Utilisation des longes pour travaux en hauteur : réglementation et sécurité

Le travail en hauteur peut être une activité à risque. Travailler sur une charpente, un toit, un pylône, une plate-forme, un échafaudage (en milieu naturel, sur ouvrage d'art, en milieu industriel, …) , qu’il soit temporaire ou régulier, le travail en hauteur peut être une activité à risque.

La réglementation spécifiquement applicable au travail en hauteur résulte essentiellement des dispositions prévues par le Code du travail. Le risque de chute de hauteur, comme tout autre risque auquel un travailleur peut-être exposé dans le cadre de son activité, est visé par les dispositions générales du Code du travail. Sa prévention se traite selon les principes généraux de prévention (articles L. 4121-1 et suivants).

Principe général : priorité aux protections collectives

La prévention du risque de chute s’appuie sur la hiérarchie des protections : collective d’abord, individuelle ensuite. La protection collective doit y être privilégiée dans tous les cas.

La protection collective doit y être privilégiée dans tous les cas. Dès que la mise en place d’un garde-corps pérenne ou temporaire s’avère impossible, le port du harnais de sécurité devient impératif.

Les travaux temporaires en hauteur doivent être réalisés à partir d’un plan de travail conçu, installé ou équipé de manière à préserver la santé et la sécurité des travailleurs, et permettant également l’exécution des travaux dans des conditions ergonomiques (article R. 4323-58 du Code du travail). La prévention des chutes de hauteur à partir d'un plan de travail peut être assurée par diverses protections collectives, soit par des garde-corps intégrés ou fixés de manière sûre, rigides et d'une résistance appropriée, soit par tout autre moyen assurant une sécurité équivalente (article R. 4323-59 du Code du travail).

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Quand recourir aux EPI antichute et longes

Ce n’est que lorsqu’il y a impossibilité technique de mettre en œuvre des protections collectives que le recours à des EPI contre les chutes de hauteur peut être envisagé. Ces systèmes de protection individuelle sont utilisés pour arrêter la chute ou pour interdire l’accès à une zone où la chute est possible.

Ces systèmes peuvent également être mis en œuvre pour protéger le personnel qui installe les protections collectives lorsque les modes opératoires ne permettent pas d’éliminer les risques de chute.

Systèmes d’arrêt des chutes : composition et exigences

Ces systèmes sont destinés à permettre à un utilisateur d’atteindre des zones ou des positions où il existe un risque de chute. Ils doivent donc arrêter cette chute si elle se produit, puis assurer la suspension de l’opérateur après l’arrêt de la chute. Un tel système se compose toujours d’un point d’ancrage, d’un harnais antichute comme dispositif de maintien du corps relié au point d’ancrage par un élément de liaison comportant une fonction d’absorption d’énergie.

Quel que soit son type, l’ancrage du système d’arrêt des chutes doit être sûr, c'est-à-dire suffisamment résistant pour arrêter puis retenir l’opérateur en cas de chute (capacité pouvant être évaluée en référence à la norme NF EN 795). Par ailleurs, la résistance du support de fixation de l’ancrage doit être appréciée par une personne compétente. L’ensemble doit être vérifié avant utilisation.

Les harnais antichute sont les dispositifs de préhension du corps obligatoirement utilisés dans les systèmes d’arrêt des chutes. Ils doivent être conformes à la norme NF EN 361.

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Longes : différences, normes et limitations

La longe existe sous différentes formes : simples, doubles, réglables, en câble, en corde, etc. La norme EN 354 spécifie les exigences pour les longes de sécurité de moins de 2 mètres. Elle s'applique à diverses matières comme la corde, les matériaux synthétiques, le câble et la sangle.

Une longe sans absorbeur n'est pas faite pour réceptionner une chute (donc un choc). Ce n'est donc pas une longe antichute. Une chute réceptionnée sur les longes sans absorbeur peut être dangereuse.

La longe se doit de respecter certaines normes de sécurité afin de maintenir au mieux l'opérateur lors d'une montée sur corde. La norme EN 355 concerne les absorbeurs d'énergie utilisés avec les longes antichute. L'absorbeur d'énergie doit se composer d'un système d'arrêt des chutes pouvant supporter une force maximale de 6 KN (ou 600 daN). Ce choc ne doit pas dépasser 600 daN, seuil d'occurence des lésions.

Si on utilise une longe avec absorbeur, il faut prendre garde à l'espace libre en dessous du point d'ancrage (De 4 à 6 m minimum suivant les modèles). L'espace libre nécessaire en dessous du point d'ancrage ira de 3 m à 6 m en fonction de la longueur de la longe et du développement de l'absorbeur. L’allongement de cet absorbeur lors de la chute nécessite de disposer d’un tirant d'air important qui doit être vérifié avant le début de l’intervention.

La longe avec absorbeur d’énergie : ce système de liaison est constitué d’une longe de 2 m de longueur maximale et de deux connecteurs. Lorsqu’il est utilisé sur un point d’ancrage fixe, la longe doit impérativement comporter un absorbeur d’énergie. Les composants de ce dispositif doivent être conformes aux normes NF EN 354 (longes), NF EN 362 (connecteurs) et NF EN 355 (absorbeurs d’énergie).

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Une longe munie d'un absorbeur d'énergie ne doit pas dépasser 2 m de longueur extrémités ou connecteurs compris (norme EN 354 chapitre 4.2.1).

Longes sans absorbeur, longes en corde et facteur de chute

Un utilisateur averti pourrait aussi couvrir ce risque (parfois ) avec une longe en corde en ne risquant pas de faire une chute de plus du tiers de la longueur de sa longe. (Facteur de chute 0,3 : Soit 1 m de chute sur une corde de 3 m, ou 0,30 m sur une longe de 1 mètre).

Attention, une chute même de faible hauteur peut provoquer lors du choc une force dépassant largement les 600 daN !!!. Le seuil d'occurence des lésions est fixé à 600 daN.

Antichutes mobiles et enrouleurs

Un antichute mobile suit l'opérateur, en principe la hauteur de chute sera faible. (Mais pas forcément le facteur de chute, en particulier si on est proche de l'ancrage. Permet d'utiliser des points d'ancrage éloignés.)

Le déplacement latéral au dessous de l'axe de sortie du câble ou de la sangle ne doit pas excéder le quart de la longueur de câble ou de sangle sorti. Attention, ces longes ne sont pas destinées à arrêt une chute mais à se trouver en situation de maintien ou de retenue.

Antichutes à rappel automatique : il s’agit d’une longe rétractable enroulée sur un tambour comportant un système automatique de tension et de rappel et une fonction de blocage automatique en cas de chute. La plupart des enrouleurs sont conçus pour fonctionner dans un cône vertical de 30 ° maximum sous le point d'ancrage ce qui limite leurs conditions d'utilisation. Ils doivent être conformes à la norme NF EN 360.

Longes doubles : utilisation, avantages et critères de choix

Les longes doubles, avec ou sans absorbeurs, sont un équipement de sécurité essentiel pour le travail en hauteur. Contrairement aux longes simples, les longes doubles comportent deux brins qui offrent une résistance accrue et améliorent la sécurité.

Les longes doubles offrent plusieurs avantages par rapport aux autres équipements de sécurité. Elles permettent une plus grande liberté de mouvement et une meilleure répartition de la force en cas de chute. Utilisées correctement, ces longes peuvent sauver des vies.

Lorsque vous choisissez des longes doubles, il est important de prendre en compte plusieurs critères afin de garantir votre sécurité lorsque vous les utilisez.

Critère Description
Longueur La longueur des longes doubles dépend du type de chantier et de votre hauteur de travail.
Résistance La résistance des longes doubles est un critère essentiel, elle doit être suffisante pour supporter le poids.
Matériaux Différents matériaux : nylon, polyester, corde, sangle, câble, chaîne.

Pour utiliser les longes doubles de manière efficace, il est crucial de respecter certaines techniques. L’une des techniques les plus courantes consiste à attacher les longes sur des points d’ancrage séparés pour éviter qu’ils ne glissent tous les deux en cas de chute. La longe double doit toujours être tendue pour que vous puissiez contrôler votre mouvement. Évitez de les nouer ensemble, cela peut réduire leur capacité de retenue en cas de chute.

Normes et obligations : repères pratiques

Des indications figurent dans plusieurs normes : EN 363 (Systèmes d'arrêt des chutes), EN 354 (Longes), EN 355 (Absorbeurs d'énergie), EN 358 (Ceintures de maintien au travail et de retenue) et EN 360 (enrouleurs). Dans la série :"EPI CONTRE LES CHUTES DE HAUTEUR", 1 er alinéa du 4.2 de la norme EN 363 : "Un harnais d'antichute et une longe sans absorbeur d'énergie ne doivent pas être utilisés comme système d'arrêt des chutes."

La R486 de la CNAM concernant la conduite des 'PEMP et longes antichute' indique bien qu’il faut utiliser « les EPI contre les chutes de hauteur appropriés » qu’à la condition que le fabricant en ait précisé l’utilisation dans sa notice d’instructions.

Vérifications, registres et contrôles

L’employeur doit mettre en œuvre des mesures d’organisation dans le cadre de la politique de prévention de son entreprise pour : maintenir tous les équipements en état de conformité, y compris en cas de modification (article R. 4322-1 du Code du travail) ; déceler en temps utile toute détérioration des moyens de protection susceptible de créer un danger pour y porter remède (article R. 4322-2 du Code du travail).

Le Code du travail impose le contrôle visuel du harnais avant chaque utilisation, suivi d’une inspection détaillée par une personne formée à intervalles réguliers. Le harnais antichute doit faire l’objet d’un contrôle visuel systématique avant chaque utilisation. Un registre de sécurité consigne chaque vérification, chaque défaut et chaque remplacement.

Pour les équipements non visés par les prescriptions réglementaires, il appartient à l’employeur de prendre les dispositions nécessaires en vue de répondre aux objectifs généraux rappelés ci-dessus.

Compétences et formation

Les interventions en hauteur doivent être effectuées par des personnes ayant reçu une formation. Tout employeur est tenu d’informer ses salariés sur les risques professionnels et leur prévention, de les former à la sécurité et à leur poste de travail (articles L. 4141-1 à 4141-4 du Code du travail). En outre, des formations spécifiques sont prévues pour l’usage de certains équipements de travail comme les échafaudages et les équipements motorisés pour le travail en hauteur.

La réglementation (article R. 4323-89 du Code du travail) insiste notamment sur la nécessité d’une formation adéquate et spécifique aux opérations envisagées et aux procédures de sauvetage pour les travaux sur cordes.

démonstration de force choc, efficacité absorbeur

Cas particulier : PEMP et risque d’éjection

⛑ L’éjection du ou des occupants de la plateforme de travail d’une PEMP au cours de son utilisation est un risque majeur et mortel dans une grande majorité des cas.

Nous indiquons donc dans nos formations qu’au vu du risque d’éjection il faut utiliser : Dans l’idéal, l’employeur devrait fournir une longe la plus courte possible en adéquation avec la position du point d’ancrage dans la plateforme de travail de la PEMP afin que la personne ne puisse pas passer par-dessus le garde-corps.

Si la personne est éjectée par-dessus le garde-corps, elle se retrouve alors en situation d'arrêt de chute. Par conséquent, sa longe doit comporter impérativement un absorbeur d’énergie. L’idéal serait donc d’utiliser une longe réglable d’arrêt des chutes (donc avec absorbeur) et de la maintenir constamment en tension.

C’est pour cela qu’on peut tout à fait utiliser un antichute automatique à enrouleur norme EN360. En effet, l’enrouleur maintiendra automatiquement la bonne longueur toute au long de l’utilisation de la PEMP et, par sa réactivité d’arrêt, empêchera toute éjection par-dessus les garde-corps.

Bonnes pratiques opérationnelles

  • Evaluer les risques en amont et identifier les moyens de prévention les mieux adaptés, y compris les moyens d’accès.
  • Vérifier la disponibilité et la conformité des points d’ancrage et des EPI avant chaque intervention.
  • Maintenir les longes tendues lors des déplacements et éviter les positions où une éjection est possible.
  • Respecter les prescriptions du fabricant et les notices d’information (norme EN 354 chapitre 7).
  • Remplacer les longes et harnais présentant des signes d’usure : coupures, déformations, brûlures, altération des coutures, oxydation des mousquetons.
  • Tenir à jour un registre de sécurité consignant chaque contrôle et chaque remplacement.

Quelques rappels essentiels

  • Une longe sans absorbeur n'est pas un antichute.
  • Le choc d'arrêt d'une chute ne doit pas dépasser 600 daN, seuil d'occurence des lésions.
  • Vérifier le tirant d'air disponible avant de travailler avec une longe à absorbeur.
  • Respecter les normes applicables : EN 361, EN 354, EN 355, EN 360, EN 795, EN 358, EN 363.

Sécurité, prévention et rigueur réglementaire : le travail en hauteur ne laisse place à aucune approximation. L'innovation et la formation contribuent à améliorer la sécurité, mais la vigilance et le respect des règles restent indispensables.

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