Causes et solutions au manque de motivation chez les freelances
Qui n’a jamais eu un coup de mou dans sa vie professionnelle ? Si le manque de motivation au travail n’est parfois que provisoire, il arrive qu’il s’agisse d’un mal-être bien plus profond. La motivation est essentielle pour réussir professionnellement. Elle peut être difficile à maintenir à long terme, mais il existe des astuces pour la favoriser.
Pourquoi la démotivation survient chez les freelances
La démotivation professionnelle peut être définie comme une perte d’envie et de sens au travail ressentie par un ou une salarié(e) - et cela vaut tout autant pour l’indépendant. Les raisons de la démotivation professionnelle sont bien sûr très variables, fonction de l’individu et de ses sources de motivation. Après avoir pris conscience de votre démotivation, après l’avoir nommée et acceptée, il est essentiel de réussir à prendre du recul de façon à pouvoir en identifier les raisons précises.
- Surcharge de travail et obsession de la productivité : Les freelances sont souvent tentés de travailler plus pour gagner plus, mais c’est un mauvais calcul car bien souvent, si on ramène notre masse de travail au tarif horaire, les gains sont ridicules. Pour les freelances interviewés, le burnout est donc le plus souvent consécutif à une surcharge de travail les poussant à dépasser leurs limites.
- Pression financière : Le fait de s’arrêter constitue une perte financière énorme. Le freelance n’a souvent pas de filet et peu d’indépendants ont souscrit à des assurances et prévoyances complémentaires. S’ils s’arrêtent, c’est le couperet ! Alors, le plus souvent, ils ne lèvent pas vraiment le pied.
- Isolement social : Je travaillais tout le temps. J’étais dans un état de fatigue permanente, je n’avais plus envie de quoi que ce soit, je ne faisais plus de sport, ne voyais plus d’amis. Cet isolement social, intimement lié à la fatigue permanente, a pour conséquence de créer un état dépressif et une perte d’envie liée au travail.
- Perte de sens (brown-out) ou ennui (bore-out) : « À quoi je sers ? » : cette question, de plus en plus fréquente, traduit un malaise de fond. Le brown-out : le salarié fait son travail correctement, mais il n’y croit plus. Le bore-out : l’ennui au travail, tâches répétitives ou sans défi, mène à une perte de sens et de motivation.
- Brouillage des frontières vie pro / vie perso (blurring) : Le freelance peut ne pas réussir à dissocier qui il est de son travail, menant à une identité professionnelle confondue avec la vie personnelle.
- Manque de cadre, d’autonomie réelle ou mauvaise organisation : Une mauvaise organisation ou un manque de contrôle sur ses journées, des horaires flous et des pauses inexistantes accélèrent l’épuisement.
Signes et conséquences de la démotivation
- Fatigue régulière, troubles du sommeil, douleurs physiques.
- Perte d’estime, stress, isolement, repli sur soi.
- Diminution de la productivité, difficulté de concentration, baisse de créativité.
- Conséquences financières : difficulté à maintenir un chiffre d’affaires stable et image professionnelle altérée.
Quand la démotivation s’accompagne d’une grande fatigue, de troubles du sommeil, d’anxiété ou d’un désengagement total du travail et du reste, il peut s’agir d’un bore-out, d’un brown-out ou d’un début de burn-out. Parlez-en à votre médecin traitant ou à la médecine du travail.
Prévenir et traiter la démotivation : solutions concrètes
Identifier la cause est déjà moitié du chemin. Certaines causes peuvent se traiter sans changer d’emploi : demande d’entretien, formation, mobilité interne (pour les salariés) ; pour les freelances, plusieurs actions pratiques existent pour renouer avec la motivation.
1. S’écouter et réagir aux signaux
Il n’existe pas de solution miracle. Tout d’abord, il est important de prêter attention aux signaux d’alerte de son corps pour éviter de (re)tomber dans un épisode de burnout. C’est ce à quoi s’astreint Yannis depuis quelque temps : « Quand je vois que je commence à avoir du mal à m’endormir le soir parce que je stresse pour le travail, je finis mes journées plus tôt ».
Lire aussi: Impact du manque de franchise
2. Se fixer des limites et un cadre de travail
Le plus important c’est de se fixer des horaires. Vous pouvez, comme moi, vous astreindre à des horaires de bureau classiques. Mais ce n’est pas une obligation ! De vraies pauses : mangez où vous voulez, mais pas devant votre ordinateur. Le but est de vous aérer l’esprit. Délimiter un cadre de travail physique et relationnel est aussi central : travailler dans une pièce spécifique, organiser son planning, compartimenter prospection et opérationnel.
3. Remettre du sens
Le médecin recommande toujours à ses patients de revenir aux origines de leurs choix : pourquoi avoir décidé de vous mettre à votre compte ? Qu’est-ce qui ne vous plaisait pas dans le travail salarié ? Ces pistes permettent notamment de remettre du sens là où ce dernier peut avoir disparu. « De mon côté, je me suis souvenu que j’aimais faire mon travail, justement parce que j’aimais rencontrer des gens. Depuis, je m’astreins à rencontrer au moins 1 ou 2 nouvelles personnes chaque semaine » rapporte Yannis.
4. Bien choisir ses clients et dire non
De manière très concrète, il est important d’être aligné avec ses clients. « Maintenant, c’est important pour moi d’être alignée avec mon client si je veux que ce soit pérenne. Et bien sûr, il faut que ce client paie correctement (et à l’heure !) » confie Barbara. Oser dire non aux missions qui ne correspondent pas à vos valeurs ou qui menacent votre équilibre est une compétence clé.
5. Travailler en collectif pour casser l’isolement
La solitude peut facilement mener au burnout. Travailler avec d’autres indépendants augmente le lien social et peut aussi améliorer les revenus. Il peut s’agir d’un collectif ou d’une agence. « Je peux échanger avec mon équipe, améliorer mes process et accéder à un beau portefeuille de clients. J’ai l’impression qu’on me respecte davantage » explique Orane.
6. Anticiper sa protection sociale et sécuriser ses revenus
Il peut être intéressant de se pencher sur les solutions de prévoyance qui existent pour les freelances afin de s’octroyer aussi le droit à la vulnérabilité. Il existe aussi des solutions de portage salarial permettant de mieux se protéger. Pour Barbara, ce parachute prend la forme de droits au chômage qu’elle conserve au maximum pour faire face à un coup dur.
Lire aussi: L'exploration de la franchise
7. Se méfier de l’hyperconnexion et prendre des pauses
Enfin, gare à l’hyperconnexion ! « C’est un vrai facteur de risques » souligne le Dr Baumann qui prescrit plutôt du sport, des loisirs et des relations sociales, qu’elles soient ou non professionnelles. N’hésitez pas à planifier de vraies pauses et des vacances : un break de quelques jours permet déjà de souffler un bon coup.
8. Varier ses missions, se former et fixer des objectifs
Varier ses missions, se fixer des objectifs clairs et réalisables, et apprendre de nouvelles compétences permettent d’avoir un sentiment d’accomplissement et de retrouver de la motivation. Une des stratégies consiste à découper ses objectifs en sous-objectifs et tâches pour rendre le plan d’action plus accessible et limiter la procrastination.
Que faire si la situation s’aggrave ?
Si la démotivation s’accompagne d’une grande fatigue, de troubles du sommeil, d’anxiété ou d’un désengagement total, parlez-en à votre médecin traitant. Le burnout des freelances existe vraiment et il peut être plus difficile à admettre car s’arrêter équivaut souvent à une perte financière importante. Si vous ressentez ces symptômes : réagir dès les premiers symptômes, demander de l’aide, déléguer, et envisager des sécurités financières sont des étapes essentielles.
Pratiques concrètes à appliquer dès aujourd’hui
- Faire un état des lieux : notez les symptômes, les sources de stress et les périodes où la motivation chute.
- Se protéger financièrement : étudiez prévoyance, portage salarial, et droits au chômage.
- Structurer son temps : horaires, pauses régulières, semaines de 4 jours si possible.
- Renouer le lien social : coworking, collectif, rencontres hebdomadaires avec au moins une nouvelle personne.
- Sélectionner ses clients : privilégier ceux alignés avec vos valeurs et payant correctement.
- Varier les missions et se former : fixer de nouveaux challenges et objectifs trimestriels.
- Déconnecter régulièrement : vacances, week-ends sans travail, limiter notifications.
« Je me suis effondré » : témoignage d'un burn out
Motivations à cultiver chez le freelance
L’autonomie, la flexibilité, la variété des projets, la motivation financière, l’accomplissement personnel et l’équilibre vie pro/perso sont des moteurs puissants. Nourrir ces leviers et veiller à l’équilibre entre liberté et cadre sont des conditions essentielles pour prévenir la démotivation.
Identifier la cause est déjà moitié du chemin. Relisez les points ci-dessus, repérez ceux qui résonnent le plus et commencez par des actions simples et concrètes. Même si une reconversion se profile, il est rare qu’il faille tout changer du jour au lendemain.
Lire aussi: Citations sur l'hypocrisie et le manque de sincérité dans nos paroles
balises: #Freelance
