Bernier Frères SARL : histoire, savoir-faire et déploiement industriel d’un leader funéraire
Bernier Groupe est spécialisé dans la fabrication de cercueils et dans la distribution d’articles funéraires. Distributeur de cercueils situé dans l’Ouest de la France. Une entreprise spécialisée dans la logistique funéraire. L’entreprise Bernier, à Saint-Jory-las-Bloux, est l’un des rares fabricants français de cercueils.
L’histoire du Groupe débute en 1974, et c’est le père d’Olivier Bernier qui est aux manettes avec son frère Jean-Pierre. Née dans une petite grange prêtée par la mère des deux fondateurs, les frères Bernier, l’usine de Saint-Jory s’étend désormais sur 26 000 m2, emploie 80 salariés et produit environ 90 000 cercueils par an, commercialisés dans toute la France. Entre ses trois sites, elle produit 110 000 pièces par an. Un Français sur six est enterré dans un cercueil Bernier. La saga des Bernier est lancée.
Des débuts artisanaux à un groupe intégré
Passage à l'atelier artisanal. La production de cercueils monte crescendo, d’une trentaine par jour dans les années 90 avec une trentaine de salariés, les investissements dans l’outil de production fleurissent et les acquisitions de parts de marché suivent. Dans les années 2000, les frères Bernier créent leur propre réseau de distribution en rachetant des sociétés. Devenu un groupe en 2018 par l’achat de nouvelles entreprises, Bernier franchit une nouvelle étape en 2022 en rachetant son principal concurrent, Les Artisans du Funéraire, dans l’Ariège. Dénommée depuis Canopée, l’entité compte aujourd’hui 400 salariés pour un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros en 2024 (dont 35 émanant de la société lasblouxjorienne). Une entreprise devenue un groupe de 400 salariés.
Épreuves et transmission
Un terrible drame, en la disparition accidentelle brutale de Rémy Bernier et de son épouse, vient stopper une aventure pourtant bien initiée, et c’est au fils Olivier, à sa sœur Aurélie ainsi qu’à Laurent son cousin fils de Jean-Pierre décédé lui aussi, que revient la charge de la continuité de l’entreprise. « On n’était pas prêts à reprendre l’entreprise, on était encore en formation, rien n’a été prévu en fait. En quatre ans, on s’est réellement retrouvé seul à la tête de la boîte », se souvient Olivier Bernier. La société familiale a traversé des épreuves difficiles : le décès tragique sur la route de l’ancien DG Rémy Bernier en 2012, le décès par maladie de l’ancien PDG, son frère cofondateur Jean-Pierre Bernier en 2016, et un gros incendie criminel en 2015.
« Mon père et mon oncle ont commencé par fabriquer des pendules comtoises dans une petite grange que leur avait prêté ma grand-mère, à 150 mètres de notre usine. Le problème, c’est qu’on n’en mettait pas une dans chaque pièce de la maison. Ils n’ont pas pu en vivre pleinement et se sont orientés vers le marché de la barrique qui n’a pas très bien fonctionné non plus. Et un jour, un menuisier de la commune voisine de Saint-Germain-des-Prés, qui fabriquait des cercueils et prenait sa retraite, est venu les trouver et leur a transmis son savoir-faire. »
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Production, matière et savoir-faire
Entre 350 et 400 cercueils sont fabriqués tous les jours dans le bâtiment historique de Bernier sur un site de 10 000 m2. Le nombre de cercueils fabriqués en Dordogne oscille entre 350 à 400 chaque jour. Sur la chaîne de production, si les machines sont nombreuses, plus on avance vers les finitions, plus le rôle et le savoir-faire des salariés sont importants pour garantir des finitions parfaites.
Les cercueils qui sortent de la chaîne de fabrication Bernier sont réalisés en bois issus de scieries locales : du chêne pour les inhumations et du pin pour les crémations. « Le bois local, c’est ce qui fait notre force : on n’a pas de problèmes d’approvisionnement ni de hausses de prix des matériaux en ce moment, sauf sur le plastique », constate Laurent Bernier, PDG et fils d’un des deux fondateurs. Avec ou sans moulures, pyrogravées, avec différents ombrages et teintes de finitions, au total, 400 références différentes sont proposées.
