Cordon d’assujettissement CSST : définition et normes de sécurité

Découvrez les normes essentielles à respecter pour garantir la sécurité dans les métiers à risque comme les travaux en hauteur, l'élagage et les interventions de cordistes. Retrouvez des guides détaillés sur les équipements de protection individuelle (EPI), les certifications de matériel, et les meilleures pratiques pour assurer une sécurité optimale.

Qu’est-ce qu’un cordon d’assujettissement ?

Un cordon d’assujettissement est un élément de la liaison antichute qui relie le travailleur à un point d’ancrage, permettant de limiter la distance et la force d’une chute. Les longes certifiées EN 354:2010 assurent la liaison entre l’utilisateur et le reste du dispositif de sécurité. En tant qu’élément des EPI contre les chutes, l’absorbeur d’énergie sert à réduire la force de choc qui s’applique à l’ensemble de la chaîne d’assurage à l’arrêt de la chute.

Éléments constitutifs et fonctions

  • Les longes avec absorbeur d’énergie certifiées EN 355:2002 permettent de limiter la force de choc subie par l’utilisateur lors d’une chute de hauteur.
  • Les longes certifiées EN 354:2010 assurent la liaison entre l’utilisateur et le reste du dispositif de sécurité.
  • Les antichutes mobiles assurent le blocage automatique en cas de chute tout en accompagnant les déplacements de l’utilisateur.
  • Les antichutes à rappel automatique retiennent les travailleurs équipés d’un harnais antichutes. En cas de chute, les antichutes à rappel automatique retiennent les travailleurs équipés d’un harnais antichutes. La hauteur de chute est ainsi limitée et la force de choc réduite.
  • Les antichutes mobiles (antichutes à coulisseau) permettent de maintenir les longes (cordes) tendues quelle que soit la position du travailleur assuré.

Normes internationales et certifications pertinentes

La norme EN 12841 : 2006 définit trois types de dispositifs de réglage de corde pour l'accès par corde : le Type A (antichute mobile), le Type B (bloqueur) et le Type C (descendeur). Elle impose l'utilisation simultanée d'une corde de sécurité avec un Type A et d'une corde de travail avec un Type B ou C. Tout savoir sur les antichutes mobiles : EN 353-2, EN353-1 et EN 12841 type A. Souvent considérée comme la norme des antichutes mobiles sur corde ou câble, la norme EN 353-2 est pourtant régulièrement mal interprétée.

Issus du monde de l’escalade et de l’alpinisme, les bloqueurs certifiés EN 567:2013 sont conçus pour être utilisés sur des supports flexibles textiles tels que les cordes dynamiques, semi-statiques et les cordelettes de faible diamètre. Indispensables aux cordistes, les bloqueurs certifiés EN 12841 type B (2006) sont conçus pour la montée sur corde et le maintien au poste de travail dans les systèmes d’accès par corde.

Obligatoire sur de nombreux chantiers, la norme EN 397 encadre les casques de protection industrielle. Les harnais de sécurité utilisés par les travailleurs doivent être conformes à la norme CSA Z259.10-12, Harnais de sécurité.

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Harnais, classes et durée de vie

Il existe cinq classes de harnais : A, AD, AE, AP, AL. Le modèle A est utilisé pour les arrêts de chute uniquement; c’est le modèle le plus courant. Le modèle AP aide le travailleur à maintenir sa position de travail. Comme pour la plupart des équipements de protection individuelle, le harnais de sécurité ne doit pas être partagé par différents travailleurs. Chaque harnais devrait être choisi en fonction du type de travail et des caractéristiques du travailleur qui l’utilisera.

Les harnais de sécurité ont une durée de vie moyenne de 5 ans, qui peut varier en fonction de l’utilisation et de la fréquence d’utilisation des harnais. Suivant les conditions d’utilisation, la durée d’utilisation d’un harnais antichutes est d’environ 6 à 8 ans. En cas de soumission à des contraintes plus fortes, il faut contrôler le matériel plus souvent et le remplacer le cas échéant. Lorsqu’un harnais de sécurité a déjà servi à arrêter une chute, il doit automatiquement être jeté, et ce, même s’il ne présente aucun dommage apparent.

Points d’ancrage, SCAH et conception

Un système de corde d’assurance horizontale (SCAH) est une ligne de vie attachée à deux ancrages d’extrémité dans le plan horizontal. En 2004, l’association canadienne de normalisation (CSA (ACNOR)) a publié la première version de la norme CAN/CSA Z259.16 Conception de systèmes actifs de protection contre les chutes et l’American National Standards Institute a suivi en publiant en 2009 la norme ANSI/ASSE Z359.6 - Specifications and Design Requirements for Active Fall Protection Systems.

Ces deux normes donnent les exigences de performance et de résistance qui permettent de concevoir un SCAH. Avant la publication de ces deux normes et en l’absence des données expérimentales sur le SCAH, plusieurs méthodes de conception semi-empiriques ont été proposées pour concevoir des SCAH. Aux États-Unis, la conception d’un SCAH est régie par le règlement OSHA 1926.502 et la norme ANSI Z359.6.

