Les sources de financement de l'État islamique

Les ressources financières de l’État islamique sont très importantes et diversifiées. On estime que les ressources de l’État islamique représentent plus de 2 milliards de dollars de revenus par an.

Sources de financement de l'État islamique

Diversification des sources de revenus

Si le groupe terroriste est affaibli par les bombardements menés sur son réseau pétrolier, Daech a su compenser le manque à gagner en diversifiant ses sources de financements. LE SCAN ÉCO - Si ses ressources financières liées au pétrole se sont affaiblies, l'État islamique poursuit sa stratégie de diversification de ses recettes. Et malgré la lutte internationale contre le financement du terrorisme, les djihadistes parviennent à faire circuler et fructifier son cash en dehors des frontières qu'il contrôle.

Voici les principales sources de financement de l'État islamique :

  • Pétrole : Le pétrole constitue la ressource principale du groupe, chiffrée à plusieurs centaines de millions de dollars. Celui-ci est vendu bradé, autour de 20 à 30 dollars le baril au lieu de 45 ou 50 dollars normalement. Les réserves de l’Etat islamique en pétrole sont estimées à environ 2000 milliards de dollars, revenu qui s’inscrit dans le long terme.
  • Taxes locales : L’Etat islamique se finance par ailleurs par le biais de taxes locales, notamment de prélèvements sur les revenus des fonctionnaires irakiens et syriens.
  • Pillage d’œuvres antiques : Ensuite, il y a le pillage d’œuvres antiques du patrimoine syrien et irakien, sans oublier qu’il existe un certain nombre d’acheteurs à l’étranger. Il faut lutter contre les acheteurs d’œuvres antiques.
  • Argent des banques : Enfin, l’Etat islamique s’est approprié l’argent des banques situées sur son territoire.
  • Esclavage : L’esclavage est également une ressource, à travers la vente de femmes et d’enfants.
  • Enlèvements et rançons : Il y a par ailleurs des enlèvements avec rançons, en interne ou de ressortissants étrangers, parfois médiatisés.

Ces différentes ressources sont toutes susceptibles de durer dans le temps.

Au final, alors que les recettes en hydrocarbures (pétrole, gaz et phosphate) représentaient environ la moitié du budget annuel, d'environ 2 milliards d'euros en 2015, de Daech, il semble qu'elles n'en atteignent plus qu'un petit tiers, selon les dernières estimations des experts en terrorisme. Pour (plus que) compenser ce manque à gagner pétrolier, Daech a poursuivi sa stratégie de diversification de ses ressources.

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Nouvelle source de financement révélée début mars par The Telegraph, Daech engrangerait environ 20 millions de dollars, chaque mois, en spéculant sur les marchés de devises du Proche Orient. Selon le récent rapport d'une sous-commission britannique, l'État islamique parvient à transférer des liquidités d'Irak vers des banques jordaniennes complices, qui spéculent sur le marché des changes, notamment sur le dollar américain qui a fortement augmenté ces derniers mois.

Circuits financiers et acheteurs

Concernant le pétrole, il y a nécessairement des acheteurs, intérieurs mais aussi extérieurs, ce qui est problématique. Il s’agit de savoir qui achète et comment l’argent circule. Les ressources sont identifiées, mais le souci réside dans le circuit financier et dans la nationalité ou la provenance des acheteurs. La Turquie serait essentiellement complice de ces achats.

D'où viennent ces liquidités? En décembre dernier, la Banque centrale irakienne a ainsi élaboré une liste noire de 142 «bureaux de change» qui permettent au groupe terroriste de faire sortir et re-rentrer de l'argent des territoires qu'il contrôle, via des intermédiaires corrompus -y compris des opposants chiites et kurdes. Ils seraient 1600 «agents de transfert» en Irak, d'après une vaste enquête du Wall Street Journal .

Il existe trois routes principales pour ces transferts d'argent, dont deux côté turc (une au Nord-Est, d'Istambul à Mossoul via des villes kurdes d'Irak; et une au Nord-Ouest, du sud de la Turquie vers Raqqa) et une côté jordanien, d'Amman à Badgad via la province d'Anbar.

Routes de transfert d'argent de Daech

Comment se finance l'Etat islamique ?

Lutte internationale contre le financement du terrorisme

Le 16 novembre dernier, dans son communiqué spécial sur la lutte contre le terrorisme, le G20 a appelé ses membres à « renforcer le combat contre le financement du terrorisme ». Au-delà des postures, existe-t-il une volonté politique commune ? Tout le problème est là. L’Arabie Saoudite s’est associée à cette volonté alors que ce pays est justement soupçonné, avec le Qatar, de financer indirectement le terrorisme.

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Cet appel du G20 va à mon sens au-delà de la posture mais l’on est encore très loin d’une action véritable car il faudrait une action concertée de tous et pas seulement des pays du G20. Lorsque des Etats ne jouent pas le jeu, il est très compliqué d’éradiquer le phénomène. Les Américains commencent à travailler sur cette question, notamment à travers le FBI ou des services spécialisés.

Il est également très difficile d’agir réellement lorsque les circuits, notamment de blanchiment ou de flux financiers, sont complexes. On peut imaginer que certains anciens proches de Saddam Hussein ou du pouvoir syrien, qui maitrisent cet aspect, mettent en place des circuits complexes de transfert d’argent et de blanchiment. On rencontre ainsi le même problème avec l’Etat islamique qu’avec des organisations mafieuses qui utilisent des circuits de blanchiment internationaux.

Comment gagner le combat contre l’argent de l’Etat islamique ?

Le premier outil nécessaire serait de supprimer tous les territoires opaques, c’est-à-dire là où l’opacité bancaire est totale. Les flux financiers peuvent s’y exercer sans aucun problème, sans se soucier de leur provenance et de leur motif. Il faut supprimer les paradis fiscaux du point de vue, non pas fiscal, mais bancaire.

Cela passe par la suppression du secret bancaire total de certains territoires. Il faut par ailleurs mettre en place sur le plan mondial toutes les procédures d’échanges d’informations bancaires que les Etats-Unis ont mis en place pour leur propre compte mais qui, pour l’instant, ne sont pas partagées par de nombreux pays.

Tout le dispositif en matière de lutte contre la fraude fiscale pourrait très bien être développé pour lutter contre le financement du terrorisme et ses flux financiers. Il ne faut bien entendu pas oublier d’accompagner cette lutte sur le plan financier par ce qui se passe actuellement, c’est-à-dire des actions militaires, policières et judiciaires. L’un ne va pas sans l’autre. Il s’agit d’un ensemble de mesures cohérent.

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Il faut casser les ressources, incendier les puits de pétrole, détruire les camions citernes qui s’y approvisionnent.

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