Techniques artisanales de fabrication de chaussures mosaïque

La technique de la mosaïque consiste à former des motifs, des figures, des frises… à partir de pièces cassées et taillées, multicolores, appelées tesselles ou cassons (pour du carrelage cassé) et assemblés à l’aide de mastic ou d’enduit. Les tesselles et les cassons sont collés à l’aide d’un mortier réalisé à partir d’un volume de ciment pour un volume de sable de rivière tamisé (0,2 mm de diamètre), le tout additionné d’eau. Pour ralentir le temps de prise (dans le cas des tesselles de petites dimensions), il est possible de rajouter un ou deux volumes de chaux non hydraulique à ce mortier ainsi que des pigments naturels (oxydes ou terres) pour le colorer lorsqu’aucun joint de finition n’est prévu.

Depuis l’antiquité , la mosaique est utilisée comme art décoratif pour orner les surfaces murales ainsi que les sols. Très utilisée pendant l'Antiquité romaine, la mosaïque reste en usage tout au long du Moyen Âge, en particulier chez les Byzantins, continuateurs des Grecs et des Romains (basilique Saint-Vital de Ravenne), et tout au long de la Renaissance. La mosaïque apparaît à Uruk, en Mésopotamie (de nos jours région d'Irak), il y a environ 6 000 ans. Les plus anciens exemples connus de mosaïques réalisées à partir de différents matériaux ont été découverts dans un temple d'Abra, en Mésopotamie, et datent de la seconde moitié du IIIe millénaire avant J.-C.

Matériaux utilisables et leurs caractéristiques

On peut utiliser des fragments de céramique, de pierre, de pâte de verre ou encore du marbre (roche dure et cristalline qui convient aux mosaïques de sol), des émaux de Briare (3 mm d'épaisseur et plus de 35 couleurs différentes), ou smalt vénitien (environ 1 cm d'épaisseur et plusieurs centaines de coloris). Les tesselles se trouvant sur les bosses vont ainsi se retrouver dans les creux lorsqu'on aura retourné et collé l'ensemble sur le support définitif.

La faïence est obtenue à partir d’une terre argileuse qui est cuite au four à environ 1100°. Elle est destinée aux décors d’intérieur, car gélives. Les grès sont de l’argile cuite à haute température, environ 1300° et sont de fait plus résistant que la faïence. On les utilise donc en extérieur. On les trouve la plupart du temps en carré de 15mm, mais il existe aussi des plaques que l’on découpe à la dimension souhaitée. Nous utilisons se matériaux aussi bien en intérieur qu’en extérieur.

Les smaltes sont des tesselles de verre épais à la surface irrégulière de fabrication artisanale provenant surtout d'Italie. Il en existe une grande variété de coloris, et font des mosaïques de belle qualité souvent réalisées sans joints. Le marbre est un matériau noble par excellence il est séduisant par le naturel de son veinage. Il n’offre cependant pas un grand choix de coloris.

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Suivant le thème, le support, le lieu, nous insérons différentes matières comme le métal, le bois, des coquillages, des galets, des matériaux composites, etc pour réaliser tout ou une partie de nos mosaïques. On peut également utiliser des galets, des coquillages, des miroirs cassés, de l’ardoise… Vous obtenez différents effets optiques en fonction de la couleur, de la forme ou du motif utilisé.

Techniques de taille et préparation des tesselles

La taille d'éléments cubiques, les tesselles, à l'aide de la marteline est une évolution majeure de la mosaïque à cette époque. Les marbres se coupent avec une marteline, sorte de marteau à bouts pointus, et un tranchet. Le tailleur de pierre ou maître lapidaire débite la pierre en petites plaques de deux à quatre millimètres d’épaisseur. Il les sélectionne méticuleusement d’après le dessin, les égrise, les polit et les colle une à une sur la base métallique ou de pierre du futur objet, tout en mastiquant savamment les joints entre les plaques avec des grains de malachite ou de lapis-lazuli.

Nous travaillons avec des tesselles de 5, 8 et 10 mm. En ce qui concerne les méthodes, il en existe plusieurs types (directe, indirecte, gravure et utilisation de blocs).

Méthodes de réalisation adaptées à la chaussure mosaïque

La première méthode est la plus simple, puisqu’il s’agit de composer les motifs directement sur le support in situ. La méthode indirecte demande davantage de rigueur car il y a plus d’étapes : nous réalisons un dessin précis du motif à l’échelle 1 que nous venons habiller de tesselles. Nous nous trouvons donc à la fin de cette étape, avec la mosaïque en positif. Pour pouvoir la coller sur le support définitif par la suite, cela nécessite donc de l’inverser.

Pour ce faire, nous contre collons un support papier dessus, et obtenons ainsi la mosaïque en négatif. On colle les tesselles à l'envers sur un support provisoire, pour obtenir une surface plane. Puis, on colle le tout sur le support définitif, et on enlève le fond provisoire. Le support provisoire préconisé dans les livres d'initiation à la mosaïque est très souvent le papier kraft. Cependant, ce type de papier est parfois sensible à la colle hydrosoluble et gondole. Le voile de polyester non étanche, étant totalement insensible à la colle hydrosoluble, permet d'obtenir des résultats proches de la planéité.

