Comment devenir freelance en voyageant

Les palmiers au-dessus de sa tête et une longue plage de sable blanc comme décor. Le soleil brille aux éclats et on entendrait presque le murmure des vagues enveloppant le rivage… Je ne sais pas pour vous, mais quand je vois quelqu’un bosser depuis le paradis, j’ai envie de faire pareil ! Imaginez-vous bosser depuis n’importe où dans le monde. D’une plage à l’autre en Asie du Sud-Est, d’un petit chalet dans les Alpes, jusqu’aux métropoles bouillonnantes de New York ou Tokyo. En plus de ça, pas de patron et pas d’horaires fixes. Le rêve quoi !

Depuis quelques années, un style de vie est en train d’envahir le web : le nomadisme digital. Avec ses fervents pratiquants appelés : « nomades digitaux » (en anglais « digital nomad »). Les freelances forment le gros des troupes de ces nouveaux travailleurs. Il faut admettre que gagner de l’argent sous les tropiques, c’est tentant, non ?

Nomade digital : rêve ou réalité ?

Devenir nomade digital, c’est donc la grande tendance du moment. On en parle dans les blogs, les podcasts, sur YouTube et même dans la presse grand public. Mais savez-vous vraiment ce que cela signifie ? Il faut d’abord être clair sur une chose : être nomade digital n’est pas un métier, c’est un mode de vie et une façon de travailler. Le nomade digital gagne sa vie grâce à internet et aux nouvelles technologies, tout en étant géographiquement libre. Il peut changer régulièrement son lieu de vie et voyager tout en continuant son activité à distance. Un nomade digital a uniquement besoin de deux choses pour survivre : une connexion wifi et un ordinateur.

Vu le développement d’internet partout dans le monde, les destinations ne manquent pas ! J’ai vécu aux Philippines, en Colombie, au Vietnam ou au Mexique en tant que nomade sans soucis. J’envisage de faire un tour en Polynésie l’année prochaine et j’ai lu avec étonnement qu’il y avait internet à haut débit là-bas. Au milieu de l’océan Pacifique !

Ce mode de vie a pris son essor grâce au développement d’Internet depuis 20 ans et suite à la publication du célèbre livre La Semaine de 4 heures de Tim Ferris. Il fut le premier à théoriser cette façon de travailler tout en voyageant. Merci Tim !! Aujourd’hui, on compte près de 5 millions de nomades digitaux (source). Ce chiffre explose année après année.

Lire aussi: Emploi Finance Temps Partiel en France

Que font vraiment ces nomades digitaux ?

Dans mon livre Voyage à Durée Indéterminée, je définis 3 typologies de nomades :

  • Les salariés en télétravail : ils travaillent pour une entreprise qui les autorise à travailler de chez eux ou depuis n’importe où dans le monde, dénommé en anglais « remote worker ».
  • Les freelances : ils possèdent un travail qui se réalise à 100% sur Internet et réalisent des missions avec différents clients.
  • Les créateurs d’activités : ils créent un business sur le web comme une startup, une application mobile, un blog, une chaine YouTube, service de formation… ils sont parfois appelés « webentrepreneur ».

Les trois catégories sont géographiquement mobiles et seule la première lie le nomade à une entreprise en particulier. Les freelances et webentrepreneurs sont eux libres de travailler sur les projets qu’ils souhaitent, où ils veulent.

Avantages / Inconvénients du mode de vie nomade digital

Après plusieurs années de nomadisme et de liberté, je n’ai aucune envie de revenir au statut salarié coincé dans son bureau. Par contre tout n’est pas aussi rose que le tableau laisse paraitre.

Les avantages :

  • Très peu d’argent est nécessaire pour démarrer
  • Possibilité de travailler partout dans le monde
  • Voyager autant que vous voulez
  • Créer son propre emploi et être indépendant
  • Vivre dans des pays pas chers et augmenter sa qualité de vie

Les inconvénients :

Lire aussi: Tout savoir sur la subvention permis de conduire Pôle Emploi

  • La masse de travail, on ne compte pas forcément ses heures
  • Incertitude sur les revenus d’un mois à l’autre
  • Dépendance au matériel et au wifi
  • Demande une forte discipline

Pourquoi choisir le freelancing pour voyager ?

Le freelance quant à lui peut démarrer rapidement et sans avoir besoin d’énormes compétences. Devenir freelance est une excellente option si vous avez envie de changement, de quitter votre job, de voyager et de gagner en liberté, mais ce n’est pas pour tout le monde…

Un freelance va réaliser des missions dans son domaine de compétences auprès d’un client. Il peut s’agir de réaliser un logo, créer un site Internet, écrire un article, monter une vidéo ou encore développer une application mobile. Il est généralement payé à l’heure/jour/semaine ou au projet. L’avantage énorme de devenir freelance nomade, c’est de générer de l’argent à la demande.