Si le SCAH n’est pas conçu par une personne qualifiée, l’appendice C d’OSHA 29 CFR Part 1926 donne une règle du pouce qui permet d’estimer les forces maximales d’ancrage pour concevoir le SCAH. Cette règle stipule que les cordes d’assurance horizontales peuvent, en fonction de leur géométrie et de leur angle par rapport à l’horizontale, être soumises à des charges plus importantes que la charge d’impact générée dans un cordon d’assujettissement attaché à la corde d’assurance. Lorsque l’angle par rapport à l’horizontale de la corde d’assurance est inférieur à 30 degrés, la charge d’impact transmise à la corde d’assurance par un cordon d’assujettissement attaché à la corde est largement amplifiée.

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Un autre aspect très important de la conception d’un SCAH est la vérification du dégagement minimal requis sous la corde d’assurance. L’IRSST a développé une application Web qui permet de calculer rapidement la force maximale d’ancrage et le dégagement minimal requis sous un SCAH. L’application Web a été validée en comparant les résultats avec ceux d’un logiciel de structure (SAP2000) et les résultats des campagnes d’essais dans le cadre des projets sur des SCAH de l’IRSST. Les résultats de l’application Web, de SAP2000 et des essais concordent bien.

Forces d’ancrage et absorbeurs d’énergie

Avec l’utilisation obligatoire d’un absorbeur d’énergie dans la longe du travailleur depuis 2001, les forces maximales d’ancrage générées dans un SCAH sont très inférieures à 90 kN. Par exemple, pour un SCAH de 10 m de portée, infiniment rigide, avec un absorbeur d’énergie E4 qui limite la force maximale d’arrêt à 4 kN dans la longe du travailleur, les forces maximales d’ancrage calculées avec l’outil Web de l’IRSST et validées par les résultats d’essais, sont de l’ordre de 17 kN.

Dans l’article 2 b) du CSTC, l’ingénieur peut concevoir le SCAH avec 2 x 17 kN, soit 34 kN versus les 90 kN requis par les normes minimales du CSTC. Contrairement aux années 80, de nombreux documents règlementaires et normatifs existent maintenant pour concevoir un SCAH.

Bonnes pratiques d’utilisation du cordon d’assujettissement

  • A. Il faut mettre à disposition et utiliser des EPI contre les chutes lorsque les travailleurs courent un risque de chute.
  • Il faut fixer les longes de sorte qu’elles ne puissent pas se détacher involontairement des dispositifs d’assurage.
  • La corde peut également entrer en contact avec l’arête d’un bâtiment.
  • Il faut toujours assurer les mousquetons contre leur ouverture intempestive (mécanismes à ressorts, visserie ou dispositifs de sécurité appropriés).
  • La rigidité suffisante des mousquetons n’est assurée que lorsqu’ils sont sollicités dans le sens de la longueur et complètement fermés.
  • Les divers éléments de la chaîne d’assurage ne doivent être raccordés qu’au moyen de mousquetons. Les nœuds ne doivent être faits que par des spécialistes formés en conséquence.
  • Aucun système d’arrêt de chute ne doit être raccordé à la manille de suspension du point central et aux anneaux d’arrêt (p. ex. antichute à rappel automatique, absorbeur d’énergie).

Points d’attention et interdictions

Les points d’ancrage doivent être à même d’absorber l’énergie générée par la chute d’un travailleur. C’est la raison pour laquelle, il est interdit d’utiliser comme points d’assurage, les tuyaux d’installations, le mobilier, les cadres de fenêtres, les chauffages et les conduites. Il est interdit d’utiliser un antichute à rappel automatique lorsqu’on travaille sur des matériaux en vrac ou des supports semblables pouvant se dérober sous le travailleur ou l’ensevelir.

Lorsqu’un travailleur reste durant quelque temps suspendu à un harnais antichutes, son appareil respiratoire et ses organes internes peuvent être endommagés. Lorsqu’on utilise des antichutes, les longes entre le rail et le harnais ne doivent pas dépasser 30 cm. Lors d’une chute (chaîne d’assurage), la distance théorique de chute est toujours plus longue. Lors de travaux à faible hauteur, il faut impérativement observer cet allongement!

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Contrôles, inspections et durée d’utilisation des équipements

Conformément aux conditions d’utilisation et d’exploitation, les EPI contre les chutes doivent faire l’objet d’un contrôle régulier ou sinon, au moins une fois par an. Cet examen sera réalisé par un spécialiste. Les parties des EPI qui sont soumises à de fortes contraintes (p. ex. Les harnais de sécurité utilisés par les travailleurs doivent être conformes à la norme CSA Z259.10-12, Harnais de sécurité.