Innovation produit et environnement
« On est dans un domaine où les habitudes n’ont pas beaucoup évolué », précise le PDG. Ce qui n’empêche pas d’innover, en matière de protection de l’environnement par exemple : les poignées pour la crémation sont aujourd’hui en bois, comme l’ensemble des cache-vis ; des tests sont réalisés pour mettre au point des vernis à base de végétaux, afin de remplacer les vernis à l’eau, considérés cancérogènes. L’usine Bernier commercialise aussi des produits funéraires, et s’adapte aux changements du marché en proposant par exemple une gamme « écoresponsable » aux produits strictement naturels.
« Nous sommes attachés au beau produit, bien pensé, bien fait et bien présenté. Nous n’oublions jamais d’où nous venons. Nous sommes des ébénistes dans l’âme et nous le resterons encore longtemps. » « Ce virage environnemental, nous l’avons pris depuis plusieurs décennies, simplement parce que nous sommes originaires d’un terroir où le bois occupe une place centrale dans nos vies. À ce titre, nous le respectons, nous le traitons dignement et nous veillons à sa pérennité. »
Investissements, robotisation et R&D
Investissement continu. Bernier Groupe investit plus d’un million d’euros par an dans la modernisation de sa structure. Les investissements importants ont permis de robotiser de nombreuses tâches difficiles, de la découpe au vernissage. Robots Automates de dernière génération qui associent précision et confort de travail. La chaîne de montage des cercueils de l’entreprise Bernier doit être prochainement automatisée, pour une meilleure qualité de travail des ouvriers.
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Si la préparation des planches est automatisée, ce n’est pas le cas de la phase d’assemblage, pour l’instant. Actuellement, les opérateurs se déplacent d’un bout à l’autre d’une chaîne de 12 cercueils pour visser, coller, poncer… « Nous avons un gros projet d’automatisation pour 2022, pour que les opérateurs restent au même poste et que ce soit les cercueils qui se déplacent devant eux. » Disposer d’un outil de production performant permet de disposer également d’une qualité régulière et démontrée.
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Distribution, logistique et e-merchandising
Penser « distribution » est devenu peu à peu le maître mot de la politique commerciale du Groupe Bernier. Le groupe rassemble trois sites de production (Dordogne, Loire et Béarn) et 10 sites de logistique (sur toute la France). Plateformes régionales. Cette organisation permet d'apporter un service de qualité à l'ensemble de nos clients. Nous disposons d'un stock permanent qui nous permet d'optimiser les délais de livraison. La logistique est la clé de voûte de l’édifice.
Premier volet de cette nouvelle politique d’acquisition fin 2018, la prise de contrôle à 100 % de FAMA/FUNEXPRESS, spécialisée dans la distribution de cercueils entièrement équipés sur lieu de mise en bière, n’est pas le fruit du hasard. Ce sont les clés de l’Île-de-France. En effet, FAMA est une structure indépendante de logistique funéraire au sud (Ris-Orangis) et au nord de Paris (Aubervilliers). Elle bénéficie d’une bonne notoriété et d’une clientèle fidèle, tout en s’étant attachée à développer constamment son portefeuille client.
Alors que d’aucuns pensaient que l’acquisition de FAMA allait calmer les ardeurs du Groupe Bernier pour un moment, est tombé en même temps l’acquisition de « La Qualité B » qui produit plus de 12 000 cercueils avec une clientèle fidèle et des produits de qualité. Un exemple d’ébénisterie funéraire qui s’accorde parfaitement avec la philosophie du Groupe, et Olivier Bernier sait faire passer les bons messages. Pour revenir aux acquisitions, j’aimerais souligner qu’il ne s’agit pas d’achats compulsifs, mais bien d’intégrations longuement réfléchies au millimètre afin de répondre aux futurs demandes du marché en matière de volume produit et de service de proximité. Ce n’est pas qu’une histoire d’argent, ce serait réducteur de le laisser penser.
