Artisanat malgache : marqueterie, techniques et histoire
Pour une raison obscure, nous nous sommes réconciliés avec l’artisanat à Madagascar. Si nous sommes devenus peu friands d’artisanat en voyage, mais avons eu un regain de gourmandise à Madagascar, ce n’est pas uniquement parce que les pièces étaient superbes. Le fait de voir ce beau travail se faire sous nos yeux, connaitre les conditions de travail et leur donner notre argent directement à décuplé notre plaisir, en plus de donner un sens à notre achat et à ces objets.
Ambositra : capitale de la marqueterie
La ville d’Ambositra est quant à elle connue pour ses tableaux et objets en marqueterie. La marqueterie est l’art subtile de « peindre avec du bois ». De fines lames de bois aux nuances naturelles allant du beige à l’ébène en passant par le kaki sont découpées pour former les pièces d’un futur puzzle. Une fois assemblées l’ensemble ressemblent à s’y méprendre à une peinture. Ces tableaux trouvent leur source d’inspiration dans les paysages malgaches et les scènes de la vie quotidienne. Vous en trouverez de qualités très diverses ce qui explique aussi les différences de prix.
Notre amie Emmelie vivant à Madagascar nous a fait découvrir le travail de Maud et Dominique Masseron du projet le tableau de bois, qui valorise le travail des artisans locaux et leurs techniques traditionnelles et naturelles. Crédit photo : Le tableau de bois.
Ateliers et techniques connexes
Au delà de la marqueterie, vous retrouverez à Ambositra des ateliers de sculpture de bois. Au marché artisanal près du parc de l’est, il est possible de visiter les ateliers. Vous passerez tout d’abord devant les ateliers d’artisanat classique comme la vannerie, la broderie et l’art du batik. Je n’ai pas parlé de la broderie et de la vannerie qui sont aussi très présentes à Madagascar. Vous les trouverez partout à travers le pays sur les marchés ou les boutiques de souvenirs. Ce sont des incontournables.
Le travail de la broderie est réservé aux femmes. Elles brodent alors quasiment toute la journée dans un silence religieux. La vannerie se décline sous toutes ses formes (paniers, sacs, chapeaux…) et les techniques de tressage sont très nombreuses. Les fibres utilisées sont principalement le sisal (issu d’une sorte d’agave) et le raphia (issu d’un type de palmier).
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Antsirabe et l’artisanat de récupération
Antsirabe, l’artisanat malgache de la récup ! A Antsirabe, la devise pourrait être « Rien ne se perd, tout se transforme ». Et même l’artisanat s’en inspire. Tout d’abord, l’atelier de fabrication des miniatures de véhicules typiques de Madagascar (pousse pousse, bus etc…) à partir de matériaux de récupération. A regarder le jeune homme manipuler ce qui pourrait être pour nous des déchets, ça semble simple… mais pourtant il faut de nombreuses étapes et beaucoup d’ingéniosité pour arriver à fabriquer un véhicule.
Matériaux naturels et savoir-faire : corne de zébu et soie
Dans un registre récupération, mais nature, je vous présente la corne de zébu ! Cet animal est très important à Madagascar. Sa chair est prisée au point que des voleurs de zébus viennent sans vergogne détrousser les petits éleveurs. Lorsque la corne est prélevée chez l’animal, elle n’a pas une apparence très élégante. Terne et rugueuse, on ne penserait pas qu’elle puisse permettre la réalisation d’objets délicats. Dans un premier temps, il faut séparer la partie dure de la corne du reste. Pour cela, la corne est bouillie. Le sculpteur façonne ensuite la forme finale de l’objet qu’il souhaite fabriquer (nous avons vu l’exemple pour une petite cuillère).
A Ambalavao, c’est aussi la nature qui inspire les artisans. Le travail de la soie est une succession d’étapes délicates qui requièrent beaucoup de patience. Les cocons sont tout d’abord cueillis, triés et « étouffés » au soleil ce qui permet de se débarrasser des vers. Ensuite, afin de ramollir les cocons et pouvoir les dévider, ils sont bouillis dans l’eau chaude pendant quelques heures dans de grandes marmites. Les « baves » ainsi obtenus sont rassemblées à plusieurs grâce à un habile mouvement de pouce. Les ouvrières peuvent ensuite tirer le fil. A l’aide d’un morceau de vieux jean placé en jambière, elles accrochent ce fil pour le filer petit à petit. L’étape suivante consiste à réunir plusieurs fils ensemble pour les solidifier. C’est ce qu’on appelle le moulinage. Pour affiner la future soie, les dernières impuretés sont retirées, puis le fil peut être teinté avec des pigments naturels.
Papier Antemoro - tradition et décoration
Le papier Antemoro ou Antaimoro est fait à partir de l’écorce d’un type de murier, l’avoha. Cette écorce est bouillie pour ramollir les fibres. Pour poursuivre ce processus, on les martèle et on les écrase jusqu’à obtenir une pâte. Celle-ci est divisée en boules. On détermine le poids des boules en fonction de la dimension de la feuille que l’on souhaite obtenir. Afin d’aplatir cette pâte pour arriver à une feuille, chaque boule est diluée dans l’eau sur une toile de coton maintenue par un cadre en bois. Avant que celle-ci soit sèche, on en profite pour procéder à la décoration. A base de pétales de fleurs ou d’éléments végétaux, ils sont simplement disposés sur la feuille. Ensuite, les feuilles sont séchées au soleil, ce qui ne manque pas à Madagascar.
Acheter directement aux artisans et négociation responsable
Acheter directement aux artisans : en voilà une idée qu'elle est bonne ! En tant que touristes (ou voyageurs si certains ne se retrouvent pas dans ce terme), nous sommes l’unique moyen de subsistance de beaucoup d’artisans. Si le prix de base annoncé dans certains endroits où la négociation est rituelle est exagéré, négocier comme un goret pour « gagner » quelques euros ou centimes est presque criminel selon nous. En effet, que représentent ces quelques sous épargnés par rapport aux heures de travail passées à élaborer votre précieux souvenir. Et pensez bien que un euro pour vous n’a pas du tout la même valeur pour un artisan qui ne roule pas sur l’or à Madagascar ou ailleurs. Trop souvent je vois avec dépit des voyageurs (les français sont très réputés dans ce domaine malheureusement) fiers d’avoir baissé un prix à outrance juste pour le plaisir d’avoir négocié.
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Prisca, ambassadrice d'artisans malgaches
Conseils pratiques
- Visitez les ateliers pour mieux comprendre les étapes de fabrication et soutenir directement les artisans.
- Privilégiez les achats faits sur place auprès des artisans afin de valoriser leur travail.
- Respectez une négociation raisonnable en tenant compte du temps et des compétences nécessaires à la fabrication.
Pour celles et ceux qui n’ont pas beaucoup de temps ou que la logistique rebute, vous pouvez vous adresser à l’agence Voyageurs du monde qui propose de superbes séjours sur mesure hauts de gamme à Madagascar.
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