Histoire et caractéristiques de l'artisanat palestinien traditionnel
Les différentes collections du Terra Sancta Museum témoignent du lien profond entre les fidèles du monde entier et la Terre Sainte, représentant ainsi un témoignage de l’histoire et de la dévotion de l’Église universelle. Les collections d’art et d’artisanat palestiniens du Terra Sancta Museum en sont un exemple.
Le Terra Sancta Museum est un projet en permanente évolution; de nouvelles études et des découvertes sur les collections de la Custodie de Terre Sainte sont cesse mises en lumière. Les études historiques sur les habits traditionnels palestiniens ont commencé, au moment où les premières collections commençaient à être réunies dans les musées.
Centres et diffusion de l'artisanat
Bethléem était le principal centre d’artisanat et de fabrication, mais les objets étaient ensuite vendus et utilisés à Ramallah, Hébron ou Jaffa. Les centres de tapisserie en Palestine étaient connus depuis le Moyen-Âge, en particulier ceux de Safad, d’Al Majdal, d’Al Karam, de Naplouse, d’Abou Dis, de la Galilée ou de Nazareth.
L’étude souligne que les informations recueillies par les voyageurs arabes et européens du XIXe siècle montrent que le tissage et la couture comptaient parmi les principales activités professionnelles des populations arabes palestiniennes. De nombreux ateliers ont vu le jour, au cours de cette période, qui fabriquaient divers types de tissus et d’habits. On peut dire que, vers la fin du XIXe siècle, chaque famille avait son propre métier et pratiquait le tissage.
Bijoux et ornements: monnaies, argent et fonctions sociales
La collection se compose principalement de bijoux, d’ornements et de coiffes utilisés par les femmes de toute la Palestine lors des mariages ou des principales célébrations. L’élément récurrent dans tous ces ornements et coiffes demeure l’utilisation de pièces de monnaie. Dans le monde islamique, en particulier sous la domination ottomane, il était devenu courant d’appliquer des pièces de monnaie aux bijoux et de les coudre sur les coiffes.
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Les raisons de l’utilisation des pièces de monnaie sur les bijoux allaient d’un souci de sécurisation au désir d’ostension. Avant le mariage, l’homme montrait sa générosité et son amour par des cadeaux. Ces ornements nécessitaient un nombre important de pièces de dimensions les plus diverses.
L’iznaq est une chaîne en argent qui pouvait être enrichie de pièces de monnaie et de pierres précieuses. L’iznaq était généralement porté avec le Shatweh (coiffe très courante à Bethléem) pour le garder sur la tête. Le bughmeh est un collier en argent. Aujourd’hui, il serait interprété comme un objet humiliant pour la femme ; néanmoins, il était couramment utilisé dans le passé.
Coiffes d’Hébron et rareté
Coiffe portée les femmes hébronites. Les habitants d’Hébron entre le XIXe et le XXe siècle étaient presque entièrement musulmans. Cependant, type de coiffe, en particulier, n’était utilisé que par la communauté musulmane.
C’est une pièce précieuse (chaque coiffe peut être réalisée avec 4 ou 5 kg d’argent) et très rare. En effet, les villages des alentours d’Hébron ne devaient pas compter plus de 30 pièces similaires. Aujourd’hui, nous ne connaissons que 12 pièces, dont trois appartiennent à la Custodie.
Broderie traditionnelle et vêtements féminins
L’art de la broderie traditionnelle est largement diffusé en Palestine. Ces broderies étaient à l’origine fabriquées et portées dans les zones rurales. La pratique est désormais courante dans toute la Palestine et chez les membres de la diaspora.
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La place accordée à l’art de la broderie, en tant qu’il constitue l’une des principales traditions populaires, est un des traits qui distinguent la Palestine d’autres parties de la région arabe. Qui plus est, les Palestiniens ont considéré, au long des siècles et jusqu’à nos jours, cet art comme une activité emblématique, dans la mesure où s’y trouvaient inscrites des indications claires quant à la région d’origine des différents motifs.
Les tenues des villageoises étaient généralement composées d’une longue tunique, d’un pantalon, d’une veste, d’une coiffe et d’un voile. Chacun de ces habits est décoré de toute une variété de symboles tels que des oiseaux, des arbres ou des fleurs. Le choix des couleurs et des motifs indique l’identité régionale de la femme, ainsi que son statut marital et économique.
Sur le vêtement principal, une robe ample appelée le thob, le buste, les manches et les manchettes sont recouverts de broderies. Des pans verticaux ornés de broderies vont de la taille jusqu’au bas de la robe. Les broderies sont réalisées avec des fils de soie sur des tissus en laine, en lin ou en coton.
Techniques, motifs et évolution
L’étude souligne que la broderie fait partie des formes d’artisanat qui ont évolué en Palestine de façon notable et singulière. Les artisans ont en effet développé dans ce secteur des moyens et des techniques sophistiqués ainsi qu’une grande variété de formes tels que le mutasaleb (points de croix) ; al qotb ou al gharaz (le pivot ou point de couture) ou le tathbit (la fixation) qui désigne la fixation de gros fils de soie ou d’or sur le tissu.
L’une des caractéristiques de ces broderies est leur grande variété, au plan de la gradation des tonalités qui vont du brun ou du rouge foncé jusqu’au carmin ou au bordeaux. Les ornements au moyen des fils d’or ou de soie augmentent ou diminuent selon le type de tissu : coton, soie, velours ou atlas.
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Le trait distinctif qui se retrouve dans les différents types d’habits palestiniens consiste dans la cohésion des éléments de base qui en caractérisent l’évolution. Cette conception de l’habit féminin a trouvé sa forme définitive, au cours du XIXe siècle, et perdure jusqu’à nos jours.
Dimension sociale et économique de la broderie
La broderie est une pratique sociale et intergénérationnelle, les femmes se réunissant les unes chez les autres pour broder et coudre, souvent accompagnées de leurs filles. De nombreuses femmes pratiquent la broderie comme un passe-temps, mais d’autres réalisent et vendent des pièces brodées afin d’apporter un revenu complémentaire à leurs familles, de manière indépendante ou en coopération avec d’autres femmes.
Ces groupes de femmes se réunissent chez les unes ou les autres ou dans des centres de la communauté où elles peuvent également vendre leurs ouvrages. Des coopératives de femmes vendent souvent le fruit de leur travail (poterie, céramique, tissage) et en achetant leurs produits vous soutenez un tourisme équitable et solidaire bénéfique pour les communautés locales.
Commerce équitable, coopératives et relance économique
L’économie des Territoires Occupés palestiniens a beaucoup souffert du conflit. Outre les dommages matériels considérables, la production a été presque entièrement interrompue. Le secteur agricole palestinien et ses infrastructures ont été particulièrement touchés depuis le début du conflit et les problèmes inhérents à ce secteur se sont intensifiés.
Les difficultés rencontrées dans le secteur agricole conduisent très tôt des agriculteurs et agronomes à soutenir le concept d’économie locale et promouvoir le modèle coopératif comme forme d’organisation. Les coopératives deviennent alors une force. Le commerce équitable a vu le jour dans ce secteur. Il offre le meilleur revenu. Il encourage les agriculteurs dans la recherche d’une qualité toujours meilleure, c’est le cas par exemple de l’huile d’olive.
Le commerce équitable se développe aussi dans le domaine artisanal avec la création de coopératives artisanales. En 2003, Jamal Salameh, directeur d’une coopérative d’artisanat du bois, participe au forum de commerce équitable en Equateur, c’est la première fois qu’un pays arabe est représenté. Il crée dans l’année suivante des premières rencontres dans d’autres pays arabes voisins.
L’initiative de commerce équitable donne un nouveau souffle et ouvre de nouvelles opportunités. Les organisations palestiniennes se rejoignent et travaillent à la création du forum arabe de commerce équitable avec pour objectif de se connecter avec les pays arabes voisins.
La coopérative Andine, pionnier du commerce équitable
Produits emblématiques et souvenirs
Voici quelques idées intéressantes de souvenirs à rapporter d'un voyage en Palestine. On trouve toute sorte d’artisanat fabriqué en Palestine, des tissus orientaux magnifiques d’abord, transformés en housses de coussins, rideaux, sacs, etc., mais aussi des napperons, jetés de tables et vêtements.
Les robes brodées palestiniennes sont de toute beauté, décorées de fils colorés cousus à la main d’une extrême finesse. On n'en trouve nulle par ailleurs en Orient, c’est vraiment un vêtement spécifique des femmes palestiniennes. Elles coûtent un peu cher mais le travail est franchement impressionnant. Prenez votre temps pour choisir, il en existe vraiment de toutes les formes et toutes les couleurs. Les motifs et le style diffèrent en fonction du milieu social et des régions.
Nous vous recommandons particulièrement de ramener des produits à base d’huile d’olive, l’une des meilleures du monde car les arbres sont centenaires et le procédé de fabrication artisanal et ancestral. On trouve de nombreux objets sculptés en bois d’olivier, un bois magnifique aux tons colorés dégradés de beige, suivant les nœuds tortueux des arbres, très décoratifs.
De nombreux magasins vendent aujourd’hui sur place toute sortes d’ustensile de cuisine mais aussi des boites et coffres en bois d’olivier, notamment à Bethléem et Naplouse. Enfin, on peut ramener un instrument de musique traditionnelle palestinienne, fabriqué sur place.
Valeurs, identité et transmission
Les études ont eu d’autant plus d’importance qu’elles permettaient d’identifier des caractéristiques particulières qui reflètent le goût, la psychologie et la mentalité de tel ou tel groupe ethnique et qui, associés avec d’autres éléments artistiques, permettent de déterminer une étape précise de son évolution historique, comme c’est le cas pour bien d’autres peuples du monde.
La note de tête, que l’on perçoit en premier, est celle de l’olivier, symbole millénaire de paix, de prospérité, de force et d’espoir. La note de cœur, la plus importante car elle porte en elle la signature du parfum, est la solidarité, pour un plus grand respect humain. La couleur la plus présente de la nature, le vert, est quant à elle la note de fond, et représente le respect de l’environnement. C’est en alliant ces trois valeurs que l’on obtient la fragrance Soliv’r (prononcez Solivère) !
Avec notre boutique en ligne de produits palestiniens, nous mettons en valeur le commerce éthique et solidaire. Nous souhaitons aider au développement de l’économie palestinienne, dans le respect du savoir-faire traditionnel et des peuples. Nous aidons nos clients à s’engager et à participer au développement des populations touchées par le conflit et défavorisées géographiquement, économiquement et socialement.
| Élément | Caractéristiques | Fonction sociale |
|---|---|---|
| Coiffes (Hébron) | 4-5 kg d’argent, très rares | Marque de statut, objets précieux |
| Iznaq | Chaîne en argent, enrichie de pièces et pierres | Maintien du shatweh, ornement |
| Bughmeh | Collier en argent | Ornement traditionnel |
| Thob (robe) | Brodée en soie sur laine/lin/coton | Indique origine régionale et statut |
Les produits artisanaux palestiniens, qu'il s'agisse de broderies, de bijoux ou d'objets en bois d’olivier, sont à la fois porteurs d'histoire, d'identité régionale et d'une valeur économique pour des communautés qui cherchent à préserver et transmettre leurs savoir-faire.
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