Comment financer un projet de jardin thérapeutique
Au fil des billets, la question du financement revient souvent. C’est un sujet incontournable pour tout porteur de projet qui se lance et veut pérenniser son programme. Du coup, j’ai eu envie de rassembler les réflexions de plusieurs personnes expérimentées en la matière. Il y a tellement à dire sur le sujet que nous allons procéder en deux, voire en trois temps. Cette semaine, John Riddell du Jardin des Vents nous livre ses réflexions sur le financement de ce jardin ambitieux qui a mis plus de 10 ans à voir le jour comme il nous le racontait il y a quelques semaines.
« On devient un peu mendiant », constate John Riddell, le président de l’association du Jardin des Vents. « Il faut avoir un beau dossier. Grâce à notre stagiaire, notre dossier était plein de croquis pour faire rêver de ce pourrait être le jardin. J’ai constaté que le projet provoquait toujours des réponses positives. Le jardin thérapeutique est très consensuel. EDF nous a donné 45 000 euros, AG2R 37 000 euros, le Lions Club doyen de Castelnaudary 7 500 euros. Nous avons reçu une bourse de 3 000 euros de Jardins & Santé. « Il y a 10 ou 20 ans, on aurait cherché du côté des collectivités, mais elles n’ont plus d’argent. Je précise quand même que le département de l’Aube nous a donné des végétaux. Par contre, la Fondation Truffaut a répondu non », continue-t-il en énumérant d’autres aides en nature. « Une coopérative agricole a aidé à désherber le terrain. Les élèves du lycée agricole de Castelnaudary et leurs professeurs ont aidé à la plantation ainsi que Bethsabée de Gunzbourg de Jardins & Santé. »
« Les donateurs ne posent pas vraiment de question sur les bienfaits du jardin. Mais c’est important pour la suite et j’aimerais que des médecins ou des étudiants essaient de montrer des résultats réels. Avec la crise financière, ce serait utile de montrer comment les jardins peuvent avoir un impact », conclut-il. Il parle bien sûr d’un impact financier, en économie de médicaments ou d’autres services. Carole Nahon de l’association le Jardin des (S)âges nous raconte une partie de son aventure de financement. « J’ai appris que le Crédit Agricole aidait des projets associatifs. J’ai fait un courrier dans lequel j’exposais le projet, brièvement, et j’ai demandé la somme qui correspondait au poste des plantes dans le projet, sachant que le Crédit Agricole ne nous donnerait qu’une bourse qui avait une attribution spécifique, ici les plantes. J’ai envoyé le courrier, j’avoue que je n’y croyais plus. Ma surprise en a donc été plus grande! »
« Lorsque j’ai commencé ce blog en Californie il y a bientôt 4 ans, j’entendais beaucoup parler de ventes de plantes pour lever des fonds pour tel ou tel programme. Le concept peut être adopté en France comme le démontre le Jardin d’Olt. Cécile Ratsavong-Deschamps, la présidente de l’association Médecines, Cultures et Paysages qui soutient ce jardin dans un hôpital-maison de retraite, l’a mis en œuvre. Des idées dont on peut prendre de la graine ! »
« C’est sans doute une des phases les plus critiques dans la bonne conduite d’un projet de jardin. Le financement d’un jardin thérapeutique est une préoccupation majeure pour la concrétisation d’un projet dont l’efficacité pour le patient est aujourd’hui démontrée par des études scientifiques. »
Lire aussi: Participez au Projet Odyssée
« Avec près de 15 ans d’expérience, nous participons activement à la recherche de financement de projets de jardin enrichi. D’une part en construisant le dossier de demande de financement mettant en avant les éléments forts du projet et les arguments déterminants pour le justifier. »
« En fonction de votre région les interlocuteurs sont différents. Les acteurs sont nombreux. Les jardins thérapeutiques ne sont pas de simples espaces verts. Ce sont des environnements soigneusement conçus pour améliorer la santé physique, mentale et sociale des personnes qui les fréquentent. »
Depuis les monastères médiévaux jusqu'aux programmes hospitaliers contemporains, l'hortithérapie existe depuis des siècles. Un jardin thérapeutique est un espace végétalisé conçu avec une intention de soin. L'hortithérapie (healing garden en anglais) existe depuis des siècles. Les jardins de simples des monastères médiévaux associaient déjà culture de plantes médicinales et bien-être des moines. Les bienfaits des jardins thérapeutiques ne sont pas de simples intuitions. L’étude fondatrice de Roger Ulrich, publiée dans Science en 1984, a démontré que les patients hospitalisés ayant vue sur un jardin récupéraient plus vite après une chirurgie que ceux face à un mur.
