Différence entre activité principale et activité secondaire pour l'auto‑entrepreneur

En tant que micro-entrepreneur, vous pouvez développer des activités secondaires en complément de votre activité principale. Lesquelles pouvez-vous exercer ? Sous quelles conditions ? Dans cet article, nous faisons le point sur la différence entre activité principale, activité secondaire et activité mixte, ce que vous devez renseigner au moment de la création sur le guichet unique, et les erreurs à éviter pour partir sur de bonnes bases.

Notions clés : activité principale, secondaire et mixte

Avant de remplir votre formalité, il faut comprendre le vocabulaire utilisé. L’activité principale est l’activité de référence déclarée au moment de la création. C’est généralement : votre cœur de métier ; votre offre principale ; l’activité que vous comptez exercer immédiatement ; celle qui structure votre positionnement.

L’activité secondaire est une activité complémentaire que vous exercez en parallèle. Elle peut être récurrente ; prévue dès le lancement ; plus marginale mais réelle. Il n’existe pas de limite précise au nombre d’activités secondaires.

L’activité mixte réunit des activités de nature différente (produit + service par exemple). Exemple : produit de bijoux (vente) + ateliers de création (services).

Comment choisir son activité principale ?

Pour vous y retrouver et définir clairement votre activité principale, nous vous conseillons de vous poser cette question : quelle activité va générer le plus de chiffre d’affaires ? Choisissez celle qui correspond à votre activité réelle au lancement.

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L’activité principale est celle que vous avez déclarée dès la création de votre entreprise. D’un point de vue fiscal, il s’agit de celle qui vous apporte le plus de chiffres d’affaires. Mais, vous pouvez choisir l’activité que vous avez exercée en premier, la plus ancienne.

Critères pratiques pour trancher

  • Au cœur de votre offre ;
  • La plus structurante commercialement ;
  • Exercée dès le lancement ;
  • Cohérente avec votre positionnement.

Que déclarer lors de la création sur le guichet unique ?

Au moment de remplir votre formalité de création, une question bloque souvent : que faut-il déclarer exactement ? Faut‑il renseigner uniquement votre activité principale ? Mentionner une activité secondaire dès le départ ?

Dans une activité mixte, vous devez ventiler correctement votre chiffre d’affaires global entre : la vente à 203 100 € de CA annuel ; les prestations de services à 83 600 € de CA annuel. Si vous exercez deux activités en tant que micro-entrepreneur, vous devez respecter deux plafonds de CA. Seulement, ils ne sont pas cumulables.

Lorsque l’activité secondaire est accessoire, tous les revenus sont à déclarer dans la catégorie principale, même si la nature de l’activité est différente. Si vous exercez deux activités distinctes, nous vous recommandons d’effectuer des devis et des factures séparés pour chaque catégorie.

Formalités : que renseigner et où

Lors de la création de votre statut auto-entrepreneur, vous pouvez déclarer deux activités, via un formulaire personnalisé, anciennement P0 PL pour une activité en libéral et anciennement P0 CMB pour la catégorie commerciale ou artisanale. À partir de janvier 2023, le Guichet électronique des formalités d'entreprises, aussi connu sous le nom de Guichet unique, devient le service en ligne obligatoire pour toutes les démarches d'entreprise.

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Sur le guichet unique vous devrez notamment déclarer : votre activité principale ; vos activités secondaires si elles existent ; la nature de votre activité ; votre date de début d’activité. L’objectif est de décrire votre future activité de manière cohérente. Elle doit refléter ce que vous allez réellement vendre.

Immatriculations spécifiques selon l’activité ajoutée

Pour déclarer une activité secondaire, l’auto-entrepreneur doit effectuer la déclaration d’activité en ligne sur le site de l’INPI. Avant de pouvoir exercer une activité secondaire commerciale, il faut s’adresser à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Il convient également de s’inscrire au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).

Dans le cas de l’adjonction d’une activité artisanale, il faut s’inscrire au Répertoire des Métiers (RM). À noter : le stage préalable à l’installation (SPI) auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA). Pour ajouter une activité libérale (comme de la prestation de services), une adjonction d’activité à l’URSSAF est nécessaire.

Peut‑on cumuler plusieurs activités dans une même micro‑entreprise ?

Oui. Une seule micro-entreprise peut regrouper plusieurs activités, sous réserve de respecter les règles applicables à chacune. Le cumul d'activités consiste à exercer plusieurs activités distinctes au sein d'une seule structure. Ainsi, une société ou une entreprise individuelle (y compris micro-entreprise) peut avoir une activité principale et une ou plusieurs activités secondaires (on parle également parfois d’activité mixte).

Les activités cumulées peuvent être de même nature ou de natures différentes (comme par exemple le cumul d'une activité commerciale et d'une activité artisanale). Le cumul d’activités indépendantes au sein d’une même micro-entreprise nécessite de respecter certaines règles : exercice d’une activité compatible avec le régime de la micro-entreprise et respect des seuils de chiffre d'affaires.

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Seuils de chiffre d’affaires et conséquences

La réforme de l'auto-entreprise a introduit des modifications significatives concernant les plafonds de chiffre d'affaires. Pour 2026, les seuils sont les suivants : activités commerciales et de fourniture de logement : 203 100 euros HT ; prestations de services et activités libérales : 83 600 euros HT. Ces plafonds, bien qu'élevés, peuvent limiter la croissance des auto-entrepreneurs souhaitant développer leur activité au-delà de ces seuils.

Le dépassement de ces plafonds pendant deux années consécutives entraîne une sortie automatique du régime de la micro-entreprise, obligeant l'entrepreneur à adopter un autre statut juridique, souvent plus complexe et coûteux.

Activité mixte : règle particulière

Si vous avez une activité de vente et une activité de prestations de services, il vous faut respecter un seuil maximal de 203 100 € au sein duquel un maximum de 83 600 € peut être consacré aux prestations. Les plafonds de chiffre d’affaires dépendent de la nature de votre activité et évoluent selon les années. Vérifiez toujours les seuils actualisés sur les sources officielles.

Franchise en base de TVA

Si votre chiffre d’affaires est inférieur à certains plafonds, vous bénéficiez de la franchise en base TVA. Ces seuils sont proratisés en cas de début d’activité en cours d’année. Par exemple : pour un début d’activité le 1er mars 2026 en prestations de services, l’activité ne représentera que 306 jours en 2026.

Pour 2026, les seuils de franchise en base de TVA sont fixés à 85 000 euros pour les activités de vente de biens et à 37 500 euros pour les prestations de services. Le dépassement de ces seuils oblige l'auto-entrepreneur à facturer la TVA, impactant ainsi sa compétitivité et sa gestion administrative.

Le micro-entrepreneur est en général soumis au régime de la franchise en base de TVA car son chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils. Ce régime évite au micro-entrepreneur d’avoir à facturer la TVA à ses clients, et l’exempte des formalités relatives à cette taxe.

Déclaration du chiffre d’affaires et régime social

En tant que micro-entrepreneur, vous êtes soumis au régime du micro-social. Vous devez déclarer mensuellement ou trimestriellement le montant de votre chiffre d’affaires à l’Urssaf. L’exercice d’activités mixtes dans le cadre de l’auto-entreprise ne requiert qu’une seule déclaration mensuelle ou trimestrielle. Bonne nouvelle ! Il n’existe qu’une seule déclaration de chiffres d’affaires pour vos activités, sur le site auto-entrepreneur de l'URSSAF.

Conséquences fiscales : abattements et imposition

Le chiffre d'affaires du micro-entrepreneur n'est pas imposé en totalité car il fait l’objet d’un abattement fiscal. Lorsque le micro-entrepreneur cumule plusieurs activités (activité mixte), il faut appliquer à chaque catégorie de chiffre d'affaires l'abattement qui lui correspond.

Type d'activité Taux d'abattement
Vente de marchandises et hébergement 71 %
Prestations de services en BIC, location classée 50 %
Location de meublés non classés 30 %
Activités libérales (BNC) 34 %

Exemple : Un micro-entrepreneur vend des outils de bricolage et propose également ses services en tant que réparateur. Son activité de vente de marchandises lui rapporte 59 000 € par an et son activité de réparateur lui rapporte 33 000 € par an. Pour calculer le montant de son impôt, l'administration fiscale applique sur chaque chiffre d'affaires l'abattement fiscal correspondant.

Cas particulier : services à la personne (SAP)

Si vous exercez une activité de services à la personne (SAP) par exemple aide à domicile, garde d’enfants ou soutien scolaire le choix de votre activité principale a des conséquences directes. Depuis le 1er janvier 2025, vous pouvez exercer une activité complémentaire ne relevant pas du SAP, mais uniquement si trois conditions sont respectées : le SAP reste votre activité principale ; le chiffre d’affaires de l’activité complémentaire ne dépasse pas 30 % du chiffre d’affaires total de l’année précédente ; vous tenez une comptabilité distincte entre vos revenus SAP et vos autres revenus.

Concrètement, vous ne pouvez pas déclarer une activité non-SAP comme principale si vous souhaitez conserver le bénéfice du cadre SAP.

Avantages et inconvénients de la diversification

La diversification des activités offre plusieurs avantages pour un auto-entrepreneur. Premièrement, elle réduit les risques économiques en ne dépendant pas d'une seule source de revenus. Deuxièmement, elle permet d'explorer de nouvelles opportunités de marché, favorisant l'innovation et la créativité. Troisièmement, la diversification peut augmenter la visibilité et la portée de l'entreprise, attirant ainsi une clientèle plus variée.

Le premier risque réside dans la dispersion des efforts et des ressources. Gérer plusieurs activités peut diluer l'attention et réduire l'efficacité dans chaque domaine. Deuxièmement, il y a un risque de manque de spécialisation. En essayant de couvrir trop de domaines, l'auto-entrepreneur peut ne pas développer une expertise suffisante dans un secteur spécifique. En outre, chaque activité supplémentaire implique des coûts et des investissements, ce qui peut peser financièrement sur l'entreprise, surtout en phase de démarrage.

Exemples concrets pour s’orienter

Vous êtes freelance et vous vendez aussi des templates. Camille se lance comme rédactrice web indépendante. Son activité principale consiste à rédiger des articles SEO pour ses clients, mais elle prévoit aussi de vendre des templates Notion et des modèles de calendrier éditorial sur son site. Intitulé principal possible : "Rédaction de contenus web et conseil éditorial". Activité secondaire possible : "Vente de produits numériques".

Vous êtes artisan et vous vendez aussi vos produits. Thomas fabrique des meubles sur mesure. Certains clients achètent uniquement ses créations, d’autres lui demandent également la livraison et l’installation. Intitulé principal possible : "Fabrication et vente de mobilier sur mesure". Activité secondaire possible : "Prestations de montage de meubles".

Vous êtes consultant et vous proposez aussi des formations. Sarah accompagne les TPE sur leur stratégie RH. Ses missions principales sont du conseil sur mesure, mais elle souhaite également vendre des sessions de formation collectives. Intitulé principal possible : "Conseil en ressources humaines". Activité secondaire possible : "Formation professionnelle en ressources humaines".

Déclaration en ligne: Primaire et Secondaire

Quand modifier sa situation ?

Une modification de votre auto-entreprise devient utile si : vous lancez une nouvelle activité durable ; votre cœur de métier change ; votre modèle économique évolue réellement. Attention toutefois : ne modifiez pas votre activité pour un simple test ponctuel.

Peut‑on changer d’activité principale plus tard ? Oui, si votre activité évolue durablement. Le code APE dépend‑il de l’activité principale ? Oui, il est attribué selon l’activité principale déclarée.

Rappels pratiques et interlocuteurs

Pour exercer plusieurs activités en tant qu’auto-entrepreneur, il est possible de choisir entre ces deux options : déclarer les activités sur l’unique auto-entreprise ou bien créer une autre structure sous la forme d’une société unipersonnelle : EURL ou SASU. Pour effectuer une déclaration d'activité, le micro-entrepreneur doit remplir le formulaire CERFA 13905-04.

Quel interlocuteur pour vos démarches ? En tant que commerçant, votre interlocuteur est la chambre de commerce et d'industrie de votre région. En tant que profession libérale, votre interlocuteur est l'Urssaf. Pour une activité agricole, la chambre d'agriculture de votre département et la Mutualité sociale agricole (MSA) sont vos interlocuteurs principaux.

Aspects à ne pas oublier

  • Les cumuls de plusieurs activités n’augmentent pas le plafond de votre chiffre d’affaires au-delà duquel vous perdez votre statut.
  • Il convient de respecter le seuil de chiffre d'affaires en fonction de l'activité principale.
  • En cas d’adjonction d’activité, renseignez‑vous sur les formalités spécifiques (CCI, RM, URSSAF, etc.).
  • Sachez que depuis la loi Macron du 6 août 2015, la résidence principale de l’entrepreneur individuel est insaisissable par les créanciers professionnels.

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