La Liquidité de Financement : Définition et Enjeux
Vous souhaitez placer votre épargne tout en ayant la possibilité de la retirer à tout moment ? Votre banquier vous parle de placements liquides. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Cet article explore en détail la notion de liquidité de financement, en abordant sa définition, ses enjeux et ses implications pour les différents acteurs économiques.
Qu'est-ce que la Liquidité ?
Au pluriel, les liquidités évoquent les avoirs en numéraire et, dans une acception plus large, les avoirs disponibles à tout moment. Au singulier, le terme de liquidité désigne le fait, pour un actif, de pouvoir être acheté ou vendu rapidement.
La liquidité reflète donc la facilité avec laquelle cet actif peut être échangé. Ainsi, plus un marché est liquide, plus il est aisé, rapide et peu coûteux d’y réaliser des transactions, en raison du grand nombre d’acheteurs et de vendeurs.
L’une des qualités premières d’un placement, outre sa rentabilité et sa faible exposition au risque, c’est sa liquidité. S’agissant des actifs financiers (actions, obligations), la liquidité est notamment permise par la cotation en bourse. C’est même une fonction essentielle de la bourse que de garantir ainsi aux épargnants qu’ils pourront revendre leurs titres.
Le concept de liquidité s’applique à tous les marchés (immobilier, financier, crédit à court terme, à long terme). Un problème de liquidité sur un marché peut se transmettre aux autres.
Lire aussi: Tout savoir sur la liquidité en finance
Prenons l’exemple d’un particulier qui se retrouverait face à une dépense imprévue qu’il faut financer en moins d’un mois. Il voudrait pour cela vendre une résidence secondaire située dans une région peu habitée. Mais le faible nombre d’acheteurs et la longueur de la procédure pour vendre un bien immobilier ne le lui permet pas.
Liquidité Bancaire : Définition
La liquidité bancaire se traduit par la capacité d’une banque à faire face à ses obligations de trésorerie en fonction de leur échéance. Pour les banques plus investies dans la négociation d’actifs, la liquidité bancaire représente la capacité d’une banque à « liquider » (vendre) sur les marchés un actif non monétaire (par exemple un titre d’investissement).
Ce phénomène de transmission est encore plus vrai aujourd’hui du fait de la sophistication et de la globalisation des produits financiers qui permettent d’avoir recours à la titrisation d’actifs peu liquides. En effet, la titrisation permet de regrouper des actifs plus ou moins hétérogènes dans un titre coté sur un marché dans lequel des établissements financiers s’engagent à proposer un prix d’achat et de vente.
Mais ce qui est gagné en liquidité pour l’investisseur par ces innovations financières est perdu en transparence sur la qualité des actifs qui y sont contenus. Il n’est donc pas capable de se faire une idée précise du risque qu’il a pris.
Le risque de liquidité est porté par l’établissement financier qui s’engage à apporter immédiatement de l’argent aux investisseurs vendeurs. Les marchés peuvent être rendus illiquides par un fort déséquilibre entre offre et demande. Si l’offre se rétracte, les prix montent. Et inversement, si l’actif n’est plus demandé, le vendeur est obligé de consentir une forte baisse pour trouver preneur.
Lire aussi: Liquidité : définition et enjeux
C’est ce qui est arrivé dans la crise des subprimes de 2008, lorsque les investisseurs ont réalisé que certains actifs qui avaient été titrisés étaient de plus mauvaise qualité qu’ils ne le pensaient. La liquidité n’a alors plus été assurée par les établissements financiers ou à un prix tellement bas qu’il rendait la vente dissuasive. Il n’y avait alors plus aucun acheteur pour beaucoup de vendeurs.
On a pu aussi voir de graves problèmes de liquidité apparaître sur le marché du crédit à court terme que les banques se font entre elles (marché interbancaire). Les banques centrales ont dû intervenir pour apporter de la liquidité aux banques, en leur faisant massivement crédit.
