Options de financement privé pour entreprises individuelles
En lançant votre micro-entreprise, vous vous posez sûrement de nombreuses questions sur les aides existantes et les financements disponibles. En créant votre micro-entreprise, vous pouvez continuer à percevoir vos allocations d’aide à l’emploi (ARE).
Panorama des financements privés possibles
Les financements privés regroupent tous les apports venant d'investisseurs ou de particuliers qui croient en votre projet. Ils complètent souvent les aides publiques et permettent de boucler le plan de financement selon la nature et l'ambition de votre projet.
Les business angels
Le business angel ou « investisseur providentiel » est un cadre d'entreprise en activité ou un ancien entrepreneur qui investit une partie de son patrimoine financier dans des sociétés innovantes à fort potentiel. Le business angel peut vous apporter plusieurs choses. Un apport financier direct : lorsque les business angels se groupent pour financer un projet à fort potentiel, l'apport moyen va de 300 000 € à 500 000 €. Un carnet d'adresses : son réseau peut vous permettre de trouver d'autres financements. Une expérience professionnelle : le business angel participe activement à la vie de l'entreprise et à la prise de décision. Il apporte des compétences et de nombreux conseils. En contrepartie de cet investissement, le business angel entend dégager une forte plus-value.
Les fonds d'investissement et capital-risque
Le capital risque est une prise de participation par un ou plusieurs investisseurs professionnels, généralement minoritaire, au capital de votre société. L'objectif de l'investisseur est de participer financièrement au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et de réaliser une forte plus-value lors de la cession de ses titres sociaux après 3 à 7 ans au sein de la société. Le montant investi dépend des besoins de l'entreprise mais surtout de l'intérêt qu'y portent les investisseurs pour leur retour sur investissement. L'apport peut aller de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d'euros.
Le financement participatif (crowdfunding)
Le financement participatif consiste à récolter des fonds auprès d'une communauté d'internautes qui souhaitent soutenir votre projet. Le financement participatif constitue une bonne alternative pour les entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à mobiliser des fonds de manière traditionnelle (ex : prêt bancaire). Il permet de donner vie à tout type de projet innovant : créatif, culturel, numérique, environnemental, social, etc. La campagne de crowdfunding se déroule dans un temps imparti et sur une plateforme dédiée (ex : Ulule, Kickstarter, Kisskissbankbank...). Le choix de la plateforme dépend de la nature du projet, certaines plateformes étant généralistes et d'autres spécialisées.
Lire aussi: Participez au Projet Odyssée
Le crowdfunding peut prendre 3 formes différentes :
- Don (reward crowdfunding) : les contributeurs vous font des dons d'argent sans retour sur investissement. Une contrepartie non-financière peut éventuellement être proposée.
- Prêt (crowdlending) : les contributeurs vous accordent un prêt que vous devrez rembourser, avec ou sans intérêts.
- Investissement : les contributeurs peuvent financer le projet en achetant des titres sociaux de votre société et deviennent des associés.
La « love money » et les prêts/dons de proches
Et si vous faisiez appel à vos proches pour financer votre projet ? Cela est un bon moyen pour ne pas dilapider vos économies tout en faisant appel à des personnes - en principe - de confiance. S’il est tout à fait possible d’obtenir un don ou un investissement de la part d’un parent, ils sont également conditionnés. Dans le cas de l’entreprise individuelle, il n’est pas possible de profiter de la « Love money » comme apport au capital, car il ne s’agit pas d’une société dans laquelle le proche investisseur peut devenir associé. En revanche, il peut tout à fait vous donner ou vous prêter des fonds. À vous, ensuite, d’établir les modalités de remboursement.
Saviez-vous que pour un prêt supérieur à 1 500 euros, un écrit devait obligatoirement être fourni pour en prouver l’existence. Mais, entre proches, un écrit n’est pas exigé, car il s’agit d’une impossibilité morale de produire un écrit. Quant à la donation, il faut savoir que le donateur peut profiter d’une exonération des droits de mutation auprès de l’administration fiscale si les conditions suivantes sont réunies : le donateur a moins de 80 ans ; le bénéficiaire est majeur (ou est émancipé) ; il s’agit d’un maximum de 31 865 euros/donateur ; limite d’un don tous les 15 ans (sinon pas d’exonération). Même s’il bénéficie d’une exonération, le don doit être déclaré auprès de l’administration fiscale.
Prêts privés et dispositifs d'accompagnement
Les prêts d'honneur
Les prêts d’honneur sont des dispositifs permettant aux bénéficiaires d’obtenir un crédit sans avoir à fournir de garantie. Le bénéficiaire s’engage simplement sur l’honneur à rembourser le montant obtenu. Notez qu’il s’agit de prêts à taux zéro. Le réseau Entreprendre ou encore Initiative France proposent de telles aides dont les montants varient selon les projets/les régions. Ces aides sont un très bon moyen pour renforcer vos fonds propres. En outre, elles font effet de levier pour obtenir un crédit bancaire.
