Qu’est‑ce qu’une entreprise : le fonctionnement et le statut de la SARL (Société à Responsabilité Limitée)
La SARL (société à responsabilité limitée) est l'une des formes juridiques les plus choisies par les entrepreneurs en France. Elle se caractérise par une limitation de la responsabilité des associés et s'adapte à de nombreux projets. La SARL convient à de nombreux projets entrepreneuriaux, notamment ceux portés par au moins deux associés, qui souhaitent s'associer dans un cadre juridique sécurisé et encadré.
Définition, personnalité juridique et encadrement légal
La SARL (Société à Responsabilité Limitée) est définie et encadrée par les articles L. 223-1 à L. 223-43 du code de commerce. Cette société commerciale est dotée de la personnalité morale, limitant la responsabilité financière des associés. La SARL a une existence juridique propre qui est indépendante de celle de ses fondateurs. Elle a aussi un patrimoine séparé de celui de ses associés. C’est une société commerciale ayant la particularité de limiter la responsabilité de ses associés au montant de leurs apports.
Conditions de constitution et associés
La SARL doit être constituée par deux associés, des personnes physiques ou morales. Toutefois, en SARL, le nombre maximum d’associés est fixé à 100. Lorsque elle ne comporte qu'une seule personne, on parle d'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL). Les associés peuvent être des personnes physiques ou morales et ne doivent pas nécessairement avoir la qualité de commerçant. Pour les personnes morales, aucune condition particulière ne s’applique pour devenir associé d’une SARL. Pour les personnes physiques, aucune condition d’âge ou de capacité ne s’applique. Un mineur peut sans restriction particulière s’associer à une SARL. Les associés de SARL ne sont ainsi responsables qu’à hauteur de leur apport, ce qui signifie que leur patrimoine personnel est protégé vis‑à‑vis des créanciers de la société.
Capital social : fixation, apports et parts sociales
Depuis 2003, il n’existe plus de capital minimum pour créer une SARL. Il vous faudra seulement 1 euro symbolique ! Le montant du capital social est fixé librement par les associés et inscrit dans les statuts. Le capital social peut être constitué sous forme d’apports : en numéraire, en nature ou en industrie. Il est divisé en parts sociales égales dont le montant est librement déterminé. Les apports en industrie en SARL sont autorisés mais n'entrent pas dans la constitution du capital social. Les apports en numéraire doivent être versés de la façon suivante : 20 % des apports lors de la création de la société et le solde dans les 5 ans après l’immatriculation de la SARL. Les apports en nature se réalisent par un transfert de propriété du bien au profit de la société. Leur évaluation par un commissaire aux apports est obligatoire en principe. Néanmoins, les associés peuvent décider à l’unanimité de ne pas désigner de commissaire aux apports lorsque les 2 conditions suivantes sont réunies : aucun des apports en nature n'a une valeur supérieure à 30 000 € et la valeur totale des apports en nature ne représente pas plus de la moitié du capital social.
Fonctionnement interne : statuts, assemblées et décisions
Pour commencer, vous allez devoir penser à la rédaction de vos statuts. Étape primordiale dans la création de votre SARL, les statuts vont venir régir les règles de fonctionnement de votre société. Les statuts d’une SARL ont pour objectif d’organiser le fonctionnement et l’organisation de la société. Ils doivent être rédigés par écrit et être signés par tous les associés. Les statuts sont réglementés par plusieurs textes de loi. Le Code de Commerce prévoit la majorité des règles de fonctionnement de la société ; la SARL est une forme juridique de société commerciale à responsabilité limitée constituée par deux associés au minimum (ou par un seul associé lorsqu’elle prend la forme d’une SARL unipersonnelle).
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Les décisions du ressort des associés sont prises collectivement. L'assemblée générale ordinaire (AGO) se prononce sur l'approbation annuelle des comptes, la nomination, la révocation et la rémunération du gérant. Les associés doivent se réunir au minimum une fois par an en assemblée générale ordinaire. L'approbation annuelle des comptes, ainsi que les décisions ordinaires se prennent en assemblée générale à la majorité simple (50 % + 1 voix). Les décisions entraînant une modification des statuts se prennent en assemblée générale extraordinaire (AGE). Pour que l'assemblée puisse valablement délibérer, les associés présents ou représentés doivent détenir au moins le 1/4 des parts sociales lors de la 1re convocation de l'AGE et les décisions en AGE se prennent à la majorité des 2/3 des voix, à l'exception du déplacement du siège social qui doit être décidé par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des parts.
La gérance : nomination, pouvoirs et statut social
La SARL est dirigée par au moins un gérant. Il doit s’agir d’une personne physique, associée ou non. Le gérant d’une SARL est obligatoirement une personne physique qui peut être associée ou non de la SARL. La nomination du gérant se fait soit dans les statuts, soit dans un acte séparé lors d'une assemblée générale. Il est possible de nommer plusieurs gérants. Le gérant est le représentant légal de la société vis‑à‑vis des tiers. Il doit accomplir tout acte de gestion : ainsi, il peut, au nom de la SARL signer des contrats, embaucher des salariés, agir en justice, etc. Toutes ses décisions doivent être conformes à l’intérêt social de la société. Les modalités de fonctionnement du poste de gérant sont largement définies par les associés de la SARL : en matière de rémunération, en matière de durée du mandat, en matière de pouvoirs (dans certaines limites).
