Acteur qui joue César dans La Planète des Singes
Il est le comédien que l’on ne voit (presque) jamais. Lui, c'est Andy Serkis, alias César, le héros simiesque des trois films de la franchise La Planète des singes qui ont réuni 10 millions de spectateurs en France entre 2011 et 2017.
Qui est l'acteur derrière César ?
Son visage ne vous dit sans doute rien, et pourtant vous le connaissez, c'est sûr. L'acteur Andy Serkis, qui joue dans La Planète des Singes: L'Affrontement, avance masqué. Son visage n'est pas connu du grand public. Pourtant, le Britannique Andy Serkis, 53 ans, est l'un des comédiens les plus demandés au monde car il est le meilleur spécialiste de la capture de mouvement (qui permet de filmer les mouvements et expressions d'un comédien avant une restitution visuelle sous d'autres traits).
Il a joué des rôles majeurs pour les plus grands cinéastes : pour Peter Jackson, le Gollum du « Seigneur des anneaux » et King Kong, pour Steven Spielberg, le capitaine Haddock dans « Les Aventures de Tintin »... Surtout, il est depuis 2011 César, le chimpanzé de la saga « La Planète des singes ».
La performance : motion capture et incarnation de César
La capture de mouvement change la manière de filmer un acteur, mais cela n’implique pas de jouer différemment. En fait, c’est même la forme de jeu la plus pure, celle où les émotions sont authentiques. Le principe ? L'acteur joue dans une combinaison recouverte de centaines de capteurs. Les mouvements de son corps et les expressions de son visage sont alors enregistrés puis transformés sur ordinateur pour donner corps à la créature de fiction.
Lorsque Andy Serkis tourne La Planète des Singes : Les Origines, en 2011, il n’en est pas à son coup d’essai. La même année, il fait vivre le capitaine Haddock dans Les Aventures de Tintin, devant la caméra de Steven Spielberg. Et il avait déjà prêté son visage au monstrueux Gollum dans les trois épisodes du Seigneur des anneaux, réalisés par Peter Jackson entre 2001 et 2003. Puis, en 2005, le réalisateur l’avait entraîné dans la même aventure avec King Kong, en lui confiant le rôle-titre.
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Quand nous avons travaillé le personnage, raconte l’acteur, on n’utilisait que la simple capture de mouvements pour le corps. Les expressions de mon visage restaient filmées traditionnellement. Les animateurs copiaient une à une les images pour les retravailler. Avec King Kong, la technique a changé. Utilisée pour le premier volet de La Planète des singes, en 2011, la performance capture saisit à la fois le visage, les mouvements du corps et des doigts. «Le système était devenu très fiable, et on a pu tourner les captures à La Nouvelle-Orléans, sous la pluie, ou encore par -16 °C au Canada», poursuit l’acteur.
Entourés de plusieurs caméras à haute vitesse, dont une fixée directement face au visage, les acteurs, parmi eux Andy Serkis, ont simulé les singes dans le film. La façon de filmer n'a guère changé : on enfile toujours des combinaisons bourrées de capteurs, et des caméras greffées sur nos visages filment toutes nos expressions faciales. Ce qui a évolué, c'est la postproduction, la manière dont les logiciels interprètent ce que les caméras et les capteurs enregistrent : c'est ce qui donne, dans ce dernier film, cette impression hyperréaliste pour les yeux, les fourrures, la peau...
Andy Serkis et la technique : The Imaginarium
Très vite, l’acteur s’est passionné pour cette technologie et a fondé en 2011 le studio The Imaginarium, dédié à la « performance capture », ou capture d’interprétation. Parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Andy Serkis a fondé sa propre société, The Imaginarium Studios, afin de développer dans tous les médias cette technologie qui, selon lui, "va permettre au spectateur de se sentir encore davantage au cœur de l'action".
En plus de fournir la technologie, son studio forme les acteurs et leur apprend à jouer avec un avatar virtuel. Il va ainsi aider Mark Ruffalo à se sentir à l'aise dans son "costume" (trop petit) de Hulk, le super héros Marvel. C'est grâce à lui qu'on a pu voir, dans La Tempête de Shakespeare à Londres en décembre, le premier personnage en performance capture se produire sur une scène de théâtre.
Pourquoi Andy Serkis est idéal pour incarner César
"C'est un personnage que j'ai énormément aimé jouer, parce qu'il m'a offert beaucoup de possibilités", nous confiait Andy Serkis au moment de la sortie de Suprématie. "C'est une chance pour un acteur de pouvoir incarner un héros depuis son enfance jusqu'à la fin." Si le comédien-réalisateur britannique éprouve autant d’affection pour César, c’est parce qu’il le connaît par cœur. Du bébé chimpanzé à l’intelligence remarquable découvert dans La Planète des singes : Les Origines en 2011, au leader charismatique du dernier épisode, Andy Serkis l'a façonné, accompagné, fait grandir sous les yeux des spectateurs.
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"La raison pour laquelle j’ai incarné tant de personnages via ce procédé, c’est parce qu’il me permet d’explorer en profondeur leur personnalité", détaille Andy Serkis. Parmi ses rôles iconiques, il y a le tourmenté Gollum dans la saga Le Seigneur des anneaux ou le massif King Kong dans le film du même nom. "La capture de mouvement change la manière de filmer un acteur, mais cela n’implique pas de jouer différemment. En fait, c’est même la forme de jeu la plus pure, celle où les émotions sont authentiques", ajoute-t-il.
