Atelier d'Artisanat: Définition et Enjeux
L'artisanat d'art représente bien plus qu'un simple métier : c'est une véritable passion, un engagement envers l'excellence et la transmission de savoir-faire ancestraux. Ce domaine, riche de traditions et d'innovations, attire de plus en plus de professionnels et de consommateurs en quête d'authenticité et de qualité.
Cet article se propose d'explorer en profondeur la définition de l'artisanat d'art, les conditions pour obtenir les titres et labels reconnus, ainsi que les enjeux et les perspectives de ce secteur dynamique en France.
Qu'est-ce qu'un « métier d'art » ?
Selon l'arrêté du 24 décembre 2015, relèvent des métiers d'art les personnes physiques ainsi que les dirigeants sociaux des personnes morales qui exercent, à titre principal ou secondaire, une activité indépendante de production, de création, de transformation ou de reconstitution, de réparation et de restauration du patrimoine, caractérisée par la maîtrise de gestes et de techniques en vue du travail de la matière et nécessitant un apport artistique.
L'artisanat d'art est une activité professionnelle exercée par un artisan qui pratique une activité artisanale, comprise dans la liste des métiers d'art annexée à l'arrêté du 24 décembre 2015, alliant créativité, travail manuel et technique et valorisant la reconnaissance d’un savoir-faire. Il ne s'agit pas d'un statut juridique à part entière ni d'une activité proprement dite, mais d'une reconnaissance professionnelle. Dans tous les cas, le professionnel est tenu de respecter la réglementation propre à son activité.
Les professionnels des métiers d’art sont des femmes et des hommes de passion qui travaillent pour la création et la restauration du patrimoine. Ils créent aussi des œuvres d’art en lien avec les particuliers, les décorateurs ou les designers. Ce secteur à part entière offre une palette de 281 métiers d’art répartis en 16 domaines.
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L’Institut pour les savoir-faire français recense 281 métiers, répertoriés dans seize domaines d’activité : bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, horlogerie ; céramique ; cuir ; mode et accessoires ; textile ; verre et cristal, etc.
Quels sont les métiers qui recruteront le plus d’ici à 2030?
Riches de savoir-faire variés, les professionnels des métiers d'art s'illustrent dans des champs très divers, parfois inattendus, allant de la décoration à l'architecture, en passant par la mode, les arts du spectacle ou encore le patrimoine culturel.
Le point commun de ces artisans d’art ? Un savoir-faire unique pour transformer la matière, imaginer, créer et produire des objets (pièces uniques, petites séries) à la croisée du beau et de l'utile, en présentant un caractère artistique. Autre volet : la restauration de pièces appartenant au patrimoine (mobilier, tapisserie et tapis, vitraux, etc.).
Si certains métiers d’art, comme ébéniste, maroquinier ou bijoutier-joaillier, plus connus du grand public, rassemblent davantage de professionnels que d’autres, moins répandus (plumassier, relieur, facteur d’instrument, etc.), une grande majorité associe la maîtrise de gestes traditionnels, parfois ancestraux, à une démarche d’innovation (nouvelles technologies, démarche d’expérimentation…).
Comment obtenir la qualité d’Artisan d’art ?
La qualité d’Artisan d’art est une qualification délivrée par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat. Cette appellation déposée et protégée met en lumière la formation et l’expérience professionnelle qui illustrent le savoir-faire unique du métier d’art. La CMA vous délivre cette reconnaissance si vous exercez un métier répertorié dans la liste officielle des métiers d’art.
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Pour pouvoir se prévaloir de la qualité d'artisan d'art, il est nécessaire d'exercer un métier mentionné dans la liste fixée par l'arrêté du 24 décembre 2015 et de justifier d'un diplôme, d'un titre ou d'une expérience professionnelle dans le métier exercé. Articles L211-1 et L212-1 du Code de l'artisanat
Artisans d’art, la CMA Auvergne-Rhône-Alpes vous aide à faire briller votre talent. Vous incarnez la recherche de l’excellence et l’amour du travail bien fait. Vos métiers d’art sont à la fois des métiers d'avenir et l’héritage de savoir-faire traditionnels. Ils éveillent sans cesse de nouvelles passions et font naître des vocations.
