est notre première licorne (une start-up dont la valorisation atteint au moins un milliard de dollars). Wave a une multitude d’agents sur le terrain qui vont aller enrôler ces potentiels clients. S’il n’avait pas investi sur ces agents de terrain pour qu’ils démarchent les clients, peut-être que Wave n’aurait pas ce nombre de clients élevés. Si leur stratégie était basée uniquement sur le digital, je ne suis pas sûr qu’il aurait ces 6 millions d’utilisateurs au Sénégal. Wave recrute des agents qui font le tour du Sénégal dans le but de rencontrer les clients.
Compétences, formation et capital humain
La formation est une grande question qui soulève même des frustrations. La plupart des start-ups ont une ressource humaine junior donc, si on analyse froidement, si elles disparaissent de l’écosystème c’est parce que les ressources humaines ont plafonné. Il faut cinq ans pour apprendre à des « juniors » à travailler alors que la startup n’a pas ce temps. Il faut que l’État puisse proposer des moyens par lesquels des cadres expérimentés accompagnent des start-ups sur des questions de finance et de croissance.
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Les entrepreneurs que j’accompagnais m’ont toujours dit que je donnais de bons conseils surtout sur le plan financier car je viens de ce milieu mais cela ne te permet pas de prendre en charge toutes les problématiques d’accompagnement d’une entreprise. Je peux considérer que j’étais un conseiller financier ou un coach financier parce qu’on n’a pas besoin d’être entrepreneur ou d’avoir un vécu dans l’entrepreneuriat pour l’être. C’est l’énorme différence entre « les consultants coach » que nous retrouvons dans les pays les plus développés. Aux États-Unis par exemple dans les programmes d’incubation ou d’accélération en général, les coachs sont souvent à 90% d’anciens entrepreneurs et on voit la différence dans la compréhension intime qu’ils ont des entrepreneurs. Je pense que c’est ce qu’on appelle “l’infrastructure”.
Infrastructures, logistique et corrélation avec le développement financier
Il y a deux secteurs dans lesquels les investisseurs ont besoin de miser pour aider les entreprises qui se lancent dans une activité. Il s’agit des secteurs qui touchent à la logistique de manière générale, e-logistique, e-commerce et tout ce qui touche à la partie fintech parce que derrière il va falloir aussi faciliter les systèmes de paiements. Lorsqu’on regarde les systèmes financiers les plus performants dans les pays développés, il y a une forte corrélation entre le niveau de développement, le système financier et le développement des infrastructures routières et logistiques. Les investisseurs réfléchissent pareillement lorsqu’ils investissent dans un continent comme l’Afrique où tout est à construire.
Risques sécuritaires et expansion régionale
De toutes les guerres, la « guerre digitale » est la plus difficile à contrôler parce qu’elle n’est pas physique. Ce n’est pas un conteneur de riz ou d’huile qui arrive et que tu peux bloquer au niveau de la frontière douanière. C’est vrai que la question de l’environnement sécuritaire est quelque chose que nous tous en tant qu’entrepreneurs regardons de près. Le défi sécuritaire est existant, malgré tout, les gens vivent, les populations achètent, consomment et se font livrer des choses. Par exemple, les banques sont dans ces pays notamment le Burkina Faso qui connaît un climat sécuritaire fragile. Pour une startup sénégalaise qui n’est pas encore installée dans ces pays, si demain un investisseur me dit, tu ne dois pas aller au Mali pour des questions sécuritaires.
Autre chose aussi, c’est que la paix n’arrive qu’avec le développement. Si l’on n’investit pas et que l’on ne crée pas des emplois, la paix ne reviendra pas. Donc il faut essayer de résoudre la guerre en investissant sur le développement. En tant qu’entrepreneur africain qui connaît les réalités de son continent avec des soubresauts politiques, on doit intégrer ces risques dans notre modèle économique mais, nous ne devons pas nous mettre des facteurs de blocage en termes d’investissement.
Entrepreneuriat féminin et enjeux ruraux
Plus de la moitié de la population (55 %) vit principalement d’activités agricoles et d’élevage. De plus, selon le Recensement national de l’agriculture en 2013, il existe 755 540 exploitations agricoles au Sénégal. Aucun doute que le développement de l’entrepreneuriat féminin et jeunesse en milieu rural constitue un créneau porteur et une alternative à la création d’emplois, mais aussi dans la lutte contre le chômage et le sous-emploi. Ces enjeux sont d’autant plus pertinents si l’on veut inverser la tendance de l’exode rural des jeunes, qui constitue un frein important au développement des régions du Sénégal.
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Lorsqu’on aborde la question de l’entrepreneuriat féminin et jeunesse, il faut rappeler le contexte évolutif de la société sénégalaise ces dix dernières années, dans lequel le rôle des jeunes, et particulièrement des jeunes femmes sur le plan économique, s’est beaucoup transformé. Devant les inégalités d’accès à l’emploi, avec un taux d’emploi de 29,9 % chez les femmes contre 47,1 % chez les hommes selon les données de l’ANSD pour 2014, l’entrepreneuriat se présente comme une solution aux problématiques socio-économiques des femmes et des jeunes.