L’utilisateur devrait procéder à une inspection visuelle de son harnais avant chaque utilisation. Une personne possédant les compétences nécessaires devrait procéder à une inspection annuelle. La fréquence peut être plus élevée si à l’utilisation, le harnais peut être en contact avec des produits chimiques ou des matières dangereuses. Assurez-vous que l’employeur prenne ses responsabilités en ce qui concerne l’utilisation et la conformité des harnais de sécurité!

Exigences réglementaires et récentes évolutions

Le 3 janvier 2019, des modifications au Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) sont entrées en vigueur. Principalement, les changements visent l’harmonisation du RSST avec les articles du Code de sécurité pour les travaux de construction (CSTC) qui ont été actualisés en 2014.

Ajout d’une nouvelle section portant sur la protection des chutes (nouveaux articles 33.1 à 33.3). Précisions concernant l’utilisation de ligne d’avertissement, par exemple lors de travaux de toiture ayant une pente inférieure à 15° (articles 33.4 et 354). Modifications concernant les garde-corps (article 12). Modifications concernant les échelles fixes (article 23) : à compter du 3 janvier 2019, les échelles fixes devront être pourvues d’un dispositif antichute conforme à la norme CSA Z259.2.5 (corde d’assurance verticale) ou à la norme CSA Z259.4 (rails rigides verticaux), s’il y a un danger de chute de plus de 6 mètres.

Modifications aux articles concernant le harnais, la liaison antichute et la fixation à un système d’ancrage (articles 347, 348 et 349) : la force maximale d’arrêt de chute est limitée à 6 kN ou la hauteur de chute libre est dorénavant de 1,8 m au maximum; la liaison antichute doit comprendre minimalement soit un absorbeur d’énergie et un cordon d’assujettissement conformes à la norme CAN/CSA Z259.11, soit un enrouleur-dérouleur conforme à la norme CAN/CSA Z259.2.2; l’article 349 décrit les exigences pour les systèmes d’ancrage ponctuels, continus flexibles (corde d’assurance horizontale) et rigides (rails).

Prévention hiérarchique et mesures collectives

Tenter d’éliminer la chute de hauteur en modifiant la position du travailleur de manière à ce que le travail soit exécuté à partir du sol. Empêcher la chute en installant un garde-corps ou un système limitant les déplacements du travailleur faisant en sorte qu’il cesse d’être exposé à la chute. Limiter la chute en utilisant un moyen ou un équipement de protection collectif tel un filet de sécurité. Arrêter la chute en fournissant un système antichute conforme au travailleur et s’assurer qu’il le porte dans le cadre de son travail.

mise en place d un harnais de securite anti chute

Conseils pratiques pour l’utilisateur

  • Il faut notamment veiller à ce que les sangles de jambes soient bien serrées. A cet effet, il convient de faire des essais et de les tester (suspension d’un travailleur). Lors de cet essai, il faut veiller à ce que le travailleur concerné ne soit jamais seul afin de pouvoir l’interrompre en tout temps.
  • La corde peut être tressée en spirale ou tressée et gainée à faible coefficient d’élongation; ces dernières sont composées d’une gaine de protection et d’un noyau porteur. La durée d’utilisation de la corde dépend des conditions d’utilisation. Il faut dans tous les cas observer les recommandations du fabricant. Une corde ne devrait pas être utilisée plus de 4 à 6 ans.
  • Lorsque l’on utilise des antichutes à coulisseau, on peut réduire la hauteur de chute, assurer un travailleur à un point quelconque de la longe et le suivre tout au long de sa progression, p. ex. lors de l’ascension de poteaux ou d’échelles. Les antichutes à coulisseau sont en particulier conçus par rapport aux diamètres des cordes.

Points complémentaires sur la réglementation des ancrages

Les ancrages conformes à la norme EN 795 sont acceptés sur les chantiers de construction au Québec. L’ancrage doit être certifié pour une résistance à la rupture minimale de 18 kN (RSST, art. Code de sécurité pour les travaux de construction (CSTC)). Cependant, le Règlement sur la santé et la sécurité au travail (RSST), applicable en dehors des chantiers de construction ne contient pas de référence semblable et rien n’indique que cela changera prochainement. Généralement les règlements font référence à des normes canadiennes.

ÉlémentNormeFonction clé
Longes avec absorbeurEN 355:2002Réduire la force de choc
LongesEN 354:2010Liaison utilisateur
BloqueursEN 567:2013 / EN 12841 type BMontée sur corde et maintien
Antichutes mobilesEN 353-1 / EN 353-2Blocage automatique lors d’une chute
HarnaisCSA Z259.10-12Arrêt de chute et maintien
SCAHCAN/CSA Z259.16, ANSI Z359.6, OSHA 1926.502Conception ligne de vie horizontale

C’est pourquoi, il est indispensable de traiter chaque élément individuel avec la même attention. Les équipements permettent au travailleur qui les porte de se déplacer librement dans le rayon autorisé par la longueur de la corde ou de la sangle. Les antichutes font partie intégrante des EPI contre les chutes. Ils sont généralement montés sur des échelles ou des étriers d’accès, et ils sont composés d’antichutes qui coulissent le long de câbles ou de rails de guidage.

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