L'Entrepreneuriat Féminin en France : Statistiques, Défis et Financement
Loin d'être dissuadées par les effets de la crise sanitaire, les femmes sont de plus en plus nombreuses à créer leur entreprise. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à créer leur entreprise en France et pourtant les inégalités persistent, notamment en matière de levées de fonds. Aujourd'hui, plusieurs actions sont mises en place pour un meilleur financement de leurs projets.
À l’heure où l’entrepreneuriat est en pleine croissance, quelle est la part des femmes qui se lancent dans la fondation d’un projet professionnel ? Qu'indique le baromètre de la sphère entrepreneuriale cette année ? Quelles sont les aides pour stimuler la création ou la reprise d’entreprise par des femmes dans le pays ?
En 2025, l’auto-entrepreneuriat féminin est en plein essor, mais des disparités persistent. Si les femmes représentent une part croissante des micro-entrepreneurs, elles se heurtent encore à des freins structurels : accès limité aux financements, charge mentale accrue et inégalités de revenus. Quel est le portrait actuel des femmes auto-entrepreneures en France ?
Elles sont de plus en plus nombreuses à sauter le pas, à troquer le salariat pour l’indépendance, à s’émanciper du carcan hiérarchique pour donner corps à leur propre projet. En 2025, les femmes occupent une place croissante dans l’auto-entrepreneuriat en France, mais derrière l’enthousiasme des chiffres, la réalité est plus contrastée.
Si le régime de la micro-entreprise - souvent appelé à tort auto-entreprise - séduit par sa simplicité et son accessibilité, il reste une porte d’entrée, non un eldorado. Le succès, lui, ne dépend pas uniquement d’un formulaire d’inscription en ligne ou d’un numéro SIRET, mais bien d’un équilibre précaire entre ambitions, contraintes administratives et réalité économique.
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Femmes et entrepreneuriat - CESE
Les Femmes Auto-Entrepreneures en France : Secteurs et Motivations
Selon les dernières données de l’URSSAF et de l’INSEE, le nombre de créations de micro-entreprises a encore bondi ces dernières années. Sur ce marché en plein essor, les femmes sont de plus en plus présentes, bien que leur répartition sectorielle trahisse encore des choix dictés par des schémas sociaux bien ancrés. Elles investissent majoritairement les domaines du bien-être, des services à la personne, du commerce et de la communication, bien loin des bastions techniques ou industriels où les marges sont plus confortables.
En 2025, le paysage de l’auto-entrepreneuriat féminin continue d’afficher des tendances sectorielles marquées, reflet à la fois des opportunités du marché et des choix contraints par des facteurs culturels et sociaux. Le secteur du bien-être demeure l’un des principaux terrains d’épanouissement entrepreneurial féminin. Les femmes y représentent une écrasante majorité des auto-entrepreneurs, profitant d’un cadre juridique simplifié pour développer une clientèle sans avoir à s’aligner sur les contraintes d’une structure plus lourde.
L’essor des métiers liés au développement personnel et aux thérapies alternatives traduit également une évolution sociétale, où la santé mentale et le bien-être deviennent des préoccupations centrales. L’explosion du commerce en ligne a offert aux femmes une nouvelle porte d’entrée vers l’indépendance économique. Vendre des produits artisanaux, créer une marque de vêtements ou développer une boutique en dropshipping sont autant d’options désormais accessibles avec un investissement initial limité.
Si les femmes restent largement sous-représentées dans les secteurs technologiques et numériques, on observe depuis quelques années une progression significative des entrepreneures dans le domaine de la communication digitale. Graphisme, rédaction web, community management et consulting en marketing digital sont autant de métiers où les femmes trouvent leur place grâce à des compétences souvent acquises en autodidacte ou lors de reconversions professionnelles.
Si l’auto-entrepreneuriat féminin est en plein essor, il reste confiné à des secteurs historiquement perçus comme « féminins ». En 2025, les femmes sont encore largement minoritaires dans des domaines techniques comme l’informatique, l’ingénierie ou l’artisanat du bâtiment. Pourtant, ces secteurs offrent des perspectives plus lucratives et un potentiel de développement plus important.