Comment obtenir le titre de maître artisan ?
Le titre de Maître Artisan en métiers d’art est la plus haute distinction dans le domaine de l’artisanat d’art délivré par la CMA. Vous exercer un métier répertorié dans la liste des métiers d’art officielle.
Le titre de maître artisan est attribué par les chambres de métiers et de l'artisanat (CMA) au professionnel immatriculé au registre national des entreprises (RNE) en tant qu'entreprise du secteur des métiers et de l'artisanat, titulaire du brevet de maîtrise (BM) dans le métier exercé, après 2 ans de pratique professionnelle.
Ce titre peut également être attribué au professionnel immatriculé au RNE qui, sans être titulaire du brevet de maîtrise :
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- soit justifie d'un diplôme de niveau équivalent au BM (ex : BP, diplôme d'ingénieur), de 2 ans de pratiques professionnelle et de compétences en gestion d'entreprise et en psychopédagogie équivalentes à celles correspondant au BM,
- soit est immatriculé au RNE depuis au moins 10 ans, et justifie à défaut de diplôme, de compétences reconnues au titre de la promotion de l'artisanat ou de sa participation aux actions de formation.
Dans ces deux derniers cas, la demande d'attribution du titre de maître artisan doit être adressée au président de la CMA qui transmet dans les 10 jours cette demande, accompagnée de son avis, à la commission régionale des qualifications.
Le président de la CMA notifie la décision de cette commission dans un délai de 2 mois à compter de la réception de la demande complète.
Pour obtenir le titre de maître artisan, il faut déposer un dossier auprès de la commission régionale de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat.
Comment devenir Maître d’art ?
Le titre de Maître d’art est inspiré par les « Trésors nationaux vivants » du Japon. Un Maître d’Art est un professionnel d'excellence qui maîtrise des techniques et des savoir-faire exceptionnels. Il est reconnu par ses pairs pour son expérience, son expertise et ses compétences pédagogiques. Décerné à vie, le titre de Maître d'art engage son détenteur dans la transmission de ses savoirs et savoir-faire à un élève de son choix au sein de son atelier. Il est destiné aux professionnels confirmés. Pour candidater, vous devez justifier d’une grande expérience professionnelle et d’un savoir-faire rare et remarquable pour lequel il n’existe pas de formation.
Comment obtenir le label EPV ?
En détenant le label Entreprise du Patrimoine Vivant, vous devenez ambassadeur de l’excellence artisanale à travers le monde. Il s’agit d’une marque de reconnaissance rattachée au Ministère de l’Economie et des Finances et décernée par les préfets de région pour cinq ans.
Les ateliers d'artisanat à travers l'histoire
L’étymologie du terme « atelier » proviendrait, sans certitudes, du mot latin « astella », qui désigne un copeau de bois. En effet, dès le début du XIVe siècle, on relève l’usage du mot dans la langue française : il désigne le lieu où sont amassés les éclats de bois du charpentier.
Au Moyen Âge en Europe, l’atelier se structure selon une hiérarchie assez stricte : il s’agit d’un local faisant partie de l’habitation, qui est à la fois lieu d’apprentissage, de production et de vente. Il est toujours placé sous la direction d’un maître qui délègue à l’apprenti et aux ouvriers qui sont dépendants économiquement de lui, chacun des membres à un rôle spécifique à tenir, mais doit également savoir tout faire.
L’apprenti entrait souvent dès l’âge de sept ans chez le maître, qui le logeait, le nourrissait et l’instruisait de toutes les techniques de son futur métier.
L’accession à la maîtrise était très contrôlée par la corporation (qui imposait notamment la réalisation d’un chef d’œuvre) et difficile d’accès pour ceux qui n’étaient pas fils de maître.
L’artisan est souvent pauvre et on assiste régulièrement, notamment à partir du XIVe siècle, à des grèves ou des coalitions contre des règles corporatives trop strictes.
À partir du XVe siècle, et surtout avec l’apparition des guerres d’Italie apparaissent les premiers artistes de cours et les premières manufactures, comme celle de tapisserie à Fontainebleau.
