Qui finance la Banque Africaine de Développement ?

La Banque Africaine de Développement (BAD) joue un rôle crucial dans le développement économique et social du continent africain. Fondée il y a 60 ans, le 10 septembre 1964, par 23 pays africains nouvellement indépendants, elle est aujourd'hui un outil de financement solide et respecté, incontournable pour le développement du continent. Cet article examine les sources de financement de la BAD et ses partenariats clés.

Siège de la Banque Africaine de Développement à Abidjan

Siège de la Banque Africaine de Développement à Abidjan

Les Origines et l'Évolution de la BAD

L’idée d’une banque de développement panafricaine pour sortir le continent de la pauvreté aurait germé en 1958, dans un village du nord-est du Liberia. Le projet est lancé, en même temps que celui d’une Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1961, lors de la conférence de Monrovia. L’accord constitutif de la Banque africaine de développement (BAD) est signé le 4 septembre 1963 par les représentants de 23 États africains.

La BAD accorde ses premiers prêts à la Sierra Leone pour constituer sa National Development Bank et au Kenya pour la construction d’une route. L’idée de faire entrer au capital des États non africains est mise en œuvre en 1982, ce qui rassure les marchés financiers. La BAD se voit attribuer son premier Double-A par les agences de notation internationales.

Dans la deuxième moitié des années 1980, la BAD parvient à tripler son capital. Pour redonner de la crédibilité à la BAD, le Marocain Omar Kabbaj (1995-2005) recrute des professionnels, mais doit tailler dans les effectifs et dans le nombre de projets financés.

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Le Modèle Financier Actuel de la BAD

Aujourd'hui, la BAD compte 81 pays membres, dont 27 États non africains. La BAD est dirigée par un Conseil d’administration composé de vingt membres, dont treize sont élus par les gouverneurs représentant les pays membres régionaux, c’est-à-dire les pays africains (soit 60% des droits de vote) et sept par les gouverneurs représentant les pays membres non-régionaux (40% des droits de vote). La France est 5e actionnaire non régional avec 3,8% des voix, elle représente au conseil la circonscription Belgique-Espagne-France.

La BAD comprend trois entités : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). La Banque africaine de développement (BAD) soutient les pays dont le produit intérieur brut (PIB) par habitant dépasse 1 050 dollars (773 euros). Le Fonds africain de développement (FAD) réserve, quant à lui, ses prêts et dons aux pays dont le PIB est inférieur à 540 dollars (397 euros) par habitant.

Signe de la confiance des marchés, la BAD gagne l’année précédente la note la plus élevée des agences de notation, le Triple-A, qui lui permet toujours aujourd’hui d’aller sur les marchés internationaux au moindre coût, car elle est considérée comme ne comportant aucun risque.

Sous le double mandat d’Akinwumi Adesina, la banque panafricaine a reconstitué le Fonds africain de développement, un des deux guichets concessionnels du groupe, qui offrent des dons ou des prêts à taux très réduits. Elle a réussi deux augmentations de capital, à 318 milliards de dollars désormais.

En 2019, le conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAfD) a approuvé le lancement de la 7e augmentation de capital, prévoyant une hausse générale de 125% du capital autorisé de la banque, afin d’atteindre un capital de 153Md DTS soit environ 210 Md$.

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Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement

Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement

Partenariats Stratégiques

Le Groupe de la Banque africaine de développement et l'Agence française de développement (AFD) ont signé un accord de cofinancement et de partenariat afin de renforcer leurs relations et de mobiliser des ressources supplémentaires pour des projets à fort impact en Afrique. L'accord, d'une durée de cinq ans (2021 à 2026), prévoit un montant indicatif de 2 milliards d'euros de cofinancement pour les trois premières années.

En accord avec l'agenda de Finance en commun, la Banque africaine de développement (BAD) et l'AFD, capitaliseront sur leur expertise et leur expérience respectives. Leur coopération portera également sur le renforcement du secteur privé et du secteur financier.

La BAD est le quatrième partenaire financier de l’Agence française de développement et son premier partenaire parmi les banques multilatérales régionales.

L’investissement de la BAD dans l’AFC va permettre aux deux institutions d’accélérer le développement des infrastructures et la prestation sur le continent en renforçant les possibilités de cofinancement, la mise en œuvre conjointe, le transfert des connaissances et le développement des capacités au profit de l’Afrique.

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Priorités et Défis de la BAD

Depuis 2015, la BAD est présidée par le Nigérian Akinwumi Adesina. Il a su clarifier les missions de la BAD autour de cinq priorités (High Five) :

  • Éclairer et fournir de l’énergie à l’Afrique
  • Nourrir l’Afrique
  • Intégrer l’Afrique
  • Industrialiser l’Afrique
  • Améliorer les conditions de vie des Africains

La BAD soutient fortement les zones industrielles spéciales et une politique de genre efficace. Dans le domaine des énergies vertes, la BAD est présente partout en Afrique sur les grands ensembles d’énergies renouvelables, même s’il lui est plus difficile de financer les petits réseaux locaux.

Seize projets d’infrastructures de la BAD doivent permettre l’intégration continentale. Et la banque panafricaine s’est beaucoup investie dans le programme phare, la zone de libre-échange africaine continentale (Zlecaf).

Pour réaliser le développement et adapter le continent au changement climatique, les besoins sont chiffrés à 300 milliards de dollars par an. La BAD contribue activement à la quête de fonds. Le Nigérian a également convaincu le Fonds monétaire international (FMI) de verser aux banques régionales de développement, dont la BAD, les droits de tirage spéciaux (DTS) cédés par les pays riches aux pays en développement, lors de la crise liée à la pandémie de Covid-19.

En dépit de toutes ces avancées, la BAD est critiquée pour la lenteur de ses cycles d’approbation et d’évaluation des projets.

Infrastructures offertes à 2iE par la Banque africaine de développement ( BAD)

Tableau des Actionnaires Principaux de la BAD

Voici un aperçu des principaux actionnaires de la BAD, illustrant la diversité de ses sources de financement :

ActionnaireTypeInfluence
NigeriaAfricainActionnaire le plus important (1er groupe)
États-UnisNon-régional2ème actionnaire (8ème groupe)
JaponNon-régional3ème actionnaire (4ème groupe)
Afrique du SudAfricain5ème actionnaire, 2ème groupe le plus influent
FranceNon-régional5ème actionnaire non régional

Les chiffres ci-dessus montrent une combinaison d'actionnaires africains et non-africains, soulignant la coopération internationale dans le financement du développement en Afrique.

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