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Les motivations des femmes à se lancer dans l’auto-entrepreneuriat sont multiples et reflètent une quête d’autonomie et de sens dans leur parcours professionnel. Une étude menée par France Active en 2023 révèle que 48 % des femmes de moins de 60 ans sont motivées par l’envie de créer leur propre entreprise, un chiffre supérieur à celui de leurs homologues masculins (40 %).
Parmi les principales raisons évoquées, l’opportunité de gagner plus d’argent arrive en tête (54 %), suivie par le désir de concrétiser une idée personnelle (49 %) et la volonté de donner plus de sens à leur vie professionnelle (45 %). De plus, pour 32 % des femmes, la création d’entreprise est perçue comme un moyen de sortir d’une situation professionnelle précaire.
Le Choix du Statut Juridique : Micro-Entreprise vs. Entreprise Individuelle
Dans ce paysage, le choix du statut juridique revêt une importance cruciale. Le régime de la micro-entreprise, s’il séduit par sa simplicité administrative et fiscale, impose des plafonds de chiffre d’affaires qui peuvent rapidement devenir des freins. Pour celles qui ambitionnent de voir plus grand, l’entreprise individuelle offre plus de souplesse, notamment en matière de fiscalité et de gestion financière.
Derrière les termes « auto-entrepreneur », « micro-entreprise » et « entreprise individuelle » se cachent des réalités juridiques distinctes qui ont un impact direct sur la gestion, la fiscalité et l’évolution d’une activité indépendante. Si le régime de la micro-entreprise a largement contribué à la démocratisation de l’entrepreneuriat en France, il s’agit avant tout d’un cadre simplifié, limité par des plafonds de chiffre d’affaires et des obligations comptables allégées.
Le choix du bon statut dépend ainsi de nombreux critères : la nature de l’activité, le niveau de chiffre d’affaires envisagé, le besoin de financement et les perspectives d’évolution. Depuis 2016, le régime de l’auto-entreprise a été officiellement fusionné avec celui de la micro-entreprise. Aujourd’hui, parler d’« auto-entrepreneur » revient donc à désigner un micro-entrepreneur, bien que le premier terme continue d’être largement utilisé dans le langage courant.
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Son principal atout réside dans sa simplicité. La déclaration de revenus s’effectue chaque mois ou chaque trimestre, et les obligations comptables se limitent à un livre des recettes et, pour certaines activités, un registre des achats. En 2025, les plafonds de chiffre d’affaires restent un élément central du régime : 77 700 € pour les prestations de services et professions libérales, 188 700 € pour les activités de commerce.
S’il constitue une excellente porte d’entrée pour tester une activité, ce statut peut rapidement montrer ses limites. Contrairement à la micro-entreprise, l’entreprise individuelle (EI) offre plus de latitude en matière de gestion fiscale et comptable. Autre avantage majeur : une protection accrue du patrimoine personnel. Depuis 2022, le régime de l’EI protège automatiquement les biens personnels de l’entrepreneur, sans nécessité de créer une Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL), un statut désormais supprimé.
En revanche, l’entreprise individuelle impose des obligations comptables plus strictes : tenue d’un bilan, compte de résultat, déclarations fiscales détaillées. Le choix du statut juridique dépend avant tout des ambitions et des contraintes de chaque entrepreneure. La micro-entreprise reste un excellent point de départ pour tester une idée avec un minimum de démarches et de risques financiers.
Toutefois, pour celles qui envisagent une activité à plus forte croissance, l’entreprise individuelle constitue une alternative plus souple, offrant davantage de possibilités en matière de fiscalité et de gestion patrimoniale. Les projets nécessitant des investissements conséquents ou impliquant une hausse rapide du chiffre d’affaires gagneront à être structurés dès le départ sous ce régime.
Un point clé reste l’accès aux aides et au financement. Certaines subventions et dispositifs de soutien sont spécifiquement destinés aux femmes entrepreneures, mais les critères d’éligibilité varient selon le statut choisi. Dans un environnement où les femmes doivent souvent composer avec des obstacles supplémentaires - sous-évaluation de leurs prestations, difficulté d’accès au crédit, poids de la charge mentale - choisir le bon statut dès le départ peut faire la différence entre un projet qui stagne et un business qui prospère.
