Jeune Chercheur Entrepreneur : Définition et Opportunités

Le chercheur, dans une certaine mesure, est un entrepreneur, et l’entrepreneur ne peut lancer son activité sans mener quelques recherches. Il existe donc des correspondances entre l’entrepreneuriat et la recherche. En effet, le chercheur et l’entrepreneur commencent par définir leur projet. Cette définition dépend d’un marché existant : des consommateurs de produits et de services pour l’entrepreneur, des confrères ayant produit des connaissances pour le chercheur.

Afin de faire avancer ce projet, le chercheur et l’entrepreneur doivent lever des fonds, auprès de partenaires publics et/ou privés. Ils doivent par la suite trouver le moyen de communiquer afin de valoriser leur travail, par le biais de colloques ou de salons professionnels, de journaux scientifiques ou spécialisés et de réseaux sociaux généralistes ou spécifiques. L’entrepreneur et le chercheur sont des spécialistes de la résolution de problèmes qui innovent souvent en développant des solutions créatives. L’entrepreneuriat et la recherche sont toutes deux des activités sans fin.

Cependant, il existe aussi des différences entre ces deux métiers. L’entrepreneur doit coller à la réalité et aux besoins des clients, et doit répondre à des logiques économiques et financières identifiées. Néanmoins, ce dernier manque parfois de recul en raison d’un défaut d’informations fiables, compensées par une intuition parfois trompeuse, ce qui le pousse parfois à agir trop vite dans un marché en constante évolution. Le chercheur en sciences sociales, quant à lui, s’appuie sur une démarche scientifique souvent plus fiable et dispose d’un recul souvent plus critique. Ceci est particulièrement vrai lorsqu’il travaille dans un contexte universitaire et qu’il peut échapper à des dynamiques économiques et financières.

Toutefois, la théorisation est parfois éloignée d’un ancrage dans la vie quotidienne et ne contribue pas nécessairement à la valorisation opérationnelle des savoirs au sein de la société.

La Recherche en Sciences Sociales : Un Outil Précieux

Comment les entrepreneurs peuvent-il bénéficier d’une expérience de recherche en sciences sociales pour valoriser de manière opérationnelle ces savoirs scientifiques ? La recherche en sciences sociales est un outil qui peut être efficace pour appréhender et changer la société, tout en comprenant son environnement et celui des autres. Elle permet de s’ancrer dans le réel et d’identifier des besoins spécifiques, notamment ceux associés à des problématiques de leadership et de management. Elle apparaît alors légitime pour concevoir, mettre en œuvre et évaluer les stratégies de développement des entreprises innovantes.

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Pour les entrepreneurs, les compétences en recherche en sciences sociales permettent de conduire des études fines pour le compte de leur entreprise. Ces études s’appuient sur la mobilisation de plusieurs méthodes d’analyse scientifique. Nous en présentons quelques-unes ici, certaines plus connues, d’autres moins, mais qui ont toutes le mérite de permettre de mieux comprendre le contexte dans lequel évolue l’entreprise.

Des Approches Qualitatives et Quantitatives

Les méthodes scientifiques reconnues s’appuient à la fois sur des approches qualitatives et quantitatives. Les méthodes de recherche qualitatives sont privilégiées pour mieux connaître les tenants et les aboutissants de problématiques managériales ou commerciales. La méta-analyse, associée à un état de l’art, étudie et compare les résultats de recherches précédentes, et est généralement utilisée pour effectuer des benchmarks et mieux connaître ses concurrents. Les méthodes associées aux entretiens qualitatifs, aux focus group ou encore à l’ethnographie permettent de déterminer la réponse d’un groupe social et l’attitude qu’il adopte face à une thématique donnée.

Pour l’entreprise, ces approches éprouvées peuvent alors contribuer à la compréhension de l’attitude d’un groupe d’individus envers un produit ou un service. Ces méthodes permettent également de mieux préparer des questionnaires associés à des recherches plus quantitatives, contribuant à la généralisation de résultats issus des approches qualitatives précédentes. Des enquêtes statistiques effectuées auprès de consommateurs permettent, par exemple, de mieux comprendre leurs habitudes d’achat.

Des Méthodes Innovantes

D’autres méthodes plus innovantes peuvent également aider l’entrepreneur à mieux connaître le contexte dans lequel il développe son activité.

La photographie, la vidéo et plus récemment les réseaux sociaux peuvent devenir des supports témoignant d’une certaine situation socio-spatiale à un moment donné. Lorsque les photographies ou les vidéos sont réalisées par le chercheur, elles permettent d’obtenir un point de vue extérieur sur un espace donné. Lorsque ces dernières sont prises par la population étudiée, elles permettent de comprendre un ressenti qui n’est pas celui du chercheur. Une étude de l’université de Virginie analysant plusieurs centaines de posts Instagram concernant dix chaînes de fastfood révèle ainsi que leurs employés et leurs utilisent le réseau social comme moyen d’expression de leur mécontentement vis-à-vis du service et de l’environnement de travail. Les entreprises pourraient alors utiliser les réseaux sociaux comme outil pour améliorer l’environnement de travail de leurs employés ou le service qu’elles offrent à leurs clients.

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L’expérimentation architecturale peut contribuer quant à elle à l’optimisation des usages au sein des espaces de travail, afin de faciliter la performance et le bien-être des usagers. Cette expérimentation consiste à concevoir et à réaliser différents espaces de travail (coworking, tiers-lieu, open space…) et d’évaluer et comparer comment ceux-ci impactent le travail de différents types d’individus grâce à une longue observation. L’entreprise de conseil le Génie des Lieux expérimente ainsi, depuis 2016, différentes configurations spatiales, mobiliers et conditions de travail au sein de différentes structures grâce à son « Lab ».