En 2008, la perte de confiance des épargnants dans la qualité des investissements réalisés par leur banque les a incités à vendre. Les actifs concernés, proposés en grand nombre sur un marché non preneur, ont rapidement perdu leur valeur. Ce déséquilibre a entraîné un assèchement de la liquidité des banques induisant une seconde perte de confiance.
Le Risque de Liquidité
Quand le risque de liquidité (ou d'illiquidité) est élevé, cela signifie que la possibilité qu’un vendeur ne trouve pas d’acheteur est importante. Dans ce cas, un vendeur pressé peut être contraint de vendre ses titres à un prix inférieur pour trouver preneur. Au contraire, si l’offre diminue, les prix montent et les acheteurs doivent accepter de payer plus cher. Ainsi, dans un marché peu liquide, les cours peuvent varier fortement.
Gestion de la trésorerie et des liquidités pour les micro et petites entreprises: cash-flow
Exemples de Placements Liquides et Illiquides
L’épargne la plus liquide est celle qui reste sur votre compte courant car il vous est très facile de la retirer immédiatement et sans frais. L’épargne placée sur un livret l’est également. D’autres placements sont un peu moins disponibles. C’est le cas par exemple des placements en assurance-vie ou en épargne salariale : il faut quelques jours à quelques semaines pour récupérer son argent.
Lire aussi: Participez au Projet Odyssée
Les grandes actions cotées, par exemple celles qui composent le CAC 40, sont également des placements liquides. Même si leur valeur fluctue, il est aisé de les vendre car il y a en permanence des acheteurs. Il est possible de mesurer la liquidité d’une action cotée en regardant son carnet d’ordres qui indique la quantité de titres disponibles à l’achat et à la vente.
Les actions cotées sur le marché Euronext Growth, marché destiné à accueillir les PME, sont peu liquides. En effet, peu d’acheteurs sont présents sur le marché, et les vendeurs peuvent avoir des difficultés à trouver rapidement des personnes disposées à acheter leurs titres au prix qui leur convient. Parmi les placements illiquides, on trouve aussi les actions non cotées, pour lesquelles toute revente nécessite de trouver un acheteur alors qu’il n’y a pas de marché organisé.
Il y a aussi les placements dans l’immobilier, comme les parts de SCPI, qui investissent dans des immeubles loués, des bureaux ou des commerces. Comme pour le marché de l’immobilier réel, il y a des moments où la demande baisse, faisant allonger les délais de revente.
Liquidité vs. Solvabilité
La liquidité et la solvabilité sont deux termes qu'on retrouve souvent dans l’actualité économique. Ils permettent d’évoquer la solidité des entreprises, des banques. Mais il existe une différence importante entre ces deux termes.
La solvabilité d'une personne physique est le fait que l'ensemble de ses biens, composés d'actifs tels que les biens immobiliers ou les placements financiers soit supérieur à celui de ses dettes. Pour une entreprise, le principe reste le même. Étant donné que la solvabilité est la capacité à répondre à ses échéances financières à tout moment, on peut calculer le ratio de solvabilité d'une entreprise à court terme, moyen et long terme notamment grâce au bilan comptable.
Pour faire par exemple l’analyse de la solvabilité d'une entreprise à moyen terme, on prendra en compte les dettes à échéances à moyen terme et non celles à échéances plus longues. Elle est en quelque sorte la solvabilité à court terme.
La liquidité d’un particulier représente les avoirs disponibles à tout moment ou rapidement. Il peut s’agir d’une épargne sur un Livret A, un Livret de développement durable et solidaire (LDDS), un Plan épargne logement (PEL), une assurance-vie, un Livret d’épargne populaire (LEP) ou même sur un compte courant.
Lorsque vous réalisez un investissement ou un placement, l’un des éléments à prendre en considération est la liquidité immédiate. Il s’agit de la capacité de l’entreprise à faire face à ses dettes (dettes financières à très court terme, des salaires ou encore la TVA). Elle doit disposer des liquidités suffisantes ou de quasi-liquidités (on parle de fonds de roulement, l’entreprise devant analyser son besoin en fonds de roulement BFR pour maîtriser le décalage entre les recettes et les dépenses).
