Comment calculer sa retraite en profession libérale (BNC)
Après plusieurs années d'exercice en profession libérale, vous souhaitez avoir des informations concrètes sur vos droits à la retraite ? Entre la retraite de base et les caisses complémentaires, le calcul peut être délicat pour calculer la retraite des indépendants. Notre guide vous explique comment estimer votre future retraite de base. L’objectif : mieux comprendre les cotisations et anticiper sereinement votre âge de départ à la retraite.
1. Comprendre le régime de retraite des professions libérales
La Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL) gère le régime de retraite de base des professions libérales. Le régime de retraite des professions libérales a la particularité de se calculer à partir de points, y compris pour la pension de base. La retraite de base du professionnel libéral relève de différents critères établis par la loi et certains paramètres relevant directement de l’Organisation autonome d’assurance vieillesse des professions libérales.
Peu importe votre statut juridique, le régime de retraite de base des professions libérales est un régime à points. Vous versez une cotisation dépendant de votre revenu. Cette cotisation vous confère des points. Au moment de prendre votre retraite, on multiplie vos points par la valeur du point en vigueur à cette date pour obtenir le montant de votre retraite. La retraite complémentaire des professions libérales est gérée par 10 caisses différentes, dites « sections professionnelles », qui sont réunies au sein de la CNAVPL.
2. Âge légal et conditions d'accès
Pour ce qui est de l'âge légal de départ à la retraite, les professions libérales n'ont pas de régime spécifique en principe. L'âge légal est situé entre 62 et 64 ans selon l'année de naissance. L'âge de départ à la retraite à taux plein est de 67 ans. L'âge de départ légal de départ à la retraite pour les professions libérales n’est pas différent des autres professions.
La durée d'assurance nécessaire à la liquidation d'une pension sans abattement varie en fonction de l'année de naissance. Vous arrivez au taux plein si vous avez l’âge légal et justifiez de la durée d’assurance requise calculée selon votre année de naissance, ou si vous avez l’âge du taux plein, quelle que soit votre durée d’assurance (67 ans). Notez que les carrières longues permettent de prétendre à un départ anticipé, toujours à taux plein.
Lire aussi: Tout comprendre sur les cotisations sociales
3. Le calcul de la retraite de base : points, cotisations et valeur du point
La retraite de base des professions libérales se calcule selon un système par points. Le montant de la retraite d'une profession libérale est le fruit d'un calcul simple multipliant le nombre de points par la valeur du point au moment du départ. Pour calculer le montant de la pension de base, il faut appliquer la formule suivante : Pension de base = nombre de points cumulés x valeur annuelle du point x taux de la pension.
La pension de base dépend du nombre de points cumulés au cours de la carrière professionnelle en fonction des cotisations versées, de la valeur annuelle du point définie par arrêté, et du taux de liquidation de la pension qui correspond à un taux maximal de 50 % du revenu annuel moyen, atteignable si l’assuré a cotisé pendant la durée requise pour bénéficier du taux plein.
Points et cotisations (principes et chiffres clés)
La retraite de base pour les professions libérales repose sur un système par points. Chaque cotisation versée se transforme en points, qui déterminent le montant de la pension. Il existe deux taux de cotisation différents selon les tranches de revenus :
- Première cotisation : 8,73 % sur le revenu jusqu'au plafond de la Sécurité sociale (PASS). Elle peut générer jusqu'à 557 points, ajustés proportionnellement au revenu. Il faut compter 1 point pour 89,71 € de revenus.
- Deuxième cotisation : 1,87 % sur le revenu jusqu'à 5 PASS, pour un maximum de 25 points. Il faut compter 1 point pour 9 420 € de revenus.
Les cotisations sont calculées en fonction de vos revenus professionnels nets non salariés de l’année. La première cotisation correspond à environ 8,73 % du revenu jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), générant jusqu’à 557 points par an. Une cotisation minimale doit être payée si votre revenu est inférieur à 450 fois le SMIC horaire (soit un montant réévalué annuellement).