Toujours dans le domaine de l’espace, mais à plus grande échelle cette fois, les systèmes d’information géographique (SIG) et la cartographie permettent de recueillir, de traiter, d’analyser et de représenter des données spécifiques. Le chercheur s’intéresse aux interactions entre espace et population. Les SIG peuvent alors permettre d’implanter de manière stratégique des points de ventes en fonction de la définition de zones de chalandises précises et d’optimiser des stratégies de mediaplanning. Grâce aux SIG, le département marketing de Erste Bank Austria a ainsi mis en place des stratégies publicitaires personnalisées en fonction de caractéristiques territoriales précises et de la localisation géographique des branches de la banque. Autre exemple : cette approche a pu permettre l’acquisition, le traitement et la géo-analyse des données d’immatriculation de tracteurs afin de permettre aux fabricants de l’Agricultural Machinery Association d’optimiser leurs stratégies de vente à l’échelle européenne.

L’adoption de méthodes scientifiques pour le développement des entreprises et l’amélioration de la satisfaction de leurs collaborateurs et de leurs clients est donc essentielle. Afin de développer les compétences de recherche des entrepreneurs, des formations pourraient être prodiguées dans les incubateurs, dans les cursus en entrepreneuriat des écoles de commerce et dans les centres privés de formation pour les étudiants, les entrepreneurs et les personnes en postes. Ces compétences permettraient alors aux entrepreneurs d’analyser leur propre expérience entrepreneuriale, d’en identifier les forces et les limites en essayant de prendre la distance nécessaire. Par ailleurs, une analyse fine associée à la méthode scientifique permettrait également de rationaliser et de fiabiliser certaines stratégies entrepreneuriales. Celles-ci se baseraient alors sur des faits, pouvant parfois confirmer ou, au contraire, infirmer une intuition, et ainsi contribuer à surmonter les obstacles inhérents à l’entrepreneuriat.

Charlotte VEDEL, retour sur le Programme Jeunes Chercheurs de PULSALYS

Exonérations Fiscales pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) et Universitaires (JEU)

Pour encourager l'innovation et l'entrepreneuriat chez les jeunes chercheurs, des mesures fiscales incitatives sont mises en place pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) et les Jeunes Entreprises Universitaires (JEU). Ces mesures comprennent des exonérations d'impôts sur les bénéfices, de taxe foncière et de cotisation foncière des entreprises (CFE).

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Voici un aperçu des exonérations disponibles :

  • Exonération d'impôt sur les bénéfices : Une JEC créée avant le 1er janvier 2024 peut bénéficier d'une exonération d'impôts sur les bénéfices égale à 100 % lors de son 1er exercice bénéficiaire. Elle peut ensuite bénéficier d'une exonération d'impôts sur les bénéfices égale à 50 % pour l'exercice bénéficiaire suivant. L'exonération d'impôt sur les bénéfices s'applique aux exercices clos à partir du 1er juin 2024. Les JEC créées à partir du 1er janvier 2024 ne peuvent pas bénéficier d'une exonération d'impôt sur les bénéfices.
  • Exonération de taxe sur les propriétés bâties : Les communes et leurs établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre peuvent, sur délibération, décider d'exonérer de taxe foncière sur les propriétés bâties sur la totalité de la part qui leur revient les bâtiments appartenant à des JEC. Pour obtenir l'exonération, l'entreprise doit souscrire une déclaration auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dont elle dépend avant le 1er janvier de la première année au cours de laquelle elle veut bénéficier de cette exonération. Elle dure 7 ans.
  • Exonération de cotisation foncière des entreprises (CFE) : Les communes et leurs établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre peuvent, sur délibération, décider d'exonérer les JEC créées avant le 31 décembre 2025. Cette exonération porte sur la part de la cotisation foncière des entreprises (CFE) qui revient à chaque commune ou EPIC doté d'une fiscalité propre. Elle dure 7 ans. L'entreprise doit faire une demande d'exonération pour chaque établissement auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dont l'établissement relève.

Tableau récapitulatif des exonérations fiscales pour les JEC

Type d'exonération Conditions Durée Date limite de création
Impôt sur les bénéfices Création avant le 1er janvier 2024, remplir les conditions requises 100% la 1ère année bénéficiaire, 50% la suivante 31 décembre 2023
Taxe sur les propriétés bâties Décision de la commune ou EPCI 7 ans N/A
Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) Création avant le 31 décembre 2025, décision de la commune ou EPCI 7 ans 31 décembre 2025

Une JEC qui bénéficie de l'exonération d'impôt sur les bénéfices peut aussi demander à bénéficier du crédit d'impôt recherches (CIR). En revanche, elle ne pourra pas bénéficier en plus des exonérations et avantages accordés aux entreprises suivantes : Entreprise nouvelle, Entreprise créée en zone franche urbaine (ZFU-TE), Entreprise créée en zone de revitalisation rurale (ZRR), Entreprise créée dans un bassin urbain dynamique (BUD), Entreprise créée en zone de développement prioritaire (ZDP). Si l'entreprise remplit les conditions pour bénéficier de l'un de ces régimes, elle doit opter pour bénéficier du régime de la JEIC. En effet, elle est soumise par défaut au régime de l'une des catégorie mentionnées ci-dessus.

Financement et subventions pour jeunes entreprises

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