Il faut donc de la trésorerie (fonds propres), et éventuellement des actifs transformables immédiatement en liquidités. De plus, ses dettes sont en grande partie composées des dépôts des clients. Ces dépôts n'ont pas d'échéances. On dit qu'ils sont "à vue". Mais les banques doivent quand même respecter un ratio de liquidité.
Il s'agit tout simplement d'un niveau de liquidité minimum qu'une banque doit conserver par rapport à ses engagements à court terme et à vue, pour faire face à ses échéances et à une hausse imprévue de demandes des retraits.
La différence fondamentale entre la liquidité et la solvabilité réside dans la période prise en compte. On parle de liquidité à court terme et de solvabilité à long terme. Pour un particulier, par exemple, la solvabilité est la différence entre ses actifs (immobilier, placements financiers, etc.) et ses passifs (crédits).
En clair, une entreprise peut ne pas avoir de liquidités tout en étant solvable dès lors qu’elle possède plus d’actifs que de dettes à court ou moyen terme.
Pour connaître le niveau de solvabilité d’une personne, il est nécessaire de prendre en compte différents éléments comme sa situation professionnelle, ses revenus, son patrimoine immobilier, ses placements éventuels, son épargne disponible, etc. La banque va calculer son taux d’endettement.
Capacité d'un actif (physique ou financier) à être transformé en monnaie sans délai. Par extension, désigne l'ensemble des instruments acceptés comme monnaie dans une société donnée.
La liquidité bancaire désigne la monnaie émise par une banque centrale (on parle aussi de monnaie centrale, ou de monnaie fiduciaire) que détient ou que peut se procurer sans délai et sans restriction une banque commerciale, ou l'ensemble des banques commerciales.
Le terme liquidité fait évidemment référence à l'argent liquide, c'est-à-dire aux billets de banque (ou aux pièces de monnaie) qui ont la particularité d'avoir cours légal : sur un territoire donné, nul ne peut les refuser en paiement, et ils constituent donc la monnaie par excellence.
Mais les banques commerciales ne détiennent pas tous leurs avoirs en monnaie centrale (c'est-à-dire émise par la banque centrale et ayant cours légal), en billets : par commodité, une partie de leurs avoirs se trouve sur des comptes gérés par la banque centrale et sur lesquels elles peuvent tirer à tout moment. C'est donc cet ensemble (billets + avoirs en comptes auprès de la banque centrale) qui est appelé liquidité bancaire.
Quant à la liquidité (tout court), elle comptabilise l'ensemble des moyens de paiement détenus par les agents économiques : c'est aussi ce qu'on appelle M1.
Le Risque de liquidité le plus fréquent intervient lorsque l'entreprise est en difficulté et qu'elle ne peut plus émettre de titres acceptés par le Marché financier ou les institutions bancaires; les investisseurs ne lui font plus confiance quels que soient les projets proposés.
La Liquidité est donc liée à la durée des Ressources; elle s'analyse tant au niveau de la structure à Court Terme (Financement à Court Terme), qu'au niveau de la Capacité de Remboursement des dettes à moyen et long Termes. De là l'utilisation des concepts et ratios classiques : Fonds de roulement, Capitaux propres, Endettement, Actif circulant / dettes à Court Terme ...
Ratio de Liquidité : Exemple de Calcul
Voici un exemple de calcul du ratio de liquidité :
Ratio de liquidité = (actifs en circulation/dettes de moins de 12 mois)
Exemple : la société XX possède 110 000 € de cash disponible pour une dette inférieure à 1 an de 92 000 €.
En tant qu’intermédiaires financiers, les banques collectent les dépôts du public, mettent à la disposition de leurs clients des moyens de paiement et octroient des crédits. Une caractéristique fondamentale du métier bancaire réside dans le non-adossement des actifs et des passifs.
