Adrien Quatennens : affaire, condamnation et réactions — analyse détaillée

Épilogue judiciaire en vue dans l'affaire qui embarrasse La France insoumise depuis près de trois mois. En septembre, le député LFI avait reconnu publiquement avoir giflé sa femme, un an plus tôt. Adrien Quatennens a été condamné ce mardi par le tribunal de Lille dans le cadre d'une procédure de "plaider-coupable".

Faits reconnus et procédure

Mi-septembre, « Le Canard enchaîné » avait révélé cette affaire de violences conjugales. L'ancien numéro deux de LFI, mis en retrait à la suite de la révélation par Le Canard enchaîné du dépôt de deux mains courantes et d’une plainte par Mme Quatennens, avait reconnu publiquement deux faits : une gifle à son épouse « il y a plus d’un an » dans un contexte d'« agressivité mutuelle » ainsi que des SMS envoyés après la séparation du couple. Le couple est par ailleurs en instance de divorce.

Le député Adrien Quatennens, au QG de La France insoumise à Paris, le 27 avril 2022. En septembre dernier, après la révélation par la presse d'une main courante déposée par sa femme, Adrien Quatennens avait reconnu publiquement avoir giflé son épouse un an plus tôt. Il s'était ensuite mis en retrait de ses fonctions de coordinateur au sein de LFI.

Le jugement a été rendu par le parquet de Lille après une procédure de « plaider-coupable » pour une gifle infligée à sa femme et des SMS répétés. L'ex-numéro 2 des insoumis avait rendez-vous ce mardi à 8h30 au tribunal de Lille dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, appelée le "plaider-coupable" à la française.

La décision judiciaire

Le député Adrien Quatennens (La France insoumise, LFI) a été condamné à quatre mois de prison avec sursis, mardi 13 décembre, pour des violences sur son ex-compagne. Il devra également lui verser 2 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral. La peine avait été proposée à M. Quatennens par la procureure de la République de Lille dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Elle a ensuite été homologuée publiquement par un juge, à l’issue d’un huis clos prononcé pour « assurer le respect de la vie privée et intime des personnes » ainsi que la « sérénité des débats ».

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Mardi matin, au tribunal judiciaire de Lille, Adrien Quatennens s'est d'abord entretenu pendant 25 minutes à huis clos avec la procureure qui, après s'être assurée qu'il plaidait toujours coupable, lui a proposé une peine de quatre mois de prison avec sursis. Celle-ci a ensuite été validée par un juge.

Après l'audience, l'avocate du député, Jade Dousselin, a affirmé lors d'un micro tendu que "cette peine de 4 mois avec sursis [était] un avertissement solennel". Et d'ajouter qu'elle "ne l'empêche pas de reprendre sa place à l'Assemblée nationale".

Sanction politique et conditions de retour

Quelques heures après la décision de la justice, la sanction politique est tombée : Adrien Quatennens sera radié de son groupe à l'Assemblée nationale pour une durée de quatre mois. Le groupe LFI à l'Assemblée détaille les "modalités" de cette suspension : l'ex-coordinateur du mouvement fait l'objet d'une "radiation temporaire du groupe parlementaire LFI-Nupes pour une durée de 4 mois à compter d'aujourd'hui et jusqu'au 13 avril 2023". Son "retour dans le groupe parlementaire" sera "conditionné à l'engagement de suivre un stage de responsabilisation sur les violences faites aux femmes auprès d'associations féministes".

Exclu pendant quatre mois de son groupe, son retour dans celui-ci avait été publiquement dénoncé par plusieurs députées du mouvement. Adrien Quatennens avait rejoint les bancs de l'Assemblée nationale un mois à peine après sa condamnation. Le député est écarté pour quatre mois de son groupe politique à l'Assemblée, ont annoncé les députés insoumis dans un communiqué.

Réactions politiques et internes à la NUPES

La peine désormais connue, se posait la question du retour ou non du député dans l'hémicycle, ainsi que de sa place au sein du groupe parlementaire. Une dizaine d'élus « insoumis » s'étaient cependant rendus devant le tribunal pour soutenir M. Quatennens mardi matin. Plusieurs élus et militants se sont réunis ce mardi matin pour soutenir le député devant le tribunal lillois, tandis que des militantes de l'association #NousToutes réclamaient son départ.

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Jean-Luc Mélenchon, qui avait dans un premier temps affiché son soutien au député, provoquant l'ire des militants féministes et une crise au sein de LFI, ne s'est pas exprimé depuis ces nouvelles accusations. Sans attendre sa réaction, le groupe LFI-Nupes à l'Assemblée nationale a publié un communiqué annonçant que M. Quatennens sera radié du groupe « pour une durée de quatre mois, à compter d'aujourd'hui et jusqu'au 13 avril 2023 », et que « son retour dans le groupe parlementaire [sera] conditionné à l'engagement de suivre un stage de responsabilisation sur les violences faites aux femmes auprès d'associations féministes ».

Les alliés de la Nupes s'interrogent. « Un député condamné pour violences conjugales ne peut pas siéger », estime de son côté Sandrine Rousseau. Pour la députée écologiste, Adrien Quatennens "doit démissionner par respect pour les femmes, pour nos combats et les valeurs que nous défendons". La sénatrice écologiste Mélanie Vogel ajoute : "S’il ne veut pas envoyer un message catastrophique à toutes les femmes victimes de violences et à toutes les personnes qui s’engagent dans des mouvements qui se disent féministes, Adrien Quatennens doit démissionner." Le député communiste Sébastien Jumel s'est également interrogé : "est-il en situation de défendre la cause commune qui est la nôtre, y compris la cause des féministes ?".