Gonzalez et al. (2010) ont mesuré une réduction de 50% de la dépression sévère après 12 semaines d'hortithérapie. La méta-analyse de Soga et al. (2017) confirme que le jardinage réduit significativement le stress, l'IMC et les symptômes dépressifs. Les jardins thérapeutiques stimulent la mobilité (marche, jardinage, motricité fine), réduisent les facteurs de risque cardiovasculaire et améliorent la qualité du sommeil. Un jardin partagé crée naturellement du lien intergénérationnel. Résidents, soignants, familles et bénévoles se retrouvent autour d'activités communes : plantation, récolte, dégustation.
La majorité des projets de jardins thérapeutiques hors-sol échouent en moins de 2 ans. Les plantes dépérissent, les budgets d'entretien explosent, et l'espace vert se transforme en espace gris. Le problème fondamental : le manque de minéraux. Un substrat classique (terreau + engrais chimiques) en bac hors-sol s'appauvrit en 6 à 12 mois. Les plantes survivent un temps grâce aux réserves, puis s'affaiblissent et meurent. La solution unique : l'arboricompostage. L'arboricomposteur intègre deux compartiments : l'un accueille les biodéchets, l'autre accueille la plante. Le compartiment biodéchets fournit ses nutriments au compartiment végétal par les jus de compost, l'action microbienne et la faune du sol. Les racines puisent en continu ces nutriments.
Lire aussi: Guide Crowdfunding SAS
L'arboricomposteur Phytopolis est un mobilier végétalisé qui résout le problème fondamental des jardins hors-sol. Conçu et fabriqué en France, en bois douglas certifié PEFC, il intègre deux compartiments : l'un accueille les biodéchets de votre établissement, l'autre accueille les plantes. Étude préliminaire (à partir de 10 000 € HT) : analyse du site, des publics, du climat local. Le choix des plantes est fondamental. Toucher : feuilles veloutées (sauge, consoude), feuilles charnues (sédum, joubarbe), textures variées. Odorat : lavande, romarin, jasmin, chèvrefeuille, les parfums déclenchent des souvenirs et apaisent le système nerveux. Vue : floraisons échelonnées, couleurs contrastées, feuillages persistants. Ouïe : graminées qui bruissent au vent, eau. Sauge officinale (mémoire), mélisse (anxiété), camomille (sommeil), échinacée (immunité), menthe (stimulation).
Les plantes varient selon votre département et sa zone climatique. De nombreuses aides publiques permettent de financer 50 à 80% de votre projet de jardin thérapeutique. France Nation Verte / Fonds Vert : jusqu'à 70-80% du coût éligible pour les projets de renaturation. La loi AGEC, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, oblige tous les établissements à trier leurs biodéchets. Phytopolis vous accompagne de A à Z : de l'étude préliminaire à l'entretien, en passant par la conception 3D, la fabrication artisanale en France et l'installation. Le budget varie selon la surface et l'ambition. L'étude préliminaire commence à partir de 10 000 € HT et inclut l'analyse du site, la sélection des plantes et la modélisation 3D. Le coût total d'un jardin thérapeutique Phytopolis est en moyenne 2x inférieur à un aménagement en pleine terre équivalent. Les arboricomposteurs sont du mobilier hors-sol, sans ancrage permanent au sol. Ils ne nécessitent généralement pas de permis de construire. En espace public (ERP), une autorisation du gestionnaire est nécessaire. 99% des utilisateurs ne perçoivent aucune odeur. Le processus de décomposition dans l'arboricomposteur est aérobie (pas de fermentation anaérobie), et le bois douglas naturellement imputrescible contribue à la régulation. Tous les déchets de cuisine : épluchures, restes de repas, marc de café, sachets de thé, coquilles d'œufs. En EHPAD et en école, les biodéchets de la cuisine collective alimentent directement le jardin. L'arboricomposteur réduit l'entretien de 50% par rapport à un bac classique. L'arrosage est minimisé grâce aux oyas et au compost qui retient l'humidité.
Ulrich, R.S. (1984). Kaplan, R. & Kaplan, S. (1989). The Experience of Nature: A Psychological Perspective. Söderback, I. et al. (2004). Gonzalez, M.T. et al. (2010). Soga, M. et al. (2017). Fondation Médéric Alzheimer. Pas de spam. Écrit par Victor MAGAUD, fondateur de Phytopus (sic: Phytopolis), diplômé de l'ESSEC, Victor MAGAUD a fondé Phytopolis pour rendre la végétalisation urbaine et le compostage de proximité accessibles à toutes les collectivités.
L’introduction d’un jardin thérapeutique au sein d’un établissement de santé représente un investissement précieux pour le bien-être des résidents/patients. Cependant, la réalisation de ce projet peut souvent être entravée par des contraintes budgétaires, avec un budget interne déjà alloué à de nombreuses autres priorités. La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent et que la recherche de financements extérieurs peut ouvrir de nouvelles possibilités.
