Entrepreneuriat féminin et OCDE: baromètres, statistiques et enjeux pour la France

Le baromètre révèle que 26 % des entreprises créées par des femmes avec moins de 1 000 euros au démarrage ont généré moins de 15 000 euros de chiffre d’affaires après trois ans d’activité. Au cours des trois premières années d’existence des entreprises créées par des femmes, 26 % ont pu générer des emplois (- 9 points par rapport aux créateurs d’entreprises masculins). Enjeu important pour répondre au vieillissement des chefs d’entreprise, la reprise-transmission constitue une opportunité permettant aux nouvelles générations d’entreprendre.

En France, les femmes représentent près de 4 reprises-transmission sur 10, une part qui est stable ces dix dernières années. Parmi les enjeux de compétitivité importants pour la France, l’environnement, l’innovation ou encore le développement de l’industrie sont des sujets pour lesquels les femmes entrepreneures sont très impliquées. En effet, 41 % des créatrices d’entreprises ont mis en oeuvre des actions visant à rendre leur activité plus écoresponsable, contre 33 % des hommes. En matière d’innovation, les femmes sont tout autant investies que les hommes (36 % contre 38 %).

Les femmes représentent 28 % de la chaîne entrepreneuriale - c’est-à-dire toutes les personnes dans une dynamique entrepreneuriale : intention de créer ou reprendre, projet en cours, cheffes d’entreprises - à la campagne comme en ville. 60 % des entreprises accompagnées par les accélérateurs Quartiers 2030 sont portées par des femmes. Parmi les bénéficiaires du programme French Tech Tremplin, dispositif accompagnant les entrepreneurs sous-représentés dans l’écosystème de la tech français, 30 % sont des femmes depuis 2019. Autant de femmes que d’hommes participent aux formations Activ’Créa, proposées par France Travail, sont accompagnées dans leur projet grâce aux Pass Créa mis en place par Bpifrance et se lancent dans l’entrepreneuriat avec le baccalauréat ou un diplôme inférieur.

Malgré un environnement économique incertain, l’entrepreneuriat attire de nombreuses femmes qui considèrent qu’être son propre patron est plus motivant qu’être salariée. L’étude révèle que 20 % des femmes souhaitent créer leur entreprise. Pour soutenir les femmes entrepreneurs, France Active a mis en place une garantie spécifique qui leur permet d’emprunter sans caution personnelle. Cette garantie est proposée dans le cadre d’un accompagnement plus large de l’entrepreneure.

Empretec a formé plus d’un demi-million d’entrepreneurs de pays en développement depuis 1988. « Si vous voulez changer le monde, vous devez d’abord vous changer vous-même », a déclaré Uneiza Ali Issufo, qui a fondé ConsMoz, une entreprise de construction dynamique au Mozambique. Joyce Kyalema d’Ouganda doit son succès à son père qui lui a fourni une éducation de qualité. « Si une femme reçoit de l’appui, une nation est construite. Malgré certains progrès, la présence et le poids des femmes dans le monde des affaires restent limités.

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Les estimations montrent qu’une telle sous-représentation pourrait nuire à la croissance économique et à des emplois décents. L’édition 2021 de l’Indice entrepreneurial français (IEF) montre que le clivage entre hommes et femmes tient davantage à une question d’état d’esprit et de sensibilisation que de compétences. Elle permet ainsi d’être optimiste quant au resserrement des écarts hommes/femmes en matière d’entrepreneuriat dans les années à venir, reflet d’une dynamique portée notamment par des entrepreneures jeunes et conscientes des problématiques sociales.

« L’excellente nouvelle de cette édition 2021 de l’IEF est l’implication croissante des Françaises dans l’entrepreneuriat (+ 3 points par rapport à l’édition 2018), et encore plus des femmes des Quartiers prioritaires de la politique de la ville où la progression de l’indice est de + 5 points en l’espace de 3 ans à peine », indique Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation, des études et de la prospective à Bpifrance. La population française est constituée de 52 % de femmes ; or elles ne sont que 46 % dans la chaîne entrepreneuriale. Les femmes y sont donc relativement sous-représentées… mais moins qu’on ne le pense.

Les acteurs de la chaîne entrepreneuriale englobent un tiers des Français contre un quart des Françaises, un écart qui s’illustre notamment chez les porteuses de projet, dont la part s’élève à 9 % en 2021 contre 13 % chez les hommes. Ce gender gap a cependant tendance à se réduire : l’Indice entrepreneurial des femmes passe de 23 % en 2018 à 26 % en 2021 (tandis qu’il est en baisse chez les hommes, avec 34 % en 2021 contre 37 % en 2018). Si les femmes sont toujours sous-représentées parmi les chefs d’entreprise (anciens et actuels) et les porteurs de projet, cette situation ne s’explique pas par un manque d’appétence pour la création d’entreprise, puisque 50 % des intentionnistes sont des femmes.