Acquisition des entreprises FAMA, La maison Soulerot, la Qualité B et JL. « C’est ce que nous avons concrétisé récemment avec le rachat de la plateforme FAMA en Île-de-France, et du fabricant Soulerot dans le Béarn, qui renforce ainsi notre présence en région Nouvelle-Aquitaine. » Dans les années 2000, les frères Bernier créent leur propre réseau de distribution en rachetant des sociétés. Nous proposons également à nos clients la mise en place de notre logiciel e-merchandising.
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Le merchandising dans le funéraire
La pertinence du merchandising dans le funéraire repose sur la valeur d’usage très particulière du cercueil. L’acte d’achat du cercueil est un achat “contraint”, qui se déroule rapidement, dans un contexte douloureux et sans réelle connaissance préalable du produit. Nous proposons également à nos clients la mise en place de notre logiciel e-merchandising.
Marché, personnalisation et dynamique sectorielle
« C’est un business un peu particulier ». « On a subi une baisse de la mortalité qui est naturelle, à la suite du surplus de décès que nous avons connu avec le Covid. Ce n’était pas nécessairement quelque chose que l’on avait prévu. Par contre, on sait qu’avec le vieillissement de la population en France, il devrait y avoir dans les 750 000 décès en 2035, alors qu’aujourd’hui, on est à un peu plus de 600 000. On ne s’en réjouit pas pour autant car on sait très bien que dans ceux qui vont partir, il y aura aussi des nôtres. »
Un marché qui se tourne vers la crémation, à raison d’une augmentation d’1 % par an, n’échappe pas à la crise de l’inflation, ni à des demandes personnalisées amenant le groupe Canopée à proposer une quarantaine de couleurs dans son catalogue. « On a fait le bleu pour Michou », prend pour exemple le DG, évoquant le blanc pour Johnny Hallyday, citant Bernard Tapie et Jane Birkin dans les demandes honorées par Canopée.
Sites, effectifs et organisation
Aujourd’hui, l’usine mère est implantée sur une superficie de 100 000 m2 avec près de 30 000 m2 couverts, et emploie près de quatre-vingt-dix personnes. S’il y a une entreprise familiale qui ne connaît pas vraiment la crise, c’est l’usine Bernier, située à Saint-Jory-Lasbloux, en Périgord vert, que le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat est allé visiter mercredi 22 juillet. « Quel est votre secret ? », demande le représentant de l’État aux dirigeants Olivier, Aurélie et Laurent Bernier, à la tête de 120 salariés. Pour eux, la recette est simple : appliquer la philosophie que leurs parents ont pratiquée dès 1974. « On s’investit à 200 %, on garde une bonne dynamique et au lieu de délocaliser, on relocalise », analyse Olivier Bernier, directeur général.
Cette structure possède 15 établissements dont 7 sont en activité. L’effectif salarié est de 100 à 199 salariés, en 2023. Nous disposons d'un stock permanent qui nous permet d'optimiser les délais de livraison. Une équipe qualifiée et à l'écoute de vos besoins.
Bois local, filière durable et certifications
« Pour notre part, nous sommes des amoureux du bois tout simplement parce que nous vivons au cœur d’une des régions les plus boisées de France. Nous aimons et respectons le bois comme matériau de base de nos réalisations, mais aussi pour ce qu’il est et ce qu’il porte. La noblesse, la nature, la robustesse, qui a déjà fait ses preuves depuis des siècles. » Nos sources sont identifiées et nous travaillons avec des forêts éco-gérées. L’adhésion au programme PEFC repose sur un processus de concertation et de consensus entre propriétaires forestiers, entreprises de transformation du bois, associations de protection de la nature et usagers de la forêt(*). C’est la première source de bois certifiée au monde. Notre démarche en ce sens est similaire et de long terme.