Le régime social du gérant de SARL diffère en fonction de sa situation. Le gérant d’une SARL est majoritaire lorsqu’il détient plus de 50% des parts sociales. Le gérant est dit minoritaire et égalitaire lorsqu'il ne détient pas plus de 50% du capital social. Le gérant majoritaire est travailleur non salarié (TNS) et relève de la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Le gérant minoritaire/égalitaire relève du régime social des assimilés‑salariés et est rattaché au régime général de la Sécurité sociale. Le gérant minoritaire bénéficie de la même protection que les salariés, sauf qu’il ne peut pas prétendre à l’assurance‑chômage. Oui, le gérant de la SARL peut cumuler le statut de salarié de la SARL sous conditions strictes. Concernant le gérant minoritaire, s’il n’est pas rémunéré, alors il ne cotise à aucun régime de protection sociale. Il ne bénéficie d’aucune couverture. Au contraire, s’il est rémunéré, il est assimilé salarié.
Responsabilité civile, pénale et obligations du gérant
La responsabilité du gérant de SARL est plus importante que celle de l’associé, sur le plan civil, pénal et fiscal. Les gérants de SARL peuvent être responsables civilement et pénalement. Leur responsabilité civile est surtout engagée en cas de faute de gestion. Ces personnes, lorsqu’ils sont de simples associés, sont responsables uniquement dans la limite de leurs apports. Un associé peut être juridiquement reconnu gérant de fait lorsqu’il exerce des fonctions de gérant sans en avoir le titre. En règle générale, il n’est pas tenu personnellement de régler les impôts de la société. Mais dans deux cas, une exception à la règle existe, selon l’Article L267 du livre des procédures fiscales.
Transmission, cession et agrément des parts sociales
Le gérant associé de SARL dispose de parts sociales et non d’actions. Si vous souhaitez ouvrir votre capital à des investisseurs en cédant des parts sociales, vous serez soumis à la procédure stricte dite “d’agrément” régie par le Code de commerce. Par exemple, la loi impose une clause d’agrément dans les statuts de SARL empêchant la cession de parts sociales à des tiers non acceptés préalablement par les associés réunis en assemblée. Les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu'avec le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, à moins que les statuts ne prévoient une majorité plus forte. Les cessions de parts entre associés, conjoints, ascendants et descendants sont libres. Lors d'une succession, les parts sociales détenues par l'associé décédé deviennent la propriété de son (ou ses) héritier(s). Toutefois, la loi autorise à insérer dans les statuts une clause d’agrément prévoyant que l’héritier ne pourra devenir associé de la société qu'après avoir été agréé par les associés « restants ».
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Fiscalité : IS, IR, SARL de famille et dividendes
En ce qui concerne le régime fiscal, la SARL est soumise en principe à l’impôt sur les sociétés (IS). La SARL est soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés (IS). Dans ce cas, la rémunération éventuellement versée au(x) dirigeant(s) est déductible du résultat imposable, sous réserve du respect des conditions requises. En principe, une entreprise en SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Cela signifie que ses bénéfices sont imposés à hauteur de 25 %. Un taux réduit de 15% peut être appliqué sous certaines conditions (bénéfice jusqu'à 42 500 € , chiffre d'affaires inférieur à 10 millions €, au moins 75% du capital détenu par des personnes physiques).
Cependant, il est possible d’opter pour l’impôt sur le revenu (IR). Cette option n’est possible que pour les 5 premiers exercices comptables sauf si la SARL est une SARL de famille. La SARL de famille est une variante de la SARL classique. Sa particularité tient au fait qu’elle est composée uniquement d’associés membres d’une même famille. L’imposition des bénéfices à l’impôt sur le revenu (IR) : les résultats seront directement imposés entre les mains des associés, à proportion de leurs droits aux bénéfices. La SARL de famille permet à la société d’être soumise à l’impôt sur le revenu sans limitation de durée.
L'imposition des dividendes dans une SARL est un aspect crucial à comprendre pour les associés et le gérant. Au niveau de la société, les bénéfices sont imposés à l'impôt sur les sociétés (IS). Une fois les bénéfices nets déterminés, la société peut décider de distribuer une partie de ces bénéfices sous forme de dividendes. Les dividendes perçus par les associés sont imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers (RCM). Les RCM sont soumis automatiquement au prélèvement forfaitaire unique (PFU) qui est de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). Si l'associé le souhaite, il peut choisir, à la place du PFU, d’opter pour la taxation au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Droits des associés et contrôle
La qualité d’associé de SARL confère certains droits, qui peuvent éventuellement être aménagés par les statuts. Tout d’abord, les associés ont le droit de prendre part aux décisions de la société. C’est le droit fondamental de l’associé. Cela signifie que l’associé doit être convoqué aux assemblées générales. D’autre part, les associés ont le droit de révoquer et de nommer le gérant de la SARL. Chaque associé a droit de prendre connaissance à tout moment au siège social des documents suivants concernant les 3 derniers exercices : bilans, comptes de résultats, annexes, inventaires, rapports soumis aux assemblées et procès-verbaux de ces assemblées. Un droit d'alerte permet à l'associé non gérant 2 fois par exercice de poser par écrit des questions au gérant. Il existe aussi un droit d'exiger une expertise de gestion.
