NFM Technologies : redressement judiciaire, procédure et situation actuelle

Le destin de NFM Technologies, dernier fabricant français de tunneliers, est marqué par une longue et complexe trajectoire, marquée par des succès initiaux et des difficultés croissantes au fil des années. Fondée en 1988 par le rapprochement des activités mécaniques de Creusot Loire Framatome et du grenoblois Neyrpic sous licence Mitsubishi, cette entreprise emblématique de l’industrie hexagonale a connu un lent déclin malgré des tentatives de redressement successives.

Genèse et évolution de NFM Technologies

Originellement nommée NFM Technologies, l’entreprise deviendra plus tard Tunneling Equipment avant que sa liquidation judiciaire soit prononcée. Née d’un rapprochement stratégique, elle représentait un fleuron industriel français dans la fabrication de tunneliers utilisés pour divers projets d’infrastructures à travers le monde.

Si dans les années 2010, la société affichait un chiffre d’affaires en forte hausse, notamment grâce à une politique commerciale agressive qui a porté son chiffre d’affaires de 90 millions d’euros en 2011 à 165 millions en 2015, cette progression ne fut pas durable. Dès le début des années 2000, des difficultés se sont fait sentir : les commandes tardaient à venir et les dettes s’accumulaient.

Déclin et tentative de redressement

Malgré son rachat par le consortium chinois NHI en 2007, qui devint actionnaire unique en 2011, la société NFM Technologies n’a pas su retrouver sa dynamique. De mauvais choix stratégiques opérés par NHI ont même contribué à ternir son image, remettant en cause la qualité de ses tunneliers. Le dernier tunnelier sorti de l’usine du Creusot, en Saône-et-Loire, était destiné à des projets comme la ligne Lyon-Turin, un chantier contesté dans les Alpes.

Cette perte de performance commerciale s’est traduite par une absence complète de nouveaux contrats depuis 2016. Parmi les dernières commandes effectuées figuraient des projets majeurs tels que le métro de Londres, le prolongement de la ligne 14 du métro parisien, ainsi que les métros du Caire et d'Athènes.

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En août 2018, confrontée à une cessation de paiements effective depuis le 15 juillet, NFM Technologies a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. À cette date, l'entreprise employait encore environ 150 personnes, en grande partie placées en chômage partiel depuis mai.

La procédure judiciaire et les acteurs impliqués

La procédure de redressement judiciaire a été ouverte par jugement du 2 août 2018 au Tribunal de commerce de Lyon. La SELARL AJ PARTENAIRES a été désignée comme administrateur judiciaire, représentée par Me Maurice Picard puis, lors d’un jugement complémentaire en décembre 2019, par Me Bruno et Ludivine Sapin ainsi que Me Didier Lapierre. Le mandat judiciaire a été confié à la SELARL MJ SYNERGIE, dirigée par Me Bruno Walczak.

Cette procédure visait notamment à permettre à NFM Technologies de "s’affranchir de la tutelle de l’actionnaire" selon Luc Devaux, ancien directeur rappelé en urgence par l’assemblier. En dépit d’une reprise en main drastique qui a vu le départ de deux tiers des salariés, la société n’a pas réussi à renouer avec l’activité commerciale.

Le devenir des sites industriels est au cœur des enjeux : l’atelier principal situé au Creusot ainsi que les bureaux lyonnais devraient trouver un repreneur, plusieurs entreprises ayant manifesté leur intérêt.

Liquidation judiciaire et perspectives

Le couperet est finalement tombé en novembre 2018, quand le Tribunal de commerce de Lyon a prononcé la conversion de la procédure de redressement en liquidation judiciaire, entraînant un arrêt complet de l’activité au 30 novembre 2018.

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Plusieurs jugements subséquents ont tenté de modifier le plan de cession pour envisager une reprise, notamment celui du 27 juillet 2021.

Des propositions de repreneurs français et européens ont déjà été formulées. Néanmoins, la situation reste préoccupante car il ne subsiste plus qu’un seul constructeur de tunneliers en Europe, le groupe allemand Herrenknecht, qui domine désormais le marché international.

Impact et démarche vers l’avenir

Le groupe chinois NHI, principal propriétaire jusqu’à la liquidation, est pointé du doigt pour avoir contribué au creusement de la "tombe" de NFM Technologies, avec des choix qui n’ont pas permis de conserver la compétitivité de l’entreprise.

En parallèle, la société Mining Equipment, par l’intermédiaire de son vice-président Matt Pope, a tenu à préciser que ses activités n’ont aucun rapport avec celles de Mühlhäuser, entreprise qui avait été choisie pour reprendre les activités en 2018 mais qui n’a racheté que la propriété intellectuelle des brevets et le nom.

La survie d’un équipementier français dans ce secteur stratégique reste donc incertaine, malgré l’intérêt de plusieurs repreneurs et un cadre judiciaire toujours actif pour tenter de relancer l’activité.

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Chronologie des jugements et décisions importantes

Date Décision
30/10/2017 Décision de non-dissolution de la société malgré capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social
02/08/2018 Ouverture de la procédure de redressement judiciaire
28/11/2018 Arrêt du plan de cession et conversion en liquidation judiciaire
19/12/2019 Nomination de la SELARL AJ PARTENAIRES comme administrateur judiciaire
27/07/2021 Modification du plan de cession décidée par le Tribunal de Commerce de Lyon

La Redressement Judiciaire : [Droit des entreprises en difficultés]

Enfin, la pérennité des emplois et la continuité des savoir-faire français dans la fabrication de tunnels restent au cœur des débats, avec une date clé au 2 octobre 2018 où le tribunal de commerce de Lyon attendait les propositions définitives des repreneurs, initialement fixée comme un moment crucial pour le futur de l'entreprise.

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