Nombre de PME et TPE par département en Normandie : état des lieux et dynamiques sectorielles

La situation économique des TPE et PME normandes fait l'objet d'analyses régulières, notamment à travers le baromètre de l'Ordre des experts-comptables de Normandie et les enquêtes nationales. Un baromètre basé sur un échantillon représentatif des 22 000 TPE et PME de la région permet de dresser un bilan chiffré et qualitatif de l'année écoulée et d'évaluer les perspectives.

Panorama général des TPE-PME en Normandie

Pour son baromètre semestriel TPE et PME, Bpifrance Le Lab a interrogé près de 40 000 entreprises des secteurs marchands non agricoles, de 1 à 249 salariés et réalisant moins de 50 M€ de chiffre d’affaires, ont été interrogées aux printemps 2025. En Normandie, comme dans les autres régions, plus de neuf entreprises sur dix sont des micro-entreprises.

Celles-ci n’emploient cependant que 17 % des salariés normands, les principaux employeurs étant les petites et moyennes entreprises (PME). La région se caractérise toutefois par le poids important dans l’emploi salarié des grandes entreprises qui y sont implantées, poids qui la place au 3e rang des régions de province.

Les 45 000 microentreprises employeuses normandes génèrent une valeur ajoutée de 7,3 milliards d’euros. La richesse dégagée est égale à la valeur ajoutée pour les entreprises mono-établissements.

Répartition territoriale : disparités entre départements

Il y a des disparités dans les secteurs d'activité mais est-ce qu'il y en a aussi au niveau des territoires, au niveau de nos cinq départements normands ? Oui. En général, la Manche est plutôt en bonne posture parce qu’elle a souvent un taux d'emploi meilleur que les autres départements.

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Et quand on regarde d'autres statistiques, c'est souvent la Seine-Maritime qui est la plus impactée par les difficultés, les défaillances d'entreprises, compte tenu aussi de sa volumétrie économique dans l'ensemble de la région. Les PME « régionales », c’est-à-dire ayant plus de 80 % de leurs effectifs en Normandie, sont les principales contributrices à la création de la valeur ajoutée des entreprises « régionales ».

Les microentreprises se répartissent dans 74 700 établissements (figure 5). Certains territoires, plus de 40 % des emplois dépendent des microentreprises. Représentent 15 % de l’emploi en Seine-Maritime et jusqu’à 20 % dans l’Orne.

Poids sectoriel : quelles activités dominent en Normandie ?

En termes d’effectifs, l’industrie occupe une place plus importante qu’ailleurs parmi ces grandes entreprises, mais aussi parmi les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Ainsi, dans ces deux catégories d’entreprise, quatre salariés sur dix travaillent dans l’industrie.

La construction, de l’hébergement-restauration et de l’immobilier figurent parmi les secteurs présents dans la région. Les activités de la sphère dite présentielle regroupent les deux tiers des établissements en Normandie.

Données sectorielles détaillées pour la Normandie

Le tableau ci-dessous synthétise les principaux secteurs d’activité avec le nombre de salariés, le nombre d’établissements, le volume d’offres d’emploi diffusées sur France Travail et les embauches déclarées (toutes embauches hors intérim, hors MSA et fonction publique).

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SecteurSalariésÉtablissementsOffres d'emploi (12 mois)Embauches
Industrie manufacturière226 2776 78712 38015 060
Commerce - réparation auto/moto163 78019 53116 03035 490
Santé humaine et action sociale100 8165 70724 890100 750
Construction89 97211 7337 58010 290
Transports et entreposage79 6093 0824 27010 040
Services administratifs et de soutien76 7194 75011 22036 790
Activités spécialisées, scientifiques et techniques47 7786 40929 1907 450
Hébergement et restauration46 3137 99610 50051 740
Activités financières et d'assurance25 4513 8367 9502 540
Autres activités de services21 8615 3283 1907 970
Agriculture, sylviculture et pêche19 8009 1001 5409 760
Enseignement16 6951 4926 1607 610
Arts, spectacles et activités récréatives14 6693 2651 12026 340
Énergie (élec, gaz...)14 3182121 630590
Information et communication13 0671 3854 3303 480
Activités immobilières11 7261 9972 5402 350
Eau, déchets, dépollution10 9994407601 010
Administration publique8 8322005 58015 420
Industries extractives839889040

Observations clés par secteur

  • Le secteur de la santé humaine et de l’action sociale se distingue par un niveau d’embauches très élevé (100 750), reflétant une forte demande de personnel.
  • L’industrie manufacturière reste le premier employeur avec 226 277 salariés, mais son dynamisme dépend de la conjoncture globale.
  • Les métiers liés à l’hébergement-restauration et au commerce restent importants en nombre d’établissements et d’embauches, mais sont sensibles au pouvoir d’achat.

Conjoncture 2025 et perspectives pour 2026

Une année 2025 un peu mieux orientée en Normandie qu'au niveau national, avec un quatrième trimestre qui était plutôt mauvais par rapport au quatrième trimestre 2024 qui, lui, était plutôt stable par rapport à 2023. Nous sommes dans une période où finalement, on se dit qu'on est à peu près préservé, mais, effectivement, on a un quatrième trimestre, qui est souvent un trimestre où on a un peu plus de consommation.

En 2025, la conjoncture s’est avérée morose sur l’ensemble du territoire. Fin 2025, la situation économique des TPE-PME est difficile sur l’ensemble du territoire. Le chiffre d’affaires est estimé en recul sur l’ensemble de l’année dans toutes les régions sans exception, de −1 % à −3 %.

La situation s’améliore toutefois par rapport à 2024 dans trois régions : les Pays de la Loire, la Normandie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans ces trois régions, l’indicateur d'activité progresse de 2 à 5 points sur un an.

La dynamique d’embauches en 2025 varie selon les régions. L’indicateur d’emploi progresse franchement en Normandie. Il gagne 12 points sur un an et repasse ainsi au-dessus de sa moyenne historique.

Les TPE-PME ont vu en moyenne leur trésorerie s’améliorer nettement en 2025 et la jugent bien plus confortable qu’en moyenne par le passé. La Normandie est la seule région dans laquelle les TPE-PME ont été plus nombreuses à investir que l’an passé : 48 % d’entre elles ont investi en 2025, soit +6 points sur un an.

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Défaillances et emploi

Les défaillances d'entreprises, justement, il y en a eu 2 832 l’année dernière en Normandie. L'Ordre des experts-comptables indique que c'est proche du record de 2015. L’interprétation la moins pire, on va dire, c’est un impact de rattrapage de la période Covid ou post-Covid.

Il y a aussi l'augmentation du nombre d'entreprises par rapport à 2015. Aujourd'hui, sur le territoire, on constate que la création d'entreprises se poursuit de manière relativement importante. Par conséquent, le stock d'entreprises, par rapport à ce niveau de défaillances, a aussi augmenté.

Ce qui est plus embêtant, c’est qu'on est sur un niveau fort de défaillances d'entreprises depuis deux ans. L’autre point, c'est qu'il y a un certain nombre de conséquences sur l'emploi. Je n’ai que les chiffres du troisième trimestre mais la Normandie a perdu de l'emploi dans les statistiques de l'Urssaf, donc de l'emploi salarié.

Performance trimestrielle et indicateurs récents

Au 1er trimestre 2026, l’indice de chiffre d’affaires (ICA) des 29 000 TPE-PME de la Normandie de notre échantillon (cf. méthodologie) indique une légère hausse de CA de 1,1% en valeur. L’activité a été portée par une progression en janvier. Toutefois, février et mars ont été marqués par le retour de la baisse de l’activité qui laisse augurer une dynamique négative pour les prochains mois, au vu du contexte international et de ses conséquences sur la hausse des prix de l’énergie.

Cette performance les place au 2e rang du classement national avec un résultat supérieur de 0,7 point à la moyenne française (+0,4%). Parallèlement, selon le rapport Altares du 1er trimestre 2026, le nombre de défaillances a reculé (-12,8% soit 642 défaillances).

Il convient également de noter que les résultats présentés dans cette analyse ne sont pas corrigés de l’inflation. Selon l’INSEE, les prix à la consommation ont augmenté de 1,7% en mars 2026 sur les 12 derniers mois. Cette hausse s’explique par l’important rebond des prix de l’énergie (+7,3% sur un an), et par la légère augmentation des prix des services.

Caractéristiques des microentreprises et impact sur l'emploi

Plus de neuf entreprises sur dix (figure 1) sont des micro-entreprises. Les microentreprises « classiques » (régime classique des entreprises, un chiffre d’affaires annuel inférieur à 2 millions d’euros) représentent plus de la moitié des établissements et de l’emploi salarié de la région.

Les formalités comptables et fiscales sont simplifiées pour ces microentreprises. Elles ont des salaires plus faibles que dans les autres catégories d’entreprises normandes. Le salaire reste en moyenne plus faible que dans les grandes entreprises.

Les 10 métiers les plus représentés dans les microentreprises normandes montrent une forte présence de professions telles que secrétaires, vendeurs ou aides de cuisine. Les microentreprises sont donc particulièrement ancrées dans le champ de l'artisanat et des activités présentielle.

Quels signaux pour 2026 ?

À quoi doit-on s'attendre pour 2026 ? Alors les perspectives négatives sont plutôt que le contexte international et national ne change pas trop, ça manque de sérénité. Après, on a des fondamentaux qui ne sont pas si mauvais que ça et une activité qui ne s'écroule pas.

Ce qui pourrait donner un petit peu de dynamisme en 2026, c'est que les entreprises soient en capacité d'augmenter un petit peu leurs investissements. Les perspectives d’activité pour 2026 sont bien orientées dans la plupart des régions. L’indicateur prévisionnel d’activité progresse sensiblement dans les Hauts-de-France (+18 points sur un an), la Bourgogne-Franche-Comté, la Normandie et les Pays de la Loire (+16 points dans chacune des trois régions).

Les TPE-PME restent toutefois prudentes sur leurs embauches. L’indicateur prévisionnel d’emploi progresse plus modérément que celui relatif à l’activité, voire diminue légèrement dans certaines régions. Les TPE-PME ne prévoient pas de nouvelle érosion de leur situation de trésorerie au cours des six prochains mois. L’investissement resterait peu dynamique en 2026.

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