Ce système est plus incertain, mais aussi plus flexible. S’il part 1 mois en vacances et que son compte en banque est vide, il peut le renflouer en travaillant intensément le mois d’après. Ce n’est pas comme un salaire qui tombe chaque mois, peu importe ce qu’il se passe.

Les 2 problèmes majeurs que rencontrent les freelances : trouver clients et percevoir une bonne rémunération. Pour avoir une « boutique qui tourne », un freelance doit progressivement se construire un portfolio et avoir des clients réguliers. Avec le temps et le travail, les deux gros problèmes des freelances s’évaporent.

Les métiers les plus adaptés au nomadisme digital

La clé ? Un métier compatible avec le nomadisme digital réunit trois caractéristiques : il se fait entièrement sur ordinateur, les livrables sont numériques (textes, designs, code, conseils, vidéos…), et la relation client peut se gérer à distance sans friction.

Lire aussi: Comprendre l'Enquête Emploi de l'Insee

Les métiers du marketing digital sont les plus représentés dans la communauté nomade. Les métiers de l’écriture et de la rédaction sont idéaux pour démarrer : rédacteur web SEO, copywriter, ghostwriter, auteur de newsletter, traducteur. Ces activités ne nécessitent qu’un ordinateur et une connexion internet.

Les métiers de la tech (développement web, UX/UI design, data…) offrent les rémunérations les plus élevées, et la liberté qui va avec. Un développeur web expérimenté peut facturer entre 500 € et 1 000 € par jour, ce qui lui permet de travailler 15 jours par mois et de voyager le reste du temps.

Les métiers liés à l’image et à la vidéo ont le vent en poupe depuis l’explosion des réseaux sociaux. L’assistant virtuel (AV) est un métier en plein essor, particulièrement adapté aux profils polyvalents. La rédaction web, le copywriting, le community management ou le consulting restent des portes d’entrée accessibles.

Quelques exemples de freelances nomades

  • Alizé et Maxime : Ce couple voyage en van à travers l’Europe avec un enfant, Maxime est développeur web et crée des sites Internet.
  • Amélie : Webdesigner, elle vit actuellement à Medellín en Colombie.
  • Nastasya : Blogueuse et rédactrice web, elle a vécu en Thaïlande, Angleterre, Australie, Bosnie …
  • Lucie : blogueuse et traductrice freelance, elle a vécu un peu partout…
  • Loris : Vidéaste spécialisé dans le voyage, tous les mois il est dans un nouveau pays.
  • Eric : célèbre photographe freelance, il est nomade depuis deux ans.

Il y a un mois, j’ai rencontré un français qui vit à Guanajuato (Mexique). Ingénieur de formation, il a longtemps vécu à Toulouse puis a déménagé ici pour suivre sa copine. En quelques semaines, il a trouvé un job de freelance en modération de communauté, puis en traduction. Les deux sur Upwork, une des plateformes préférées des freelances. Il gère son emploi du temps comme il souhaite et avec un coût de la vie plutôt faible ici, il vit bien !

Les étapes pour se lancer en freelance nomade

Voici le système de base pour devenir freelance :

  1. Réaliser un audit de vos compétences
  2. Développer vos compétences et vous former
  3. Démarcher pour trouver vos premières missions
  4. Travailler et enfin devenir freelance nomade

1) Réaliser un audit de vos compétences

Dans un premier temps, vous devez examiner vos compétences. Un freelance échange ses compétences contre de l’argent. Sans elles pas d’argent. Voici quelques questions pour vous guider : Qu’est-ce que je sais faire ? Dans quel domaine je suis doué ? Puis-je tirer des choses de mes études ou mes expériences de travail ? Quel service puis-je offrir ?

Si vous ne pensez pas avoir de compétences « monétisables », réfléchissez à vos passions ou vos talents. Puis tournez-vous vers les choses qui vous ressemblent le plus : la créativité, l’écriture, la technique, la pédagogie…? Avez-vous un côté geek ? Aimez-vous dessiner ? Avez-vous une passion pour les chiffres ?

Il est important de choisir un domaine dans lequel vous prendrez plaisir à travailler et à développer vos compétences. Si vous codez des sites internet depuis que vous êtes adolescents et que vous avez travaillé plusieurs années, vous avez déjà les compétences pour être freelance. Mais pour certains d’entre vous, il faudra partir de plus bas, voire de zéro.