La filière bois, une tradition française bien établie. En métropole, la forêt constitue une importante ressource renouvelable composée aux deux tiers de feuillus. Elle représente le 3e stock de bois européen, derrière l’Allemagne et la Suède. Le stock de bois sur pied connaît une très forte progression, passant de 1,8 milliard de mètres cubes sur pied en 1985 à 2,8 milliards de mètres cubes aujourd’hui. L’augmentation du stock de bois est plus forte pour les feuillus (+ 55 % du stock) que pour les résineux (+ 40 %). Les peuplements mixtes se rencontrent souvent en moyenne montagne ou dans les massifs forestiers accueillant les deux autres types de peuplements (Sologne, Dordogne, Bretagne).
Tableau de repères clés
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Année de départ | 1974 |
| Sites de production | Dordogne, Loire, Béarn |
| Capacité | Entre 350 et 400 cercueils/jour (Dordogne) |
| Production annuelle | 110 000 pièces/an (trois sites) |
| Part de marché | Un Français sur six enterré dans un cercueil Bernier |
| Investissements | +1 M€ par an dans la modernisation |
| Distribution | 10 sites de logistique sur toute la France |
| Acquisitions | FAMA/FUNEXPRESS, La Qualité B, Soulerot, JL |
| Effectifs groupe | 400 salariés (Canopée) |
Culture d’entreprise et leadership
« C’est justement le savoir-être qui est au centre de la réflexion d’Olivier Bernier, le dirigeant du Groupe. Ce savoir-être conditionne pour lui tout ce qui doit faire une activité de premier rang national. » « On ne devient pas l’un des leaders de sa branche sans imposer une certaine vision de l’entreprise à son environnement professionnel et humain, et, derrière le sourire discret ainsi qu’une grande facilité de contact, on devine une détermination qui s’affiche au service de celles et ceux qui sont sous sa responsabilité. » « Nous avons devant nous "un grand patron", un de ceux pour qui on aime se lever le matin et en qui la confiance est bien placée. »
« Derrière chaque cercueil, il y a une famille endeuillée. C’est notre devoir de bien faire ce travail. » « Une bonne entreprise est celle qui sait gérer ses équilibres internes et externes. » « Votre organisation doit être particulièrement efficiente et pérenne. Notre second métier est vital pour la cohésion et le développement du Groupe. »
Exigences clients, proximité et service
« De Beauvais à Lançon et de Bretagne à Chambéry, lorsque vous avez une demande particulière d’un opérateur funéraire, cela signifie que celui-ci a une exigence de la part d’une famille et que son temps de réponse oscille entre "maintenant" et "tout de suite". La logistique est donc la clé de voûte de l’édifice. Sans elle, rien n’est possible. » Cette organisation permet d'apporter un service de qualité à l'ensemble de nos clients. Une équipe qualifiée et à l'écoute de vos besoins.
Nous proposons également à nos clients la mise en place de notre logiciel e-merchandising. La pertinence du merchandising dans le funéraire repose sur la valeur d’usage très particulière du cercueil. L’acte d’achat du cercueil est un achat “contraint”, qui se déroule rapidement, dans un contexte douloureux et sans réelle connaissance préalable du produit.
Perspectives et continuité
« Nous consacrons également des efforts notables dans la recherche fondamentale pour proposer des produits d’une grande accessibilité économique. Pourquoi ? Simplement parce que la typologie des familles évolue. Nous sommes en mesure de proposer une réponse qualitative/bois, inférieure au coût d’un cercueil en cellulose, pour un aspect visuel et technique qui est, lui, 100 % naturel bois. » « La fidélité au bois comme support funéraire aux obsèques est encore présente, et bien ancrée. »
« À ceux qui disent que je suis né avec une cuillère d’argent dans la bouche, je réponds que je suis d’accord sur l’essentiel, sauf sur le matériau. C’était une cuillère en bois… en bois de Dordogne. » « Notre devoir familial, pour ma sœur Aurélie et mon cousin Laurent, ainsi que pour moi, était de maintenir et de développer l’entreprise, pour celles et ceux qui y participent chaque jour, mais aussi pour ne pas laisser le destin s’imposer dans nos vies plus que de raison. »
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