Avantages et inconvénients : pourquoi choisir une SARL ?
L’avantage principal du statut SARL est de limiter la responsabilité des associés. Ils fixent librement le montant du capital social et donc des apports qu’ils veulent faire à la constitution de la société en SARL. Ils ne sont responsables qu’à hauteur du montant de leurs apports. L’avantage de la SARL par rapport à la SAS réside dans la sécurité juridique offerte aux associés : la loi encadre fortement les statuts de la SARL, il y a très peu de dérogations possibles afin de protéger les associés. La SARL offre à l’entrepreneur un cadre plus rigide que d’autres formes de sociétés, mais aussi plus de sécurité juridique.
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En revanche, la SARL peut être trop encadrée dans son fonctionnement pour certains projets. La SAS est plus flexible : les statuts peuvent prévoir des règles spécifiques pour la prise de décision et la répartition des pouvoirs. La SARL ne permet pas de mettre en place des “parts sociales de préférence” à l’image des actions de préférence disponibles en SAS. Le fonctionnement de la SARL est rigide; les associés disposent de peu de liberté pour définir les règles. Enfin, le régime social du gérant majoritaire implique une protection sociale moins complète que celle du régime général, mais un coût de protection sociale moins élevé.
Formalités de création et accompagnement
Pour créer une SARL, il faut apporter du capital pour constituer le capital social de la SARL. À partir du moment où vous apportez du capital (en nature ou en numéraire) lors de la création, vous êtes considéré comme un associé fondateur de la SARL. Pour créer la structure en question, il faudra rédiger des statuts et réaliser les démarches d’immatriculation : constituer et déposer le capital social, domicilier la société, nommer le ou les gérants, publier un avis de constitution au journal d’annonces légales, et accomplir toutes les démarches d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI. Les futurs associés de la SARL ont la possibilité de se faire accompagner par un expert‑comptable, un avocat ou un service de création d’entreprise en ligne. Des plateformes de création d’entreprise en ligne comme Legalplace ou des services juridiques spécialisés peuvent accompagner la constitution du dossier et la rédaction personnalisée des statuts.
Cas particuliers : SARL familiale, transformation et dissolution
Il existe une forme juridique de la SARL particulière qui est la SARL de famille. Il s’agit d’une SARL qui se caractérise par le lien de parenté entre les associés. La SARL de famille offre une option illimitée pour l’IR : les associés peuvent opter pour l’impôt sur le revenu sans limite de temps. Cependant, ils perdent cet avantage dans le cas où ils recrutent un associé non membre de la famille. Il est tout aussi important de rappeler qu’il n’est pas possible d’exercer une profession libérale en optant pour la SARL de famille. Oui, une SARL peut devenir une SA : lorsqu'une société à responsabilité limitée fait face à une augmentation de son activité, les gérants peuvent envisager de transformer leur structure juridique initiale en société anonyme (SA).
Lorsque les associés décident volontairement de fermer la société, ils se réunissent en AGE et procèdent à la nomination d’un liquidateur. La dissolution de la SARL peut être également judiciaire (par exemple quand le nombre maximum d’associés n’est pas respecté). En cas de conflit grave entre les associés, le tribunal de commerce peut nommer un administrateur judiciaire ou un mandataire ad hoc pour résoudre la situation.
Tableau récapitulatif : éléments essentiels de la SARL
| Élément | Caractéristique |
|---|---|
| Nombre d’associés | Min. 2 (ou 1 pour EURL) ; max. 100 |
| Capital social | Libre ; minimum symbolique 1 € ; apports numéraire, nature, industrie |
| Responsabilité | Limitée aux apports (sauf fautes, cautions personnelles) |
| Dirigeant | Gérant personne physique (associé ou non) |
| Régime fiscal | IS par défaut ; option IR possible (5 ans ou SARL de famille) |
| Régime social du gérant | Majoritaire : TNS (SSI) ; Minoritaire/égalitaire : assimilé salarié |
| Cession de parts | Soumise à agrément ; clause d’agrément fréquente |
Comment créer une SARL : étapes et formalités de création
Se faire accompagner permet de s’assurer de prendre les bonnes décisions au bon moment et à chacune des étapes clés. Faire appel à un avocat en droit des affaires ou à un expert‑comptable est la garantie de structurer correctement son projet dès le départ et d’évoluer en conformité.
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