2) Développer vos compétences et vous former

Aujourd’hui, vous pouvez tout apprendre ou presque sur Internet. Entre les millions de blogs, les milliards d’heures disponibles sur YouTube et les plateformes de cours en ligne, vous avez un choix énorme ! Par exemple, sur le site OpenClassrooms, vous pouvez apprendre gratuitement à développer une application mobile Android, compétence très rentable de nos jours. N’oubliez pas les livres. Peu cher, ils peuvent se rendre extrêmement utiles.

Enfin, rien ne vous empêche de suivre également des formations plus classiques dans l’enseignement supérieur ou dans des écoles spécialisées. La formation est un investissement qui rapporte. Les autodidactes existent, mais ils mettent souvent 2 à 3 fois plus de temps à atteindre leurs objectifs que ceux qui ont suivi une formation structurée.

3) Démarcher pour trouver vos premières missions

Dans 90% des cas, vous devrez activement rechercher des missions. Les clients (c’est-à-dire les employeurs) tombent rarement du ciel. Une fois que vous avez une compétence, il faut trouver des missions pour vous faire la main et gagner en expérience.

Les 3 méthodes pour trouver des clients :

  • les plateformes de freelance : sites Internet qui mettent en relation les employeurs et les freelances (Malt, Upwork…)
  • le réseau : famille, amis, collègues, anciens contacts - dites-leur vos compétences et que vous êtes à la recherche de clients
  • le démarchage direct : contacter directement des clients potentiels et leur proposer vos services

Dans les 3 méthodes de démarchage, il est important de bien présenter votre offre et d’identifier le besoin de vos prospects.

4) Travailler et enfin devenir freelance nomade

Si tout se passe pour le mieux, vous avez décroché vos premiers contrats et vos premiers euros en tant que freelance. Yeaaaaaah !! C’est maintenant le début d’une aventure encore plus folle : travailler et voyager en même temps.

Vous n’allez surement pas bosser depuis un hamac au bord de la plage, car franchement ce n’est pas vraiment pratique. Mais vous serez en mesure de voyager dans les pays qui vous font rêver, tout en finançant vos aventures grâce aux activités de freelance. Il faudra évidemment continuer à trouver des clients, à travailler et à développer vos compétences. À la clé, un salaire que vous générez depuis n’importe où sur la planète.

Conseils pratiques et pièges à éviter

Pour les 100% débutants, il faut au moins compter 3 mois de travail/formation avant de toucher vos premiers euros. Il est conseillé de développer vos compétences en France (ou votre pays de résidence) avant de partir à l’autre bout du monde. Sinon, vous risquez de stresser sur les rentrées d’argent, sans profiter du voyage. Partez avec des économies ! Au moins de quoi vivre 2 mois et vous payer un billet retour.

La vie de nomade digital, ce n’est pas une vie de vacances illimitées. Il faudra bosser et trouver votre équilibre. La discipline et la routine sont les clés. Les nomads expérimentés recommandent de définir des “heures de travail” fixes (par exemple 8h-13h) et de les respecter même quand la plage est à 200 mètres. Travailler le matin permet de dégager l’après-midi pour explorer.

Ton offre doit être claire et précise : pas “je fais du marketing”, mais “j’aide les e-commerces à augmenter leur trafic organique via le SEO”. Sur les tarifs : le réflexe de beaucoup de débutants est de se positionner bas pour attirer des clients. C’est une erreur. Un tarif trop bas signale un manque de confiance, attire des clients difficiles qui ne valorisent pas ton travail, et te force à multiplier les missions pour survivre.

La spécialisation : un freelance généraliste est en concurrence avec tout le monde. La fidélisation client : trouver un nouveau client coûte cinq à dix fois plus cher en temps et en énergie que de garder un client existant. La présence en ligne, la banque, l’assurance professionnelle (RC Pro) et la formation continue sont indispensables.

Équipement essentiel et sécurité

On parle souvent du métier et du business model, mais rarement de l’équipement. Pourtant, c’est ce qui conditionne ta capacité à travailler dans de bonnes conditions, quelle que soit la destination. C’est l’investissement le plus important, et celui qu’on ne doit pas rater. Les MacBook Air et Pro d’Apple dominent largement la communauté nomad pour leur fiabilité et leur autonomie. Côté PC, les ThinkPad de Lenovo et les Dell XPS sont les références.

Un bon casque anti-bruit change radicalement l’expérience de travail en espace public. La connexion internet est le nerf de la guerre du digital nomad. Les routeurs portables modernes supportent la 4G et la 5G, créent un hotspot wifi pour plusieurs appareils simultanément et tiennent 8 à 12h sur batterie. Travailler depuis des réseaux wifi publics (cafés, hôtels, aéroports) sans protection, c’est exposer ses données professionnelles et personnelles à des risques sérieux. Un VPN chiffre ta connexion et te protège.