Parmi les femmes en dehors de la chaîne entrepreneuriale, 31 % n’ont jamais songé à créer ou reprendre une entreprise, un comportement proche de celui des hommes (28 %). L’édition 2021 de l’Indice entrepreneurial français a nécessairement été marquée par la crise sanitaire. Cette dernière a engendré des retards de projet, voire des abandons, et des changements stratégiques en matière de carrière ne favorisant pas forcément la création d’entreprise. L’impact de la pandémie a été comparable chez les chefs et cheffes d’entreprise. Les entrepreneures attribuent toutefois davantage les cessations d’activité à l’évolution de leur situation personnelle.

La pandémie a cependant présenté une opportunité inattendue pour les entrepreneures. Tandis que 27 % des cheffes d’entreprise témoignent de difficultés liées à la gestion de leur entreprise (distanciation, arrêt d’activité), 24 % d’entre elles ont vécu la crise comme une occasion de réfléchir à la vision qu’elles avaient de leur entreprise et de faire évoluer leur stratégie (un chiffre qui s’élève à 18 % seulement chez les hommes).

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Les réponses à l’enquête traduisent un problème de confiance bien étayé en littérature économique - qui pourrait s’apparenter au « syndrome de l’imposteur » - lorsque les femmes s’auto-évaluent: seules 5 femmes sur 10 affirment posséder les compétences pour entreprendre comme décider, négocier, ou présenter des résultats. Les femmes sont par ailleurs deux fois plus sensibles au risque d’échec (18 % contre 10 % chez les hommes). Elles témoignent également d’une plus faible pratique entrepreneuriale que les hommes : 4 sur 10 déclarent avoir eu une expérience du monde des affaires, de la création ou de la gestion d’entreprise, alors que cette proportion est de 1 sur 2 pour les hommes.

Dans le contexte de la crise sanitaire et des bouleversements professionnels, hommes et femmes ont réagi différemment: alors que les femmes ont eu tendance à se mettre à la recherche d’un nouvel emploi, les hommes ont plutôt envisagé de travailler à leur compte. À noter toutefois que les activités des entrepreneures s’inscrivent davantage dans la durée : seule 1 femme sur 10 a cédé ou fermé une entreprise, contre près de 2 hommes sur 10.

Les raisons du gender gap varient selon la place des femmes dans la chaîne entrepreneuriale. Avant toute chose, notons que le gender gap semble s’atténuer, voire disparaître, pour les chefs et cheffes d’entreprises en responsabilité : les difficultés principales qu’ils et elles rencontrent dans les deux premières années de l’activité sont les mêmes (revenu insuffisant ou instable et démarches administratives trop complexes) et la part de celles et ceux qui n’ont rencontré aucune difficulté ne varie pas de manière significative. De manière générale, les femmes souffrent d’une exposition entrepreneuriale plus faible que les hommes: si les femmes de la chaîne sont aussi nombreuses que les hommes à côtoyer des entrepreneurs dans leur cercle familial ou amical, l’écart se creuse nettement sur le sujet de la sensibilisation à la création/reprise d’entreprise au cours de leur cursus scolaire ou professionnel; 25 % se disent sensibilisées contre 31 % des hommes.

Les femmes témoignent également d’une pratique entrepreneuriale moindre: 1 femme sur 3 déclare avoir eu une expérience du monde des affaires, de la création ou de la gestion d’entreprise, alors que cette part est de 54 % chez les hommes. L’IEF montre que l’envie d’entreprendre des femmes est davantage guidée par des valeurs humaines et sociales: ce qui a motivé les femmes chefs d’entreprise à se lancer, c’est réaliser un rêve (26 % contre 17 % pour les hommes). À parité avec les hommes déjà entrepreneurs, elles veulent être leur propre patronne (24 %) ou exercer une activité en adéquation avec leurs valeurs (21 %). Plus notable encore, pour les femmes entrepreneures, les enjeux financiers passent à l’arrière-plan: l’augmentation des revenus ou du capital, motivation principale chez les hommes (26 %), arrive seulement en quatrième position (18 %).

Les entrepreneures mettent l'innovation, l’environnement et la RSE au cœur de leur projet de développement entrepreneurial. L’innovation est la grande priorité des cheffes d’entreprises et des intentionnistes (3 sur 4). L’environnement compte aussi pour 72 % des intentionnistes et 66 % des cheffes d’entreprise. Même si la proportion des femmes inscrites dans une dynamique entrepreneuriale descend à 14 % dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et que l’écart hommes/femmes se creuse (- 8 points au niveau national contre - 11 points dans les QPV), l’Indice entrepreneurial des femmes y est en remarquable progression : + 5 points ces trois dernières années, soit presque deux fois plus que sur l’ensemble du territoire français (+ 3 points).

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Les QPV constituent ainsi des zones particulièrement dynamiques: un tiers des femmes de la chaîne entrepreneuriale en QPV a moins de 24 ans. Dans les QPV, 14 % des femmes seulement s’inscrivent dans une dynamique entrepreneuriale. Quant aux habitantes des QPV « hors chaîne entrepreneuriale », la moitié n’a jamais songé à entreprendre. Les difficultés d’ordre financier (revenu insuffisant ou trop instable pour 15 % d’entre elles, investissement financier trop important pour 19 %) sont les plus saillantes.