Il faut noter que chaque assuré peut également cumuler des points supplémentaires en effectuant un rachat de trimestres au titre des années civiles d’activité professionnelle qui n’ont pas permis de valider 4 trimestres d’activité ou bien au titre des années d’études supérieures sanctionnées par un diplôme, si le régime des professions libérales a été le premier régime auprès duquel il a cotisé après ses études.
Lire aussi: Comparer les options de financement
Valeur du point et exemples chiffrés
La valeur du point pour les professions libérales est régulièrement réévaluée. La valeur du point pour le régime de base est mise à jour par arrêté. Exemple : la valeur du point pour les professions libérales est de 0,6599 € depuis le 1er janvier 2026 (valeur mentionnée selon les données disponibles).
Exemple de calcul des points de retraite pour un revenu de 50 000 € : 50 000 / 89,71 = 557 points ; 50 000 / 9420 = 5,30 points ; Total de points pour l'année = 562 points pour le régime de base de retraite. Le montant de la retraite annuelle de base se calcule ainsi : nombre total de points x valeur du point.
Exemples complets
Nous prenons l’exemple d’un pharmacien né en 1959 qui a commencé à travailler à 25 ans, soit en 1984. Entre 1984 et 2004, il reçoit 100 points par trimestre cotisé, soit 8 000 points (400 points par an pour 4 trimestres x 20 ans). On estime qu’il obtient en moyenne 540 points par an jusqu’à la date de sa retraite, soit : 540 x 21,75 = 11 745. Au total, il a obtenu 11 745 + 8 000 = 19 745 points. Le montant de sa retraite annuelle de base se calcule ainsi : 19 745 x 0,6599 = 13 029 €.
Autre exemple : Patrick, notaire, qui en 2024 a perçu 80 000 € de revenu. Voici le montant des cotisations qu’il paie pour 2024 sur un revenu de 80 000 € : 8,73 % x 47 100 = 4 111 € ; 1,87 % x 80 000 = 1 496 € ; il a donc payé un total de 5 607 € pour sa retraite. Il obtient ainsi 8,4 + 557 = 565,4 points pour l'année. Admettons ensuite, que Patrick ait cotisé environ 565 points par an pendant 30 ans, soit un total de 16 950 points. Il veut prendre sa retraite en 2025. Il suffit alors de multiplier ce montant par la valeur du point de service en 2025 : 16 950 x 0,6540 = 11 085,3 par an. Il percevra donc environ 11 085 € par an pour sa retraite de base.
4. Points gratuits, situations spécifiques, décote et surcote
Les trimestres validés avant le 1er janvier 2004 ont été convertis en points à raison de 100 points par trimestre. Des points gratuits sont accordés pour : les cotisations avant 2004 (100 points par trimestre) ; la naissance d'un enfant, l'invalidité, ou l'incapacité de travail de longue durée, avec des critères précis pour le nombre de points attribués.
Lire aussi: Estimer votre prêt automobile
Si la durée d’assurance est inférieure, une décote est appliquée : la décote correspond à une situation où vous n’avez pas tous vos trimestres de retraite. Le coefficient de minoration applicable est de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit 25 % du montant maximal. En cas de travail au-delà de la durée requise, une surcote de 0,75 % par trimestre supplémentaire augmente le montant de la pension (taux modifié : 0,75 % jusqu’en août 2023 et 1,25 % par trimestre supplémentaire à partir du 1er septembre 2023 selon les règles applicables).
Par ailleurs, une augmentation de 10 % de la pension est accordée aux parents d’au moins 3 enfants. Les majorations de durée d’assurance sont trimestres supplémentaires attribués aux parents de façon forfaitaire au moment de la liquidation de la pension. 4 trimestres sont attribués par enfant adopté mineur. Les majorations au titre de l’éducation ou de l’adoption peuvent être attribuées à l’un ou l’autre des parents (ou réparties entre eux).
5. La retraite complémentaire : caisses, modes de calcul et disparités
La gestion de la retraite complémentaire pour les professions libérales est assurée par 10 caisses distinctes qui font partie de la CNAVPL (par exemple, la CARPIMKO pour la retraite des infirmiers). Ces régimes complémentaires visent à compléter la retraite de base, généralement modeste pour les professions libérales. Toutes ces caisses adoptent un système de calcul de la retraite complémentaire basé sur l'acquisition de points.
