L'artisanat à Bamako, Mali : Types, Techniques et Matériaux

Le Mali est réputé à travers le monde pour la richesse, la diversité et la qualité de son artisanat. Chaque région du pays possède un artisanat spécifique. Le marché des artisans de Bamako offre au visiteur un éventail de l'artisanat de toutes les régions du Mali.

Marché de Bamako

Vous y découvrirez aussi de nombreux instruments de musique comme le djembé, la kora, le balafon, le tamani. Vous pourrez ramener du Mali de magnifiques statues en ébène (penseurs, femmes filiformes) et des jeux traditionnels (awélé). Les bijoutiers du marché et de la ville peuvent, d'après une photographie, réaliser le bijou de vos rêves pour un prix défiant toute concurrence.

Aujourd'hui, le rôle central des centres artisanaux dans la préservation des savoir-faire nigériens apparaît pleinement lorsque l'on considère que les systèmes de patronage établis sur le continent ont été progressivement anéantis par le pouvoir colonial dès le début du XXe siècle, laissant les artisans sans activité lucrative.

La Concession et l'Habitat Traditionnel

La structure de base de l'habitat en Afrique est la concession, qui dépasse largement le simple volume construit. La concession est le droit d'installation sur la terre donné traditionnellement par le chef des terres. Unité d'habitation et d'exploitation économique, la concession peut abriter et nourrir plusieurs personnes (la famille élargie aux grands-parents, frères, enfants, différentes femmes dans les sociétés polygames).

La case (ou les cases, carrées ou rondes) est le lieu couvert pour dormir et pour entreposer les affaires de la famille. Mais la concession comporte aussi l'environnement immédiat : espace réservé à la cuisine, auvents pour s'abriter du soleil, espace où l'on mange, abri pour les animaux, greniers pour protéger la récolte. La concession est isolée ou groupée avec d'autres pour former un hameau, souvent entouré d'une palissade ou d'un mur. En ville, la concession est plus étroite et s'adapte aux conditions du milieu urbain plus dense.

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Il est fort étonnant de constater qu'au sein d'une même ethnie, la concession, la case et le grenier présentent de nombreuses similitudes tant au niveau des formes adoptées qu'au niveau de l'organisation. Cela est d'autant plus visible qu'il est aisé de distinguer une ethnie d'une autre par son architecture au sens large. L'architecture traditionnelle est particulièrement représentée dans le monde rural, car en ville elle a adopté des formes plus modernes et, il faut bien le dire, d'une terrible banalité.

Suivant les ethnies, l'habitat est en terre, en bois ou en paille. On bâtit les cases, soit en superposant des briques de terre qui sont ensuite recouvertes (ou non) d'un enduit également en terre (banco), soit en accumulant des couches successives de terre, en hauteur et en largeur, selon le principe des constructions en pisé. La toiture est soit en terre posée sur une charpente en bois (toitures plates), soit en paille posée également sur une charpente en bois.

Les greniers sont soit intégrés dans la construction et font partie du bâtiment, soit construits à l'extérieur et forment un édifice à part. A l'est du delta intérieur du Niger, l'habitat dogon est probablement l'un des plus spectaculaires. Chaque village a une architecture spécifique et regroupe divers éléments de l'architecture locale : guina (maison du chef), toguna (case à palabres), maison du Hogon (chef spirituel), case des femmes menstruées, sans oublier les greniers traditionnels et leurs toits coiffés de chaume.

Le bâti est réalisé en banco, une brique crue d'argile mélangée à de la paille et à du sable qui s'intègre harmonieusement à l'environnement naturel. La ville de Ségou est reconnue pour la qualité architecturale de ses maisons et pour la beauté de ses jardins. Une des spécificités des constructions est la couleur rouge brique du banco. Généralement ocre, ce n'est pas la qualité de la terre qui diffère mais le fait que les habitants de Ségou adjoignent du karité dans la préparation du banco.

Au nord du pays, dans la région du Sahel, les cases peules à une pièce sont réalisées par superposition de nattes sur une charpente en bois complexe et formant une sorte de dôme. Cet habitat nomade est destiné à être déplacé facilement. Les Touareg vivent dans des tentes en peau de chèvre, également démontables et transportables.

