Combien gagne un entrepreneur par mois en France ?

Fin 2021, près de 4 millions de Français exerçaient une activité non salariée, avec des disparités de revenus très importantes selon leur statut. Il est vrai que les travailleurs qui ne sont pas salariés gagnent en moyenne 4 000 euros par mois selon les données de l'Insee, voire beaucoup plus pour une partie de ces indépendants.

À titre de comparaison, un salarié du secteur privé gagnait en moyenne 2 630 euros nets par mois. De leur côté, les salariés du privé et du public disposent d'une rémunération mensuelle de 2 500 euros en moyenne. Évidemment, ce que gagne un salarié dépend surtout de sa catégorie socioprofessionnelle et de son âge.

Toutefois, il n'est pas juste d'avancer que les entrepreneurs gagnent forcément davantage que les salariés. Quand on parle d'entrepreneur, on ne fait pas référence à une catégorie homogène. Si on en compte près de 4 millions en France aujourd'hui, certains d'entre eux en effet exercent une activité non salariée à titre principal ou secondaire. Leur secteur d'activité diffère également. De plus, leur statut peut être très différent. La majorité des non-salariés sont soit entrepreneurs individuels, soit gérants majoritaires de sociétés.

Selon l'INSEE, le salaire des micro-entrepreneurs (ex-auto-entrepreneurs) actifs est en moyenne de 630 euros par mois, les entrepreneurs individuels 4 180 euros et les gérants de société 3 890 euros. En revanche, une partie des entrepreneurs sont très loin de gagner chaque mois ces revenus d'activité élevés. C'est le cas notamment des chauffeurs de taxis et de VTC indépendants qui perçoivent en moyenne 1 300 euros par mois, soit moins que le salaire minimum (le smic) en vigueur dans le secteur privé qui est actuellement de près de 1 400 euros après impôts et cotisations salariales.

Dans son étude, l'Insee indique que dans ce dernier secteur près de 19 % des entrepreneurs ont un revenu qui est nul.

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Quel type de rémunération selon quel statut juridique ?

Si vous êtes gérant de votre société, ou micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur), la question de se verser un salaire doit être posée dès la création d'entreprise.

Il convient de noter que la rémunération pour tout indépendant est souvent ajustée au fur et à mesure, étant étroitement liée à vos priorités en tant qu'entrepreneur, à la croissance de votre chiffre d'affaires, aux bénéfices réalisés et à la charge fiscale que vous supportez. Il est essentiel de prendre en compte ces éléments à l'avance afin de fixer votre rémunération en tant que chef d'entreprise aussi équitable que possible.

La rémunération en entreprise individuelle (dont la micro-entreprise)

En entreprise individuelle au régime classique ou au régime de la micro-entreprise (ex auto-entreprise), vous et votre société ne faites qu'un. Cela signifie que vous êtes libre de vous verser un salaire du montant que vous souhaitez à partir de vos revenus générés.

La rémunération en société (EURL, SARL, SAS et SASU)

En tant que gérant majoritaire de société, vous pouvez percevoir une rémunération au titre de votre mandat social. Une spécificité du statut de dirigeant de SAS ou SASU, ou de gérant égalitaire ou minoritaire en SARL, est que vous avez un statut d'assimilé salarié avec lequel vous devez générer un bulletin de paie tous les mois lorsque vous vous versez un salaire.

Grille de salaire

L'imposition de la rémunération d'un dirigeant de société

Si vous êtes dirigeant d'une entreprise qui relève de l'impôt sur les sociétés (IS), vous devez déclarer votre rémunération en tant qu'entrepreneur dans la catégorie des traitements et salaires (ou rémunérations des dirigeants en cas de participation majoritaire). Le montant de votre salaire est ensuite assujetti au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR). Une déduction forfaitaire de 10 % est appliquée à cette rémunération, mais vous avez la possibilité d'opter pour la déduction de vos frais professionnels réels et justifiés.

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Pour les déclarations à l'IR, la catégorie fiscale appropriée qui détermine l'impôt dépend de l'activité exercée, qu'il s'agisse de BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou de BNC (Bénéfices Non Commerciaux).

Rémunération classique ou dividende ?

