Artisanat traditionnel et chasse à l'ours : méthodes et outils
La chasse à l'ours a traversé les âges sous des formes diverses, mêlant rites, techniques et savoir-faire artisanaux. Encore très présent dans l’ensemble des forêts européennes jusqu’au XVe siècle, l’ours, agile et féroce, souffre depuis le Moyen-Age d’une terrible réputation. Pour Saint Augustin, c’est même le diable !
Histoire, perception et rituels liés à la chasse
Déterminée à éteindre les cultes et fêtes païennes que l’animal suscite, l’Eglise combat le plantigrade par tous les moyens, le ridiculisant en bête de foire, ruinant ainsi sa réputation de roi des animaux. Paradoxalement, il restera longtemps de bon ton chez les aristocrates et princes européens d’évoquer un mythique ancêtre ours à l’origine de leur lignée tandis que le corps à corps avec l’animal demeure « un must » d’exploit guerrier.
Ainsi, la chasse à l’ours plaçait l’homme et l’animal dans un face à face qui était pour les jeunes hommes un rituel de passage important. Le chasseur, entièrement protégé par son armure, atteignait l’ours avec un épieu. L’Église chercha à dévaloriser cette chasse à l’ours jugée par trop démonstrative voire licencieuse au profit de la chasse aux cervidés qui ne nécessitait plus de contact direct avec l’animal.
Communautés traditionnelles et pratiques rituelles : les Matagis du Japon
Au fin fond des hauts plateaux situés au nord de l'île de Honshu, au Japon, la chasse hivernale est ouverte pour les Matagis. Ces chasseurs traditionnels prient avant de pénétrer dans les montagnes sacrées, puis passent des heures à écouter, à patienter et à observer, à l'affût du moindre signe annonçant l'approche d'un ours noir. Les Matagis sont une communauté de chasseurs dont les racines remontent au 16e siècle. Si chaque colonie possède ses propres caractéristiques, tous ses membres se considèrent comme les gardiens élus de l'équilibre de la nature.
Les chasseurs se séparent en deux groupes : l'un faisant office de sentinelle, l'autre d'appeau. Ils se rapprochent lentement les uns des autres lorsque le tireur s'apprête à dégainer. Alors que la dépouille de l'ours est transportée vers une plaine à proximité pour être éviscérée et démembrée au moyen d'un couteau matagi traditionnel, des taches de sang viennent ponctuer la neige immaculée.
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Dans le cadre du rituel de chasse, les Matagis démembrent l'animal à mains nues dans la forêt et laissent une partie des intestins en guise d'offrande à la déesse de la montagne. Le reste sera ensuite réparti avant d'être ramené au village. Une partie des intestins de l'animal est laissée en offrande à la déesse de la montagne.
La solennité et la minutie spirituelle avec lesquelles l'abattage est réalisé le distinguent des pratiques de chasse modernes. Au-delà de la brutalité viscérale de l'abattage, les portraits du photographe révèlent une identité profondément liée à la terre et aux animaux chassés.
Javier Corso a passé deux semaines aux côtés des Matagis, au cours desquelles il a photographié leurs pratiques ancestrales imprégnées par quatre siècles d'histoire. Le photographe a travaillé sur ce projet pour la société de production OAK stories, qui rassemble des journalistes, des photographes et des réalisateurs spécialisés dans les récits des communautés autochtones. Il a collaboré avec Alex Rodal, l'un des directeurs de recherche chez OAK qui a mené six mois de recherches sur les Matagis en amont du voyage.
Avant d'être invités dans la montagne, Corso et son équipe ont passé cinq jours au sein d'un groupe de Matagis afin d'obtenir leur confiance et de découvrir leur culture. « Leur façon de chasser m'a fasciné. Cela se faisait avec beaucoup de respect », reconnaît le photographe.
Vêtements et outils traditionnels
Les Matagis portent des vêtements et des ustensiles traditionnels lors des rituels : Ito Ryoichi est vêtu du gilet et des chaussures traditionnels des chasseurs matagis. De nos jours, les chasseurs ne portent ces vêtements que dans le cadre de rituels spéciaux. Certains continuent toutefois de porter du cuir lorsqu'ils chassent afin de se protéger contre le froid.
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Le capitaine Sato tire son couteau matagi afin de procéder au démembrement de l'animal. Son nom de famille est gravé sur la lame. La tête d'un ours noir d'Asie après avoir été tranchée et écorchée par les chasseurs illustre la rudesse des opérations post-abattage.
Mélange de tradition et de modernité : équipement contemporain
Les chasseurs utilisent désormais des fusils et des tenues modernes, qu'ils associent à des ustensiles traditionnels propres à leur communauté. Les Matagis du 21e siècle sont de véritables tireurs d'élite. Les vives couleurs de leurs gilets leur permettent de se distinguer du feuillage et d'éviter tout accident.
Suite à la distribution de l'animal, les chasseurs Oguni se réunissent chez le capitaine Sato dans le cadre d'un rituel. Endo-san, l'un des Matagis les plus respectés de la communauté, préside la prière avec le cœur d'un ours et une bouteille de saké. De retour de la chasse, tous les participants s'attellent à la tâche et divisent l'animal en parts égales. Chaque personne se voit attribuer la même portion de viande et de peau.
Restrictions modernes, conservation et enjeux éthiques
Leur pratique culturelle est en péril. Toutefois, depuis que l'ours noir d'Asie, leur proie principale, a été classé comme espèce menacée d'extinction, la pratique suscite de nombreuses controverses. Le photographe explique : « Ils ont été contraints de trouver d'autres moyens pour subvenir à leurs besoins » suite à des interdictions et des restrictions.
De nombreuses restrictions
artisanat traditionnel chasse à l'ours: méthodes et outils
Encore très présent dans l’ensemble des forêts européennes jusqu’au XVe siècle, l’ours, agile et féroce, souffre depuis le Moyen-Age d’une terrible réputation. Pour Saint Augustin, c’est même le diable ! Déterminée à éteindre les cultes et fêtes païennes que l’animal suscite, l’Eglise combat le plantigrade par tous les moyens, le ridiculisant en bête de foire, ruinant ainsi sa réputation de roi des animaux. Paradoxalement, il restera longtemps de bon ton chez les aristocrates et princes européens d’évoquer un mythique ancêtre ours à l’origine de leur lignée tandis que le corps à corps avec l’animal demeure « un must » d’exploit guerrier.
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Ainsi, la chasse à l’ours plaçait l’homme et l’animal dans un face à face qui était pour les jeunes hommes un rituel de passage important. Le chasseur, entièrement protégé par son armure, atteignait l’ours avec un épieu. L’Église chercha à dévaloriser cette chasse à l’ours jugée par trop démonstrative voire licencieuse au profit de la chasse aux cervidés qui ne nécessitait plus de contact direct avec l’animal.
Originaire de Bruges, Jan Van der Straet dit Stradanus représenta avec brio les différents modes de chasse et de pêche pratiqués à son époque. Le photographe Javier Corso a passé deux semaines aux côtés des Matagis, ces chasseurs traditionnels du nord du Japon dont les rites spirituels sont menacés. Ito Ryoichi est vêtu du gilet et des chaussures traditionnels des chasseurs matagis. De nos jours, les chasseurs ne portent ces vêtements que dans le cadre de rituels spéciaux. Certains continuent toutefois de porter du cuir lorsqu'ils chassent afin de se protéger contre le froid.