Sous l’influence ultramontaine, on commence en France à distinguer l’art de l’artisanat. L’artiste accompli prend alors aux yeux des nouveaux commanditaires, un tout autre visage, il devient une personnalité originale, voir géniale et fréquente les savants. Les structures de l’atelier changent aussi, devenant un lieu où le maître opère en pédagogue et en théoricien.
À rebours de cette figure de l’artiste omnipotent, on trouve une masse d’ouvriers employés par l’artiste, et dont les conditions de vie n’ont pas vraiment changé. Les œuvres sont toujours collectives, mais seul le maître signe.
L’atelier est un lieu qui n’est plus seulement dédié à la transformation d’une matière brute en objet, c’est un lieu où l’on pense, où l’on innove, où l’on crée.
Le XXe siècle voit, en France, l’apparition du type architectural de l’atelier à verrière et à soupente. Ces périmètres sacrés parfois bohème, parfois sophistiqué, cohabitant souvent au sein de « ruches », telles les concentrations d’ateliers de Montmartre ou du Montparnasse.
Les défis et opportunités du secteur
La crise économique se fait sentir dans tous les secteurs, y compris celui des métiers d'art qui ne répond pas à des besoins primaires, mais parallèlement, la mondialisation et son cortège de produits aseptisés, édités à des milliers, voire à des millions d'exemplaires, lasse une partie des consommateurs. Ceux-ci désirent investir dans des biens durables, locaux et personnalisés. C'est la tendance du “slow made”.
Les métiers d'art attirent également de nouveaux candidats : des bacheliers issus de la filière générale, des étudiants ainsi que des adultes en reconversion professionnelle. Ils font le choix d'un art de vivre où l'esprit créatif et le travail minutieux constituent des valeurs essentielles à l'heure des remises en question individuelles et collectives sur la place et le sens du mot travail.
Avec près de 60 000 entreprises recensées et 150 000 professionnels, les métiers d’art sont bien représentés en France. D’après une étude réalisée en mars 2019 par l’ISM (Institut supérieur des métiers, l’Île-de-France est la région qui concentre le plus d’entreprises d’artisanat d’art, tous métiers confondus (avec plus de 2 000 professionnels installés à Paris). La région accueille aussi le plus grand nombre d’entreprises labellisées "Entreprises du patrimoine vivant".
Les autres régions offrent également de belles opportunités, de nombreux savoir-faire étant liés à l’histoire des territoires : le métal pour la coutellerie et le textile en Auvergne-Rhône-Alpes, l’horlogerie en Franche-Comté, le verre et la facture instrumentale dans le Grand Est, le cuir en Nouvelle-Aquitaine, etc. Dans cette dernière, plus de 2 000 postes sont à pourvoir d'ici 2026, dont des selliers, des maroquiniers et des responsables d’atelier.
L’une des spécificités de ce secteur est d’offrir une grande diversité de statuts à ceux qui le choisissent : les professionnels relevant de la liste des métiers peuvent exercer sous différents statuts, selon la nature de leur activité : artisan, artiste-auteur, profession libérale, salarié, fonctionnaire…
Pour valoriser la filière, une nouvelle stratégie nationale en faveur des métiers d’art s’est mise en place en 2023.
Si les débouchés varient selon les domaines, avec des tendances qui peuvent évoluer et s’inverser selon les périodes, des secteurs s'avèrent plus porteurs que d'autres en termes d'emploi : la bijouterie-orfèvrerie, la maroquinerie et la mode haut de gamme d’une manière générale, et, dans une moindre mesure l’ameublement et la décoration haut de gamme.
Porté par de grands groupes dynamiques et des maisons qui exportent à l’international, le secteur du luxe, dont les créations reposent sur des savoir-faire artisanaux, fait face à une demande croissante. Le secteur connaît une pénurie sur certains métiers : coupeur, lapidaire, maroquinier, orfèvre, polisseur…
Des besoins sont identifiés dans le métal, où les employeurs peinent à trouver du personnel qualifié.
Contactez-nous ! La CMA vous accompagne pour améliorer la visibilité de votre savoir-faire et obtenir un label, une qualité ou un titre d’artisan d’art.