En réalisant un apport au sein de votre entreprise, et si cette dernière est soumise à l'IS, vous pouvez choisir de vous rémunérer en dividende. Contrairement à une rémunération classique, autrement dit un salaire, il n'y a pas de cotisations sociales avec les dividendes. D'un point de vue purement fiscal, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % et doivent être déclarés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

Quels éléments prendre en compte avant de se rémunérer ?

En prenant en compte toutes ces préoccupations, votre rémunération ne devrait, a priori, pas porter préjudice à votre entreprise. Fixer son salaire dépend étroitement de votre statut juridique. Un président de SAS ne se rémunère pas comme un auto-entrepreneur.

La situation financière de l'entreprise

Avant de fixer votre rémunération en tant que dirigeant, vous devez vous assurer d'évaluer soigneusement la situation financière de l'entreprise. Par ailleurs, si vous vous accordez une rémunération démesurée par rapport à la situation financière de la société en tant qu'entrepreneur, cela constitue un abus de bien social. Cette infraction est passible de sanctions pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et une amende pouvant atteindre 375 000 €.

Les perspectives du marché sur du long terme

En plus de la situation actuelle, vous devez tenir compte des perspectives du marché sur le long terme avant de décider du montant du salaire que vous souhaitez vous verser en tant que dirigeant. De même, le versement de votre salaire doit se faire en concordance avec vos objectifs de long terme, et son montant doit refléter votre valeur sur le marché (prix de vos produits, taux journalier moyen…).

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Les impôts et cotisations sociales qui s'appliquent

Enfin, les aspects fiscaux sont essentiels dans la prise de décision concernant votre rémunération en tant que dirigeant. Vous devez vous informer des différentes obligations fiscales et cotisations sociales qui s'appliquent à votre salaire en tant que dirigeant, selon si vous optez pour une rémunération classique ou en dividende par exemple.

Rémunération freelance

Comment estimer sa rémunération en auto-entrepreneur ?

Le salaire de l'auto-entrepreneur est basé sur le montant du chiffre d'affaires, diminué des charges. Il est donc important de les estimer afin de savoir approximativement combien de salaire, il sera possible de se verser. Nous parlons ici de stratégie de rémunération.

Le premier salaire ne vient donc généralement pas juste après avoir décidé de devenir entrepreneur, tout simplement pour ne pas pénaliser la trésorerie de votre entreprise. En effet, vous avez, en tant qu’entrepreneur, des dépenses liées à votre activité.

Il faut également prendre en compte le calcul de l'impôt sur le revenu. Le chiffre d'affaires sera à déclarer dans la déclaration 2042 C PRO dans la partie "Revenus industriels et commerciale professionnelle / Régime micro-entreprise". Cette déclaration sera ajoutée à la 2042 de l'ensemble des revenus du foyer fiscal.

Le bénéfice imposable sera déterminé par l'administration fiscale en appliquant un abattement forfaitaire de 305€ minimum ou un pourcentage du chiffre d'affaires.

Calcul de l'abattement forfaitaire :

  • 71% du chiffre d’affaires pour les activités de :
    • Achat de bien destiner à la revente à l'État.
    • Fabrication de produits à base de matières premières, destiné à la revente.
    • Fournitures de prestations d'hébergement (Hôtel, chambres d'hôtes, etc...)
  • 50% du chiffre d'affaires pour les activités de Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC)
  • 34% du chiffre d'affaires pour les activités de Bénéfices Non Commerciaux (BNC)

Le bénéfice imposable calculé après abattement est ensuite ajouté aux autres revenus du foyer fiscal pour être soumis au barème progressif par tranche de l'impôt sur le revenu.

Estimer son chiffre d’affaires

Le chiffre d'affaires correspond au montant total des ventes encaissées sur l'exercice. Les auto-entrepreneurs calculent leurs revenus sur leur chiffre d'affaires, il est donc important d'en avoir une estimation au préalable afin de savoir approximativement quel montant de salaire le ou la dirigeant(e) pourra se verser.

Pour cela, il faut calculer la somme des factures que l'on prévoit de vendre à ses clients dans le mois, principalement grâce aux missions déjà prévues. Cette somme sera l'estimation des revenus de l'entreprise, desquels il faudra soustraire les charges.

