Histoire et évolution de la fabrication des bonbons

Les bonbons, petites confiseries sucrées qui suscitent plaisir et souvenirs, ont une histoire millénaire mêlant médecine, commerce, artisanat et industrie. Au commencement, il y a 600 ans avant notre ère, il y avait le « roseau qui donne du miel sans le secours des abeilles », découvert par les Perses, qui en firent une friandise qu’ils voulurent garder secrète.

Des origines antiques à la diffusion méditerranéenne

Six cents ans avant notre ère, les Perses découvrent un roseau qui donne du miel sans le secours des abeilles. Ils en font une sucrerie qu’ils veulent garder secrète. Alexandre le Grand, très intéressé par ces délicieux roseaux, en ramène des plants au IVe siècle avant J.-C. et la culture de la canne à sucre se répand lentement dans le bassin méditerranéen. En Chine et en Inde, le sucre de canne était déjà extrait et cristallisé il y a plus de 2 000 ans. Dès l’Antiquité, les Égyptiens confectionnaient déjà des douceurs à base de miel, de fruits secs et d’épices, qu’ils utilisaient à la fois pour leur plaisir et pour des raisons médicinales.

Le sucre, remède et épice au Moyen Âge

En Europe, le sucre apparaît au XIIe siècle avec la canne à sucre rapportée d’Orient par les Croisés. À cette époque, ce produit est considéré comme un remède : on trouve du sucre chez les apothicaires qui l’utilisent à des fins médicinales et thérapeutiques pour soigner ou purger certaines parties du corps telles que les reins, l’estomac, l’intestin ou encore la vessie. Durant une longue période, le sucre - considéré comme un remède au même titre que toutes les autres épices - est utilisé et vendu très cher par les apothicaires. Le sucre, comme les épices, est un produit très cher et luxueux réservé seulement aux rois et aux seigneurs.

Naissance des premières confiseries et traditions médiévales

Un jour, un cuisinier lança la mode des « épices de chambre » : il roula des graines, des pignons, des amandes, de la cannelle et du gingembre dans du sucre et les fit rissoler dans une poêle. Les invités les emportaient dans leur chambre pour mieux s’en régaler. Les ancêtres des bonbons étaient nés. Les « épices de chambre » rencontrèrent très rapidement un vif succès à la cour des rois. Parallèlement, une confiserie de luxe apparaît avec les premiers fruits confits et les marmelades. Les fruits confits se développent à l’arrivée des Papes en Avignon tandis que naissent dragées, nougats et pralines.

Renaissance, congrégations religieuses et spécialités locales

Au XVe siècle, seigneurs et rois offrent à leurs hôtes de marque des pâtes de sucre marquées de leurs armoiries, des dragées et des confitures, en signe de bienvenue. Les confiseurs ouvrent boutique à Paris et leurs magasins deviennent le rendez-vous de la société de la riche bourgeoisie. Différentes congrégations religieuses jouent un rôle important dans l’histoire de la confiserie : elles élaboraient des recettes dont on peut encore se délecter, comme les Anis de l’Abbaye de Flavigny ou les sucres d’orge des religieuses de Moret. Au XVIIe siècle, la réglisse, les gommes, les pastilles aux fruits et les marrons glacés apparaissent et se développent rapidement.

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Le mot « bonbon » et la popularisation

Le nom désignant une « confiserie sucrée » aurait été introduit au XVIIe siècle, probablement à partir d'une locution enfantine répétant le mot « bon » (issu du latin bonus). « Bonbon » n’est pas d’origine latine ; il provient du langage de l’enfant qui répète que c’est « bon » « bon ». En 1818 apparaît le mot bonbonnière (ou drageoir) pour la « boîte à bonbons ». Il apparaît alors dans la littérature enfantine.

Le XIXe siècle : démocratisation grâce au sucre de betterave

C’est au XIXe siècle que le sucre se démocratise réellement, grâce à l’apparition du sucre de betterave. Elle a été et est encore fortement poussée par l'industrie sucrière et la baisse des coûts du sucre, au XIXe siècle, et par l'industrie agroalimentaire qui a profité de l'extension de la culture de la betterave à sucre et de la canne à sucre. Les confiseries industrielles se développent au cours du XIXe siècle, lorsque, pour répondre à une demande croissante de la population, les sucreries deviennent financièrement abordables, grâce au sucre de betterave. Les pâtissiers et confiseurs avaient produit divers types de sucreries qui sont longtemps restées des produits de luxe ; le XIXe siècle marque un tournant.

L’ère industrielle et l’après‑Seconde Guerre mondiale

L’ère du bonbon industriel voit le jour à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après la deuxième guerre mondiale, c’est l’ère du bonbon industriel : formes nouvelles, couleurs variées, goûts étonnants, textures surprenantes. Les confiseries industrielles, produites à très grande échelle, contiennent généralement plus de sucre, de graisse, d’arômes et de colorant que les confiseries produites de manière artisanale. Les secrets des recettes de fabrication des bonbons industriels sont généralement gardés par les producteurs afin que le processus de fabrication ne soit pas copié. Les bonbons Haribo sont l’exemple idéal de la confiserie industrielle : carambars, malabars, nounours en guimauves, ours en gelée : les possibilités de goûts, couleurs, formes et textures sont illimités.