Cependant, rares sont les initiatives ou politiques qui se focalisent spécifiquement sur le cas des jeunes femmes entrepreneures en milieu rural. Souvent, ces initiatives ont plus cherché à rejoindre globalement les femmes, les jeunes et les hommes surtout en zone urbaine et dans les régions proches (Dakar, Thiès, Kaolack). Pourtant, les jeunes femmes entrepreneures constituent un potentiel de richesse et de solutions innovantes pour assurer le développement socio-économique durable des régions rurales sénégalaises.
Défis spécifiques aux jeunes femmes en milieu rural
- Les droits d’accès limités des femmes aux services d’entrepreneuriat;
- Le manque de ressources-conseils pour leur accompagnement;
- L’accès difficile au crédit;
- L’insuffisance de réseaux;
- Le manque de formations techniques en gestion de petites et moyennes entreprises;
- La faible implication des autorités locales et gouvernementales et l’insuffisance d’outils et d’approches en renforcement de capacités entrepreneuriales adaptés aux réalités et aux besoins des femmes entrepreneures.
On peut aussi noter, selon l’ouvrage de Fatou Sarr (1998), certaines normes socioculturelles et rapports de pouvoir nuisibles aux droits socio-économiques des femmes entrepreneures qui freinent leur épanouissement en entrepreneuriat et leur autonomisation économique. Ces défis sont encore plus marqués pour les jeunes femmes entrepreneures en milieu rural, où l’on constate un déficit important des ressources de base pour stimuler le développement entrepreneurial et favoriser leurs droits d’accès aux services de proximité. En effet, dans les zones rurales du Sénégal, certaines normes socioculturelles sont défavorables et discriminantes aux jeunes femmes entrepreneures et à leur réussite : un accès limité à la terre, la lourde charge de travail familial, la faible scolarisation, un manque de leadership, une marginalisation sociale dans certaines zones rurales très patriarcales, les mariages et grossesses précoces, etc.
Par ailleurs, les jeunes femmes sont aussi confrontées à l’absence de structures d’accompagnement qui pourraient les appuyer à performer et à répondre à leurs droits d’accès aux services. Elles sont laissées à elles-mêmes et au soutien du noyau familial, avec toutes ses limites. Rares sont celles qui ont des opportunités d’accompagnement régulier. On peut toutefois citer certaines initiatives d’accompagnement menées par le Réseau des organisations paysannes et pastorales du Sénégal (RESOPP) et l’Union nationale des femmes coopératrices du Sénégal (UNFCS), partenaires locaux de Carrefour International.
Stratégies et recommandations pour l’appui
Au terme de notre analyse, certaines stratégies et recommandations seraient pertinentes à mettre en place afin de mieux soutenir les actions déjà entreprises par les organisations locales et de coopération internationale dans le secteur de l’entrepreneuriat des jeunes femmes en zone rurale sénégalaise. Il s’agit de :
- Soutenir davantage des politiques publiques agricoles et entrepreneuriales inclusives et adaptées aux besoins des jeunes femmes telles que préconisées par les Objectifs de développement durable;
- Assurer la disponibilité d’expertises et de ressources d’accompagnement de proximité adaptées aux besoins des jeunes femmes entrepreneures en milieu rural afin d’arriver à une offre de services soutenue et durable impliquant l’État, la société civile, la recherche, la coopération internationale et le secteur privé;
- Intégrer la dimension égalité femme/homme dès la sélection et la formation des jeunes entrepreneur-e-s dans le cadre de programmes locaux appuyés par le gouvernement sénégalais, les organisations locales et les ONG internationales;
- Assurer la préparation de la relève à travers les programmes de mentorat qui concilient travail-étude-famille pour attirer les jeunes femmes scolarisées ou non en âge de travailler au sein des coopératives rurales et entreprises de femmes;
- Tenir compte de l’adaptation et de la résilience aux changements climatiques dans le développement d’exploitations familiales agroécologiques gérées par de jeunes entrepreneures.
Le partenariat entre les organisations de coopération internationale, les institutions publiques et les organisations locales pour l’accompagnement des jeunes femmes entrepreneures est un atout important dans la mise en œuvre de ces stratégies.
Initiatives de partage d’expérience et culture de l’échec
Certes, il y a des institutions et des fonds, mais le cadre institutionnel souffrait de l’absence de plateforme d’échanges d’expériences entre les jeunes entrepreneurs et les entrepreneurs séniors. Mieux, jusqu’ici, les cas d’échecs n’étaient pas partagés. C’est dans ce contexte que la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté a initié l’organisation des Fuckup Night qui ont vite gagné en popularité au Sénégal. Mieux, elle a eu à l’organiser y compris dans les régions telles que Saint-Louis, Ziguinchor. C’est une séance, un espace, où l’on parle d’entrepreneuriat notamment des contraintes et des obstacles. Les intervenants mettent en avant leurs échecs. Or jusqu’ici, on ne faisait pas souvent référence à l’échec qui peut conduire à la réussite.