L’entrepreneuriat au féminin tend chaque année à se développer et se renforcer en France. L'entrepreneuriat féminin représente l'ensemble des initiatives économiques et managériales portées par les femmes dans la création et le développement d'entreprises. Les entrepreneures se distinguent notamment par leur capacité à lancer des projets dans des secteurs variés : numérique, commerce, services aux entreprises ou encore économie sociale et solidaire. En France, 43 % des créateurs d’entreprises individuelles étaient des femmes. Si la parité n’est pas encore atteinte, cette proportion reste encourageante. Bien que stable depuis 2015, le nombre d’entreprises créées par les femmes a connu une croissance importante depuis 30 ans.

La France est un exemple en matière d’accompagnement des créatrices d’entreprise. Dix ans après la loi Copé-Zimmermann, qui impose un quota minimum de 40 % de femmes dans les conseils d’administration des entreprises de plus de 250 salariés, on constate une forte évolution. Par ailleurs, les comités exécutifs et les comités de direction sont désormais composés à plus de 28,5 % de femmes. Bien que l’entrepreneuriat reste encore majoritairement masculin, les femmes entrepreneures présentaient en 2020 de meilleures performances selon les chiffres de Women Equity: les entreprises dirigées par des femmes affichaient en moyenne un excédent brut d’exploitation de 8,4 % contre 6,4 % chez les hommes.

Statistiquement, la majorité des petites entreprises (TPE) pilotées par des femmes font en effet moins faillite que celles gérées par des hommes: en 2018, plus de 54 % des entreprises de moins de dix salariés avec une femme à leur tête présentaient un risque faible ou très faible d’entrer en défaillance, alors que celles dirigées par des hommes en présentaient 50 %.

La sensibilisation dès le plus jeune âge représente un levier majeur pour encourager les vocations entrepreneuriales féminines. La mise en lumière des réussites entrepreneuriales féminines dans les médias et lors d'événements dédiés contribue à déconstruire les stéréotypes. Enfin, l'accompagnement personnalisé à travers des incubateurs spécialisés renforce la confiance des porteuses de projet.

Garantie ÉGALITÉ femmes : Ce dispositif national, mis en place par France Active, remplace le FGIF (Fonds de garantie à l'initiative des femmes). Il facilite l'accès au crédit bancaire pour les femmes porteuses de projets de création, reprise ou développement d'entreprises. Programme Wom'energy : Proposé par le Réseau Entreprendre, ce programme soutient les cheffes d'entreprise à tous les stades de développement de leur projet. Les structures d'accompagnement spécialisées transforment l'entrepreneuriat féminin en France. L'incubateur Willa, situé à Paris, a déjà soutenu 1 050 femmes grâce à 150 experts et coachs. La Ruche propose un programme d'accompagnement de 9 mois nommé "Les Audacieuses", qui renforce la posture entrepreneuriale des participantes à travers du mentorat personnalisé et des formations pratiques. La 13e édition des Semaines de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin se déroulera du 10 au 28 mars 2025. Le forum "Be a Boss" parcourt la France pour rencontrer les entrepreneures et porteuses de projets dans dix régions différentes, avant une finale parisienne. BGE Alsace-Lorraine lance une première édition d'un événement exclusif à Strasbourg, conçu pour les femmes entrepreneures actuelles et futures.

En principe, tout salarié est en droit de créer une micro-entreprise. Un cumul est donc possible quel que soit votre type de contrat (CDI, CDD, etc.), votre temps de travail (plein ou partiel) et la nature de votre activité (artisanale, commerciale, etc.). Toutefois, il convient de respecter certaines règles, notamment en matière de concurrence et de fiscalité.

Même si l’égalité salariale est inscrite dans la loi depuis 1972, les différences de rémunération persistent en France. Selon l'Insee, l'écart de salaire entre femmes et hommes s'élève à 14,2 %, à temps de travail identique. Dans le cadre de la politique Diversité Equité Inclusion de Generali et de sa stratégie de leadership en matière d’Épargne, un partenariat a été noué avec Olympes, une fintech dédiée à la réduction des inégalités financières entre les femmes et les hommes.

Dans le cadre du plan interministériel « Toutes et tous égaux 2027 », la Direction générale des Entreprises (DGE), en partenariat avec Bpifrance, publie la troisième édition du baromètre de l’entrepreneuriat des femmes en France. La représentation et la sensibilisation des femmes à l’entrepreneuriat progresse même si des disparités subsistent. Enfin, si le taux de pérennité après cinq années de vie d’une entreprise classique est identique pour les femmes et pour les hommes, ce n’est pas le cas chez les micro-entrepreneurs. Les motivations à entreprendre sont similaires entre les femmes et les hommes. Malgré cette progression encourageante, l’accompagnement et le financement des projets entrepreneuriaux restent limités pour les femmes. En effet, seulement 32 % des femmes entrepreneures déclarent avoir bénéficié d’un accompagnement dans leur parcours, contre 39 % des hommes.

Être une femme dans le monde de l’entrepreneuriat africain • FRANCE 24

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