Le microcrédit professionnel (ADIE et autres)
Le microcrédit professionnel s'adresse aux créateurs ou repreneurs d'entreprises, quel que soit le secteur d'activité ou leur statut, qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique. Il s'agit d'un prêt de 17 000 € maximum, le plus souvent assorti d'un taux d'intérêt au moins égal à 5 %. Sa durée de remboursement est de 5 ans maximum. Le microcrédit peut être remboursé par anticipation. Pendant sa durée de remboursement, le prêt fait l’objet d’un suivi financier par l’association ou la fondation chargée de l’accompagnement social. Le principal organisme habilité pour recevoir votre demande de microcrédit professionnel est l'ADIE. L'ADIE offre un micro-crédit aux entrepreneurs qui n'accèdent pas au circuit bancaire classique. L’organisme propose un micro-crédit qui peut s’élever jusqu’à 12 000 euros. Le remboursement doit être réalisé entre 4 mois et 4 ans. Le micro-crédit est assorti d’un taux fixe de 9,87 % et d’une contribution solidaire de 5 % du montant octroyé.
Lire aussi: Guide Crowdfunding SAS
Le crédit vendeur et autres financements liés à la reprise
Dans le cadre d'une reprise, si un climat de confiance s'est installé entre vous et le cédant de l'entreprise, il est possible de négocier avec lui la conclusion d'un crédit vendeur. Le crédit vendeur vous permet d'obtenir un paiement échelonné d'une partie du prix (50 % maximum). La durée du remboursement du crédit vendeur est de 1 à 3 ans. Elle est plus courte que celle du crédit bancaire et vient donc alourdir les charges de l’entreprise. Le taux d’intérêt se négocie entre le repreneur et le cédant. Généralement la négociation dépendra des besoins du cédant mais surtout des capacités de remboursement du repreneur. Un crédit à taux zéro peut aussi être négocié.
Le crédit vendeur est également un levier important pour rassurer les banques et obtenir un emprunt bancaire. En plus du crédit vendeur, vous pouvez proposer au cédant une clause de complément de prix (ou clause d'earn out) qui permet d'indexer une partie du prix de cession aux résultats futurs de l'entreprise. Pour sécuriser son financement, le cédant peut exiger des garanties. Pour formaliser l’accord, les parties doivent rédiger un écrit. Il est recommandé de faire appel à un notaire.
Les contrats et prêts proposés par Bpifrance
Le prêt à la création d’entreprise Bpifrance : la Banque Publique d’Investissement s’implique dans l’accompagnement entrepreneurial en octroyant notamment un prêt à la création d’entreprise allant de 2 000 à 7 000 euros, sur 5 ans. Le bénéficiaire n’a pas besoin de fournir de garantie. Cette aide est destinée à financer une première installation, quel que soit le secteur d’activité. ⚠️ Pour l’instant le dispositif est clos.
Le prêt d’amorçage Bpifrance : les PME peuvent bénéficier d’un prêt d’amorçage grâce à Bpifrance. L’aide va de 50 000 à 100 000 euros sur 8 ans. L’entrepreneur n’a pas à fournir de garantie pour obtenir ce prêt à taux fixe qui finance ses besoins en fonds de roulement (BFR) ou ses dépenses en recherche et développement.
Le contrat de développement transmission proposé par Bpifrance permet de financer l'achat d'un fonds de commerce, l'achat majoritaire de titres sociaux, les frais d'acquisition, le renforcement du besoin en fonds de roulement, et le remboursement de comptes courants. Le montant du prêt varie entre 40 000 € et 1 500 000 €. Le remboursement peut s'étaler sur une durée de 7 ans, avec un allègement du remboursement les 2 premières années. Le contrat est accordé sans demande de garantie, ni caution personnelle et accompagne systématiquement un prêt bancaire d'une durée minimum de 5 ans et représente au maximum 40 % de l'ensemble des prêts mis en place.
Lire aussi: Transparence financière des campagnes en France
Garanties et fonds de garantie
Les fonds de garantie permettent d’obtenir une couverture pour un emprunt, utile lorsqu’on n’a pas la possibilité de fournir une autre garantie. Il existe : le fonds de garantie Bpifrance → garantit de 50 à 60 % un emprunt allant jusqu’à 200 000 euros couvrant les BFR, investissements matériels/immatériels ou encore l’achat d’un fonds de commerce ; le Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF) → prêt bancaire couvert jusqu’à 45 000 euros ; France Active → le réseau France Active propose différentes garanties pour couvrir un crédit bancaire. Elles sont proposées à des publics diversifiés : quartiers/zones prioritaires, demandeurs d’emploi, femmes, personnes en situation de précarité, mais également entreprises favorisant l’insertion des personnes handicapées.