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La méthode directe se pratique in situ et consiste à coller directement les tesselles à l’endroit sur le support. Après avoir effectué un dessin au fusain sur le support, on applique une couche peu épaisse de colle sur les zones à travailler. On dispose d'abord les tesselles les plus grosses, puis on insère les plus petites ; cette disposition se fait de l'extérieur vers l'intérieur. Cette technique impose de bien visualiser l’œuvre dans sa globalité.

La méthode directe sur filet (apparue il y a 20 ans) se réalise dans un premier temps en atelier : les tesselles sont pré collés à l’endroit sur une trame de fibre de verre qui est ensuite fixée sur le support définitif, in situ. Cette technique, souvent utilisée pour créer de grands décors ou fresques, permet de livrer une mosaïque prête à poser et ainsi, de réduire le temps d’intervention sur le chantier. Cette technique permet de réaliser une grande partie du travail en atelier mais aussi, de diviser la mosaïque en plusieurs éléments: le filet est alors noyé soit dans un mortier colle soit dans un mortier traditionnel déposé sur le support.

Procédé indirect appliqué aux éléments chaussants

Dans la pose indirecte, les tesselles sont provisoirement collés à l’envers, à l’aide d’une colle hydrosoluble (colle à papier peint ou gomme arabique à base de sève d’acacia que l’on va faire fondre à l’eau chaude) sur un papier kraft, sur lequel on aura reporté le motif lui aussi inversé ! Attention ! le papier kraft ne doit pas gondoler : la mosaïque ne serait alors pas plane. Après 12 heures de séchage, le papier est découpé en suivant les contours du motif et la mosaïque fixé au support avec de la colle à carrelage. A nouveau 12 heures plus tard, il suffit de détremper le papier kraft à l’aide d’une éponge humide pour le décoller de la mosaïque.

Si dans la méthode directe, on peut jouer sur l’épaisseur des matériaux pour donner des effets de relief, la méthode indirecte, elle au contraire, favorise une surface complètement plane même avec différentes épaisseurs de matériaux. Ce qui est intéressant pour réaliser des plateaux de tables ou des dalles de sol. Pour pouvoir la coller sur le support définitif par la suite, cela nécessite donc de l’inverser.

Adhésifs, poses et joints : détails pratiques

ÉTAPE 3 : Ensuite, appliquez le ciment-colle à l’aide d’une truelle dentelée en effectuant un double encollage, tant sur la surface que sur le dos de la mosaïque. Les tesselles étaient placées soit d’abord sur une planche avec laquelle on les pressait pour les fixer au sol, soit directement sur le sol humide. Les tesselles sont ensuite enfoncés et ajustés directement dans la colle ou dans le mortier frais. Dans ce dernier cas, le support devra être également humidifié.

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9 - 24 heures après la pose de la mosaïque, on peut réaliser le joint dont la largeur peut varier, de 2 à 8 mm…. Une seule règle, garder une unité en ne mélangeant pas joints larges et joints fins et n’utiliser qu’une seule couleur de joint. La couleur essentielle car elle peut totalement modifier le résultat final : un joint dont la couleur est proche de celle du tesselle met en valeur le motif, à l’inverse le joint blanc va l’affadir ! Neutre, le joint gris est le plus utilisé.

Le joint est passé à la spatule ou à la main. Après environ 30 minutes, lorsqu’il a commencé à tirer, le surplus est enlevé à la raclette caoutchouc ou au chiffon sec puis, après encore 30 minutes, les tesselles sont, à nouveau, frottés au chiffon sec pour enlever les restes de laitance. La consolidation de la mosaïque présente ainsi, sur son envers, une finition en stratifié synthétique recouverte d’une couche d’adhérence chinoise pour une meilleure adhérence et fixation.

Format, épaisseur et adaptation spécifique pour les chaussures mosaïque

Les mosaïques de sol sont d’une grande beauté et confèrent un aspect sublime à tout espace, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Leur épaisseur peut varier en fonction des besoins. L’épaisseur de la mosaïque peut être réalisée selon les spécifications du client. La mosaïque murale peut être à encastrer ou à suspendre.

La difficulté de cette technique artisanale réside dans sa mise en place, puisqu’elle est réalisée manuellement et que les tesselles sont placées une par une. En outre, tant que le travail n’est pas terminé, le résultat ne peut être vu. L’utilisation de la mosaïque artistique dans la décoration est apparue dans l’Antiquité lorsque le pavage a été perfectionné avec de petites pierres de rivière de différentes couleurs et tailles.

Préconisations pour appliquer la mosaïque sur une chaussure

  • Choisir des tesselles fines (5 à 10 mm) pour conserver la souplesse et éviter le surpoids.
  • Privilégier des matériaux résistants à l’usure et flexibles sur le plan d’assemblage (grès, marbre fin, émaux robustes).
  • Utiliser la méthode indirecte ou sur filet pour garantir planéité et correspondance du motif avant collage définitif.
  • Appliquer un mortier-colle adapté ou un double encollage (surface + dos) si la mosaïque est montée en plaques que l’on fixe ensuite sur la tige ou la semelle.
  • Soigner le jointage et choisir la couleur de joint en fonction du contraste voulu : un joint proche de la tesselle mettra en valeur le motif, un joint clair l’atténuera.

Styles, histoire et inspiration

Les Romains ont appris l’art de la mosaïque en Grèce et en Asie mineure à partir du 2e siècle avant J.-C., après la conquête de ces régions. La mosaïque romaine, faite de marbre, est largement diffusée dans tout l’empire. Les mosaïques du palais de Pella symbolisent l'apogée de cette technique, et on y observe des galets de terre cuite trempés dans du colorant, ainsi que l'utilisation de lames de plomb et de terre cuite pour cerner certains détails anatomiques. La mosaïque byzantine est faite de pâte de verre et d'or (feuille d'or enfermée entre deux couches de verre). Elle est essentiellement murale et représente des thèmes de la religion chrétienne ou les chefs du pouvoir politique.

Après avoir quasiment disparu pendant plusieurs siècles, cet art est réapparu au grand jour en France avec les mosaïques de l'opéra Garnier à Paris, par Giandomenico Facchina. La mosaïque moderne comme on la connait, naît au moment de la construction de l'opéra Garnier avec les mosaïques de Giandomenico Facchina. Celui-ci réalise alors les mosaïques en atelier par technique indirecte. Ce travail en atelier permet de faire baisser considérablement le coût de production de la mosaïque et connait alors un grand succès lors de l’Exposition universelle de 1855.

Au début du XXe siècle, les artistes s'emparent également de la mosaïque comme Gustav Klimt (palais Stoclet à Bruxelles), ou Antoni Gaudí (Parc Güell à Barcelone). Gaudi usa de la technique dite du trencadis, c'est-à-dire qu’il utilisait des petits fragments de céramiques irréguliers récupérés à partir de débris de vaisselle ou de verre afin de recouvrir des supports. Le pixel art, ancré dans la culture populaire, contribue alors à réinventer la notion de mosaïque pour la remettre au goût du jour.

Organisation du travail et formats sur mesure

Mosaïques monumentales ou décoratives : un savoir faire artisanal et artistique. La noblesse des matériaux exclusivement utilisés, la taille manuelle des tesselles et leur assemblage dans le respect des valeurs et protocoles artisanaux constituent le gage d’une Création haut de gamme. Tous les styles et techniques de pose, des grands classiques à ceux plus contemporains, permettent de satisfaire la sensibilité de chacun.

Les mosaïques monumentales, pariétales ou de pavement sont exclusivement créées sur commande avec étude de projet. D’une surface importante elles revêtent des murs et des sols et toutes autres types de parois, supports et requièrent le savoir faire d’un mosaïste professionnel. Ces mosaïques sont pré-posées en atelier, c’est à dire pré-collées directement sur un filet. Elles seront ensuite détaillées par plaques et stockées avant application sur leur support définitif.

Cette technique dite « semi-directe sur filet » permet d'éviter l'installation d'un chantier de longue durée sur le site de pose. Le client ne supportera chez lui que les travaux de préparation des sols ou des murs qui précèdent l'application définitive de la mosaïque. Quant à la pose de la mosaïque elle même, 10 m2 en moyenne par jour, elle constitue une attraction pour les personnes qui y assistent et voient naître en quelques heures le travail d’une oeuvre de plusieurs centaines d’heures.

Formation, ressources et conseils pratiques

Formations : L’ANFAB, l’Association nationale de formation dans l’artisanat du bâtiment, organise des formations dans différentes régions de France, destinées aux carreleurs voulant se former à la pose de mosaïque. Renseignements : 01.53.60.51.80. Sylvie Potier, mosaïste, propose des stages dans son atelier situé à Toulouse.

Il existe des ouvrages de référence utiles pour approfondir : « Mosaïques contemporaines : techniques et créations » de Tessa Hunkin et Hélène Tordo et « L’art de la mosaïque » de Caroline Suter, Célia Grégory, Odile Ford. Ces livres donnent des conseils sur le choix des matériaux et initient à l’utilisation des tesselles de smalt, marbre, pâte de verre à l’aide de photographies illustrant les œuvres de mosaïstes contemporains.

Eva Galineau, maître mosaïste

Quelques recommandations finales pour la chaussure mosaïque

  • Planifier le projet en atelier pour réduire le temps d'intervention in situ.
  • Tester la flexibilité et l'adhérence des assemblages sur des prototypes avant production.
  • Utiliser des supports provisoires adaptés (voile polyester plutôt que papier kraft si colle hydrosoluble utilisée) pour éviter le gondolage.
  • Choisir la couleur des joints et la finition en fonction de l'effet esthétique recherché et de la durabilité souhaitée.
  • Envisager des reproductions ou adaptations de motifs historiques (romains, byzantins, florentins) pour enrichir le design.

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