Statut juridique et gestion

Étape 1 - Choisir son statut juridique. En France, la micro-entreprise (anciennement auto-entrepreneur) est le statut de référence pour démarrer en freelance. Simple à créer (en ligne en 15 minutes), comptabilité allégée, charges proportionnelles au chiffre d’affaires, c’est le choix de 80 % des freelances débutants.

La grande majorité des nomades digitaux sont à leur compte, ils sont leur propre patron. Très peu de salariés sont nomades digitaux. Déjà parce qu’un employeur est rarement d’accord pour accepter le télétravail à 100%. Travailler sur un fuseau horaire différent de la société qui t’emploie nécessite de la discipline et une bonne organisation.

Le freelance vend son temps et ses compétences à des clients. Le solopreneur construit un business, souvent basé sur des revenus passifs ou semi-passifs (formations, affiliation, produits numériques, SaaS…), qui peut fonctionner sans sa présence constante. Ce qui bloque en revanche : les métiers qui nécessitent une présence physique, ceux qui demandent un accès à des équipements spécifiques, et ceux dont la relation client exige impérativement des réunions en présentiel régulières.

Modèles de revenus complémentaires

Le freelancing a une limite fondamentale : tu échanges du temps contre de l’argent. Quand tu ne travailles pas, tu ne gagnes pas. Les formations en ligne sont l’un des modèles les plus populaires. Tu crées une fois une formation vidéo sur ton expertise, et tu la vends indéfiniment sans effort supplémentaire.

L’affiliation consiste à recommander des produits ou services d’autres entreprises et à toucher une commission sur chaque vente générée. Le e-commerce et le dropshipping permettent de vendre des produits physiques sans gérer de stock. Les produits numériques (ebooks, templates, presets, plugins, outils…) sont une autre forme de revenus passifs très appréciée.

Ils vous surveillent

Récapitulatif pratique - Checklist pour démarrer

Étape Action concrète
Audit compétences Lister 3 services monétisables
Formation Suivre cours en ligne / lire livres / pratique
Offre Définir offre claire et tarifs
Prospection Plateformes, réseau, démarchage direct
Outils Ordinateur fiable, routeur portable, VPN, casque
Statut Créer micro-entreprise / choisir statut adapté
Sécurité Assurance RC Pro, compte pro séparé

Motivation et état d’esprit

Il ne fait aucun doute que prendre la décision ultime de devenir indépendant pour être libre de voyager tout en travaillant peut être à la fois libérateur et effrayant. Un changement de vie professionnelle impose de devoir faire des choix, de prendre des décisions rapides, de sortir de sa zone de confort et d’être son plus fervent supporter dans les moments difficiles. Ce n’est pas facile tous les jours.

Un des critères de réussite en affaires est de trouver du plaisir dans son activité. La plupart des entrepreneurs nomades accomplis ont une forte passion pour leurs idées ou leurs concepts. Ils savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils aiment faire. Leur travail devient un jeu.

Quand tu as 25 ou 30 ans, si tu te plantes, repartir de zéro est une option plus facilement envisageable. Quand tu as la quarantaine bien entamée, voire la cinquantaine, ta réflexion est un peu différente. Tu as peur de te retrouver sans rien. C’est tellement normal d’avoir des doutes.

Beaucoup d’entre elles ne sont tout simplement pas sûres d’elles, de leurs objectifs, de leurs capacités de travailler en voyageant autour du monde. C’est normal. Mais si tout ça vous plait et que vous avez envie de tenter l’expérience, restez avec moi. Nous allons maintenant discuter du meilleur moyen d’entamer ce nouveau style de vie.

Derniers conseils pratiques

  • Soignez votre organisation : rien ne sert de courir ou de faire plus d’heures que les autres.
  • Augmentez vos tarifs : chaque expérience passée est une corde en plus à votre arc.
  • Construisez un portfolio dès que possible.
  • Ne négligez pas la paperasse : être déclaré et assuré est indispensable.
  • Entourez-vous : réseau, mentors, événements et coworkings facilitent l’accès aux clients.

Alors, on a chopé le virus du voyage et on serait bien tenté de devenir freelance en ligne pour pouvoir continuer à crapahuter ?? Haha, je suis aussi passée par là ! C’est pourquoi j’ai décidé de me reconvertir et de devenir freelance, afin de pouvoir lier ma passion du voyage à ma vie professionnelle. À vous, la liberté !

balises: #Freelance

Articles populaires: