Financement des Campagnes Municipales en France : Les Règles Essentielles à Connaître
Les prochaines élections municipales auront lieu en mars 2026, et la période préélectorale, débutant le 1er septembre 2025, impose des règles strictes en matière de communication et de financement pour les candidats.
Six mois avant les deux tours des élections municipales, les candidats rentrent en période préélectorale qui leur impose des règles strictes en matière de communication et de financement.
Guide pratique des élections municipales
Communication Encadrée Pendant la Période Préélectorale
Dans l’attente du début de la campagne officielle, deux semaines avant le premier tour des élections municipales, les exécutifs des communes et des intercommunalités vont devoir être très prudents sur leurs communications institutionnelles pour ne pas faire la promotion des actions de l’équipe sortante candidate.
D’ici au 1er septembre 2025, la collectivité assure sa communication, sans restriction. Mais à partir du 1er septembre 2025, la communication institutionnelle (celle de la commune et de l’intercommunalité, notamment) et celle des candidats seront soumises aux restrictions prévues par le code électoral (art. L. 52-1).
Cette règle est définie par l’article L.52-1 alinéa 2 du code électoral et peut avoir de lourdes conséquences si elle n’est pas respectée : annulation de l’élection, inéligibilité, amendes ou condamnation judiciaire.
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Ainsi, les candidats qui sont déjà aux affaires dans une commune ou une intercommunalité doivent veiller à ne pas mettre en valeur leur bilan sur les fonds de la collectivité.
L’Association des maires de France (AMF) a publié une note dans laquelle elle précise les règles en matière de communication pour les communes. L’organisation explique qu’il est « fortement déconseillé » qu’une collectivité fasse son bilan dans la période préélectorale.
Cela concerne aussi les bulletins d’informations édités par ces collectivités et notamment l’éditorial rédigé et signé par le maire ou le président de l’intercommunalité. L’AMF précise que cet éditorial ne doit pas être nécessairement supprimé à partir du 1er septembre, mais qu’il doit être neutre et ne parler que de la vie locale.
Si des photographies du maire sont publiées, elles ne doivent pas mettre en valeur son action. Il en va de même pour les sites internet, blog et comptes sur les réseaux sociaux de ces collectivités.
Mais ces règles s’appliquent également aux inaugurations. Les collectivités peuvent toujours organiser des événements mais seulement si elles ne comportent pas d’actions qui pourraient influencer les électeurs. Ces inaugurations ne doivent pas non plus être plus nombreuses que les années précédentes au risque de laisser penser que le maire sortant cherche à peser sur le résultat de l’élection.
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À partir du 1er septembre 2025 et jusqu’au jour de l’élection, la communication délivrée par la collectivité devra donc rester neutre et informative. Il conviendra de bien distinguer la communication de la collectivité et celle du candidat (en fonction ou non).
Règles Strictes de Financement des Campagnes Électorales
Pour les candidats aux prochaines municipales qu’ils soient maires sortants ou non, le 1er septembre marque aussi l’entrée en application des règles relative au financement des campagnes électorales.
Les règles relatives au financement de la campagne électorale s’appliquent également à compter du 1er septembre 2025.
Attention ! En matière de financement des campagnes municipales, la taille ça compte. En effet, les règles de financement applicables diffèrent selon le nombre d’habitants dans la commune.
Communes de Moins de 9 000 Habitants
S’agissant des communes de moins de 9 000 habitants, aucune règle spécifique s’applique si ce n’est l’interdiction de percevoir des dons de personnes morales (article L52-8 du Code électoral).
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Selon le dernier alinéa de l’article L. 52-4 du code électora l, les dispositions relatives au financement des campagnes électorales ne sont pas applicables à l’élection des conseillers municipaux dans les communes de moins de 9000 habitants.
Le candidat qui souhaite se présenter aux élections municipales dans une commune de moins de 9000 habitants n'a donc pas à désigner de mandataire financier ou d'association de financement électorale ni à déposer un compte de campagne auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).
Principes clés pour les communes de moins de 9 000 habitants :
- Absence d’obligation de compte de campagne et de mandataire financier
- Absence de plafonnement des dépenses
- Non-remboursement des dépenses de campagne (à l'exception des dépenses de propagande pour les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages dans les communes de 1 000 habitants et plus)
Communes de 9 000 Habitants et Plus
Au contraire, les communes de 9 000 habitants et plus doivent se soumettre à la loi n°95-65 du 19 janvier 1995 relative à la transparence de la vie politique et au financement public.
Les candidats dans les villes de plus de 9 000 habitants sont dans l’obligation de tenir un compte de campagne dans lequel apparaîtront les dons et les dépenses du candidat.
Règles Générales Applicables à Toutes les Communes :
- « Tous les candidats, quelle que soit la taille de la commune, sont soumis à l’interdiction faite aux personnes morales de participer au financement de la campagne électorale, à l’exception des partis et groupements politiques » , rappelle l’AMF dans une seconde note sur « le financement des campagnes électorales ».
- Les dons sont strictement encadrés. Une personne morale comme une entreprise a interdiction de donner à un candidat aux municipales.
- Les partis politiques et le candidat ou ses colistiers peuvent donner à la campagne sans plafond.
- Pour les particuliers qui ne peuvent donner que s’ils ont la nationalité française, les dons sont plafonnés à 4 600 euros par personne.
L’article L. 52-8 du code électoral (qui ne fait pas référence à l’article L. 52-4) est en effet « applicable à toutes les communes », comme l’a rappelé le Conseil d’État dans sa jurisprudence n° 173998 du 10 juin 1996.
Ainsi, même dans les communes de moins de 9000 habitants, une simple association loi 1901 ne peut collecter des dons en faveur d'un candidat ou soutenir sa campagne, à moins d'avoir le statut de parti ou groupement politique au sens de la loi du 11 mars 1988. Elle ne pourra que facturer des prestations contre paiement au candidat tête de liste.
Stratégie de Financement
En campagne électorale, l’argent constitue le nerf de la guerre. Le développement d’une bonne stratégie de financement de la campagne est par conséquent une étape essentielle dans la préparation de sa campagne municipale.
Une fois les grands principes connus, il convient de penser et déployer la stratégie de financement qui doit être en adéquation avec vos objectifs.
Dépenses à Prévoir
Tractage, affichage, déplacements, location de matériel, permanence, réunions publiques, frais de transports : une campagne municipale a forcément un coût qu’il convient de chiffrer afin d’éviter les mauvaises surprises. De manière générale, il convient de prévoir un minimum de 0,50 centimes par habitant, soit un budget de 4 000 euros pour une commune de 8 000 habitants.
Sources de Financement
- Les contributions personnelles: Bien souvent, les deniers personnels des candidats et des colistiers sont engagés. Cet apport ne fait l’objet d’aucun plafond et peut provenir de fonds propres ou d’un emprunt personnel. Il est donc possible d’emprunter pour financer tout ou partie de la campagne.
- L’appel aux dons: Si les dons de toutes natures en provenance de personnes morales sont prohibés, une exception existe pour les partis et groupements politiques (article L52-8 du code électoral). Cette interdiction de principe est appréciée de manière particulièrement stricte par les juridictions et doit, par conséquent, faire l’objet d’une attention singulière. De plus, il est possible et même nécessaire de faire appel aux dons de personnes physiques dans la limite de 4 600 euros. Ces dernières doivent être de nationalité française ou résider en France.
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