La grande disparité dans la valeur des points implique un mode de calcul différent d’une caisse à l’autre. Selon la CNAVPL, le régime complémentaire représente environ 70 % du montant de la pension du professionnel. Les régimes complémentaires fonctionnent également selon un système à points. Les règles de fonctionnement dépendent de chaque groupe de métiers et sont édictées par les caisses de retraite complémentaires des libéraux.
Principales caisses et valeurs indicatives (extraits)
| Caisse | Système / Valeur du point (exemple) |
|---|---|
| CPRN (notaires) | Une cotisation forfaitaire dépendant du produit de l’étude et une cotisation proportionnelle |
| CAVOM | 3,3745 € |
| CAVEC | 1,3850 € |
| CARCDSF | 31,82 € |
| CARPIMKO | 21,48 € |
| CARPV | 39,54 € |
| CAVP (pharmaciens) | 328,80 € par annuité cotisée |
| CAVAMAC | 0,4123 € |
| CARMF | 77,14 € |
| CIPAV | 2,89 € |
Toutes ces caisses adoptent un système de calcul de la retraite complémentaire basé sur l'acquisition de points. La pension complémentaire doit être liquidée en même temps que la retraite de base. Chaque section professionnelle est composée de plusieurs sous-sections (obligatoires ou semi-obligatoires) qui permettent aux assurés de déterminer le niveau de leur cotisation.
6. Optimiser et préparer sa retraite en profession libérale
Il est utile d’épargner pour sa retraite pour continuer à maintenir son niveau de vie. Pour cela, vous pouvez souscrire à un plan d’épargne retraite (PER) et prévoir les versements dans votre comptabilité en libéral. Le PER procure également un avantage fiscal : vous pouvez déduire les sommes versées de vos impôts et ainsi faire baisser votre imposition en libéral. Il existe d’autres supports pour préparer sa retraite en indépendant comme l’assurance-vie, l’immobilier locatif ou encore la bourse.
Les professions libérales peuvent racheter des trimestres de retraite pour augmenter leur retraite. Le rachat des trimestres est possible si vous n’avez pas pu valider vos 4 trimestres dans l’année. Il est possible d’améliorer vos droits en cotisant dans la classe immédiatement supérieure à votre tranche de revenus. Vous cumulerez davantage de points et donc une retraite plus avantageuse.
Le cumul retraite et activité libérale : il est possible de continuer son activité indépendante ou d’en exercer une autre tout en percevant sa pension de retraite. Le cumul peut être intégral ou plafonné, notamment si vous ne répondez pas à certains critères. Depuis 2023, le cumul retraite et activité libérale est créateur de nouveaux droits. Autrement dit, vous pouvez augmenter votre pension de retraite en continuant à travailler !
Carrière mixte (salarié puis libéral) : comment se calcule VRAIMENT votre retraite ?
7. Bonnes pratiques et ressources
- Consultez régulièrement les informations officielles via la CNAVPL et Info-Retraite pour suivre les évolutions réglementaires en matière de retraite des professions libérales.
- Utilisez des simulateurs et outils en ligne (par exemple Mon Compagnon Retraite, outils des caisses) pour projeter vos droits et décider des actions à mettre en place.
- Vérifiez vos relevés de carrière et demandez la régularisation des points calculés provisoirement sur les cotisations provisionnelles.
- En cas de situation particulière (invalidité, carrière longue, éducation d'enfants, rachat de trimestres), informez-vous auprès de votre caisse pour connaître les possibilités d'amélioration de vos droits.
Pour les affiliés CIPAV ou d'autres caisses, renseignez-vous sur les spécificités de gestion locale : si vous faites partie des affiliés CIPAV, vous avez à la fois un régime de retraite de base et un régime de retraite complémentaire, comme tout assuré retraite en France. La CNBF gère les avocats qui ont des spécificités et des régimes supplémentaires au sein de certains barreaux.
Les informations contenues dans ce document sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil personnalisé. Pour des calculs précis et des conseils adaptés à votre situation, contactez votre caisse de retraite ou un conseiller spécialisé.
balises:
