Écosystème entrepreneurial israélien : fonctionnement et caractéristiques
Dans le domaine des nouvelles technologies, la Silicon Valley aux États-Unis est souvent citée en exemple. Cependant, cela fait plusieurs années qu’un petit pays fait également parler de lui en matière d’innovation technologique : Israël, qu’on surnomme même « Israel Valley ». Avec la plus haute densité de start-ups au monde, Israël est devenu connu comme la “Start-Up Nation” et Tel Aviv est maintenant classée deuxième après la Silicon Valley parmi les écosystèmes de start-up mondiaux.
Des racines historiques et culturelles de l’entrepreneuriat
Secondement, la culture du pays repose elle-même sur l’entrepreneuriat. Theodor Herzl est en ce sens l’un des plus grands entrepreneurs, avec un projet de taille : celui de l’établissement d’un foyer juif. Les pionniers ont dû travailler dur afin de rendre cette terre fertile et de transformer ce désert en une puissance économique mondiale. Israël en tant que nation a su relever de nombreux défis, d’un point de vue militaire, économique, social et même démographique.
Le passage obligatoire de deux années à l’armée pour la jeunesse est une expérience qui change la vie. Il forge les esprits. Force à évoluer dans un contexte hostile. La responsabilité, la volonté, l’esprit d’équipe, de persévérance, le courage et l’humilité sont des apprentissages. Ils rendront les futurs collaborateurs des entreprises d’une redoutable efficacité. Cela créer un appétit pour le risque élevé comparé aux autres cultures.
Les gens en Israël utilisent le terme « échec constructif ». Ils n’ont pas peur de l’échec. Il est considéré comme faisant partie du processus d’apprentissage, un système d’améliorations continues. L’échec est implicite dans le processus d’innovation. Innover, c’est remettre en question le statu quo, essayer, échouer, apprendre et réessayer.
Facteurs structurels de succès
Tout d’abord un très haut niveau de R&D. Israël est le 2e pays au monde en nombre de chercheurs par habitant et, surtout, le 1er pour les dépenses de R&D civile par rapport au PIB, avec un nouveau record de 4,94 % en 2018 (contre 2,19 % en France et une moyenne de 2,38 % dans les pays de l’OCDE). 53 % de la R&D israélienne est financée par l’étranger (investissements dans des start-up, rachat de start-up, activités de R&D des multinationales…).
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Le gouvernement a mis en place des mesures incitatives pour encourager l’investissement étranger direct et stimuler l’innovation. Dans les années 1990, le gouvernement a lancé le projet Yozma, qui signifie « Initiative » en français, pour stimuler l’entrepreneuriat. Ils ont alloué 100 millions de dollars pour établir 10 fonds de capital de risque dans le cadre d’un modèle de co-investissement avec le secteur privé. Le succès de ces fonds d’amorçage découle de l’alignement des incitations entre les parties prenantes grâce à des règles de fonctionnement bien définies.
L’Autorité de l’innovation d’Israël se consacre à la promotion et à l’amélioration des capacités d’innovation d’Israël en construisant et en renforçant l’écosystème qui soutient l’industrie du savoir. Le gouvernement a offert des subventions et des avantages fiscaux visant à attirer les entreprises de haute technologie.
Capital humain, universités et accélérateurs
Le capital humain est un pilier clé de la croissance économique d’Israël, le développement des talents étant reconnu comme une priorité nationale stratégique. Les meilleures écoles d’Israël sont les universités publiques, et le pays compte le plus grand nombre d’ingénieurs par habitant.
Les accélérateurs d’entreprises et les fonds d’investissement en Israël se concentrent fortement sur le développement des talents. MindCET, l’un des principaux accélérateurs d’innovation et de technologie, illustre cette approche en considérant les membres de l’équipe comme les atouts les plus critiques de toute entreprise. C’est le cas, par exemple, de l’accélérateur d’entreprises Siftech, qui a créé le Fresh Fund, un fonds d’investissement unique géré par des étudiants, conçu pour identifier et développer des projets dirigés par des étudiants.
En termes d’enseignement supérieur, un fait notable est que les étudiants israéliens terminent en moyenne leurs études à l’âge de 27 ans, contre 23 ans en moyenne dans d’autres pays. Cette différence est principalement due au service militaire obligatoire de trois ans après le lycée et une année passée à voyager dans le monde par la suite. Entrer à l’université à un âge plus avancé n’est pas un inconvénient ; En fait, c’est un avantage.
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Une stratégie "Born Global" et une économie tournée vers l’export
C’est en se tournant vers l’extérieur. En pensant international dès le début les entreprises de la Tech israéliennes se confrontent au succès. Lire “Born Global“ ont un avenir brillant ». Elles deviennent par la suite des champions de l’Export. Israël apparaît comme une « usine à projets » pour le monde, financée par l’étranger pour vendre ses technologies à des entreprises étrangères, en travaillant avec les États-Unis, l’Europe, mais également l’Asie, notamment la Chine et l’Inde, et maintenant les pays du Golfe qui normalisent leurs relations diplomatiques avec l’État hébreu, comme les Émirats arabes unis.
Avec 6,600 active technology companies across diverse sectors, it is no wonder that multinationals flock to Israel to acquire companies and establish R&D centres, more than 300 currently. De nombreuses grandes entreprises mondiales ont des bureaux de R&D en Israël, et le pays abrite plus de 500 fonds d’investissement.
