Maine Frères Sarl : Histoire d'une Entreprise Familiale
L'histoire de Maine Frères Sarl est riche et complexe, marquée par une évolution constante et une adaptation aux défis économiques et technologiques. Cet article retrace le parcours de cette entreprise, de ses racines dans l'horlogerie à son expansion dans divers secteurs de précision.
Faisant remonter son origine à un atelier d'horlogerie en 1860, la société est fondée en 1898 par l'horloger François Fridolin Schwartzmann (1850-1913). Issu d'une famille originaire d'Autriche (dans la région d'Innsbruck), ce dernier reprend avant 1908 la fabrique d'horlogerie Dodane-Vieille, appartenant à l'un des fils d'Alphonse Dodane : Joseph (Joseph Just, 1872-1943, époux de Renée Vieille), établi à l'angle des rues de la Louhière et des Acacias et qui partira pour Besançon au début des années Vingt.
À la mort de François Fridolin est créée le 11 août 1913 la société en nom collectif et commandite simple Schwartzmann Frères, réunissant ses enfants : Jules (1883-1940), Paul (1884-1963), Auguste (1887-1969), Georges (1889-1962), Léon (1891-1948), Berthe (1893-1976) et Pierre (1902-1990). Cette société est dirigée par Jules, fabricant de montres né à Charquemont et installé rue de la Côte, et Auguste.
Paul et Georges en sortent pour fonder, le 29 novembre 1919, leur propre affaire au 16 rue Charles Brügger. Initialement établis rue Fauche (au n° 7 de l'époque), les Ets Schwartzmann Frères sont transférés en mai 1930 au 6 Grande Rue (alors n° 4), où ils achètent la fabrique d'horlogerie Caille Frères (l'acte est signé en juin 1930). Ils acquièrent également en février 1933 la société du marchand d'outils et de fournitures pour l'horlogerie Ernest Wiedmayer (actuel 4 rue du Pont rouge).
Ils élargissent alors leur activité au négoce de l'outillage et des fournitures pour les horlogers rhabilleurs (réparateurs) et les bijoutiers, et, abandonnant la fabrication des montres, deviennent grossistes dans ce domaine (avec, notamment, les "chronomètres" Le Parfait). Ils s'établissent dans les locaux de Wiedmayer puis rue de la Chaussée et finalement au 15 rue de l'Helvétie (dans un bâtiment ayant accueilli l'atelier d'Edouard Wetzel puis celui de Léo Nelken).
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Après le décès de Jules en 1940 sont créées deux sociétés réunissant sa veuve, née Jeanne Valzer, et ses enfants à l'exception de Marcel (1912-?), qui crée sa propre entreprise (les Ets Schwartzmann Aîné, au 12 rue Pasteur) : Renée (1910-1992), André (1913-1988), Roger (1916-2007), Gisèle (1920-?), Lucien (1922-1979), Maurice (?-?) et Jacqueline (1927-?).
La Sarl Schwartzmann Frères (au capital de 600 000 F), fondée les 6 et 9 janvier 1943, a pour objet "la vente ou l'achat de toutes les fournitures générales concernant l'horlogerie" et la Sarl Les Fils de Jules Schwartzmann (au capital de 50 000 F), créée le 7 janvier 1944, "la fabrication et la vente de montres en tous genres". La première est tenue au début des années 1950 par les quatre garçons (André, Roger, Lucien et Maurice) et exploite les marques Match (dont l'utilisation sera partagée avec la société de Lucien), Favor et Wied (de Wiedmayer).
Après échanges de parts entre eux en décembre 1952 et janvier 1953, André, Roger et Maurice deviennent propriétaires de la première et Lucien de la seconde (il restera cependant employé de ses frères jusque dans les années 1960, comme responsable du service après-vente des appareils et machines pour l'horlogerie).
La société Schwartzmann Frères fait construire en 1953 rue René Payot, par l'architecte Jean Arbaret, de Besançon, l'actuel bâtiment à usage de "magasins, bureaux et logements". Elle poursuit son développement, compte près de 4 000 clients à la fin de la décennie et est classée en 1965 dans la catégorie de 20 à 49 salariés (elle en aura 34 en 1988) ; elle emploie alors notamment 15 représentants.