« On ne peut pas le comparer à des gens qui tabassent leur femme, qui mettent du GHB dans des verres », avait déclaré le maire de Faches-Thumesnil (Nord), l'« insoumis » Patrick Proisy, en référence à la condamnation récente du proche d'Emmanuel Macron Laurent Bigorgne. « Nous, on espère qu’il revienne. On ne peut pas se passer d’un orateur comme Adrien Quatennens dans le combat qui se prépare sur les retraites », avait ajouté l'élu.

Position d'Adrien Quatennens et évolution médiatique

Adrien Quatennens a exclu dans la soirée de démissionner de son poste de député, estimant être victime d'un "lynchage médiatique". « Démissionner après avoir été condamné pour un acte que j'ai reconnu créerait un précédent dangereux et ouvrirait la porte à toutes les instrumentalisations politiques de la vie privée », a-t-il déclaré dans La Voix du Nord, sa première prise de parole depuis sa condamnation dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable. Le député du Nord estime désormais avoir « pris sa juste part » et « refuse d’en prendre davantage », excluant toute démission de son poste de député.

Dans un long entretien télévisé, celui que Jean-Luc Mélenchon considère comme son héritier avait dénoncé, dès le lendemain de sa condamnation, un « lynchage médiatique », critiquant également son ex-épouse et ses « menaces ». « J’ai payé bien assez cher sur tous les plans. Je ne céderai pas », avait-il en outre argumenté pour justifier qu’il conserve son siège de député.

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En décembre 2022, le député LFI du Nord Adrien Quatennens avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences sur son ex-compagne. Au micro de RTL ce mercredi 14 février, l'élu est revenu sur cet épisode. "Il m'est arrivé dans ma vie de commettre cette faute, une fois, lors d'une dispute conjugale, d'avoir levé la main. Je n'ai jamais voulu banaliser ou minimiser ce geste, qui a été rendu public longtemps plus tard dans un contexte particulier qui est celui d'un divorce. Je regrette non seulement d'avoir levé la main, mais je regrette aussi, parce que j'ai compris maintenant et que j'ai travaillé sur le sujet, les mots que j'ai employés au moment de ma défense, qui n'étaient pas adaptés."

Ce mercredi, sur France 2, le député de La France insoumise Adrien Quatennens a assuré « regretter » de s’être placé en victime juste après sa condamnation pour violences conjugales en décembre 2022. Lors de cette première intervention médiatique en forme de mea culpa, il a estimé que « chacun peut s’améliorer ». « Ce que je regrette, c’est d’avoir un jour levé la main, ça oui », a déclaré dans l’émission « Télématin » le député, condamné à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lille dans une procédure de plaider-coupable.

« Ce que je regrette aussi, c’est d’avoir mal compris à l’époque que certains mots pour ma défense étaient mal choisis. Aujourd’hui, je ne les redirais pas », a-t-il ajouté. « J’ai appris, j’ai travaillé, j’ai compris » a-t-il expliqué, tirant la conclusion qu’il « faut défaire certains mécanismes qui sont intériorisés en nous, notamment des mécanismes sexistes ». « Mais la conclusion que j’en tire, c’est aussi que chacun peut s’améliorer », a-t-il complété.

Enquête, éléments et appréciation de la défense

L'avocate d'Adrien Quatennens, Jade Dousselin, a souligné que la décision de la justice arrivait au terme "d'une enquête extrêmement poussée, avec des auditions, des témoignages, des enquêtes psy et des analyses téléphoniques", qui ont permis de conclure que le député du Nord "n'était pas coupable de violences répétées".

"Cette peine de quatre mois avec sursis est un avertissement solennel, celui d'un homme dont on sait qu'il ne reviendra pas devant la justice, et qui ne l'empêche pas de pouvoir réintégrer l'Assemblée et poursuivre son mandat électif ", a poursuivi Me Dousselin.

Impact sur La France insoumise et le débat public

La révélation de l'affaire avait fait grand bruit et semé la discorde au sein même de LFI, un parti pourtant engagé sur la question des violences envers les femmes. Après la révélation de l'affaire, les parlementaires LFI avaient réagi de différentes manières, ce qui leur avait valu de nombreuses critiques. La cacophonie chez LFI a mis en lumière les tensions internes entre soutien partisan et exigences éthiques portées par les alliés de la NUPES.

Le collectif féministe #NousToutes a demandé la démission du député du Nord, estimant dans un communiqué lundi qu'« un homme violent ne peut représenter les femmes victimes de violences sur le territoire français ».

Image et vidéo explicatives

Points clés récapitulatifs

  • Faits reconnus : une gifle « il y a plus d’un an » et des SMS répétés après la séparation.
  • Procédure : comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (« plaider-coupable »).
  • Sanction judiciaire : quatre mois de prison avec sursis et 2 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral.
  • Sanction politique : radiation temporaire du groupe parlementaire LFI-Nupes pour 4 mois, retour conditionné à un stage de responsabilisation.
  • Réactions : division au sein de la NUPES, appels à la démission de plusieurs élus écologistes et socialistes, mais aussi soutiens internes.
  • Position de l'intéressé : refus de démissionner, regrets publics ultérieurs et participation à un stage de sensibilisation.

Tableau synthétique

Élément Détail
Faits Giflé son épouse; SMS répétés après séparation
Procédure Plaider-coupable (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité)
Peine 4 mois de prison avec sursis; 2 000 € de dommages et intérêts
Sanction politique Radiation temporaire du groupe LFI-Nupes 4 mois; stage conditionnel pour retour
Réactions Appels à la démission, division au sein de la NUPES, mobilisation d'associations féministes

La justice a fait son travail. La question se pose désormais de son retour dans l'hémicycle et de sa place au sein du parti.

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