Estimer ses charges

L'estimation des charges est également très importante, car ces charges sont payées grâce au chiffre d'affaires, ces charges comprennent les charges fiscales, sociales et les charges liées à l'exercice de l'activité de l'auto-entrepreneur.

Les charges sont généralement prélevées par l'URSSAF suite à la déclaration du chiffre d'affaires effectué.

Quel est le salaire moyen d’un auto-entrepreneur ?

Le salaire moyen des personnes exerçant en tant qu'auto-entrepreneur en 2023 est de 590 euros par mois. C'est pourquoi beaucoup de personnes choisissent ce statut d'auto-entrepreneur pour obtenir un complément de salaire en plus d'une autre activité ou en tant que salarié.

Comment se verser un salaire en auto-entrepreneur ?

Contrairement aux statuts de société, les auto-entrepreneurs tout comme les entrepreneurs individuels (EI) n'ont pas l'obligation de créer un compte bancaire professionnel uniquement dédié à l'activité de l'entreprise, auquel cas les opérations professionnelles et personnelles sont confondues, le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel ne font qu'un. Les auto-entrepreneurs sont donc libres de se verser les revenus qu'ils souhaitent et à la date souhaitée, sans limites légales.

De plus, le ou la dirigeant(e) n'est pas salarié(e) de l'entreprise, il n'y a donc pas de contrat de travail et pas de fiche de paie à établir.

De ce fait, si le ou la dirigeant(e) a un compte bancaire distinct pour son entreprise, le versement du salaire en auto-entreprise se fait par simple virement bancaire depuis le compte professionnel au compte personnel.

Quel est le plafond du salaire d’un auto-entrepreneur ?

En théorie, il n'y a pas de plafond de versement de salaire pour un auto-entrepreneur, cependant il faut prévoir les charges liées à l'activité, qui sont déduites du chiffre d'affaires (Le chiffre d’affaires étant la seule source de revenu de l'entreprise), comme les charges sociales, qui représentent en général environ un tiers du chiffre d'affaires. Le salaire maximum qu'il est possible de se verser est donc de deux tiers du chiffre d'affaires, en partant du principe qu'il n'y a pas d'autres charges.

Il est important d'avoir en tête les seuils de chiffre d'affaires HT annuels des micro-entrepreneurs pour l'année 2023 :

  • Ventes de prestations de services : 77 700€
  • Ventes de marchandises : 188 700€
  • Activité mixte : 188 700€ au total et 77 700€ pour la part de prestations de services

Ainsi, le salaire maximum annuel possible de se verser en tant que micro-entrepreneur est de 188 700€ x 2/3 = 125 800€. Ou 77 700€ x 2/3 = 51 800€ pour une activité de prestation de services uniquement.

Quel chiffre d'affaires pour se verser un salaire ?

Le versement du salaire étant libre, il n'y a pas de chiffre d'affaires.

Est-il obligatoire de se verser un salaire ?

Il n'y a aucune règle précise concernant le versement du salaire en auto-entrepreneur, cette rémunération est libre.

Comment calculer le revenu net d'un auto-entrepreneur ?

Un auto-entrepreneur doit payer des cotisations et contributions sociales à l'administration. Ces cotisations servent au financement de la sécurité sociale, et ouvrent des droits notamment pour la retraite et pour l'assurance maladie. Elles permettent également de financer la formation professionnelle. Leur montant varie en fonction du type d'activité.

Il ne faut pas oublier de retrancher toutes les dépenses effectuées dans le cadre de l'activité professionnelle (équipements, matières premières, local, transport). Bien qu'elles ne soient pas utilisées pour le calcul des cotisations et de l'impôt, elles doivent être prises en compte pour vérifier si l'activité est viable économiquement.

La formule de calcul complète est donc :Revenu net = Chiffres d'affaires − Cotisations sociales − Dépenses professionnelles

Comment calculer l'impôt sur le revenu pour un auto-entrepreneur ?

Si vous avez opté pour le versement libératoire lors de la création de votre auto-entreprise, l'impôt sur le revenu est payé en même temps que les cotisations sociales.

Sinon, vous serez imposé selon le barème standard de l'impôt sur le revenu. Le revenu imposable est alors calculé comme un pourcentage du chiffre d'affaires. C'est qu'on appel l'abattement forfaitaire. Ce pourcentage varie en fonction du type d'activité excercé. On dit qu'il est forfaitaire car il ne prend pas en compte les dépenses réelles effectuées dans le cadre de l'activité.

En 2025, les revenus moyens d’un auto-entrepreneur restent modestes. Ils oscillent entre 590 et 670 euros par mois. La moitié des micro-entrepreneurs déclarent même moins de 340 euros mensuels.

Plusieurs évolutions réglementaires récentes contribuent à cette faible rentabilité. Les plafonds de chiffre d’affaires imposés par le régime freinent la progression des revenus. Depuis janvier 2025, les taux de cotisations ont été relevés pour améliorer la protection sociale des auto-entrepreneurs. Les professions libérales affiliées au régime général voient leur taux passer de 23,1 % à 24,6 % du chiffre d’affaires. Pour celles rattachées à la CIPAV, le taux monte à 23,2 % à partir du 1er juillet 2025, contre 21,2 % auparavant.

Une autre réforme importante concerne la TVA. Initialement prévue pour mars, la création d’un seuil unique de franchise en base à 25 000 euros a été reportée à juin 2025. Dans certains secteurs précaires, comme les VTC, ces seuils sont difficiles à atteindre.

Face à ces réalités économiques, nombreux sont les auto-entrepreneurs qui ne vivent pas uniquement de leur activité. Environ un tiers cumule emploi salarié et micro-entreprise. Parmi ceux qui s’y consacrent à plein temps, beaucoup considèrent ce statut comme un tremplin.

La question de la rémunération dépend de la situation de chacun. Il faut prendre en compte l’état de votre activité pour déterminer un montant adéquat. Mais quel chiffre d'affaires pour se verser un salaire ? Le montant de votre salaire d’entrepreneur dépend de la nature de votre activité, mais aussi de sa rentabilité.

Quoi qu’il en soit, il est souvent recommandé de maintenir une somme sur le compte bancaire de votre entreprise, qui correspond à trois mois de chiffre d’affaires. En tant qu’entrepreneur, votre objectif est de voir votre entreprise croître. Pour cela, rien de pire que de s’octroyer une rémunération trop généreuse par rapport à la santé financière de votre entreprise.

Vous lancez votre activité d'auto-entrepreneur et vous vous demandez quel salaire vous allez percevoir? L'avantage d'une micro-entreprise est que vous serez le seul et l'unique à définir votre rémunération en prenant en considération votre secteur de production, votre niveau d'expertise ou encore la qualité de vos produits ou services. Il ne faudra pas oublier de garder en tête les dépenses liées à votre statut d'auto-entrepreneur.

Avec le statut d'auto-entrepreneur, vous ne recevez pas de salaire au sens traditionnel, mais générez un revenu basé sur votre chiffre d'affaires, moins vos charges. Votre revenu dépend de votre activité, de vos tarifs, et des fluctuations de votre productivité. Incluez les frais de développement, les cotisations sociales (jusqu'à 23,2 % du CA), et les impôts (IR, CFE, TVA) pour estimer votre revenu net. Selon l'INSEE, le revenu moyen mensuel est de 670€, souvent complété par une autre activité.

Contrairement à un salarié qui perçoit une rémunération en échange de son travail, dans un cadre bien défini par un contrat de travail et une hiérarchie, le micro-entrepreneur exerce son activité de manière totalement indépendante. Il n’est soumis à aucun lien de subordination et fixe lui-même ses tarifs, ses horaires, son organisation, et ses objectifs. Cela signifie aussi qu’il assume seul les risques liés à son activité.

Dans ce contexte, on ne parle pas de salaire, mais de chiffre d’affaires. Et c’est là que la confusion est fréquente : beaucoup assimilent le chiffre d’affaires au revenu final de l’auto-entrepreneur. Or, ce chiffre d’affaires représente uniquement le total des ventes ou prestations réalisées avant toute déduction de charges.

Le véritable revenu, autrement dit ce que gagne effectivement le micro-entrepreneur, est bien inférieur à son chiffre d’affaires. Il faut en retrancher les cotisations sociales, les impôts, les éventuelles dépenses professionnelles (matériel, déplacements, abonnements, etc.) et les charges indirectes.

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