Obstacles et Défis Persistants pour les Femmes Auto-Entrepreneures
En 2025, malgré une progression notable de l’entrepreneuriat féminin en France, les femmes auto-entrepreneures continuent de faire face à des obstacles structurels significatifs. L’accès au financement demeure un obstacle majeur pour les femmes entrepreneures. Bien que 33,5 % des entreprises créées en 2023 l’aient été par des femmes, ces dernières n’ont capté que 11 % des montants collectés en 2022.
Cette disparité s’explique par plusieurs facteurs, notamment des biais inconscients lors des processus de sélection des investisseurs et une moindre présence des femmes dans les secteurs traditionnellement perçus comme lucratifs, tels que la technologie ou l’industrie. Les obstacles s’étendent également aux prêts bancaires. Les femmes entrepreneures rencontrent souvent des difficultés accrues pour obtenir des financements, en partie en raison de préjugés persistants sur leur capacité à gérer des entreprises prospères.
Pour pallier ces inégalités, plusieurs dispositifs ont été mis en place. Bpifrance, par exemple, a accompagné en 2023 plus de 78 000 femmes porteuses de projets ou cheffes d’entreprises, représentant 50 % des personnes soutenues par les réseaux affiliés.
Les stéréotypes de genre profondément ancrés dans la société influencent la perception que les femmes ont de leurs propres compétences et de leur légitimité professionnelle. Ces normes sociétales traditionnelles peuvent conduire à une intériorisation de croyances limitantes, freinant ainsi leur ambition entrepreneuriale.
Le manque de modèles féminins, notamment dans des secteurs tels que la technologie ou l’industrie, renforce ce sentiment d’illégitimité et dissuade les femmes de valoriser adéquatement leurs services. Par ailleurs, les pressions culturelles assignant aux femmes la responsabilité principale des tâches domestiques et familiales impactent leur disponibilité et leur énergie pour développer pleinement leur entreprise.
Malgré leur engagement et leur expertise, les femmes auto-entrepreneures perçoivent en moyenne des revenus inférieurs à ceux de leurs homologues masculins. En 2022, les femmes auto-entrepreneures déclaraient un revenu annuel moyen de 6 598 €, soit 18,9 % de moins que les hommes, dont le revenu moyen s’élevait à 8 135 €.
Parmi les pensées limitantes, le syndrome de l’imposteur. Ce phénomène psychologique où l’individu doute de ses compétences malgré des réussites avérées, touche particulièrement les femmes. Ce sentiment d’illégitimité conduit souvent à une sous-évaluation de la valeur de leurs services et, par conséquent, à des revenus moindres.
Initiatives et Perspectives d'Avenir
À l’aube de 2025, l’entrepreneuriat féminin en France se trouve à un carrefour décisif. Les pouvoirs publics et les acteurs privés ont mis en place plusieurs dispositifs pour encourager l’entrepreneuriat féminin. Parmi eux, la garantie ÉGALITÉ Femmes, gérée par France Active, facilite l’accès au crédit bancaire en couvrant jusqu’à 80 % du montant emprunté, dans la limite de 50 000 €.
Ce dispositif vise à soutenir les femmes créant ou reprenant une entreprise, en particulier celles en situation de précarité ou demandeuses d’emploi. Parallèlement, le programme Wom’energy du Réseau Entreprendre offre un accompagnement personnalisé aux cheffes d’entreprise à travers des prêts d’honneur et un réseau de mentors expérimentés.
Cependant, au-delà des aides financières, l’importance des réseaux de soutien et du mentorat est cruciale. La mise en relation avec des modèles féminins inspirants permet aux nouvelles entrepreneures de se projeter et de croire en la réussite de leurs projets.
La digitalisation a transformé le paysage entrepreneurial, offrant de nouvelles opportunités aux femmes souhaitant se lancer en tant qu’auto-entrepreneures. Les plateformes de freelancing, telles que Malt ou Upwork, permettent aux professionnelles de proposer leurs services à une clientèle élargie, tout en bénéficiant d’une flexibilité appréciable pour concilier vie professionnelle et personnelle.
L’essor de l’intelligence artificielle et de l’automatisation offre également des perspectives inédites. Ces technologies permettent d’optimiser les processus, de réduire les tâches répétitives et de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée. Néanmoins, cette évolution s’accompagne de défis, notamment en termes de précarisation et de concurrence accrue.