Les activités artisanales : un aperçu
La loi du 5 juillet 1996 définit comme activité artisanale, un métier exercé :
- par une personne physique (l'artisan) ou morale (entreprise artisanale constituée sous forme d'une société)
- qui n'emploie pas plus de 10 salariés
- et faisant partie d'une liste précise définie par décret
De cette définition précise, il découle qu'une entreprise de 11 collaborateurs ne peut être qualifiée d'artisanale. Par voie de conséquence, tout métier ne faisant pas partie de cette liste précise est une activité dite commerciale ; le terme "commercial" s'opposant ici à "artisanal".
Les quatre familles d'activités artisanales
Regroupés en quatre familles, les métiers artisanaux sont donc définis strictement selon la liste ci-dessous :
- Aménagement, agencement et finition
- Fabrication d'articles textiles
- Ambulances
- Blanchisserie et pressing (sauf libre-service)
- Coiffure
- Compositions florales (fleuriste)
- Contrôle technique automobile
- Cordonnerie et réparation d'articles personnels et domestiques
- Déménagement
- Embaumement, soins mortuaires
- Entretien et réparation de machines de bureau et de matériel informatique
- Etalage, décoration
- Finition et restauration de meubles, dorure, encadrement
- Maréchalerie
- Pose d'affiches, travaux à façon, conditionnement à façon
- Ramonage, nettoyage, entretien de fosses septiques et désinsectisation
- Réparation automobile cycles et motocycles
- Réparation d'objets d'art
- Spectacle de marionnettes
- Soins de beauté
- Taxis et voitures de remise (autrement dit les VTC ; voitures de tourisme avec chauffeur)
- Toilettage d'animaux de compagnie
- Travaux photographiques (photographe)
- Voiture grande remise
Le professionnel qui exerce plusieurs métiers de nature différente relèvera de la Chambre des Métiers si au moins une de ses activités est artisanale.
Les activités artisanales réglementées
La loi du 5 juillet 1996 exige aussi une qualification professionnelle pour l'exercice de certaines activités. L'objectif est de restreindre l'exercice d'un métier pouvant, s'il était mal exercé, mettre en jeu la sécurité et la santé du consommateur. Les activités artisanales réglementées sont définies de façon précise à l'article 16 :
- l'entretien et la réparation des véhicules et des machines ;
- la construction, l'entretien et la réparation des bâtiments ;
- la mise en place, l'entretien et la réparation des réseaux et des équipements utilisant les fluides, ainsi que des matériels et équipements destinés à l'alimentation en gaz, au chauffage des immeubles et aux installations électriques ;
- le ramonage ;
- l'activité de maréchal-ferrant ;
- les soins esthétiques à la personne autres que médicaux et paramédicaux et les modelages esthétiques de confort sans finalité médicale ;
- la réalisation de prothèses dentaires ;
- la préparation ou la fabrication de produits frais de boulangerie, pâtisserie, boucherie, charcuterie et poissonnerie, ainsi que la préparation ou la fabrication de glaces alimentaires artisanales.
Les personnes qui exercent l'une de ces activités doivent être titulaires :
- d'un certificat d'aptitude professionnelle,
- d'un brevet d'études professionnelles
- ou d'un diplôme ou d'un titre homologué de niveau égal ou supérieur.
A défaut de diplômes ou de titres homologués, ces personnes doivent justifier d'une expérience professionnelle de trois années effectives acquise en qualité de travailleur indépendant ou de salarié dans l'exercice de l'un de ces métiers.
La sanction en cas de manquement est une amende de 7 500 euros.
Activité artisanale et auto-entrepreneur
Un artisan peut exercer à titre personnel ou en créant une personne morale, autrement dit une société.
L'entreprise artisanale peut donc revêtir les formes juridiques classiques :
- A titre individuel: entreprise individuelle (EI) ou micro entrepreneur (ex auto entrepreneur)
- En société à associé unique: EURL ou SASU
- A plusieurs associés: SARL, SAS
Les métiers et professions artisanales sont donc aussi accessibles aux micro entrepreneurs. Ces derniers sont soumis aux mêmes obligations que les autres professionnels indépendants.
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