Financement des ONG : Focus sur Sherpa et les Sources de Revenus

Le financement des organisations non gouvernementales (ONG) est un sujet crucial, garantissant leur indépendance et leur capacité à mener à bien leurs missions. Cet article se penche sur les sources de revenus de l'ONG Sherpa, tout en abordant la question plus large du financement du terrorisme et des initiatives pour soutenir le journalisme indépendant.

Logo d'une ONG

Le Modèle de Financement de Sherpa

Sherpa a fait le choix d’être indépendante de tout pouvoir politique et économique. S’appuyant sur notre expertise, notre expérience et le travail de nos partenaires, nous définissons nos objectifs stratégiques et opérationnels de manière totalement indépendante. Nos victoires étant le fruit d’un travail qui s’étale sur plusieurs mois, voire plusieurs années, l’engagement de nos soutiens sur le long-terme est essentiel pour la poursuite de nos missions.

Sherpa fonctionne essentiellement grâce aux subventions de fondations privées françaises et étrangères. Sherpa reçoit également des dons de particuliers - lesquels ouvrent droit à une réduction d’impôt.

Dépenses de l'Association

Les dépenses de Sherpa sont majoritairement consacrées à la réalisation de ses missions. Recherches juridiques, activités de plaidoyer, actions en justice, appui aux victimes et communautés affectées, partage d’expérience auprès de partenaires... Nos actions reposent principalement sur l’équipe de Sherpa.

Une partie des dépenses de l'association est consacrée aux frais de fonctionnement de la structure, incluant le loyer, les charges locatives, la maintenance informatique... Ces frais intègrent également les emplois relatifs aux ressources humaines et à la gestion administrative et financière.

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Alors que les espaces de communication sont accaparés par les grandes entreprises, la visibilité de Sherpa est essentielle, elle permet de faire exister les sujets sur lesquels son équipe travaille, et de faire entendre la voix des personnes affectées. Parce que nous refusons tout don d’entreprises, Sherpa fait également appel à la générosité du public via des campagnes de collecte de fonds.

À Sherpa, nous sommes déterminé·e·s à être transparent·e·s concernant les actions et financements de l’association. Vous pouvez donc consulter nos rapports d’activités ainsi que les rapports de commissaires aux comptes pour avoir une vision détaillée de nos revenus et dépenses.

Le Fonds pour une Presse Libre (FPL) : Un Exemple de Financement Citoyen

Grâce à plus de 3.000 personnes, le FPL a collecté 214.397€ pendant sa campagne de financement citoyen. Votre soutien nous a permis de dépasser largement notre objectif initial de 100.000€. Merci pour votre engagement et votre confiance.

Le FPL reçoit des dons tout au long de l’année. Grâce à votre soutien, nous aurons plus de moyens pour aider les médias indépendants à mener des enquêtes rigoureuses et de qualité sur l’extrême droite. Nous serons en mesure notamment de proposer deux actions supplémentaires aux médias sélectionnés.

Actions du FPL

La première concerne le travail d’enquête qui est long et complexe. Un accompagnement éditorial sera assuré pendant toute cette période par un journaliste mandaté par le FPL et ayant cette double expérience de l’enquête et de l’extrême droite. Son rôle ne sera surtout pas celui d’un rédacteur en chef (c’est évidemment de la responsabilité des médias) mais de facilitateur.

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La deuxième action consistera à organiser la sécurisation juridique de ces enquêtes en faisant appel à un avocat spécialisé. Nous savons l’acharnement de l’extrême droite à poursuivre les médias indépendants et la nécessité de se prévenir contre des procédures abusives ou bâillons.

Vos dons renforceront ainsi la qualité, la force et l’impact de tout ce travail d’enquête qui va durer plus de sept mois.

Finançons ensemble un autre journalisme

Depuis 5 ans qu’il existe, le Fonds pour une Presse Libre (FPL) contribue à créer, accompagner, soutenir, et promouvoir la presse indépendante.

37 médias indépendants ont ainsi été soutenus, pour un montant global de 700.000€, soit plus de 10.000 dons. À l’initiative des États généraux de la presse indépendante, nous avons formulé collectivement 59 propositions pour réformer la presse avec plus de 100 médias et organisations (syndicats, collectifs, associations).

Loin des millions dépensés (et captés sur les aides publiques) chaque année par les groupes de presse des milliardaires, notre action a réellement de l’impact. Elle finance nos actions de plaidoyer et des projets concrets sélectionnés par un comité d’experts bénévoles.

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Aidez-nous à soutenir les médias indépendants, faites un don au FPL. Cette liberté d’information ne peut être reconquise qu’avec vous, lectrices et lecteurs, qu’avec votre implication directe.

Indépendance et Transparence du FPL

Aujourd’hui, nous sommes complètement indépendants de Mediapart dans notre action et notre fonctionnement. Aucun des dons versés au Fonds ne peut bénéficier directement ou indirectement à Mediapart.

Reconnu d’utilité publique, le FPL s’ouvre désormais à l’ensemble de la presse indépendante, pour offrir aides financières, expertise et accès aux avantages dont ces médias sont privés. Collecter des dons en leur nom et vous offrir une réduction d’impôt de 66%, c’est le point de départ de notre mission.

À la manière d’une ONG, nous dressons tous les deux ans le bilan de notre action et de l’impact de la presse indépendante.