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Architecture Coloniale et Moderne

Pour assurer les prestations de l'administration coloniale et organiser le commerce avec la métropole, de nombreux bâtiments publics, commerciaux et résidentiels ont été construits au XIXe siècle et au cours de la première moitié du XXe. Plusieurs petites villes possèdent encore un noyau administratif colonial, en particulier la ville de Kayes. A Ségou, le visiteur pourra également contempler de beaux édifices datant de l'époque coloniale.

Apparue en Afrique principalement à partir des années 1960, cette architecture éclectique présente parfois des éléments empruntés à l'architecture traditionnelle, mais, le plus souvent, le style dominant en est le tape-à-l'oeil (en témoigne la tour couronnée de la BCEAO à Bamako, de style néo-kitsch soudanais). Quelques rares bâtiments modernes administratifs ou quelques sièges de banques présentent une certaine qualité architecturale, mais le pays ne possède pas vraiment de bâtiments audacieux.

Architecture Religieuse

Dans plusieurs régions du pays, on peut admirer de très belles petites mosquées bâties en terre et réalisant une intéressante synthèse entre l'architecture traditionnelle et les normes architecturales imposées par les lieux de culte.

Artisanat Spécifique par Région

Chaque région du pays possède un artisanat spécifique :

  • Région de Mopti : Réputée pour l'artisanat peul, composé de couvertures en laine et en coton confectionnées avec des bandes assemblées entre elles par les tisserands, de chapeaux en cuir portés par les bergers et de toutes sortes de bijoux.
  • Régions du nord (Gao, Kidal et Tombouctou) : L'artisanat touareg domine, spécialisé dans la confection d'armes, de bijoux en argent et d'objets en cuir de chameau et de chèvre.
  • Pays Dogon : Constitué de portes sculptées, de statues en bois, en terre ou en bronze et de masques rituels.
  • Ségou : Célèbre pour son marché de poteries en terre cuite.
  • Artisanat bambara et sénoufo : Offre surtout des statues et des masques en bois dont les célèbres masques tyiwara représentant une antilope mâle ou femelle.
Artisanat Dogon

Le Bogolan

Le bogolan, issu d'une technique de teinture traditionnelle de l'Afrique de l'Ouest, est aujourd'hui très utilisé en ameublement ou en décoration. C'est le créateur malien Chris Seydou, disparu en 1994, qui a remis au goût du jour ce tissu, en l'intégrant dans ses collections de haute couture. Le bogolan est très apprécié et recherché au Mali.

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Bogolan signifie littéralement en bambara "résultat que donne de l'argile sur du tissu". Cette technique ancestrale est propre au peuple mandé. Selon la légende, une femme aurait tâché son pagne teint au n'galama avec de la boue par accident. Elle tenta alors de le nettoyer, mais s'aperçut que la boue avait teint le tissu.

La technique de fabrication comprend plusieurs étapes :

  1. Le filage du coton (travail des femmes).
  2. Le tissage (réservé aux hommes).
  3. La couture de l'étoffe.
  4. Préparation du tissu à la teinture (lavage et trempage).
  5. Plongée dans une teinture végétale appelée "n'galama".
  6. Application de la boue (provenant du Niger ou des marigots).
  7. Lavage et éclaircissement ou teinture de certaines parties du dessin.

Des dessins en bogolan ornent les pagnes maliens. Ils sont portés par les femmes et divisés en cinq parties qui racontent chacune une histoire en bogolan. Il couvre le corps féminin du nombril aux chevilles. La tradition précise que les histoires protègent les femmes qui les revêtent. Le bogolan contemporain a fait son apparition dans les beaux-arts.

Le Tilbi

C'est un boubou brodé à la main. Celui qui commande un tilbi doit nourrir l'artisan pendant toute la durée de sa confection (soit 3 ans en moyenne). Autant dire une pièce chère et extrêmement rare.

Autres Produits Artisanaux

Parmi les autres produits artisanaux populaires, on trouve :

  • Les pagnes multicolores.
  • Le beurre de karité.

Un séjour au Mali est l'occasion de faire le plein dans les nombreuses coopératives de karité de la ville.

Centres Artisanaux et Préservation des Savoir-Faire

Les centres artisanaux étaient généralement autonomes, comme l’ancienne Maison des artisans soudanais de Bamako (Mali) créée en 1932, devenue depuis la Maison des artisans, mais ils pouvaient également se voir intégrés à un musée. Le plus ancien du genre est le musée historique d’Abomey (Bénin), créé en 1944 qui, avant de devenir une institution culturelle coloniale, était le palais des rois d’Abomey au sein duquel travaillaient différentes corporations d’artisans (Crowley, 1970).

Si le Musée national du Niger reste actuellement le seul musée du pays, de nombreux centres artisanaux autonomes ont en revanche proliféré sur l’ensemble du territoire à partir du début des années 1980. Deux d’entre eux furent créés, l’un à Niamey, l’autre à Maradi6, dans le cadre d’un programme de promotion de l’artisanat appelé « Centres des métiers d’art du Niger », et impulsé par le deuxième directeur du Musée national du Niger, Albert Ferral (un assistant technique français), grâce à un prêt de la Banque mondiale. À la fin des années 1980, un centre artisanal fut construit par des volontaires allemands dans la ville de Tahoua et un autre fut initié à Agadez au début des années 1990 par la coopération allemande dans le cadre de son Programme d’appui à l’artisanat, dont il sera question plus en détail par la suite. Puis, à partir de 1992, quatre autres centres artisanaux7 furent créés, dans le cadre du Programme de promotion de l’artisanat (DANI8) piloté par l’organe de coopération luxembourgeois Lux-développement (Boucksom, 2009). Ce programme a non seulement permis la création de nouveaux centres artisanaux, mais a aussi impulsé une nouvelle dynamique au sein des anciennes structures qui, pour plusieurs d’entre elles - comme celles d’Agadez, de Tahoua ou de Maradi - n’étaient presque plus en activité au moment du lancement du projet. Ainsi, il existe aujourd’hui neuf centres artisanaux actifs sur l’ensemble du territoire nigérien, dont trois à Niamey. Ces centres regroupent différents corps de métiers (forgerons, teinturiers, couturiers…), organisés en un unique groupement, pouvant prendre la forme d’un syndicat, d’une association, d’une union, mais le plus souvent il s’agit d’une coopérative. Ils exposent et proposent les œuvres à la vente, et sont généralement pourvus d’une « mécanothèque », salle commune où sont conservées diverses machines utiles aux artisans. Le but de ces structures est de réunir dans un même lieu des artisans issus de corps de métiers variés et travaillant dans un esprit d’intérêt général, à savoir la sauvegarde de l’artisanat nigérien (Boucksom, 2009).

Le360.ma • Mali- Les techniques du bogolan au Mali

L'Artisanat comme Outil de Développement

L’ensemble du secteur artisanal, toutes branches confondues (artisanat d’art, utilitaire et de service), serait à la base de près de 500 000 emplois et participerait à hauteur de 20 % du PIB du Niger (Hama, 2002, p. 11)9. Sur la base de ces chiffres, l’artisanat apparaît, après les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, comme le plus grand pourvoyeur d’emplois du Niger. Générateur de revenus, l’artisanat est alors perçu comme un outil permettant de lutter contre la pauvreté. C’est dans cette perspective que de nombreux programmes de développement (bilatéraux, multilatéraux, d’ONG) appuient ce secteur. Les premières initiatives, ayant eu cet objectif, sont mises en place par le Musée national du Niger sous l’égide de Pablo Toucet. Un centre éducatif y est créé en 1970, dans le but « de récupérer et de former à la vie sociale, culturelle et économique, des jeunes nigériens de 12 à 20 ans désœuvrés, n’ayant généralement aucune chance de parfaire leurs études dans les écoles primaires » (Guide du Musée national, 1975, p. 28). Puis, en 1971, le Musée national, avec ses propres ressources, s’engage dans une action en faveur des aveugles et des handicapés moteurs, en formant les participants du projet à diverses techniques artisanales grâce à l’intervention d’un volontaire français de l’AFVP10. Il s’agit alors « de transformer ces personnes, qui pratiquent pour la plupart la mendicité, en hommes capables de gagner leur vie autrement » (Guide du Musée national, 1975, p. 26). Ici les métiers de l’artisanat ne sont plus considérés comme des métiers de professionnels spécialisés dans la création du patrimoine culturel mais plutôt comme des « petits boulots » permettant aux plus faibles de survivre.

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