Le bâtiment est agrandi, en deux fois : en 1967 par le même Arbaret, à l'ouest avec une travée en retour au nord, et en 1973 par l'entreprise Ruggeri, au nord. L'entreprise distribue des fournitures et machines existantes (elle est ainsi agent ou importateur exclusif de sociétés étrangères) mais, au besoin, en fait fabriquer (potence à ouvrir et fermer les boîtes de montre et poste de travail Rotanorm dans les années 1970, chronocomparateur H 100 et détecteur électronique H 412 au cours de la décennie suivante, chronocomparateur SF 1600 au début des années 1900, etc.).
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Gilles Schwartzmann, fils de Roger, est nommé gérant en 1979 ou 1980 d'une société de fournituriste restée familiale et qui compte encore parmi ses actionnaires André, Roger et Maurice. Cette entreprise devient le 28 mai 1991 Schwartzmann SA, réunissant huit actionnaires dont les enfants des précédents - Gilles et Jacques (fils de Maurice) - et Daniel Chopard (gendre d'André), auparavant à la tête de la Sarl Bervil à Villers-le-Lac.
Impactée par les évolutions de l'horlogerie, notamment le virage du quartz, elle organise de 1981 à 1992 environ des sessions de formation à destination des horlogers détaillants (pour la réparation des montres à quartz). Par ailleurs, Gilles avait créé en 1987 Schwartzmann Sarl à Paris (dans le quartier du Marais), entité s'ajoutant aux agences de Toulouse (ouverte en 1963 et toujours active), Angers (1965-1998) et Strasbourg (Compagnie européenne d'Horlogerie, 1968-1970).
Il répondait ainsi à la demande de salariés d'une société parisienne concurrente, Fisseau et Cochot (née en en 1812 sous la dénomination Venot Frères et Cie), qui venait de déposer son bilan. L'entreprise elle-même avait été reprise le 15 octobre de la même année par le suisse Golay-Buchel (société fondée en 1887 au Sentier, commune du Chenit, canton de Vaud), qui occupait alors dans son pays la deuxième place pour la fabrication et la vente d'outillage pour horlogers et bijoutiers (derrière Bergeon et Cie, créée en 1791 sous le nom de Faure Frères au Locle, canton de Neuchâtel).
Devenue Fisseau-Cochot, elle est cependant revendue dès le 6 avril 1990 à Schwartzmann, entrainant une réorganisation : les filiales Schwartzmann Sarl et Fisseau-Cochot sont réunies en 1993 puis, en 2005, la nouvelle entité fusionne avec la maison mère pour donner naissance à Schwartzmann Fisseau-Cochot SAS (SFC en abrégé). Cette dernière absorbe en 2007 la société Selva France Sarl, sa filiale de vente par correspondance aux particuliers créée en 1972 et travaillant en partenariat avec différentes entreprises européennes (d'Allemagne, Angleterre, Autriche, Danemark, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Suède et Suisse) qui avaient décidé de se regrouper pour vendre en commun fournitures pour pendules et objets en bois et métal pour les loisirs créatifs.
En 2013, la société distribue plusieurs dizaines de milliers d'articles, référencés ou non : appareils et outils, produits et pièces détachées de toutes marques pour l'horlogerie, la bijouterie, l'optique, les prothésistes dentaires et certaines industries de haute précision. En 2015, SFC intègre le holding TBRP Group, "groupe de distribution multispécialiste des industries techniques et métiers d'art" né en 2011, qui réunit les sociétés Tena Butty (fondée en 1941 par Amédée Tena et Gérard Butty à Montségur-sur-Lauzon, dans la Drôme, et fabriquant des composants d'horlogerie et de microtechnique), Robur (fabricant de verres pour montre, à Asnières dans les Hauts-de-Seine), Pouget-Pellerin (fournisseur d'outils et de consommables pour la bijouterie et la joaillerie, à Paris dans le Marais) et Europe Horlogerie (fournituriste pour l'horlogerie, à Marseille, Bouches-du-Rhône).
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Ce groupe compte 45 personnes en 2018 : 5 chez TBRP, 21 chez SFC, 10 chez Tena-Butty, 6 chez Pouget-Pellerin, 2 chez Robur et une chez Europe Horlogerie.
Aujourd’hui, l’activité commerciale de la société repose sur trois grandes familles de produits représentant plus de 15'000 articles référencés et quelques centaines de milliers de pièces détachées impossibles à bien référencer mais tout aussi impossibles à gérer sans une informatique puissante :
- les produits techniques et les composants : apprêts de bijouterie or, argent et plaqué or, composants d’habillage (verres, barrettes, couronnes, boîtes, aiguilles, cadrans, etc.), mouvements et pièces détachées pour montres mécaniques et électroniques, réveils et horloges (près de 250 marques de manufactures horlogères), produits et solutions de nettoyage pour montres et bijoux, colles, lubrifiants, graisses, produits spéciaux.