À quoi servent vos dons ?

Chaque euro que vous mettez dans le Fonds pour une Presse Libre va directement aux médias indépendants. Aucune contribution ne sert à couvrir le fonctionnement du Fonds. Chaque année c’est :

  • Un appel à projets (deux types d’aides financières) pour 6 à 9 médias soutenus chaque année
  • Des subventions directes
  • Des avances remboursables, sans aucune prise d’intérêts
  • Des actions de plaidoyer pour la liberté d’informer

Et parce qu’un soutien financier n’est pas tout à fait suffisant, notre équipe d’experts est aussi là pour aider chaque média à trouver et construire son propre modèle économique.

Universitaires, éditeurs, professionnels des médias et du web, journalistes, ils et elles participent bénévolement, à la condition d’être totalement indépendants.

Le détail de nos comptes et actions est rendu public (consultable ici).

Le Fonds pour une Presse Libre est un fonds de dotation, ce qui contrairement aux fondations, lui évite de voir siéger à son conseil d’administration un représentant du ministère de l’intérieur ou un commissaire du gouvernement.

Critères d'Éligibilité au FPL

Nos aides financières sont ouvertes à tous les médias, à conditions : qu’ils publient leurs comptes et la liste de leurs actionnaires ; qu’ils emploient des journalistes professionnels ; et qu’ils appliquent la Charte de Munich.

Chaque projet sera évalué en fonction de plusieurs critères : indépendance journalistique, innovation éditoriale, relation avec les lecteurs, nouveaux champs d’information et modèle économique.

Le Financement Extérieur : Une Source de Revenus qui Inquiète et Dérange

Les accusations qui pèsent sur Lafarge sont lourdes, notamment « financement du terrorisme » et « complicité de crimes contre l’humanité ». Une éventuelle condamnation se voudrait être un avertissement pour l’ensemble des entreprises privés liées à l’EI.

Ces financements sont parfois indirects comme dans le cas où des entreprises rachètent, sans le savoir, du pétrole produit par l’Etat islamique. Mais les fonds des groupes terroristes peuvent aussi venir de certains individus privés du Proche-Orient, dont l’influence et les actions sont beaucoup plus compliquées à contrôler.

Ainsi, après les attentats de novembre 2015, si Manuel Valls ne remettait pas en question l’engagement de l’Arabie Saoudite ou du Qatar à lutter contre l’EI, il soulignait les zones d’ombre qui persistaient autour de certaines pratiques de financement par ces individus privés dans ces pays.

En 2015, dans les jours suivants les attentats du 13 novembre, le ministre des finances français Michel Sapin affirme lors du G20 en Turquie que des « des décisions concrètes en matière de lutte contre le financement du terrorisme » doivent être prises.

Outre la pratique de l’esclavage et la demande de rançons, l’EI tire surtout ses revenus de taxes imposées dans les régions occupées, de l’exploitation de zones pétrolières, du pillage des 24 banques en Irak et en Syrie qui sont sous son contrôle, ou encore de la vente d’oeuvres d’art et d’objets archéologiques. Pour autant, l’exemple de l’entreprise Lafarge nous montre que les revenus viennent aussi d’acteurs extérieurs.

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Quels Leviers d’Action pour les Gouvernements?

Le 10 novembre, le gouvernement français a publié un décret afin de mieux contrôler les tentatives de financements des groupes terroristes. Il dote TRACFIN, cellule du ministère de l’Économie et des Finances luttant contre les flux financiers clandestins, d’un accès élargi au fichier des personnes recherchées, dont les « fiches S ».

Aussi, il abaisse à 1000€ le seuil au-delà duquel l’octroi de crédit à la consommation doit être contrôlé, les règles d’utilisation des cartes prépayées sont devenues plus strictes et la vigilance lors de transferts d’argent par voie routière, aérienne, maritime ou ferroviaire est renforcée.

Toutefois, il semble que les groupes terroristes trouveront toujours une faille pour se financer. Si la coopération européenne ne résoudrait pas tout, il peut s’agir d’un début pour lutter contre ces groupes.

Les gouvernements se disent prêts à travailler de concert, mais les actions tardent à venir et les oppositions prônant la défense des libertés individuelles sont fortes.

Pourtant, même si la lutte contre le financement terroriste s’avérait efficace, les gouvernements sont confrontés à un autre enjeu de taille: comment lutter contre les groupes terroristes n’ont même plus besoin de développer des ingénieries financières pour tuer?

Sources de financement des ONG et du journalisme indépendant
Source de financement Exemples Avantages Inconvénients
Subventions de fondations privées Fondations caritatives, fondations d'entreprises Stabilité financière, soutien à long terme Dépendance aux priorités des fondations
Dons de particuliers Campagnes de collecte de fonds, dons en ligne Diversification des sources de revenus, engagement du public Volatilité des dons, coûts de collecte de fonds
Financement citoyen Fonds pour une Presse Libre (FPL) Indépendance éditoriale, soutien direct des lecteurs Dépendance à la générosité du public, nécessité de transparence
Aides publiques Subventions gouvernementales, financements européens Soutien financier important, reconnaissance institutionnelle Contraintes administratives, risque de dépendance politique
Revenus propres Vente de biens ou de services, abonnements Autonomie financière, diversification des activités Concurrence avec le secteur commercial, nécessité de compétences entrepreneuriales

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