Droits à l’ARE : durée d’indemnisation pour une personne de 51 ans avec 18 mois de cotisation
En cas de perte d’emploi, vous pouvez bénéficier, sous conditions, d’une allocation chômage d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE). Par définition, vous ne pouvez être indemnisé par France Travail que si vous vous y êtes inscrit. C’est donc la première chose à faire. Mais vous ne percevrez pas tout de suite votre allocation. Entre le dernier jour de votre contrat de travail et votre indemnisation, il s’écoulera un minimum de 7 jours (une fois par année calendaire).
Conditions générales d’ouverture des droits
Pour percevoir l'ARE, vous devez être involontairement privé d'emploi. La cessation de votre contrat de travail doit résulter d'une des situations suivantes : licenciement pour motif personnel ou économique, rupture conventionnelle, non renouvellement de votre CDD, ou démission considérée comme légitime (par exemple, pour suivre la personne avec qui vous vivez en couple). À savoir si votre contrat exercé pendant une période de mobilité volontaire sécurisée cesse pour l'un de ces motifs, vous pouvez prétendre à l'ARE. Toutefois, si vous êtes réintégré par votre entreprise ou si vous refusez votre réintégration, vous ne pouvez pas percevoir l'ARE.
Vous devez être physiquement apte à l'exercice d'un emploi et résider en France. Oui, pour percevoir l'ARE, vous devez être inscrit comme demandeur d'emploi ou accomplir une formation inscrite dans votre contrat d'engagement. Vous devez vous inscrire dans les 12 mois suivant la fin de votre contrat de travail. Cette période peut être prolongée en raison de certaines situations (par exemple, congé de maladie). De plus, vous devez accomplir des actes positifs et répétés (par exemple, consultation quotidienne d'offres d'emploi) en vue de retrouver un emploi ou de créer ou de reprendre une entreprise.
Condition d’affiliation minimale (période minimale de travail)
Période minimale de travail : pour bénéficier de l'ARE, vous devez avoir travaillé au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) dans les 36 derniers mois à la date de fin de votre contrat de travail. Cette période minimale de travail est dite durée d'affiliation. France Travail vérifie si vous avez travaillé une période minimale de travail avant votre inscription. Si ce n'est pas le cas, France Travail peut rechercher si la condition est remplie par un précédent contrat de travail. Ce contrat de travail antérieur doit avoir pris fin dans les 12 mois précédant votre inscription comme demandeur d'emploi. Vous ne devez pas avoir perçu d'allocations en relation avec ce contrat.
Les périodes de formation, sauf celles rémunérées par France Travail, sont assimilées à des heures de travail. Les périodes de formation peuvent être également assimilées à des jours d'affiliation dans la limite des 2/3 du nombre de jours ou d'heures d'affiliation pris en compte. Les périodes de suspension du contrat de travail (par exemple, maladie professionnelle, accident du travail, congé de maternité ou de paternité) sont prises en compte à raison d'une journée d'affiliation par jour de suspension.
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Calcul de la durée d’indemnisation : principe et coefficient
La durée d’indemnisation est égale au nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat de travail identifié sur la période de référence et la date de fin de votre dernier contrat de travail précédent la demande d’allocations. Autrement dit, sont comptabilisés tous les jours calendaires compris entre ces deux bornes (premier jour de votre premier contrat de travail en remontant dans les 24 ou 36 derniers mois et la date de fin de votre dernier contrat de travail), que ces jours soient des jours travaillés ou des jours non travaillés.
Toutefois, certaines périodes non couvertes par un contrat de travail (maladie, maternité, etc.) sont déduites du nombre de jours calendaires décomptés entre les deux bornes ; les jours non travaillés (périodes d’inter-contrats) sont plafonnés à 70 % des jours travaillés. Un coefficient 0,75 est appliqué à la durée d’indemnisation des allocataires : la durée d’indemnisation obtenue est multipliée par 0,75. À noter : ce coefficient de 0,75 ne s’applique pas aux demandeurs d’emploi résidant, au moment de l’ouverture de leur droits, dans les départements et collectivités d’outre-mer.