Au fin fond des hauts plateaux situés au nord de l'île de Honshu, au Japon, la chasse hivernale est ouverte pour les Matagis. Ces chasseurs traditionnels prient avant de pénétrer dans les montagnes sacrées, puis passent des heures à écouter, à patienter et à observer, à l'affût du moindre signe annonçant l'approche d'un ours noir. Les chasseurs se séparent en deux groupes : l'un faisant office de sentinelle, l'autre d'appeau. Ils se rapprochent lentement les uns des autres lorsque le tireur s'apprête à dégainer. Alors que la dépouille de l'ours est transportée vers une plaine à proximité pour être éviscérée et démembrée au moyen d'un couteau matagi traditionnel, des taches de sang viennent ponctuer la neige immaculée. Une partie des intestins de l'animal est laissée en offrande à la déesse de la montagne.
La solennité et la minutie spirituelle avec lesquelles l'abattage est réalisé le distinguent des pratiques de chasse modernes. Les Matagis sont une communauté de chasseurs dont les racines remontent au 16e siècle. Si chaque colonie qui peuple le nord de l'île de Honshu possède ses propres caractéristiques, tous ses membres se considèrent comme les gardiens élus de l'équilibre de la nature. Toutefois, depuis que l’ours noir d’Asie, leur proie principale, a été classé comme espèce menacée d’extinction, la pratique suscite de nombreuses controverses.
Javier Corso a passé deux semaines aux côtés des Matagis, au cours desquelles il a photographié leurs pratiques ancestrales imprégnées par quatre siècles d'histoire. Le photographe a travaillé sur ce projet pour la société de production OAK stories, qui rassemble des journalistes, des photographes et des réalisateurs spécialisés dans les récits des communautés autochtones. Il a collaboré avec Alex Rodal, l'un des directeurs de recherche chez OAK qui a mené six mois de recherches sur les Matagis en amont du voyage.
Dans le cadre du rituel de chasse, les Matagis démembrent l'animal à mains nues dans la forêt et laissent une partie des intestins en guise d'offrande à la déesse de la montagne. Le reste sera ensuite réparti avant d'être ramené au village. Après une partie de chasse fructueuse, un chasseur matagi fume au pied de la montagne. Les chasseurs utilisent désormais des fusils et des tenues modernes, qu'ils associent à des ustensiles traditionnels propres à leur communauté. Les Matagis du 21e siècle sont de véritables tireurs d'élite. Les vives couleurs de leurs gilets leur permettent de se distinguer du feuillage et d'éviter tout accident.
Suite à la distribution de l'animal, les chasseurs Oguni se réunissent chez le capitaine Sato dans le cadre d'un rituel. Endo-san, l'un des Matagis les plus respectés de la communauté, préside la prière avec le cœur d'un ours et une bouteille de saké. De retour de la chasse, tous les participants s'attellent à la tâche et divisent l'animal en parts égales. Chaque personne se voit attribuer la même portion de viande et de peau.
Voir l'Article « Mon souhait était de montrer les racines de cette communauté afin que le public puisse comprendre leurs pratiques et les raisons de celles-ci », explique Javier Corso. « J'ai voulu montrer la sérénité qui émane de ces parties de chasse et le lien de ces chasseurs avec la montagne. » Au-delà de la brutalité viscérale de l'abattage, les portraits du photographe révèlent une identité profondément liée à la terre et aux animaux chassés. La spiritualité de cette chasse est telle que Javier Corso a été le premier photographe étranger à pouvoir en rendre compte, après le photographe japonais Yasuhiro Tanaka. Avant d'être invités dans la montagne, Corso et son équipe ont passé cinq jours au sein d'un groupe de Matagis afin d'obtenir leur confiance et de découvrir leur culture. « Leur façon de chasser m'a fasciné. Cela se faisait avec beaucoup de respect », reconnaît le photographe. Bien que vêtus d'habit modernes, nombreux sont ceux qui chassent avec les armes utilisées par leurs ancêtres il y a sept générations.
