Formalités et usages de l'utilisation des drones en entreprise
La réglementation concernant les drones a été largement réorganisée ces dernières années. Il existe bien d'autres textes, plus d'une cinquantaine, qui s'appliquent selon les cas et les usages. Nous faisons le point sur l’essentiel à savoir concernant les obligations légales et les règles de sécurité en vigueur pour les drones. En 2025, le cadre réglementaire des drones repose encore sur deux niveaux : les règlements européens et les règles nationales spécifiques à chaque État membre. La France applique les règlements de l’Union européenne, tout en y ajoutant des dispositions propres à son territoire. Ce cadre harmonisé permet une certaine continuité dans l’application de la réglementation drone européenne, tout en laissant aux États membres la possibilité d’introduire des règles supplémentaires. L’année 2026 marque la dernière phase d’adaptation du droit français aux normes européennes. Les scénarios nationaux (S1, S2, S3) seront abrogés et remplacés par les scénarios standards européens : STS-01, pour les vols en vue directe (VLOS : Visual Line Of Sight), et STS-02, pour les vols hors vue sur trajectoire programmée (BVLOS: Beyond Visual Line Of Sight). Par ailleurs, le Certificat d’Aptitude Théorique de Télépilote (CATT) laissera place au Certificat d’Aptitude Théorique aux scénarios Standards (CATS), certificat théorique valable 5 ans, accompagné d’une formation pratique obligatoire. Ces évolutions visent à renforcer l’uniformité des pratiques sur l’ensemble du territoire européen. Il n’y a pas de notion de loisir/professionnel dans cette classification. Un professionnel peut opérer en catégorie Ouverte, tout comme un amateur peut avoir besoin d'une autorisation en catégorie Spécifique. 💡 L’aéromodélisme RC est également concerné par cette réglementation, sauf sur certains terrains affiliés à des associations et fédérations où la pratique profite d’aménagements spécifiques. Cette classification facilite l’encadrement progressif de l’usage des drones selon leur impact potentiel. La catégorie Ouverte est la plus accessible, mais reste encadrée par des obligations de formation et d’enregistrement. À l’inverse, la catégorie Spécifique impose une véritable démarche administrative. Le télépilote est responsable de chaque vol. Selon le Code des Transports, il a donc pour obligation de veiller à ce que ses vols soient opérés de manière sécurisée sans risque pour les personnes et les biens. Sa responsabilité peut être engagée en cas de dommages. alors vous devez vous enregistrer en tant qu’exploitant UAS. La procédure est gratuite, à effectuer sur le site officiel AlphaTango. Si votre drone pèse plus de 250 g, vous êtes soumis à une obligation de formation. Il s'agit d'une formation en ligne gratuite, accessible à tous les télépilotes, qui permet de mieux comprendre les règles de base de la réglementation drone en catégorie Ouverte pour les sous-catégories A1 et A3. Cette formation se conclut par un QCM de validation, que vous devez réussir pour obtenir votre attestation. La sous-catégorie A2 demande un QCM un peu plus poussé et un examen payant, toujours en ligne sur la plateforme AlphaTango. Cette formation couvre notamment les notions de hauteur maximale de vol drone, de respect de la vie privée, de zones interdites, et de signalement électronique, avec une pédagogie accessible à tous. Cette procédure permet d’identifier le drone à travers un numéro unique d’enregistrement, qui doit être apposé clairement sur l’appareil. En complément, le drone doit émettre un signalement électronique à distance (fonction intégrée ou balise externe homologuée). Selon la réglementation européenne, tout drone exploité en catégorie spécifique et pesant plus de 250 grammes doit ainsi disposer d’un DRI (Direct Remote ID), permettant une identification directe à distance. Pour voler en catégorie Spécifique, les exigences réglementaires sont renforcées. Depuis le 01 janvier 2024, il faut être titulaire du Certificat d’Aptitude Théorique aux scénarios Standards (CATS), obtenu après réussite d’un examen en ligne ou en centre agréé. Ce niveau d’exigence permet de garantir un haut degré de maîtrise technique et réglementaire dans des contextes opérationnels plus risqués. Une fois formé, l'exploitant UAS doit déclarer son activité sur AlphaTango, et renouveler cette déclaration tous les deux ans. Il doit également produire un MANEX (MANuel d’EXploitation) à jour, document structurant qui regroupe les procédures, moyens techniques, aéronefs utilisés, liste et qualifications des télépilotes et références des formations suivies. Toute modification importante (appareil, site, type d’activité) du côté de l’exploitant ou de la réglementation impose une mise à jour du MANEX. L’utilisation d’un drone est interdite dans certaines zones et dans certaines circonstances. Vous souhaitez profiter pleinement de votre drone flambant neuf sans risquer une amende et une peine de prison pour cause de non-respect de la réglementation en vigueur ?
- La classe CE détermine les scénarios d’usage permis pour chaque drone. Depuis le 1er janvier 2024, seuls les drones disposant d’un marquage de classe CE (C0 à C6) peuvent être utilisés selon les règles standard de la catégorie Ouverte.
- La hauteur maximale de vol autorisée est fixée à 120 mètres au-dessus du sol, sauf dérogation locale. Cette limite vise à éviter tout risque de collision avec d’autres aéronefs.
- Le vol hors vue (BVLOS) est interdit en catégorie Ouverte. Vous devez conserver une ligne de vue directe sur le drone, sans assistance vidéo, durant toute la durée du vol.
- Il est strictement interdit d’effectuer un vol de nuit avec un drone, même équipé d’un dispositif lumineux. Il est considéré que la nuit débute 30 minutes après le coucher du soleil et se termine 30 minutes avant son lever.
- La réglementation drone interdit le survol de rassemblement de personnes et d’espaces publics en agglomération. Un espace public désigne les voies publiques et les lieux ouverts au public (jardins et parcs publics, plages, etc.). Pour faire simple, il est interdit de faire voler un drone en ville. Une exception : les vols au-dessus d’une propriété privée en agglomération avec l’accord explicite de l’occupant.
- Le vol à proximité d’un aérodrome est interdit sans autorisation. Une distance minimale de 5 à 10 km est souvent requise, selon l’activité de la plateforme.
- Les zones interdites au vol de drone comprennent notamment : sites militaires, centrales nucléaires, établissements pénitentiaires, réserves naturelles protégées, etc. Leur survol expose à des sanctions administratives et pénales.
- Ne filmez personne avec votre drone sans le consentement explicite des interessés. Filmer ou photographier une personne sans son consentement constitue une atteinte à la vie privée (article L226-1 du Code pénal). Le survol des propriétés privées n’est pas interdit en soi, à condition de ne pas causer de gêne manifeste pour l’occupant. Certaines activités professionnelles peuvent justifier un passage temporaire au-dessus d’une habitation, notamment pour des missions d’inspection ou de cartographie. 💡 La meilleure protection reste l’anticipation.
- Même si elle n’est pas obligatoire en catégorie Ouverte, une assurance responsabilité civile adaptée au vol de drone est vivement recommandée. En cas de dommage causé à une personne, un bien, ou même un autre aéronef, le télépilote est juridiquement responsable. Certaines assurances habitation intègrent une couverture pour les drones de loisir, mais ce n’est pas systématique.
- Vous pouvez obtenir plus d’informations en vous rendant sur le site de la DGAC ou sur AlphaTango. Ces sources centralisent les obligations en vigueur pour les drones en France et permettent aussi de rester informé des évolutions législatives et des zones restreintes. Si vous prévoyez un voyage à l’étranger, renseignez-vous sur la réglementation locale du pays de destination et sur les politiques des compagnies aériennes.
La catégorie Ouverte concerne les opérations à faible risque et permet de faire voler des drones de masse au décollage inférieur à 25 kg. Le drone doit être en vue du télépilote, à une hauteur maximale de 120 mètres (cette hauteur maximale pouvant être réduite dans certaines zones : consulter Géoportail). Pour télépiloter un drone en catégorie Ouverte, il faut :
- être âgé d’au moins 14 ans ;
- s’enregistrer en tant qu’exploitant européen UAS sur le portail AlphaTango pour faire voler un drone de masse supérieure à 250 g ou d’une énergie à l’impact supérieure à 80 Joules, ou d’une masse ou d’une énergie inférieure à ces seuils mais équipé d’une caméra ;
- avoir un niveau de formation proportionnel à l’usage du drone (sous-catégorie A1/A3 ou A2 avec exigences complémentaires).
Les usages possibles du drone sont variés. Les sous-catégories A1/A3 permettent des vols de loisir (aéromodélisme, compétitions), certains usages professionnels peu risqués, ou des expérimentations en sous-catégorie A3. Pour la sous-catégorie A2, l’accès nécessite un brevet d’aptitude de pilote à distance (BAPD) et une réussite à l’examen théorique en ligne ainsi qu’à un examen complémentaire en centre DGAC. Les sous-catégories et les scénarios européens STS-01 et STS-02 encadrent les vols en fonction du risque et de la distance par rapport aux personnes et aux zones peuplées. A compter du 1er janvier 2024, les scénarios nationaux S-1, S-2 et S-3 ne peuvent plus être déclarés pour de nouvelles opérations, ces dernières devant être déclarées selon STS-01 ou STS-02.
Pour voler en catégorie Spécifique, les exigences sont renforcées. Depuis le 1er janvier 2024, tout drone en catégorie Spécifique pesant plus de 250 g doit disposer d’un DRI (Direct Remote ID), identifiant directement l’aéronef à distance. La SORA (Safe Operation Risk Assessment) est utilisée pour évaluer les risques et définir des mesures d’atténuation adaptées. Les PDRA (Pre-Defined Risk Assessments) publiés par l’AESA offrent des moyens pré-formatés de se conformer, et la DSAC met à disposition des canevas PDRA en français. L’entrée en application des STS a remplacé les scénarios nationaux, avec des exigences de formation et de manuels d’exploitation (MANEX) propres à chaque exploitation.
Pour les opérateurs envisageant des événements artistiques ou audiovisuels, les démarches s’ancrent dans la déclaration préalable en préfecture, l’accord de la mairie et un dossier de sécurité. Lorsque plusieurs drones interviennent, une analyse du comportement collectif est nécessaire, et des mesures de sécurité (parachutes, balises lumineuses, système de retour au point de décollage) peuvent être exigées selon le cadre S3 en zone peuplée. L’exemple de l’entreprise Allumee illustre une approche où la conformité est un levier de sécurité et de créativité, avec une collaboration étroite avec la DGAC et les préfectures et une planification minutieuse dès la phase de conception.
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MODIFICATION DE L’ARRÊTÉ ESPACE 2026 (Vol drone en agglomération en catégorie ouverte)
Les documents obligatoires pour voler légalement en cadre événementiel comprennent l’attestation d’enregistrement du drone, la déclaration d’activité, le certificat de télépilote et une preuve d’assurance. Même les drones de moins de 250 g peuvent nécessiter une déclaration s’ils comportent des capteurs ou sont utilisés dans un cadre professionnel. En cas de contrôle, le non-respect peut entraîner des amendes et des interdictions temporaires de vol. Une organisation rigoureuse et anticipée permet d’éviter les interruptions et de maîtriser les coûts.
Pour les usages professionnels en zone peuplée, le scénario STS-01 (VLOS, classes C5/C0) et STS-02 (BVLOS, classes C6) précisent les conditions : altitude maximale, notion de distance de sécurité, et mesures de sécurité spécifiques. L’information est consolidée par des sources telles que DGAC, AESA et AlphaTango afin d’assurer une conformité continue et une adaptation rapide aux évolutions européennes et nationales. L’objectif est de sécuriser les missions tout en valorisant l’efficacité opérationnelle et l’innovation dans les secteurs comme l’architecture, l’installation photovoltaïque, l’immobilier et les inspections techniques.
Exigences et bonnes pratiques pour les entreprises
- Se déclarer sur les scénarios européens STS-01/STS-02 et mettre à jour le MANEX pour refléter les procédures et les formations des télépilotes.
- Mettre en place une formation adaptée au niveau de risque (A1/A3, A2 ou STS) et assurer le suivi des renouvellements tous les 5 ans pour les attestations, ou selon le cadre applicable.
- Utiliser des systèmes d’identification (DRI) et assurer l’affichage clair du numéro d’exploitation sur les drones selon les catégories C1/C2/C3/C4 et C0 selon le cas.
- Établir une assurance responsabilité civile adaptée et comprendre les implications juridiques en cas de dommages ou de violation de la vie privée.
- Préparer un dossier numérique centralisé regroupant attestations, enregistrements, certificats, assurances et autorisations locales pour faciliter les contrôles et la réutilisation des justificatifs.
Questions fréquentes et obligations en cas d’incident
En cas d’événement ou d’incident, la notification et l’analyse des risques sont encouragées pour améliorer la sécurité globale. L’EASA et les autorités nationales disposent de cadres et de guides (SORA, PDRA, MANEX) pour encadrer les réponses et les procédures d’urgence. Les zones ZICAD (interdiction de captation aérienne de données) obligent à respecter le cadre de vie privée et les droits à l’image, avec des sanctions en cas de non-respect. Pour les déplacements internationaux, vérifier les exigences nationales et les procédures transfrontalières, notamment cross-border lorsque le scénario national ne peut être appliqué, en collaboration avec les autorités compétentes.
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