Les plateformes numériques, bien que facilitant l’accès au marché, peuvent entraîner une pression à la baisse sur les tarifs et une instabilité des revenus. Si les freins persistent, ils ne sont pas insurmontables. Le financement reste un enjeu clé, mais de nouvelles solutions émergent : plateformes de financement participatif, fonds à impact dédiés, programmes d’amorçage spécifiques.
Les pistes d’action sont nombreuses et déjà en mouvement. Favoriser les partenariats internationaux portés par des femmes, créer des dispositifs d’accompagnement sur mesure, renforcer les incubateurs engagés dans l’égalité économique : autant de leviers concrets pour accompagner une nouvelle génération d’entrepreneures vers l’export.
Le sujet de l’entrepreneuriat féminin est plus que jamais au cœur de l’activité professionnelle en France, en 2025 ! Le secteur de l’entrepreneuriat demeure majoritairement masculin, en 2025. En effet, 28 % de la chaîne entrepreneuriale seulement est représentée par les femmes.
Si les femmes se montrent de plus en plus frileuses, c’est parce qu’elles manquent de confiance en elles (21 %). Plus encore, 34 % d’entre elles ont peur de l’échec : dans un contexte économique tendu, elles ne veulent pas prendre de risque. En 2024, les créatrices d’entreprises ont en moyenne 41,6 ans.
Alors que les hommes, eux, sont plus motivés par l’attrait du gain financier, le Baromètre sur l’entrepreneuriat au féminin en 2025, mené par France Active et la FBF, révèle que 56 % des femmes entrepreneures ont choisi cette voie pour donner du sens à leur vie pro. Près de 6 femmes sur 10 ressentent plus de motivation face à l’entrepreneuriat que face au salariat.
Selon le Baromètre Infogreffe, Les Femmes et l’entrepreneuriat en France en 2024, publié le 8 mars 2025, 50,1 % des entrepreneuses travaillent dans l’un des 3 secteurs suivants : l’enseignement, la santé ou l’action sociale. Le secteur de l’industrie manufacturière et extractive est prisé par 40,6 % des femmes.
La BPI lance son programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, pour soutenir les entrepreneurs dans toutes leurs diversités, quels que soient leur statut, leurs objectifs ou leur secteur. Le programme French Tech Tremplin a été lancé en 2019. Son objectif est de promouvoir l’égalité des chances entre entrepreneurs issus de milieux sous-représentés dans l’univers français de la tech.
Les femmes qui souhaitent racheter une entreprise sont confrontées à plus de difficultés que les hommes. En effet, 48 % d’entre elles peinent à négocier contre 44 % des hommes. En France métropolitaine, c’est la côte Ouest qui compte le plus d’entreprises dirigées par des femmes. En première place, la Normandie avec 36,3 % de ses sociétés dirigées par une cheffe, suivie de près par la Bretagne, avec 36 %.
Selon le Baromètre sur l’entrepreneuriat des femmes en France, parmi les entreprises créées par des femmes, 26 % le sont avec moins de 1 000 € au démarrage. 1 entreprise sur 4 a été capable d’embaucher un ou plusieurs salariés. Seulement 4% des entreprises gérées par une femme ont dû licencier.
Beaucoup de femmes se refusent le droit à l’entrepreneuriat. Elles hésitent à se lancer à leur compte par peur de manquer de temps, de soutien et de moyens. En effet, les femmes sont en petit nombre dans ces secteurs, et c’est premièrement parce qu’ils souffrent encore d’une image très masculine.
Les investisseurs sont moins frileux devant les projets portés par des hommes que ceux des femmes. En guise d’exemple, en 2022, seules 11 % des levées de fonds étaient dirigées vers des entreprises portées par une femme, selon BPI France. D’ailleurs, l’accès au crédit bancaire est aussi plus difficile pour les cheffes d’entreprise.
Selon le Baromètre 2024 de L’Entrepreneuriat Féminin mené par Infogreffe, les femmes cheffes d’entreprise gagnent en moyenne 30 % de moins que leurs homologues masculins.
De nombreux programmes ont vu le jour pour accompagner les femmes entrepreneures. Plus qu’une simple aide, ces dispositifs sont de véritables soutiens pour informer, rompre l’isolement, accompagner, sécuriser les débuts, mais aussi et surtout, montrer aux femmes qu’elles sont aussi légitimes que les hommes !
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