La durée d’indemnisation ne peut être inférieure à 6 mois (182 jours calendaires). L’application du coefficient de 0,75 ne peut pas porter la durée d’indemnisation en deçà de 182 jours. La durée d’indemnisation ainsi affectée du coefficient de 0,75 ne peut pas dépasser : 18 mois (548 jours calendaires) pour les allocataires de moins de 55 ans ; 22,5 mois (685 jours calendaires) pour les allocataires âgés de 55 à 56 ans ; 27 mois (822 jours calendaires) pour les allocataires âgés de 57 ans et plus. (Âge à la fin du contrat de travail.)
Application au cas concret : 51 ans avec 18 mois de cotisation
Vous avez indiqué être âgé de 51 ans et justifier de 18 mois de cotisation (soit 18 mois de travail) au cours de la période de référence. Pour les allocataires de moins de 55 ans, la durée d’affiliation minimale à remplir est de 130 jours travaillés ou 910 heures (6 mois) au cours des 24 mois précédant la fin du contrat de travail. Vous remplissez donc la condition d’affiliation minimale.
Le calcul de la durée d’indemnisation commence par la détermination du nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat identifié et la fin du dernier contrat (période d’affiliation). Ensuite, sont déduites certaines périodes hors contrat et les jours non travaillés sont plafonnés à 70 % des jours travaillés. Enfin, on applique le coefficient 0,75.
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Exemple simplifié pour estimer votre durée : si votre période d’affiliation (jours calendaires entre premier et dernier contrat identifiés) correspond à 18 mois calendaires complets, soit environ 547 jours calendaires, l’application des règles donne :
- Décompte initial : 547 jours calendaires (exemple).
- Déductions : si certaines périodes hors contrat (maladie, congé, etc.) sont présentes, on soustrait ces jours selon les règles ; les inter-contrats sont pris en compte mais plafonnés à 70 % des jours travaillés.
- Application du coefficient 0,75 : 547 × 0,75 ≈ 410 jours calendaires.
Si le résultat est supérieur à la durée maximale applicable aux moins de 55 ans (548 jours), il est plafonné à cette limite. Si le résultat est inférieur à la durée minimale (182 jours), il est porté à 182 jours. Dans l’exemple ci‑dessus, 410 jours calendaires correspondraient à une durée d’indemnisation de l’ordre de 410 jours (soit environ 13,7 mois), donc supérieure au plancher de 182 jours et inférieure au plafond de 548 jours pour les moins de 55 ans.
Attention : ce calcul est indicatif. Le nombre exact de jours pris en compte dépendra des jours réellement travaillés, des périodes de suspension ou de formation, du plafond des jours d’inter-contrat et des éventuels différés d’indemnisation (différé congés payés, différé spécifique lié aux indemnités supra-légales), qui retardent le début du versement mais n’affectent pas la durée théorique des droits.
Différés et délai d’attente : impact sur le début du versement
Le versement de l'ARE ne peut pas être versé avant la fin d'un délai d'attente fixé à 7 jours. Toutefois, ce délai d'attente ne s'applique pas s'il a déjà été appliqué dans les 12 mois précédents. Il débute à la fin des différés d'indemnisation (lorsqu'ils vous sont applicables), si les conditions d'attribution de l'ARE sont remplies à cette date. Sinon, il commence à partir de la date à laquelle ces conditions sont remplies.
Différé d'indemnisation congés payés : si vous avez perçu une indemnité compensatrice de congés payés, l'ARE est versée après un différé d'indemnisation égal à l'indemnité compensatrice divisée par votre salaire journalier de référence (arrondi au jour supérieur). Ce différé est limité à 30 jours calendaires.
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Différé spécifique d'indemnisation : lorsque vous touchez des indemnités de rupture en plus des indemnités d'origine légale, un différé spécifique est appliqué correspondant au montant pris en compte divisé par 107,9 (arrondi au jour supérieur). Le différé ne doit pas dépasser 150 jours calendaires (75 jours en cas de licenciement économique). Exemple : si vous percevez une indemnité supralégale de 10 000 €, le différé sera de 10 000 / 107,9 ≈ 93 jours; avec le délai d'attente de 7 jours, l'indemnisation débuterait au bout de 100 jours.
Montant, prélèvements et dégressivité (rappels utiles)
Le montant brut journalier de l'ARE comprend une partie fixe égale à 13,18 € et une partie variable égale à 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR). Cette somme ne peut pas être inférieure à 57 % et ne peut pas être supérieure à 75 % du SJR.
Un prélèvement égal à 3 % de votre SJR est effectué sur le montant brut de votre allocation journalière. Ce prélèvement ne peut pas avoir pour effet de réduire le montant de l'allocation journalière en dessous de 32,13 €. L'ARE est également soumise à la CSG et à la CRDS, sauf cas particuliers (montant brut inférieur au Smic journalier ou lorsque ces prélèvements feraient tomber le net sous le Smic).
Dégressivité : au-delà d'un certain niveau de rémunération, une réduction de 30 % est appliquée à partir du 7e mois de versement si votre ARE journalière est supérieure à un seuil défini (allocation journalière supérieure à 159,68 € de SJR moyen ou équivalent). Des règles de dégressivité et d’évolution s’appliquent selon les réformes successives.
Cumul ARE et reprise d’activité
Si vous reprenez une activité salariée tout en restant demandeur d’emploi, votre ARE peut être versée partiellement. Le montant et le nombre de jours indemnisables sont recalculés selon des formules établies : (Montant de l'ARE mensuelle - 70% du salaire de votre nouvelle activité) / montant de l'ARE journalière. Le cumul entre l'ARE versée et votre revenu d'activité ne doit pas dépasser votre salaire journalier de référence (SJR). Les jours non indemnisés reculent d'autant la fin de votre indemnisation.
Si vous exercez une activité non salariée (micro-entrepreneur, etc.) et que vous déclarez être toujours à la recherche d'un emploi, votre ARE est également partiellement maintenue selon des modalités analogues.
Cas particuliers et points d’attention
- Pour certaines situations professionnelles (intermittent du spectacle, intérimaire, employé du secteur agricole,…), des dispositifs d'indemnisation particuliers existent.
- Les personnes non salariées (artisan, commerçant…) n'ont pas de régime de cotisation obligatoire mais peuvent souscrire une assurance privée.
- Le dispositif de « droits rechargeables » permet, sous conditions, de reconstituer des droits si vous travaillez de nouveau avant l’épuisement de vos droits en cours.
- Les allocataires âgés de 55 ans et plus peuvent, sous conditions, obtenir un allongement de la durée d’indemnisation s’ils suivent des formations indemnisées au titre de l’ARE-F.
- Les règles ont évolué récemment (réduction de la durée d’indemnisation de 25 % via le coefficient 0,75 pour certaines périodes, évolutions de la dégressivité, évolutions relatives aux âges légaux de départ à la retraite) : il est essentiel de vérifier l’application précise selon la date de fin de contrat et la situation personnelle.
Que faire pour obtenir une estimation précise ?
Le calcul présenté ci‑dessus est indicatif. France Travail (ex-Pôle emploi) vérifie votre période d’affiliation, prend en compte les périodes assimilées, les différés d’indemnisation et applique les plafonds et coefficients en vigueur. Les conseillers de France Travail disposent des informations pour vous renseigner sur votre dossier d'indemnisation et établir une estimation précise de la durée et du montant de vos droits.
Tous les concepts de calcul expliqués en 15 minutes
| Élément | Règle |
|---|---|
| Affiliation minimale | 130 jours ou 910 heures (6 mois) dans les 36 derniers mois |
| Durée minimale d’indemnisation | 182 jours (6 mois) |
| Coefficient appliqué | 0,75 (réduction de 25 % selon conjoncture) |
| Plafond pour <55 ans | 548 jours calendaires (18 mois) |
| Délai d'attente | 7 jours (sauf déjà appliqué dans les 12 derniers mois) |
En synthèse pratique : à 51 ans et avec 18 mois de cotisation, vous remplissez la condition d’affiliation minimale. Après application des déductions éventuelles, du plafonnement des inter‑contrats (70 %) et de l’application du coefficient 0,75, votre durée d’indemnisation sera calculée par France Travail ; à titre indicatif, pour une période d’affiliation d’environ 18 mois calendaires, cela pourrait donner une indemnisation d’environ 13 à 14 mois (soit ~410 jours) sous réserve des ajustements mentionnés ci‑dessus.
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