Tout d’abord, rappelons qu’en gestion financière d’entreprise, il est préconisé de faire en sorte que chaque classe d’actifs, triés par maturité, soit financée par du passif d’au moins aussi long terme, et même si possible par du passif de plus long terme. Le directeur financier peut ainsi tabler sur la réalisation de chaque actif en même temps voire avant que le passif correspondant ne devienne exigible.
Or le banquier pratique quotidiennement exactement l’inverse : il finance des actifs de moyen-long terme, les créances, par du passif de très court terme puisqu’il est exigible immédiatement : les dépôts à vue de la clientèle.
D’une façon plus générale, la banque génère un bénéfice en travaillant sur le différentiel de taux entre les éléments d’actif (créances, instruments financiers) et les éléments de passif (dépôts, emprunts). La courbe des taux étant en règle générale croissante avec le temps, la banque a structurellement tendance à financer ses actifs par du passif de plus court terme. Ceci va avoir une conséquence importante sur la gestion de son bilan.
Le trésorier de la banque se trouve en permanence devant une situation où son passif s’écoule à un rythme plus rapide que ses actifs. Il est donc en permanence à la recherche de financement. On parle de « refinancement » dans la mesure où chaque actif, au cours de sa vie, va potentiellement devoir être financé plusieurs fois.
Cette contrainte sur la liquidité bancaire peut très vite se transformer en crise de solvabilité pour la banque. En effet, si une banque se trouve de manière imprévue à devoir faire face à une demande de remboursements accrue (bank run par exemple), elle va devoir liquider dans l’urgence et donc dans de mauvaises conditions des actifs.
Car en effet la liquidité bancaire est étroitement liée à la liquidité du marché, qui désigne la possibilité de trouver facilement pour un actif financier donné une contrepartie à l’achat ou la vente, et ce de telle sorte que la transaction puisse se faire sans impact significatif sur le prix.
Gestion de la Liquidité Bancaire
La gestion de la liquidité bancaire nécessite donc à la fois une bonne maîtrise des caractéristiques des différents éléments de bilan et aussi une connaissance approfondie des instruments du marché des taux, en particulier de sa composante à court-moyen terme, le marché monétaire. La gestion de la liquidité bancaire constitue un élément important de la gestion actif-passif (ALM, Asset & Liability Management).
La liquidité constitue la composante de la gestion actif-passif qui s’intéresse aux flux financiers générés par l’activité bancaire et à leur adossement dans le bilan de la banque.
Au début des années 2000, les banques ont cru pouvoir s’affranchir de la contrainte de liquidité en recourant massivement à la titrisation pour refinancer leurs créances. Au lieu de conserver celles-ci dans leur bilan, elles les cèdent à un véhicule adhoc, qui lui-même va émettre des titres qu’il vend sur le marché.
Malheureusement cette méthode a rencontré ses limites lors de la crise des subprimes. Le marché s’est subitement avisé que les titres ainsi vendus comme des petits pains n’étaient pas forcément aussi solides que leur notation semblait l’indiquer, entrainant une crise de liquidité massive sur ce marché, qui s’est bien évidemment répercutée sur le bilan des banques.
C’est pourquoi les régulateurs ont décidé d’imposer des contraintes de liquidité sur le bilan des banques. Désormais celles-ci vont devoir détenir une proportion minimale d’actifs liquides, c’est-à-dire facilement négociables, à leur bilan. Les accords de Bâle III définissent ainsi deux ratios de liquidité, l’un à court terme, le Liquidity Coverage Ratio, et l’autre à moyen terme, le Net Stable Funding Ratio.
Ainsi, de même que Bâle II imposait une contrainte sur le passif de la banque (détenir une proportion minimale de capital face aux risques de crédit, de marché et opérationnels), qui continue de s’appliquer et a même été durcie, Bâle III ajoute une contrainte sur l’actif: détenir une proportion minimale d’actifs liquides face au passif de la banque.
balises: #Financ