Quelle que soit la garantie, elles couvrent jusqu’à 7 ans (84 mois) maximum. Elles sont assorties d’un coût de 2,5 % du montant du crédit bancaire. ⚠️ En revanche, vous ne pouvez en bénéficier que pour les prêts destinés aux BFR et au financement des investissements. Vous pouvez être couvert jusqu’à 80 % de votre emprunt, selon la formule dont vous profitez.
Aides privées et concours
Vous pouvez vous inscrire à des concours qui récompensent les créateurs/repreneurs d'entreprise selon leur secteur d'activité. La somme perçue lors d'un concours que vous remportez peut-être directement intégrée aux capitaux propres de votre entreprise. Gagner un concours peut aussi vous permettre de vous faire connaître, de rencontrer des partenaires et de gagner en crédibilité aux yeux des banques et autres investisseurs. Il existe plusieurs catégories de concours : nationaux, régionaux, réservés aux moins de 30 ans, réservés aux femmes. Il existe le prix audace destiné exclusivement aux auto-entrepreneurs pour récompenser leur audace en soutenant les projets prometteurs ! Organisé par la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, ce concours récompense chaque année 5 entrepreneurs pour une enveloppe totale de 20 000 euros.
Finance solidaire et entreprises de l'ESS
Si vous créez/reprenez une entreprise dans le secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS), vous pouvez faire appel à des financeurs solidaires tels que France Active, la Nef ou le Crédit Coopératif. Une entreprise solidaire produit des biens ou des services à forte utilité sociale et/ou environnementale. Pour obtenir l'agrément « d’entreprise solidaire d’utilité sociale » (ESUS), l’entreprise doit répondre à des conditions précises (objectif d’utilité sociale inscrit dans les statuts, impact sur la rentabilité, plafonds de rémunération, titres non cotés, etc.). L’agrément est délivré pour une durée de 2 ou 5 ans selon l'ancienneté de l'entreprise.
Comment combiner sources privées et publiques ?
Vous l'aurez compris, les aides à la création d'entreprise sont nombreuses et s'adaptent à tous les profils. Pour financer votre projet, plusieurs sources se complètent : financements privés (business angels, fonds, crowdfunding, love money), prêts sans garantie (prêts d'honneur, microcrédit), fonds de garantie, et aides publiques (ARCE, ACRE, exonérations fiscales/ sociales, aides régionales). Il est recommandé de diversifier vos sources de financement (ex : création d'un pool bancaire, plusieurs banques financent le même projet). La banque est libre d'accepter ou de refuser votre demande d'emprunt sur la base du business plan que vous lui aurez fourni. En revanche, en cas de refus, la banque doit motiver et argumenter sa décision. Une réponse motivée vous permet de déterminer les points sensibles de votre dossier pour les ajuster.
Bonnes pratiques pour convaincre des investisseurs privés
- Soignez votre business plan : c'est la clé de voûte de votre demande.
- Consolidez vos fonds propres : les prêts d'honneur ou les concours peuvent crédibiliser votre dossier auprès des banques et investisseurs.
- Présentez un calendrier financier clair et des prévisions réalistes.
- Valorisez votre réseau et les apports non financiers (compétences, carnet d'adresses).
- Choisissez la bonne plateforme si vous optez pour le crowdfunding.
Ressources et interlocuteurs utiles
Pour s'informer et trouver les dispositifs adaptés : le site Aides-entreprises.fr recense toutes les aides disponibles selon votre projet et votre localisation. Les portails des régions françaises disposent généralement d'une rubrique dédiée aux aides et appels à projets pour les entreprises. Les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) proposent des ateliers et des rendez-vous individuels pour vous aider à préparer votre demande de financement. Les pépinières d'entreprises offrent un accompagnement personnalisé aux jeunes entreprises, de la définition du projet jusqu'à sa concrétisation. Suivre les comptes sociaux des principaux organismes d'aide (Bpifrance, France Active, Adie...) et mettre en place des alertes Google sur des mots-clés ciblés permet de ne rien manquer.
Business Angels: qui sont-ils et comment le devenir?
Tableau récapitulatif (montants et caractéristiques)
| Type | Montant indicatif | Garantie / Condition |
|---|---|---|
| Business angels | 300 000 € - 500 000 € (moyenne) | Prise de participation, expertise |
| Capital-risque | De quelques dizaines de milliers à plusieurs millions | Prise de participation, retour sur 3-7 ans |
| Crowdfunding | Variables (petits apports multiples) | Selon plateforme et type (don, prêt, investissement) |
| Prêt d'honneur | 1 000 € - 90 000 € | Taux zéro, sans garantie |
| Microcrédit (ADIE) | Jusqu'à 12 000 € (professionnel jusqu'à 17 000 €) | Accompagnement, garanties limitées |
| Crédit vendeur | Jusqu'à 50 % du prix | Durée 1-3 ans, négociation vendeur/repreneur |
| Contrats Bpifrance | 2 000 € - 1 500 000 € selon dispositif | Peuvent être sans garantie, selon formule |
balises: #Financ #Entreprise