En plus de la Fondation, des structures telles que CONCREE cofondé par Babacar Birane et Make Sense de Pape Ba Ghan aident les jeunes à passer de l’état d’idée à celle d’action.
Politiques publiques récentes et perspectives institutionnelles
Selon des sources, près de 40 % de la population active sénégalaise est engagée dans l’entrepreneuriat, que ce soit à temps plein ou à temps partiel. Cependant, l’entrepreneuriat au Sénégal fait encore face à plusieurs défis. Parmi les principaux obstacles figurent l’accès au financement, la concurrence étrangère, le manque de compétences en gestion et la faiblesse des infrastructures.
En septembre 2022, le Sénégal s’est classé en tête de la Zone UEMOA comme premier pays d’attraction des investisseurs en capital-risque. Selon les données collectées par cette institution, à la date du 31 août 2022, le Sénégal a reçu 106,2 millions de dollars. L’ADEPME a développé et lancé le concept “WEE 4 LINGEER” en novembre 2024 « pour répondre aux nombreux défis auxquels font face les petites et moyennes entreprises féminines, citant l’accès limité au financement et au marché, la maitrise des nouvelles technologies, la structuration et le manque d’infrastructures ».
Le Sénégal met en œuvre un Programme de Financement massif et sécurisé des PME/PMI, visant à faire passer l’encours des crédits d un milliard de dollars en 2024, à six milliards de dollars d’ici 2028. Ce programme repose sur neuf réformes majeures, dont la mise en place du Guichet Unique de Financement (GUF), le renforcement des garanties à travers le FONGIP, la promotion des financements innovants et une fiscalité plus incitative. La phase actuelle de concertation territoriale vise à tenir compte des réalités locales et à valoriser les potentialités spécifiques des régions concernées, notamment Saint-Louis et Louga.
Un Bureau de la commande publique mis en place au sein de l’ADEPME a été initié par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). La structure est logée dans les locaux de ADEPME. Cette initiative vise à booster les parts de marché des PME, plus particulièrement celles à vocation féminine, dans la Commande publique. «Il existe un mécanisme de 2% aménagé pour les Petites et moyennes entreprises, mais qui n’est pas totalement capté par ces PME. L’initiative, d’ailleurs, entre dans ce cadre-là, comment aider les Petites et moyennes entreprises à gagner plus de parts de marché en captant les 2% qui leur sont réservés dans le Code des marchés», explique Moustapha DJITTE, Directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP).
Coopérations internationales et benchmarking
La mission de Benchmarking au Maroc, « Renforcer la coopération bilatérale autour de leviers stratégiques : structuration du tissu entrepreneurial, accès aux marchés extérieurs, financement de la croissance et accompagnement des PME-PMI ». Ces échanges ont renforcé notre conviction sur la nécessité d’une approche territoriale intégrée, reposant sur une coopération étroite entre les institutions publiques, les universités et le secteur privé. Le modèle marocain observé constitue à ce titre une source d’inspiration pour nos propres dispositifs d’appui. Ils alimentent notre réflexion pour bâtir une stratégie nationale de promotion des PME-PMI, inclusive, ambitieuse et ancrée dans les objectifs de la Vision Sénégal 2050.
La participation du Sénégal à des forums internationaux, comme la Première Réunion Ministérielle Mondiale à Johannesburg, illustre la volonté d’inscrire le pays dans les dynamiques globales de soutien aux petites et moyennes entreprises. « Proposer la création, à l’échelle continentale, d’un Fonds africain pour les PME/PMI, l’élargissement de l’accès aux financements concessionnels et l’élaboration d’une stratégie ciblée pour relever ensemble le défi de l’industrialisation ».
Points d’attention pour l’avenir
- Renforcer les mécanismes de financement adaptés aux besoins des startups et PME sénégalaises;
- Développer les infrastructures logistiques et digitalo-physiques (phygital) pour permettre une montée en échelle;
- Investir dans la formation et le mentorat, en favorisant le rôle des entrepreneurs expérimentés comme coaches;
- Mettre en oeuvre des politiques inclusives ciblées pour l’entrepreneuriat féminin et rural;
- Créer davantage d’espaces de partage d’expérience et d’apprentissage autour de l’échec et de la résilience.
Thierno Sakho est expert en banque, finance et microfinance et serial entrepreneur. En tant qu’ancien banquier, il a accompagné et a conseillé plusieurs chefs d’entreprises et grandes entreprises sénégalaises. Il est co-fondateur dans plusieurs ventures tels RMS Global Trading, Mobility Sénégal, Royal Trading Alliance Sénégal.
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