Artisanat et bonbons traditionnels

Les bonbons confectionnés de façon artisanale sont apparus dans la société après que le sucre commence à être consommé en tant que gourmandise. La spécificité de ces bonbons est qu’ils étaient fabriqués avec du sucre mais également des arômes naturels tels que des épices ou encore des plantes, des fruits, des fleurs, du miel, de la réglisse. Certains bonbons confectionnés de manière traditionnelle et artisanale peuvent avoir le goût de fleurs (violette, roses, coquelicot, etc.) ou encore de plantes telles que l’anis ou la réglisse. Ces sucreries sont généralement réalisées sur place, et avec des produits naturels. La guimauve, par exemple, est généralement réalisée de façon artisanale avec du blanc d’œuf monté à chaud avec du sirop de plante. Le chamallow quant à lui se fabrique grâce à une émulsion de sucre avec de la gélatine de poisson. Les bonbons confectionnés de façon artisanale sont généralement des valeurs sûres en termes de goût, d’authenticité et de procédés de fabrication.

Régionalités et spécialités

Chaque région a généralement sa spécificité : les bonbons au caramel et beurre salé en Bretagne, par exemple. Les bonbons anciens témoignent d’époques révolues, de traditions oubliées et de savoir-faire artisanaux transmis de génération en génération. Les ancêtres des bonbons et les spécialités locales ont survécu : dragées, nougats, pralines, fruits confits, berlingots, pâtes de fruits, marrons glacés et autres gourmandises sont autant d’exemples.

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Consommation, fête et usages sociaux

Depuis plus d'un siècle, le sucre est son principal ingrédient, en quantité variant selon les recettes. Des bonbons sont offerts lors de certaines fêtes, comme à Noël ou à la Saint-Nicolas. Pour Halloween, les enfants viennent sonner de portes en portes, déguisés en monstres pour en collecter. Après la Seconde Guerre mondiale, la publicité a ancré le bonbon comme aliment-plaisir, aliment-récompense ou un aliment-cadeau destiné aux enfants. Le partage de bonbons peut renforcer des amitiés, et inversement le vol ou racket de bonbons peut être une marque de domination dans les cours d'école.

Publicité, santé et régulation

Les enfants sont exposés à une quantité significative de publicités ; on sait qu’être exposé à la publicité pour des produits gras, sucrés, salés, crée des préférences et augmente la consommation de ce type de produits. Une grande partie des publicités « alimentaires » concernent des produits trop gras, trop salés et/ou trop sucrés pour être sans risques pour la santé, et ces produits sont conçus pour être addictifs. Cela contribue au surpoids de 17 % des enfants et adolescents français (6-17 ans, dont 4 % sont obèses), surpoids qui peut encourager à consommer encore plus de sucreries réconfortantes. En 2019, en France, les investissements publicitaires du secteur alimentaire étaient encore majoritairement faits à la télévision et de manière croissante sur Internet ; 48 % d’entre eux concernaient des produits aux Nutri-Scores classés D et E.

Évolutions récentes : innovations, bio et nouvelles attentes

Avec les bonbons fabriqués de manière industrielle se sont très largement démocratisées les pastilles rafraîchissantes, les gommes vertes, les bonbons sans sucre ou encore les chewing-gums de toutes sortes. Aujourd’hui, la tendance des bonbons bio séduit de plus en plus de monde. Dans un souci de santé et de consommation de produits d’origine naturelle, la fabrication de sucreries de manière biologique représente une option intéressante pour de nombreux consommateurs. Les bonbons bio se déclinent dans une grande variété de goûts, de formes et de couleurs ; leur caractéristique est qu’ils sont composés de produits d’origine biologique et ne contiennent pas d’additifs chimiques, conservateurs ou arômes artificiels. La plupart des fabricants de bonbons répondant aux normes du bio remplacent la gélatine par du miel, de la pectine de pomme biologique ou de l’agar-agar pour créer un effet gélatineux naturel. Le bonbon biologique reste bien entendu une friandise et doit être consommé avec modération.

Chiffres et marché contemporain

En 2012, les Français ont dépensé 1,054 milliard d'euros pour acheter 224 000 tonnes de bonbons et sucreries. En 2013 et dans la décennie suivante, la consommation et les dépenses ont évolué : en 2023, ils ont dépensé environ 1 194 milliards d'euros de friandise et 4,26 milliards d'euros de confiserie au sens large. La grande disponibilité de bonbons augmente leur consommation.

Le bonbon comme objet culturel et perspectives

Les bonbons sont bien plus que des douceurs régressives : ils racontent une histoire millénaire faite d’innovations, de traditions et de passion. Ils sont omniprésents dans notre quotidien et se déclinent en une infinité de formes, de saveurs et de textures. A quoi ressemblera le bonbon de demain ? Toujours plus « naturel » et étonnant, ou carrément surprenant ? Cette histoire est loin d’être terminée.

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BONBONS : Comment sont-ils (vraiment) faits ? 🍭

Période Événement clé
~600 av. J.-C. Découverte de la canne à sucre chez les Perses
IVe s. av. J.-C. Introduction en Méditerranée par Alexandre le Grand
XIIe siècle Introduction du sucre en Europe par les Croisés
XVe-XVIIe siècle Naissance des fruits confits, dragées, pralines, puis pastilles et marrons glacés
XIXe siècle Démocratisation grâce au sucre de betterave
Après 1945 Ère du bonbon industriel et massification de la production
Années 2000-2020s Essor des bonbons sans sucre, bio et innovations gustatives

Sources et repères historiques : traditions antiques (Égyptiens, Grecs, Romains), rôle des apothicaires au Moyen Âge, influence des Papes en Avignon, boutiques de confiseurs à Paris, révolution du sucre de betterave au XIXe siècle, industrialisation après la Seconde Guerre mondiale, et tendances actuelles vers le bio et l’innovation.

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