Prélèvement à la source pour les travailleurs indépendants (BNC) : fonctionnement, régimes et optimisation
Mis en place en 2019, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu obéit à des règles particulières lorsqu’il concerne les revenus des travailleurs indépendants. Depuis le 1er janvier 2019, afin de supprimer le décalage entre perception du revenu et paiement de l’impôt, l’impôt est prélevé à la source. Pour les revenus versés par des tiers, c’est ce tiers qui prélève et verse l’impôt au Trésor. Pour les indépendants, le PAS prend la forme d’un acompte d’impôt calculé par l’Administration, appelé acопlte contemporain, versé par le contribuable lui-même.
Cadre général et bases de calcul
Le bénéfice servant de base à votre prélèvement à la source est celui soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Une fois l’assiette du PAS connue, l’Administration la multiplie par un taux. Le travailleur indépendant est soumis à l’un des taux suivants :
- le taux du foyer fiscal (taux personnalisé), appliqué selon le barème N-2 de janvier à août, puis le taux N-1 de septembre à décembre après dépôt de la déclaration de revenus; ce taux ne tient pas compte des crédits et réductions dont vous pourriez bénéficier chaque année;
- le taux individualisé, pour les couples soumis à imposition commune, qui prend en compte les revenus propres de chaque conjoint et la moitié des revenus des biens communs;
- le taux neutre (non personnalisé), théorique, applicable uniquement si le salarié devient après avoir exercé une activité indépendante salarié.
Par défaut, l’Administration applique le taux personnalisé, mais il est possible d’opter pour le taux individualisé dans l’espace personnel sur le site impots.gouv.fr.
Régimes et particularités des BNC
Les bénéfices non commerciaux (BNC) désignent les revenus de professions libérales et d’activités intellectuelles ou techniques exercées en entreprise individuelle. Deux régimes existent :
- le régime micro-BNC (micro-entreprise) pour les professionnels dont le chiffre d’affaires HT est inférieur à 72 500 euros sur les deux dernières années civiles; déduction forfaitaire de 34% avec minimum annuel de 305 euros; option possible pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu à 2,2% du chiffre d’affaires si applicable;
- la déclaration contrôlée pour les autres professionnels, avec calcul des bénéfices sur recettes et dépenses réelles (bénéfices = recettes - dépenses).
Pour les BNC, l’imposition est liée au régime choisi et à l’année civile. Le passage du micro-BNC à la déclaration contrôlée peut s’effectuer lors du changement de régime ou à certaines conditions prévues par la loi.
Lire aussi: Explications détaillées : Prélèvement à la Source
Mode de déclaration et télétransmission
Régime micro-BNC : pas de déclaration fiscale professionnelle spécifique; le bénéfice est déclaré dans la déclaration en ligne de l’impôt sur le revenu.
Régime de la déclaration contrôlée : déclaration fiscale des revenus non commerciaux via le formulaire n°2035-SD et déclaration de résultats n°2035 avec annexes; télétransmission par EDI/EFI via le portail impots.gouv.fr ou Portailpro.gouv.
Accomptes et modulation des paiements
Les acomptes sont calculés sur le bénéfice de l’année précédente (ou des exercices clos) et peuvent être mensuels ou trimestriels selon le choix de l’indépendant. Le calcul prend en compte :
- les résultats des années N-1 et N-2 pour les acomptes de janvier à août et de septembre à décembre respectivement;
- les reports de déficit et les revenus exceptionnels qui ne sont pas intégrés à l’assiette des acomptes (référence CGI, art. 204 G et 204 K selon les cas).
Le taux de prélèvement peut être modulé à la hausse ou à la baisse sur demande du contribuable. L’administration tolère une erreur jusqu’à 10% et permet, en cas de difficultés de trésorerie, le report ou la modulation des acomptes (limites et conditions prévues par CGI, art.).
Cas particulier des auto-entrepreneurs et du versement libératoire
Les auto-entrepreneurs (micro-entrepreneurs) sont soumis au PAS avec acomptes prélevés sur le compte bancaire de manière mensuelle ou trimestrielle. Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est une option pour certains micro-entrepreneurs, avec un prélèvement proportionnel au chiffre d’affaires (1% ventes, 1,7% prestations de services commerciales, 2,2% professions libérales CIPAV). Si cette option est retenue, l’auto-entrepreneur ne paie pas d’acomptes classiques et le système devient plus simple, sous condition que le revenu fiscal du foyer respecte les plafonds.
Lire aussi: Explications détaillées sur le prélèvement CA Consumer Finance
Cas du cumul salaire et indépendant
En cas de cumul d’activité salariée et indépendante, l’impôt sur les revenus salariés est prélevé par l’employeur selon le taux transmis par l’administration. Les revenus BIC et BNC restent imposables au titre de l’impôt sur le revenu, et le régime PAS s’applique également aux revenus non commerciaux des indépendants.
Année de création, CIMR et ajustements
L’année de création d’entreprise peut voir l’indépendant choisir entre verser des acomptes sur la base d’un bénéfice estimé ou attendre la liquidation au prorata du bénéfice réel. L’année 2018 a été une année blanche avec le CIMR (crédit d’impôt de modernisation du recouvrement) calculé pour éviter la double imposition lors du basculement au PAS en 2019.
Exemple et mise en pratique
Exemple: des revenus BNC de 70 000 € avec un PAS à 12%. Possibilité de payer 4 acomptes trimestriels, dus au plus tard les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre. Pour un début d’activité, 2 options: soit aucun acompte la première année et règlement à partir de septembre N+1, soit estimation d’un bénéfice à venir et paiement immédiat des acomptes.
Pour connaître le montant exact des acomptes et modifier le taux, connectez-vous à impots.gouv.fr et utilisez les rubriques Gérer mon prélèvement à la source et Gérer vos acomptes. En cas de variations importantes de revenus, la modulation peut être demandée via l’espace personnel.
Règles et documents à préparer
Les professionnels relevant du BNC doivent tenir compte des spécificités de leur régime et des obligations déclaratives associées (formulaires 2042, 2042 C Pro, 2035 et annexes selon le régime). Les obligations comptables varient selon le régime micro-BNC ou déclaration contrôlée et l’emport des éléments comptables, tels que les amortissements et les immobilisations, peut influencer l’assiette et le calcul de l’impôt.
Lire aussi: Explication des frais BNP Paribas Personal Finance
Les erreurs ou omissions peuvent entraîner des pénalités (majors, amendes et majorations selon CGI). Le régime BNC peut inclure des éléments de TVA selon le chiffre d’affaires et les seuils applicables. Il est possible de recourir à une assistance professionnelle pour optimiser la gestion et la déclaration des revenus.
balises:
