Histoire et modèles automobiles BNC le livre

Au début des années 1920, Jacques Muller crée un cyclecar baptisé JMK. Cependant, confronté à un manque de capital, il doit jeter l'éponge et revend sa petite entreprise à Lucien Bollack. Ce dernier, correspondant de la revue anglaise "Light Car & Cyclecar" et vice-président du "Cyclecar Club de France", rachète l’entreprise en 1922 pour fonder la société des automobiles B.N.C.

En mars 1923, la société B.N.C. voit le jour avec Lucien Bollack comme directeur technique, apportant rigueur et sens de l'économie à la jeune marque. Les premiers modèles abandonnent les moteurs originaux au profit de moteurs 4 cylindres SCAP et Ruby. Les SCAP, à soupapes latérales, équipent notamment les modèles Tourisme et sont disponibles comme modèles de 6 chevaux seulement.

Le premier modèle est proposé en châssis, avec plusieurs carrosseries deux ou trois places, dont une élégante carrosserie type bateau. Son châssis en tôle d’acier embouti présente une suspension arrière originale à semi cantilevers obliques, objet d'un dépôt de brevet. L’ancienne boîte à deux rapports est remplacée par une nouvelle boîte à trois rapports, permettant une vitesse maximale de 70 km/h.

Le modèle Sport est plus rapide grâce à une carrosserie allégée et un moteur Ruby de 953 cm³. Un modèle Super Sport, puissant et réservé aux conducteurs expérimentés, est également développé. Ces modèles font preuve de minutie mécanique, avec une catégorie de cylindrée de 1.100 cm³ que la marque exploite pour obtenir une bonne publicité auprès du public.

Lors du Salon de l’Auto de 1923, BNC expose les châssis type DZ et FZ, prototypes légèrement modifiés des modèles précédents, sans nouveauté majeure. Néanmoins, la marque démontre un évident sens de l’économie dans sa fabrication, ce qui lui permet de remplir rapidement son carnet de commandes. La croissance est telle que BNC ouvre plusieurs agences en France et dans certains pays européens.

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La notoriété de BNC s'appuie aussi sur un palmarès impressionnant dès la première année, avec des victoires en Tour de France Auto, Paris-Nice, 12 Heures de Madrid, et en épreuves de côte et de kilomètres lancés. Notamment, la victoire de Dufour au circuit de Miramas avec une BNC dotée d’un moteur Ruby préparé spécialement pour l’occasion reste mémorable.

La gamme s’étoffe avec le modèle FBS équipé en option d’un démarreur électrique et de freins avant. En parallèle, le moteur Chapuis-Dornier de 1.094 cm³ équipe désormais le modèle Sport, dénommé GCD ou GBS selon la motorisation. La marque développe parallèlement des versions utilitaires légères, telles que le HX, disponibles en fourgonnette et camionnette avec une charge utile de 150 kg, soit le double des premiers modèles.

En 1925, la carrosserie coupe-vent devient une tendance générale, que BNC adopte aussi. Les modèles les plus aboutis, comme le Type "Course" avec moteur 1.100 cm³, bénéficient d'une suspension et d’un freinage entièrement revus et perfectionnés. Certains modèles d’usine intègrent un compresseur, et l’on retrouve Lucien Bollack lui-même au volant lors de courses.

Des modèles comme la "Paris-Nice" et la "Montlhéry", au design profilé rappelant les ailes d’avion, illustrent cette période dynamique. Ces voitures, avec carrosseries en contre-plaqué, deviennent des emblèmes sportifs et peuvent atteindre près de 160 km/h, rivalisant avec des concurrentes prestigieuses telles que les Bugatti 1500.

Malgré ces avancées, la clientèle se restreint progressivement. L'argument des exonérations fiscales pour les cyclecars disparaît, ce qui pénalise les ventes. La marque, se recentrant sur des modèles plus familiaux, développe néanmoins des innovations comme des joints souples pour améliorer les transmissions et surmonter les dégradations de la chaussée.

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Le renouvellement des modèles sportifs tarde, en raison des difficultés financières croissantes. Lucien Bollack rencontre de sérieux problèmes, et la société peine à retrouver son lustre d’antan face à la concurrence accrue. Pour redresser la barre, BNC lance un nouveau modèle à châssis surbaissé, reconnaissable à une calandre inclinée, et à la carrosserie inspirée des ailes d’avion, au design dynamique.

Ce modèle de sport, disponible avec moteurs SCAP ou Ruby culbuté, permet à BNC de décrocher un doublé remarquable lors du Bol d’Or 1927. La marque s’appuie également sur des pilotes passionnés, tels que Violette Morris, une figure emblématique et rebelle du sport automobile féminin des années 1920.

Violette Morris, fille du baron Pierre Jacques Morris, est une sportive polyvalente ayant participé en automne et en ambulance durant la Première Guerre mondiale avant de se consacrer à la compétition automobile. Elle remporte le Bol d’Or 1927 au volant d’une BNC et marque l’histoire par son tempérament hors normes, ce qui lui vaudra plusieurs exclusions des fédérations sportives féminines.

En 1928, elle ouvre un magasin d’accessoires automobiles à Paris, racheté plus tard par BNC suite à la crise de 1929. Sa vie mouvementée la conduira à collaborer, selon certaines sources, avec l’Abwehr allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui reste sujet à discussion.

Au fil du temps, BNC tente de renouveler ses modèles avec des voitures moins sportives mais plus raffinées, équipées notamment de moteurs quatre cylindres ou même d’un huit cylindres américain Lycoming de 5 litres, capable de 130 km/h. Des innovations comme la suspension pneumatique A.E.R. Messier, fabriquée sous licence, sont introduites. Le design du radiateur s’inspire clairement des prestigieuses Hispano-Suiza.

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En dépit de ses efforts, la compétition qui avait assuré une bonne publicité à BNC ne parvient plus à relancer les ventes. Les victoires se raréfient, avec des résultats souvent décevants. La crise économique des années 1930 aggrave la situation : la société est rachetée par Charles de Ricou, qui rachète également la marque Rolland-Pilain de Tours.

Les difficultés financières s’accumulent, et la fermeture de l’usine Chapuis-Dornier marque un tournant fatal. Ruiné, Ricou vend la marque ; BNC cesse officiellement ses activités en 1935.

Toutefois, André Sirejols, concessionnaire BNC depuis les années 1930, rachète le stock de pièces et de moteurs. La fabrication devient artisanale et se poursuit sporadiquement dans son garage de Levallois-Perret, où il construit des voitures hybrides à partir de pièces d’origines diverses, comme des quatre cylindres Ford. Sirejols accompagne ainsi les derniers instants de la marque et encourage des pilotes, contribuant à perpétuer la mémoire de BNC.

Tableau récapitulatif des modèles BNC principaux

Modèle Moteur Caractéristiques Année
JMK Cyclecar d’origine Châssis simple, petite série 1920
Tourisme SCAP 4 cylindres, soupapes latérales Châssis acier, suspension semi cantilevers 1923
Sport Ruby 953 cm³ Carrosserie légère, plus rapide 1923-1925
Super Sport Ruby compresseur Puissant, pour pilotes expérimentés 1925-1927
Type Course Ruby ou SCAP 1.100 cm³ Freins et suspension améliorés 1927-1929
Montlhéry SCAP compresseur ou Ruby K Roadster sport, freins auto-serreurs sur 4 roues Fin des années 1920
Modèle 8 cylindres Lycoming 5 litres Suspension pneumatique, vitesse 130 km/h Début 1930

Voitures d’époque : Un patrimoine délaissé de vieilles voitures qui ont marqué l’histoire.

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