- l’appareillage et l’agencement d’atelier : outillage à main pour l’horlogerie
La société actuelle, juridiquement créée en 1943 dans le cadre de la succession du fondateur, Jules Schwartzmann, n’est que la continuité de la précédente. La société s’est réellement développée de façon importance à partir des années 60, s’entourant d’une force de vente importante sur l’ensemble de la France puisqu’elle compta durant cette décennie jusqu'à 15 représentants (exclusifs et multicartes). L’activité de SCHWARTZMANN s’assimilant déjà pour bonne part à de la vente par correspondance de professionnel à professionnel.
10 SEPTEMBRE : LE DEBRIEF
L’absence quasi-totale à l’époque de moyens de transports rapides et peu coûteux, surtout au départ de la province, fit que l’entreprise, face à une concurrence parisienne très importante, se devait d’offrir à sa clientèle nationale un meilleur service de proximité. C’est ainsi que fut créée en 1967 une première agence à Toulouse (Hte Garonne) ; en 1969, une seconde fut ouverte à Angers (Maine et Loire). La couverture nationale plus efficace que permettaient ces deux plateformes de distribution régionales, eut pour conséquence de faire redescendre à huit l’effectif de la force de vente sur le terrain.
Outre l’importance et la grande variété des produits horlogers français sur lesquels s’appuyait la distribution commerciale, la société eut, dès 1945-46 et au début des années 50, grâce aux les licences d’importation dont elle disposait alors, une importante activité d’importateur en étant, soit agent de fabrique de sociétés étrangères (Suisse, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Japon), soit leur importateur exclusif pour la France. Cette situation privilégiée s’est sérieusement banalisée depuis la mise place du Marché Commun.
Depuis cette époque le métier de la société peut se décrire comme étant celui de distributeur national d’appareils et d’outils, de produits et de pièces détachées toutes marques pour l’horlogerie et la bijouterie, particulièrement destinés aux points de vente horlogers et bijoutiers, aux opticiens, aux prothésistes dentaires, ainsi qu’à certaines industries de haute précision dans la micro mécanique et l’électronique.
Voici un récapitulatif des informations légales de Maine Frères :
| Information | Détail |
|---|---|
| Noms commerciaux | MAINE FRERES |
| Capital variable | 7624,00 € |
| Statut RCS | Inscrite Depuis le 01 juillet 2003 |
| Forme juridique | Société à responsabilité limitée (sans autre indication) |
| Numéro RCS | Coutances B 449164177 |
| Tribunal de commerce | Greffe de Coutances |
| Activité (Code NAF ou APE) | Aquaculture en mer (0321Z) |
| Activité principale déclarée | Exploitation de concessions conchylicoles et ostréicoles |
L'entreprise opère également dans le domaine de l'aquaculture en mer, exploitant des concessions conchylicoles et ostréicoles. Un document est disponible pour comprendre les enjeux économiques, environnementaux et commerciaux de ce secteur clé de l'aquaculture.
Cependant, l'histoire de l'entreprise n'est pas sans défis. Récemment, un incendie a ravagé le bâtiment de l'entreprise de charpenterie Letertre Frères à Pré-en-Pail, dans la ZA du Pré vert. Dans la nuit, entre 3h et 3h30 ce samedi 21 juin, le bâtiment de l'entreprise de charpenterie Letertre Frères a pris feu à Pré-en-Pail, dans la ZA du Pré vert. Rapidement sur les lieux, 35 sapeurs-pompiers, avec douze engins, ont maîtrisé l'incendie en moins de trois heures. "Le bâtiment de 1 500 m² est totalement embrasé", indiquait un communiqué du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 53) à 4h51. "Plus des deux tiers du site sont détruits, complétait ce matin à 9h le maire local Denis Geslain. Toute la partie administrative et de stockage a été consumée. L'édile regrette cette catastrophe pour une société historique de la commune et du Nord-Mayenne. "C'est une belle entreprise de dix-huit salariés. Elle s'est installée en 1984 à Pré-en-Pail, avant de s'établir en 1986 sur le site actuel. Ce feu n'a pas fait de victime. Mais son origine n'est pas encore connue.
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