La performance émotionnelle : du regard aux larmes
Tout, ou presque, passe par ce que vous faites avec vos yeux... C'est vrai. Mais ça n'est pas une contrainte : je ne répète pas des heures devant un miroir. Vous avez intégré l'outil, mais à partir de là, vous êtes dans une façon de jouer très pure. C'était pareil quand j'ai interprété le Gollum dans « Le Seigneur des anneaux » ou le capitaine Haddock dans « Tintin ».
Il leur arrive de se livrer jusqu’à 150 modifications sur ma performance animée pour retrouver les émotions dans mon regard. Quand je pleure ou que mes yeux bouillonnent de rage, ils peuvent reproduire ces sentiments. Cela rend l’ensemble plus émouvant pour le spectateur, car cela facilite son identification avec un personnage dont il perçoit l’humanité.
Le parcours de César à l'écran
César (Caesar) est un personnage fictif, un chimpanzé mâle, du film La Planète des singes : Les Origines et de ses œuvres dérivées, interprété par Andy Serkis via la technologie de capture de mouvement. Élevé par des humains depuis son plus jeune âge, César a hérité de l'intelligence exceptionnelle de sa mère. À la suite d'un incident où il a blessé un humain, il est placé dans un sanctuaire pour primates, où il est témoin de l'oppression subie par ses congénères.
Par la suite, César utilise le virus ALZ-112 pour augmenter l'intelligence des autres primates du sanctuaire, puis organise et dirige une révolte. Ils parviennent finalement à s'échapper de la ville et établissent une nouvelle colonie dans la forêt près du Golden Gate Bridge. Passant de l'animal de compagnie d'une famille humaine au leader d'une civilisation simiesque, le parcours de César illustre son éveil intellectuel et sa quête d'identité.
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| Film | Année | Rôle d'Andy Serkis |
|---|---|---|
| La Planète des singes : Les Origines | 2011 | César (découverte et ascension) |
| La Planète des singes : L'Affrontement | 2014 | César (leader pacifique devenu chef face à la guerre) |
| La Planète des singes : Suprématie | 2017 | César (chef en guerre, déchiré par la vengeance et la compassion) |
Évolution du personnage et des thèmes
Le parcours de croissance de César l'a vu évoluer d'un jeune singe naïf vers un leader responsable et sage. Il établit des règles, insiste sur la paix et l'unité, passant ainsi d'un simple chimpanzé à un 'empereur César'. Son ascension invite également à une réflexion sur la société humaine.
Dans L'Affrontement, dix ans après les événements du premier film, Caesar est devenu le chef de la tribu des singes. Il les guide pour qu'ils vivent en paix et prospèrent dans la jungle, et il a lui-même deux enfants. Parallèlement, en raison de la propagation mondiale de l'ALZ-112 (la grippe simienne), une grande partie de l'humanité a péri.
Grièvement blessé, Caesar est sauvé et soigné par Malcolm, un membre du groupe humain. Pendant sa convalescence, le groupe s'installe par hasard dans la maison abandonnée de Will, vue dans le premier film. Caesar y trouve le caméscope que Will utilisait autrefois. En regardant les enregistrements de son enfance avec Will et sa famille, il se plonge dans ses souvenirs. Lorsque Malcolm lui demande qui sont les personnes sur la vidéo, Caesar répond : « Un homme bon. Comme toi. »
Réception et reconnaissance
Il a été le héros des plus grands succès du box-office mondial. "La capture de mouvement change la manière de filmer un acteur, mais cela n’implique pas de jouer différemment. En fait, c’est même la forme de jeu la plus pure, celle où les émotions sont authentiques", ajoute-t-il. Plus le public croit à ce qu'il voit, plus il est ému. Qu'importe votre taille, votre sexe et votre couleur de peau, la performance capture permet de devenir n'importe quoi.
Une performance hors norme, pourtant méprisée par la grande famille de Hollywood et qui prive l'acteur de toute sélection aux Oscars. "C'est la qualité du jeu, et non les effets visuels, qui rend le personnage convaincant. Le numérique n'est rien d'autre qu'un costume." Andy Serkis peut continuer à prendre le métro londonien sans être dérangé. L'acteur n'a pas de problème d'ego mal placé, ni de besoin de reconnaissance maladif. "Je ne suis pas connu pour ma belle gueule, mais pour mes interprétations : la plus belle gratification pour un comédien."
Andy Serkis Channels Gollum & Caesar The Ape | CONAN on TBS
Autres projets et héritage
Sur sa lancée, Andy Serkis a réalisé, via The Imaginarium, sa propre version du Livre de la jungle. Intitulé Mowgli, le film réunit Christian Bale, Cate Blanchett et Benedict Cumberbatch. Il a aussi repris le Gollum en 2012 dans Le Hobbit, et a été le suprême leader Snoke dans Star Wars, épisode VII, en 2015. Il participe également à d'autres gros projets et continue d'explorer les possibilités offertes par la capture d'interprétation.
Andy Serkis est donc devenu le Tom Cruise d'un genre cinématographique qui n'existait pas il y a quinze ans, et de plus en plus plébiscité par les studios américains. La capture de mouvement a évolué et, avec elle, la manière de percevoir la performance d'acteur. Pour Serkis, "le numérique n'est rien d'autre qu'un costume" et la technologie permet maintenant de rendre justice à la profondeur émotionnelle d'un personnage comme César.
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