Le Rôle et les Missions de la CGT dans le Secteur Ferroviaire
Après plus de 10 ans de libéralisation du transport de marchandises par le fer, le constat est sans appel : dégradation de la sécurité, réduction du trafic, conditions de vie et de travail alarmantes des cheminots des entreprises privées et détérioration des conditions de travail des cheminots de la SNCF. Face à ces défis, la CGT joue un rôle crucial dans la défense des droits des travailleurs et la promotion d'un service public ferroviaire de qualité.
La CGT, en tant qu'organisation syndicale représentative, s'engage activement dans les négociations collectives. La convention collective se négocie entre les représentants des salariés et le patronat, ce dernier étant représenté par l’UTP (Union des Transports Publics et ferroviaires) affiliée au MEDEF. La SNCF, comme l’ensemble des entreprises ferroviaires, y est adhérente. Pour la CGT, la définition d’un champ d’application large est essentielle.
Nous portons la nécessité d’intégrer la maintenance des matériels roulants. La maintenance des infrastructures représente un véritable marché juteux des grandes entreprises du BTP. Les Directions de RFF et de la SNCF ont favorisé l’implantation de ces entreprises dans le secteur.
Concernant l’accompagnement des trains, l’entreprise Thello qui assure aujourd’hui des relations France/Italie, soustraite l’ensemble des missions des cheminots (essais de freins, montées et descentes des voyageurs, départs des trains) à une entreprise dépendant de la convention des cafés, hôtels, restaurants. Les salariés de la restauration ferroviaire (à bord des trains comme pour l’avitaillement) bénéficient aujourd’hui d’une convention collective. Les droits de ces salariés sont comparables aux droits des cheminots (temps de travail, repos, déroulement de carrière, recrutement, garanties disciplinaires, droit syndical …).
Seule la mobilisation imposera au patronat et au Gouvernement de renoncer au dumping social.
Les projections budgétaires à venir annoncent de véritables coupes claires dans les services publics, en matière d’emplois, de salaire, de financement des infrastructures et de moyens matériels pour travailler décemment. Plus largement, les moyens manquent pour la régénération du réseau, le maintien et le développement des lignes de desserte fine du territoire, la pérennité du transport ferroviaire de marchandises afin de répondre aux enjeux sociétaux, sociaux et environnementaux. Cela est confirmé par les conclusions de la conférence de financement des infrastructures de transport, intitulée : « Ambition France Transport ».
L’ensemble des organisations syndicales appelle à refuser ce musée des horreurs, à défendre ensemble notre modèle social et la dignité au travail.
Alors que la Commission européenne a lancé une enquête sur Fret SNCF en janvier 2023, le Gouvernement français a fait le choix du pire en imposant à Fret SNCF un scénario de « discontinuité ». En clair, la liquidation de Fret SNCF, la perte de 500 emplois et la garantie d’un déclin du transport de marchandises. La liquidation de Fret SNCF doit aboutir à la création de deux nouvelles filiales. Soyons clairs, ces deux nouvelles filiales sont si fragiles que leur survie n’est pas du tout garantie. Nous refusons d’attendre une « saison 2 » de la discontinuité pour constater la catastrophe. 1 train de Fret, c’est 50 camions !
La loi du 27 juin 2018, pour un nouveau pacte ferroviaire a accentué le démantèlement du groupe SNCF. L’ouverture à la concurrence des trafics voyageurs, la mise en place du GIE en sont la parfaite illustration.
Évoquer SYSTRA, c’est un peu revenir sur l’histoire ferroviaire française des « 30 glorieuses » à nos jours. Cette société, héritière de SOFRERAIL, filiale d’étude de la SNCF créée en 1957, assurait le développement du savoir-faire ferroviaire français à l’international, notamment dans le cadre de coopérations. Elle s’est développée au fil des évolutions géopolitiques sur tous les continents, non seulement dans son coeur de métier (l’ingénierie ferroviaire) mais également sur des projets urbains. À l’heure où cette filiale du groupe affiche des résultats en hausse et a dégagé 14 millions d’euros de bénéfices en 2023, deux fonds d’investissements sont en lice pour la reprise : LATOUR Capital et FIMALAC. En vue de séduire ces repreneurs, la SNCF et la RATP concèdent le contrôle majoritaire de leur filiale et ne garderaient que 20 % de parts au capital.
