Fonctionnement et sources de financement du FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) est une institution financière internationale créée en juillet 1944 lors de la conférence de Bretton Woods. Il regroupe aujourd’hui 189 pays et a pour mission principale d’assurer la stabilité du système monétaire international (SMI) et la gestion des crises monétaires et financières. Le FMI se distingue des banques de développement, telles que la Banque mondiale ou la Banque européenne d’investissement, notamment par le fait qu’il ne peut pas emprunter sur les marchés financiers.

Objectifs et rôle du FMI

Initialement, le FMI devait garantir la stabilité du système monétaire international et faciliter l’expansion harmonieuse du commerce mondial. Lors des accords de Bretton Woods, chaque État devait définir la valeur de sa monnaie par rapport à l’or ou au dollar américain convertible en or. Le FMI joue un rôle d’intermédiaire financier entre États membres pour maintenir l’équilibre monétaire en permettant, en cas de déséquilibre de la balance des paiements, aux pays de recourir à des droits de tirage pour soutenir leur monnaie. Plus généralement, le FMI assure la stabilité du système financier international en intervenant en dernier ressort pour fournir de la liquidité et éviter la contagion lors de problèmes de solvabilité d’un pays ou d’une banque centrale.

Depuis 1976, le FMI a pour responsabilités :

  • Encourager la coopération monétaire internationale ;
  • Faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce mondial ;
  • Promouvoir la stabilité des changes ;
  • Aider à établir un système multilatéral de paiements ;
  • Mettre temporairement ses ressources à disposition des États membres en difficulté de balance des paiements, moyennant garanties adéquates.

De plus, l’institution négocie avec les pays emprunteurs des plans d’ajustement structurel, visant à corriger les causes profondes des difficultés économiques par des réformes souvent orientées vers la promotion des mécanismes du marché, la libéralisation commerciale, la réforme du marché du travail et la réduction du poids de l’État.

Structure de gouvernance du FMI

Le FMI est gouverné par ses 189 membres, chacun disposant d’une voix pondérée selon sa contribution financière (quote-part). Le Conseil des Gouverneurs, composé d’un gouverneur et d’un suppléant par pays (souvent le ministre des Finances ou le gouverneur de la Banque centrale), est l’organe suprême de décision. Toutefois, la plupart des pouvoirs sont délégués au Conseil d’administration, comprenant 24 membres, qui examine tous les aspects du travail du FMI.

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Les décisions requièrent une majorité qualifiée de 85 % des droits de vote, conférant ainsi un droit de veto de fait aux États-Unis (17,46 % des voix) et à l’Union européenne dans son ensemble (environ 30 %). Le directeur général, habituellement un Européen, est à la fois président du Conseil d’administration et chef du personnel administratif, assisté de quatre directeurs généraux adjoints. La désignation du directeur général fait régulièrement l’objet de critiques de la part des pays émergents, qui dénoncent un système favorisant systématiquement les candidats européens.

Sources de financement du FMI

Le financement du FMI repose essentiellement sur :

  • Les quotes-parts des pays membres, qui représentent la principale ressource financière de l’organisation ;
  • Le stock d’or détenu depuis sa création ;
  • Les emprunts autorisés auprès des pays membres, notamment via des accords spécifiques.

Les quotes-parts

À l’adhésion, chaque pays s’engage à financer le FMI selon une quote-part calculée en fonction de critères économiques et financiers comme le produit national brut (PNB) et le commerce extérieur. Ces quotes-parts, exprimées en droits de tirage spéciaux (DTS), se composent de deux tranches :

  1. Une première tranche, mise à disposition du FMI sous forme de réserves de change du pays membre, payable immédiatement.
  2. Une seconde tranche, mobilisable sur demande et destinée à couvrir les besoins en financement du Fonds.

La somme totale des quotes-parts atteint environ 238 milliards de DTS, avec les États-Unis comme premier contributeur (42,1 milliards, soit près de 17,7 %). À noter que le FMI ne mobilise qu’une partie réduite de ces quotes-parts disponibles ; par exemple, en mars 2015, seulement 12 % du total étaient utilisées pour financer les interventions du Fonds.

Les droits de tirage spéciaux (DTS)

Les DTS constituent une unité de compte internationale basée sur un panier de cinq grandes devises : le dollar américain, l’euro, le renminbi chinois, le yen japonais et la livre sterling. Initialement conçus pour remplacer l’or dans les grandes transactions internationales, ils servent aujourd’hui à exprimer les quotes-parts des pays membres et à évaluer les emprunts et prêts du FMI.

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Le stock d’or

Le FMI possède environ 2 814 tonnes d’or, le classant troisième détenteur mondial après les États-Unis et l’Allemagne. Le rôle de l’or a évolué depuis la fin du système de Bretton Woods en 1971 : le FMI ne peut plus acheter de l’or, mais uniquement le vendre ou en accepter en paiement des obligations des pays membres. Deux ventes notables ont eu lieu en 1999 et en 2009-2010, cette dernière permettant la vente de 403 tonnes pour 9,5 milliards de DTS.

Les emprunts auprès des pays membres

Le FMI peut recourir à des emprunts sous forme de mécanismes spécifiques :

  • Le « Global Borrowing Agreement » (GAB), créé en 1962, permettant d’emprunter jusqu’à 18,5 milliards de DTS auprès de 11 pays, n’est plus utilisé actuellement.
  • Les « Nouveaux Accords d’Emprunts » (NAE ou NAB), instaurés en 1995 après la crise mexicaine, offrant une capacité d’emprunt plus élevée (jusqu’à 370 milliards de DTS en 2011), ont été activés à plusieurs reprises pour répondre aux besoins accrus lors des crises financières mondiales.

Ces emprunts sont soumis à une autorisation par au moins 85 % des pays participants au financement, puis approuvés par le Conseil d’administration du FMI.

Fonctionnement des interventions financières

Lorsqu’un pays membre rencontre des difficultés majeures de balance des paiements, le FMI peut lui prêter de l’argent afin d’éviter un défaut de paiement. Ces prêts sont accordés en échange de la mise en œuvre de réformes économiques spécifiques, connues sous le nom de « politiques d’ajustement structurel ». Ces politiques visent à rétablir la stabilité macroéconomique en combattant, entre autres, les déficits publics excessifs, la fraude fiscale et les déséquilibres de la dette publique.

Un exemple concret est celui de la Grèce en 2009, où la découverte d’un déficit public massif et d’une dette élevée a conduit à un programme de prêts comprenant des mesures d’austérité drastiques afin d’éviter la faillite et la sortie de la zone euro.

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Critiques et évolution du FMI

Le FMI est parfois perçu comme un instrument aux mains des grands pays occidentaux, notamment les États-Unis et l’Union européenne, qui disposent d’un pouvoir décisionnel dominant par le biais du poids de leurs quotes-parts. Cette prééminence conduit des critiques à dénoncer une influence disproportionnée dans l’orientation des politiques économiques des pays emprunteurs, souvent au détriment des pays en développement.

De plus, la tradition qui veut que le directeur général du FMI soit systématiquement un Européen est régulièrement contestée par les pays émergents, revendiquant une représentation plus équitable.

Face aux évolutions de l’économie mondiale, notamment la montée en puissance des pays émergents, des réformes de la gouvernance et des quotes-parts ont été engagées, par exemple à l’occasion du sommet du G20 en 2009 et en 2010, avec une augmentation des droits de vote de la Chine et d’autres économies émergentes.

Le FMI est ainsi en constante adaptation pour répondre aux enjeux financiers mondiaux tout en devant concilier efficacité opérationnelle et exigences politiques de ses membres.

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