Concevoir le dossier. La préparation d’un dossier de demande de financement pour un jardin thérapeutique est une étape cruciale pour garantir le succès de votre projet. Verdurable vous a réalisé un guide « Réussir les ateliers autour du jardin thérapeutique ». Ce guide n’est pas un formulaire pré-rempli, mais il cite des points essentiels qui vous aideront à élaborer un dossier complet et convaincant: qui sont les bénéficiaires, leurs pathologies et leurs attentes sur le jardin; où se trouvera le jardin; quand commenceront les activités autour du jardin; quels thèmes de jardin à réaliser; quels services s’en occupent; quels outils et équipements indispensables; cela permet d’avoir une première idée sur le coût.
Lire aussi: Transparence financière des campagnes en France
Chercher le financement pour un jardin thérapeutique demande du temps et de l’effort, mais en présentant un projet solide et en explorant diverses sources de financement, vous augmentez vos chances de réussite. N’oubliez pas que chaque petit soutien contribue à faire de votre jardin thérapeutique une réalité bénéfique pour votre établissement et ses résidents. Voici par dessous une liste des associations et fondations qui financent le jardin thérapeutique. N’hésitez pas à enrichir cet article grâce à votre expérience partagée :
- Fondation Truffaut
- Fondation Hôpitaux de Paris Hôpitaux de France (+ de vie)
- ARS
- France Alzheimer
- Lions Club
- Rotary Club
- Les Blouses Roses
- Jardin & Santé
Quelques organisations avec lesquelles nous n’avons pas encore eu l’occasion d’acquérir une expérience réelle, à vous de tester et de partager si c’est réussi: Fondation Lemarchand pour l’équilibre entre les hommes et la Terre, Caisse d’Epargne, Fondation d’EDF, Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie, AG2R, etc. Et encore d’autres fondations. En résumé, la quête de financement pour un projet de jardin thérapeutique peut sembler exiger persévérance. Mais en partageant votre passion et votre vision, même pour un projet qui pourrait paraître de petite envergure, vous créez l’opportunité d’offrir un véritable bonheur à travers le jardinage.
La Fondation Georges TRUFFAUT donne la parole à 2 acteurs pionniers de l'Hortithérapie en France. Le premier jardin thérapeutique en France est « l'atelier potager / fleurs » créé en 1997 à l'hôpital de jour de La Pitié Salpêtrière. Anne Ribes et le Professeur David Cohen expliquent le contexte historique et les bénéfices pour les enfants et le personnel. Les activités de jardinage apportent des possibilités de projet commun et favorisent le développement, l’esthétique et la fragilité des jeunes patients. L’hortithérapie ne peut se réduire à une prescription médicale et devient un soin à part entière, soutenu par une pratique professionnelle adaptée.
La Fondation a déjà soutenu 7 projets d'associations œuvrant pour la cause d'enfants handicapés. L’objectif est de démontrer que le jardin est bien plus qu’un espace vert: c’est un milieu d’interactions et d’apprentissage. Offrir à des personnes, notamment des enfants, l’occasion de devenir des « soignants » du vivant renforce le dialogue et transforme le jardin en un tiers soignant, riche en diversité et tolérance.
jardins thérapeutiques
Ils s’organisent simplement, selon les saisons, valorisant le développement de la vie végétale et les soins indispensables au « bonheur » des plantes: arrosage, désherbage et reconnaissance par les plantes (formes, parfums, goûts). En aucun cas l’activité jardin ne peut résulter seulement de la prescription mais elle doit s’accompagner d’une réelle appropriation. Le jardin devient un soin à part entière et devrait être exercé par un personnel compétent formé à l’hortithérapie.
Tableau récapitulatif des points clés du financement et des aides potentielles est présent afin de guider votre planification budgétaire et vos demandes de subventions.
| Source de financement | Type d’aide | Exemple /Montant |
|---|---|---|
| EDF | Subvention | 45 000 € |
| AG2R | Subvention | 37 000 € |
| Lions Club | Subvention | 7 500 € |
| Jardins & Santé | Bourse | 3 000 € |
| Département / végétaux | Aide en nature | Végétaux |
| Crédit Agricole | Bourse spécifique (plantes) | Variable selon le projet |
Le budget et les coûts évoluent selon la surface et l’ambition. L’étude préliminaire commence à partir de 10 000 € HT et inclut l’analyse du site, la sélection des plantes et la modélisation 3D. Le coût total d'un jardin thérapeutique Phytopolis est en moyenne 2x inférieur à un aménagement en pleine terre équivalent. Les arboricomposteurs sont du mobilier hors-sol, sans ancrage permanent au sol et ne nécessitent généralement pas de permis de construire. En espace public (ERP), une autorisation du gestionnaire est nécessaire.
balises: #Financ