Poids économique et secteurs clés
En Israël, la Tech représente 9 % des emplois, 13 % du PIB et près de 50 % de l’export », écrit Sébastien Linden. Selon les données citées, les fonds levés en 2020 par les start-up atteindront un nouveau record, avec près de 10 Md$, manifestant le maintien de la confiance des investisseurs dans la Tech israélienne. Avec US$ 111.3 Billion in exits over the past decade, including 21.7 Billion in 2019 alone, the per capita venture investment is almost three times the US figure.
Tous les domaines qui feront notre monde de demain sont bousculés par les innovations Israéliennes : Intelligence Artificielle, BioTech, Technologies des communications, Mobilité, Deeptech, Agrotech et plus encore.
Exemples emblématiques et modèles de réussite
Pour ne prendre que quelques exemples, Waze, l’application de trafic fondée en 2008 par un chercheur israélien, a été racheté €1 milliard par Google en 2013. Mobileye, spécialisée dans les systèmes anticollisions pour les voitures autonomes, a été valorisée à €12,18 milliards. Mellanox s’est vendue à NVIDIA pour €6,5 milliards.
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Plus de 300 multinationales incluant les GAFAM ont installé des centres de R&D dans le pays. À Tel Aviv, le boulevard Rothschild concentre 1000 entreprises High-Tech dont plus de 700 sont des Start-ups. Israël compte aujourd’hui plus de 7 500 start-ups soit environ une pour 1 200 habitants. C’est le plus fort taux d’entrepreneur par habitant au monde. Aussi le plus fort taux d’investissement en R&D. Enfin le plus grand nombre d’entreprises cotées au Nasdaq après les USA et la Chine.
Culture, mindset et modes de fonctionnement
Les Israéliens utilisent l’expression “Chutzpah” pour caractériser leur trait de caractère lié à l’audace mais aussi la confiance en soi. Dans sa connotation positive cela favorise l’initiative et l’interaction dans la construction de réseaux d’affaires. Le mentorat y est bien sûr très présent, il se fait dans un esprit d’échange et de transmission de vécu. Il est largement intergénérationnel. Il y a peu de « starisations » des jeunes entrepreneurs.
Autre particularité c’est l’approche instinctive de l’entrepreneuriat plutôt que la théorisation. Très différent d’un marketing du management et la diffusion de méthodes de réussite américaine. On encourage les candidats à l’entrepreneuriat à penser en dehors des cadres. Le système favorise l’innovation. C’est le cœur de l’Océan bleu et de l’Effectuation mais dans l’exécution et non dans la modélisation théorique.
Résilience, défis et enjeux sociaux
Comme le monde entier, Israël a été frappé par la Covid. Le pays surmontera progressivement la crise économique et sociale, en s’appuyant sur ses fondamentaux économiques solides de 2019 (croissance de 3,4 % et taux de chômage de 3,81 %). L’écosystème israélien devra aussi intensifier ses efforts pour répondre à ses défis, accentués par la crise.
L’objectif est aussi que l’innovation israélienne profite davantage à la population d’Israël. L’enjeu est à la fois économique pour répondre aux besoins des entreprises (pénurie d’ingénieurs dans le marché du travail de la Tech estimée à 18 500 avant la crise) et social (pauvreté élevée chez les populations orthodoxes et arabes). Il ne fera que s’accentuer : selon les projections démographiques, les Arabes et les orthodoxes, qui représentent déjà plus de 30 % de la population, pourraient en constituer la moitié en 2060.
La Tech pour lutter contre le changement climatique : exemple d'Israël
Leçons et éléments transférables
Comment a‑t‑on pu réaliser une transformation aussi remarquable en si peu de temps ? Le succès d’Israël est enraciné dans son fort esprit d’entreprise. Son économie prospère grâce à l’innovation, au savoir et au développement des talents. L’investissement dans les talents a conduit à la création de plus de 500 accélérateurs d’entreprises et fonds d’investissement en Israël, créant ainsi l’un des écosystèmes entrepreneuriaux les plus dynamiques au monde.
Lorsqu’on observe l’exemple d’Israël, on distingue des leviers actionnables : investissement soutenu en R&D, formation d’un capital humain adapté (universités, service militaire formateur), incitations publiques ciblées (Yozma), culture favorable au risque et à l’échec constructif, ouverture internationale dès l’origine des projets et fort maillage privé-public via accélérateurs et fonds.
Tableau synthétique - Indicateurs clés
| Indicateur | Valeur / remarque |
|---|---|
| Dépenses R&D (part du PIB) | ~4,94 % (2018) |
| Part de la R&D financée par l’étranger | ~53 % |
| Pourcentage emplois Tech | ~9 % |
| Part du PIB Tech | ~13 % |
| Nombre de start-ups | ~7 500+ |
| Centres R&D de multinationales | ~300+ |
Perspectives
La « start-up nation » est pleinement consciente des défis et s’appuie sur la force de son écosystème pour les relever. Elle continue à être une source d’inspiration pour l’innovation et offre de nombreuses opportunités de partenariats technologiques et scientifiques, aux entreprises comme aux institutions d’enseignement supérieur et de recherche.
Israël a établi une culture où l’échec est compris comme faisant partie d’une expérience entrepreneuriale et comme faisant partie du développement professionnel. Cette culture a motivé des milliers de jeunes à prendre les risques nécessaires pour innover.
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