Leur pratique a été réduite ces dernières années. Suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, l'État japonais a interdit à de nombreuses communautés de commercialiser de la viande d'ours pendant six ans, par crainte qu'elle ne soit contaminée. « Ils ont été contraints de trouver d'autres moyens pour subvenir à leurs besoins », explique le photographe. De nombreuses restrictions bureaucratiques sont désormais appliquées à la chasse. « Obtenir un permis pour chasser l’ours noir est un processus très fastidieux et très coûteux qui doit être renouvelé tous les trois ans, que vous soyez directement impliqué dans l'abattage ou non », ajoute Alex Rodal. « Ces procédures découragent les plus jeunes. »
Comme pour un grand nombre de peuples des Premières Nations, leur pratique culturelle est en péril. « Si l'ours noir d'Asie disparaît un jour, les Matagis ne seront pas à tenir pour responsables », affirme-t-il. Tous les chasseurs d’ours noir expérimentés ont leurs petites astuces pour rendre leur chasse à l’ours agréable et contribuer à leur succès. Si vous êtes nouveaux dans la chasse à l’ours vous devez savoir à quoi vous vous opposez. Chaque chasseur veut un gros trophée et j’espère que cet article vous rapprochera un peu plus de cet objectif.
La chasse à l’ours noir est une affaire de furtivité. Tout d’abord, il est bon de savoir que l’ours noir a probablement le meilleur sens de l’odorat de tous les mammifères terrestres. Il est très difficile pour un humain de comprendre à quel point un ours peut sentir. Plus vous en avez, meilleur est votre odorat: Humain 6 000 000 récepteurs olfactifs, Bloodhound 1,8 milliards, Ours noir 12,6 milliards. Donc un ours noir peut sentir 2100 fois mieux qu’un être humain. L’organe de Jacobson dans leur bouche peut « goùter » l’air, ajoutant à la perception de leur cerveau. Les ours matures sentent mieux que les petits ours; leur oreille et leur audition sont particulièrement développées.
Dans cet esprit, essayez de rester absolument immobile. Si vous devez vous déplacer, bougez très lentement et assurez-vous que votre support d’arbre soit silencieux. Je vous recommande également des vêtements en polaire, ils ne sont pas bruyants et très abordables. L’appâtage est la méthode la plus populaire et la plus efficace pour la chasse à l’ours au printemps. Choisissez votre site dans une zone forestière mature, près d’un court d’eau ou d’un étang, où les ours trouvent nourriture et où le tremble domine la végétation.
Le choix de l’appât varie d’un chasseur à l’autre. Certains mettent de la viande de castor, des beignets, du maïs soufflé, du maïs, de la mélasse, etc. L’utilisation de graisse de friture colle aux pelages et sous les pattes de l’ours, ce qui produit des sentiers remplis de particules alimentaires dispersées par les ours dans leur déplacement. Le maïs et la mélasse font partie des appâts populaires et facilement accessibles aux chasseurs. Il est possible de faire des vocalises d’ours à l’aide d’appeaux conçus à cet effet. Cette technique peut être efficace pour attirer l’ours sur le site.
Quand cela s’avère positif, votre satisfaction d’avoir leurré monsieur l’ours sur appel ne sera que plus grande. Souvent l’ours se tient en retrait de quelques centaines de pieds du site d’appât et attend la noirceur pour s’y rendre. Cet article souligne la complexité éthique et écologique de la chasse à l’ours, et invite à la prudence et à la connaissance des règles locales et internationales concernant la protection des espèces.
Pour conclure, la chasse à l’ours est une pratique ancienne, à la fois ritualisée et moderne, qui nécessite une approche responsable, respectueuse des animaux et de l’écosystème. Elle combine héritage culturel, techniques modernes et enjeux de conservation, afin de préserver biodiversité et pratiques territoriales.
| Éléments clés | Description |
|---|---|
| Appâts | Viandes variées, mélasse, céréales; utilisation de coulis pour durcir l’appât |
| Techniques | Appâtage, affût, approche, vocalises |
| Outils traditionnels | Couteau matagi, barils pour appâts, vêtements adaptés |
| Conservation | Réglementations, quotas, protection des habitats |
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