Les politiques libérales visant à éclater le système ferroviaire public, ses savoir-faire uniques, ses compétences, amoindriront les capacités de la SNCF à répondre aux enjeux du développement et de modernisation du réseau ferré essentiels à la sécurité des circulations et à la production d’un service public ferroviaire de qualité. On en mesure les effets en France avec des volontés politiques allant toujours plus loin dans la casse du service public ferroviaire, comme avec la réforme de 2018 qui a conduit, entre autres, à la création de 4 Sociétés Anonymes (SA) et une SAS (Fret) et à la fin des embauches au Statut.
Affirmons-le avec force, les contraintes spécifiques qui pèsent sur le mode ferroviaire et l’exigence d’un haut niveau de sécurité bénéficiant à la fois aux cheminots de la branche, aux usagers et aux populations nécessitent un haut niveau de droits et de garanties applicables à l’ensemble des cheminots. Par leurs actions, les retraités ont remporté une première victoire stoppant la dématérialisation imposée et généralisée aux ayants droit retraités.
Face aux besoins d’investissements, la concurrence ne s’installe pas naturellement. Cette politique est extrêmement coûteuse car il faut démultiplier les structures. Le président JP. La logique de profit prend le pas sur l’aménagement du territoire : La radiation de rames TGV a permis la diminution de dessertes, la concentration des trafics sur LGV au détriment des prix (Yield) et du confort (correspondances obligatoires et approximatives). Le trafic de marchandises est divisé par 2 en 20 ans et nécessite des aides. Fret SNCF est liquidé pour tenir à flot les entreprises privées.
Dans l’organisation néolibérale du travail, les technologies servent la programmation et le contrôle du travail dans ses procédures et dans ses résultats. Le travail se déshumanise. Pour les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise, les objectifs sont fixés principalement pour générer des dividendes. La réalisation des objectifs est devenue le seul critère d’évaluation des encadrants. Beaucoup en perdent alors la finalité de leur production : faire fonctionner le système ferroviaire. Cette forme de contractualisation pousse au présentéisme et se traduit, de fait, par une exigence de disponibilité.
Le ferroviaire nécessite des métiers, des connaissances et des savoir-faire. Nous ne pouvons plus les laisser se volatiliser. Ce Statut doit permettre les parcours professionnels, la reconnaissance des expériences et des diplômes, de tenir compte de l’exigence du service public et prendre soin de notre santé. Aujourd’hui, les directions usent de tous les artifices pour ancrer leur emprise sur les maîtrises et cadres. Elles masquent leur système hyper directif par la communication et les éléments de langage obligatoires.
L’entreprise publique doit être un outil pour le transport écologique des citoyens et des marchandises. Elle doit permettre d’investir massivement dans les infrastructures de transports.
Transport. Le retour du fret, une solution pour réduire l'empreinte carbone
La droite et l’extrême droite ne décolèrent pas suite à la signature de l’accord CPA ! La CGT, la CFDT, la CFTC, l’UNSA, le SNCS et la direction SNCF validaient l’accord et son avenant en y apposant leurs signatures. Après plusieurs réformes des retraites qui touchaient l’ensemble des salariés et donc les cheminots, E. Dans son Info Luttes n°2 du 10 janvier 2023, au début du mouvement, la CGT portait la réouverture de négociations sur l’amélioration des dispositifs de CPA existants, quelle que soit l’issue du conflit.
Ainsi dans la branche ferroviaire, l’accord « classification et rémunérations » dénoncé par la CGT, mais validé par toutes les autres organisations syndicales représentatives permet aux employeurs de ne plus reconnaitre les diplômes, les formations et l’expérience acquise. Seul compte le poste occupé. L’évolution de carrière n’est donc plus garantie.
La CGT des Cheminots et la CFDT Cheminots dénoncent l’instrumentalisation des enquêtes des cabinets dits « extérieurs » dans le cadre des procédures disciplinaires et droits d’alerte. La direction de la SA Réseau a recours quasi systématiquement à des cabinets extérieurs dits indépendants afin de réaliser des enquêtes lors de signalements liés aux risques psycho sociaux. Ces enquêtes sont rarement très objectives et nous pouvons également nous interroger sur leur indépendance réelle : la lettre de mission émane de la direction et c’est elle qui rémunère le cabinet extérieur. Ces lettres de mission ne sont pas fournies aux représentants du personnel. De plus, plusieurs salariés ayant participé à ces enquêtes ont indiqué se sentir intimidés par les conditions d’entretien et ne se sentiraient pas libres de s’exprimer sous peine de représailles. Ils estiment que l’entretien serait mené à charge pour certains salariés du collectif.
Ils se sont massivement mobilisés contre cette réforme. Ils ont ainsi contraint le gouvernement à enjoindre les employeurs d’ouvrir des négociations sur les fins de carrière.
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