Artisanat monastique et histoire de la Chartreuse de la Verne

Au cœur du massif des Maures, enveloppée par la forêt et le silence, la Chartreuse de la Verne surgit comme un secret bien gardé. Perchée sur un promontoire rocheux, elle semble hors du temps, presque irréelle.

Un lieu et une fondation médiévale

Fondée en 1170 sur les ruines d’un ancien prieuré, elle porte depuis toujours le nom de Notre-Dame de la Verne. D'abord chartreuse construite sur l'emplacement d'un ancien prieuré abandonné, portant déjà le nom de Notre-Dame de la Verne, elle fut fondée en 1170 à l'initiative des évêques de Toulon, Pierre Isnard, et de Fréjus, Frédol d'Anduse.

Vers 1170, les évêques de Toulon et Fréjus se mettent d’accord pour fonder un monastère à Collobrières, à l’endroit où se tenait l’ancien prieuré Notre-Dame de la Verne, laissé à l’abandon. Mis sous la protection de la vierge Notre-Dame de Clémence, c’est l’ordre des Chartreux de Montrieux qui est choisi pour investir les lieux.

En 1174, une première église romane est consacrée. Détruite par un incendie, elle sera reconstruite.

Traversée par les épreuves : incendies, guerres et révolution

Ses pierres ont traversé les flammes, les pillages, les guerres et la Révolution. Trois incendies au Moyen Âge la réduisent en cendres. En 1215, 1271 et 1318, le monastère est ravagé par les flammes. Seule l’église romane est sauve. Les moines ne perdent pas espoir et l’édifice renaît chaque fois de ses cendres.

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À plusieurs reprises, le couvent est pris d’assauts par les pillards, parfois par les seigneurs alentours, comme en 1416 quand les seigneurs de Bormes viennent le dépouiller, ou des sarrasins. Les lieux sont également mis à sac pendant les guerres de religion qui ravagent le royaume de France.

La date exacte de l’effondrement de la voûte de l’église romane reste floue et deux hypothèses sont envisagées. Certains prétendent que c’est la dernière invasion, ayant eu lieu en 1577 lors des conflits entre les catholiques et les protestants qui engendra l’écroulement de la voûte, d’autres affirment que la chute eu lieu à la suite des attaques menées par les troupes du Duc de Savoie face à l’armée du Roi Soleil de 1707 à 1715, pendant le siège de Toulon.

De 1736 à 1789, les moines chartreux s’évertuèrent à reconstruire le monastère. Les dates inscrites sur la porte donnant sur les logements, sur le fronton de la voûte menant à l’église et au cloître et sur le piédroit donnant accès aux jardins en témoignent.

Jusqu’à 1792, où, contraints de fuir, ils laissent derrière eux un sanctuaire vidé, vendu comme bien national. En 1789, l’Assemblée constituante saisit tous les biens de La Verne. En 1792, les 16 membres de la communauté chartreuse sont contraints de partir pour l’Italie ou de rejoindre l’évêché de Nice en empruntant une barque de pêche. Les bâtiments et les terrains sont vendus comme biens nationaux. La chartreuse de la Verne, abandonnée, est peu à peu investie par une végétation qui endommagera les bâtiments.

Redécouverte et restauration

En 1921, un décret déclare que le monastère est classé Monument historique à titre de « vestiges dans la forêt ». Seuls les bâtiments utilisés pour l’exploitation agricole et la cour d’honneur ne peuvent bénéficier du classement. Classée Monument historique en 1921, la chartreuse en ruines fut affectée le 1er mars 1961 aux domaines des Eaux et Forêts, à l'exception des bâtiments d'exploitation agricole et de la cour d'honneur.

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La nature reprend alors ses droits. Le vent, les pluies, l’oubli… Jusqu’au jour où, en 1968, une poignée de passionnés fondent l’association Les Amis de la Verne. Pourtant, en 1968, sous l'impulsion d’Anne Englebert et Annick Lemoine, l’association Les amis de la Verne est créée pour participer à des travaux de sauvegarde qui se prolongeront pendant près de 15 ans.

Une équipe de bénévoles se forme et entame la restauration du monument avec des moyens limités entre 1969 et 1982, cette année-là la cloche d’appel a été classée au titre des objets mobiliers. Le miracle opère : la pierre est déblayée, les voûtes remontées, les cloîtres ressuscités.

Grâce aux donations perçues, l’abbaye de chartreux s’étend rapidement et investit plus de 3 000 hectares de forêts, pâturages, terres cultivables et salines. Les travaux réalisés permettent de sortir progressivement la chartreuse de l’oubli et de retrouver sa fonction originelle.

Renaissance spirituelle : la famille monastique de Bethléem

En 1986, une trentaine de moniales de la famille de Bethléem redonnent vie à la vocation spirituelle du lieu. À partir de 1986, le monastère accueille en son sein une communauté de moines de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et des chartreux. Grâce à l’action conjointe de plusieurs organisations, la chartreuse de la Verne est rénovée peu à peu dans son ensemble.

La Verne renaît monastère dans les années 80 après plusieurs années de travaux. Depuis 1983 elle héberge une communauté monastique de Bethléem, de l'Assomption de la Vierge et de St Bruno qui a fait vœu de silence. Elles sont une trentaine à se partager des ermitages. Chacune vit en ermitage, dans le silence, la prière et le travail.

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“Depuis le XIIe siècle, face à la Méditerranée, la profonde solitude du massif des Maures abrite vie et prière au monastère de la Verne, appelé aussi Notre-Dame de Clémence", présente la Prieure des moniales de Bethléem, de l'Assomption de la Vierge et de Saint-Bruno.

Architecture et espaces monastiques

Un ensemble architectural monumental. Les bâtiments actuels, ouverts à la visite, datent essentiellement des XVIIème et XVIIIème siècles. Conçu pour favoriser la prière dans la solitude et le silence, le monastère de la Verne est situé au cœur du massif des Maures à Collobrières.

On y découvre la porterie, la boulangerie, une cellule de moine, et l’église romane du XIIe siècle, seul lieu partagé entre visiteurs et sœurs - dans un respect mutuel, dans le silence. Le grand cloître possède, quant à lui, une galerie entièrement couverte qui mène aux cellules des moines et à l’église romane qui présente, tout comme la salle capitulaire, des voûtes en arêtes.

Le petit cloître, qui ne fut jamais terminé, arbore tout de même des arcades inspirées de l’architecture de la Renaissance. Il relie le réfectoire, dans lequel les moines ne mangeaient que les dimanches et les jours de fête, à la chapelle Saint Bruno qui accueillait les laïcs qui souhaitaient suivre l’office religieux.

Dans la cour intérieure, bordée par les arcades du cloître, se tiennent les sépultures des moines, marquées par des croix en bois. Actuellement, la cloche d’origine du monastère des Chartreux, datant du XIIème siècle, est exposée dans le grand vestibule d’entrée de la mairie de Collobrières.

Artisanat monastique et boutique

Le magasin d’artisanat monastique est ouvert aux mêmes horaires que la visite et fermé tous les dimanches. Pour découvrir le monastère, un parcours a été ouvert au public. S'il ne représente qu'un quart du monastère, il donne une vision d'ensemble des bâtiments avec la porterie, la grange, la boulangerie, la cellule témoin...

Le monastère se visite librement et de manière autonome. À votre arrivée, un livret de visite vous est proposé pour vous guider tout au long du parcours. Ce support présente les principaux espaces accessibles au public et vous accompagne dans la découverte du monument, selon un sens de visite défini, pour une exploration sereine et enrichissante.

Visite pratique : horaires, tarifs et accès

La Chartreuse est accessible par la route de la Verne, une voie étroite et sinueuse qui traverse le massif des Maures. Située à 12 km de Collobrières en direction de Grimaud (D14). Un parking gratuit est situé en bout de route. L’accès au site se poursuit à pied par un chemin en terre d’environ 700 mètres, sans dénivelé, soit environ 10 minutes de marche.

Accès déconseillé aux véhicules de 3.5 tonnes et interdit aux autocars. Nombre de places de stationnement limité. Pour les véhicules : pas de réservation de places de stationnement. Pour les minibus : possibilité de réserver un stationnement au 04 94 43 48 28.

TRES IMPORTANT : Du 21 juin au 20 septembre, la route RD214 qui conduit à la Chartreuse est soumise aux règles d’accès aux massifs forestiers du Var pour respecter le plan de prévention des risques d’incendie. Attention, du 21 juin au 20 septembre la route départementale qui mène au monastère est soumise aux règles d’accès aux massifs forestiers du Var afin de prévenir les risques d’incendie.

Le monastère est fermé au mois de janvier, les jours de fêtes religieuses et et tous les mardis après les vacances de la Toussaint jusqu'au 31 mars. De juin à septembre, fermé les jours de fermeture des massifs pour cause de risques incendies sévères.

Période Horaires Fermetures
01/02 - 31/03 11h - 17h Fermé le mardi
01/04 - 31/05 11h - 17h Fermeture Ascension, dimanche de Pâques
01/06 - 31/08 11h - 18h Fermeture 15 août, dimanche de Pentecôte, jours de fermeture massifs
01/09 - 06/11 11h - 17h Fermeture 1er novembre
07/11 - 31/12 11h - 17h Fermé le mardi, fermeture 25 décembre

Tarif des visites : 7 € par personne, 3 € pour les 12-18 ans, Gratuit pour les moins de 12 ans. 5 € pour les groupes à partir de 10 personnes. Visites libres. ATTENTION : Pour les personnes à mobilité réduite, seul le magasin est accessible.

Le massif de la Chartreuse - Allibert Trekking

Un site naturel exceptionnel et les sentiers

La chartreuse de la Verne est logée au cœur de l’écrin de verdure à 425 mètres d’altitude. De nombreux sentiers pédestres ont été aménagés dans le massif des Maures qui peut également se découvrir à vélo. Deux parcours permettent de découvrir la forêt de châtaigniers de Collobrières et de se rendre à pied à la chartreuse.

À douze kilomètres de Collobrières, il domine un paysage d’une rare beauté s’étendant à perte de vue : à l’Est, la mer et la baie de Saint-Tropez, au Nord les Préalpes enneigées au-dessus de Digne et de Nice. Au milieu des arbres, les randonneurs peuvent apercevoir le monastère et ses remparts, qui protégeaient autrefois les bâtiments et leurs habitants, dans son ensemble.

Le chemin débouche sur la tour sud-ouest, par lesquels les curieux peuvent passer pour admirer les lieux. Nichée au cœur du massif des Maures, la Chartreuse de la Verne offre une parenthèse de silence, de nature et d’histoire millénaire.

Visiter avec respect

La visite se déroule dans le respect du silence et de la vie monastique encore présente en ces lieux. Venir à la Verne, ce n’est pas seulement visiter un monument. C’est s’offrir un moment suspendu, une parenthèse hors du tumulte. C’est entendre le murmure des siècles, sentir la force d’un lieu qui n’a jamais cessé de renaître.

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