Calcul et fonctionnement des cotisations sociales en micro-entreprise (RSI / régime micro-social)

En tant que micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur), vous êtes entrepreneur individuel et à ce titre travailleur non salarié (TNS), donc affilié à la sécurité Sécurité sociale des indépendants. La micro-entreprise est un statut permettant de booster la création d’entreprise sur le territoire national grâce, notamment, à des démarches simplifiées. Le statut de micro-entrepreneur vous permet de bénéficier d’un régime simplifié de calcul et de paiement des cotisations sociales obligatoires.

Déclaration et périodicité : comment et quand déclarer

Chaque mois ou, sur option, chaque trimestre, vous déclarez votre chiffre d'affaires réellement encaissé et vous versez les cotisations sociales correspondantes, calculées en proportion de ce chiffre d'affaires. La déclaration est à faire en ligne, chaque mois ou chaque trimestre, selon l'option choisie. La déclaration de chiffre d'affaires doit toujours être faite soit tous les mois soit tous les trimestres. Cette déclaration doit être faite, même en l'absence de chiffre d'affaires encaissé. Dans ce cas, vous déclarerez « 0 » dans la case requise.

Vous connaîtrez donc immédiatement le montant des charges sociales à payer. Si votre chiffre d'affaires (CA) est nul, vous n’aurez rien à régler. En cas d’option pour la déclaration et le paiement mensuels : création en septembre 2025 et déclarations des 4 premiers mois d’activité en janvier 2026, puis chaque mois. Exemple : si vous avez choisi un rythme mensuel de déclaration, le chiffre d’affaires encaissé en mai devra être déclaré courant juin et les cotisations correspondantes seront à payer le 30 juin. Autre exemple cette fois-ci, si vous avez choisi un rythme trimestriel de déclaration. Dans cette situation, le chiffre d’affaires encaissé du 1er avril au 30 juin devra être déclaré courant juillet et les cotisations correspondantes seront à payer le 31 juillet.

Principe de calcul : taux appliqués au chiffre d'affaires

Les cotisations sociales sont calculées selon un pourcentage fixe appliqué au chiffre d'affaires. Ce pourcentage représente un forfait qui inclut l'ensemble des cotisations et contributions sociales. Le montant de vos cotisations sociales est calculé en appliquant à votre chiffre d'affaires un taux global de cotisations qui varie en fonction de l'activité exercée. Ce taux global inclut toutes les cotisations et contributions sociales relatives à la protection sociale obligatoire : maladie-maternité (y compris la cotisation indemnités journalières) ; invalidité et décès ; retraite de base ; retraite complémentaire obligatoire ; allocations familiales ; CSG-CRDS.

Taux « normaux » selon l'activité

Secteur d’activité Taux global de cotisations
Achat / Revente de marchandises (BIC) 12,30 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) 21,20 %
Autres prestations de services (BNC) 25,60 %
Professions libérales réglementées relevant de la Cipav (BIC ou BNC) 23,20 %
Location de meublés de tourisme classés 6,00 %

Si vous exercez des activités de nature différente, vous n’aurez pas à réaliser plusieurs déclarations. Vous devrez simplement ventiler vos chiffres d’affaires en autant de lignes que vous exercez d’activités. Ainsi, chaque activité se verra appliquer le taux de cotisations qui lui est propre. Si le micro-entrepreneur exerce plusieurs activités relevant de catégories différentes, il est appliqué à chaque activité son propre taux de cotisations.

Lire aussi: Comprendre le Micro-BA

Exemples de calcul

Par exemple, un chiffre d'affaires mensuel de 3 500 € réalisé lors de la vente de marchandises donne lieu à un paiement de 430,5 € de cotisations et contributions sociales sous le régime micro-social simplifié. Calcul : 3 500 € x 12,3 % = 430,5 €.

Options spécifiques : versement libératoire, ACRE, outre-mer

Le micro-entrepreneur peut décider d’opter pour le versement forfaitaire libératoire ce qui, en pratique, lui permet de s’acquitter de son impôt sur le revenu et de ses cotisations sociales en même temps. Vous pouvez opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu auprès de l'Urssaf. En cas d’option pour le versement libératoire: de l'impôt, l'Urssaf collecte l’impôt et les cotisations sociales, le taux appliqué est alors de 22,9 % (activité de vente) ; 27,8 % pour les BNC en cas d’option ; 25,4 % pour les professions relevant de la Cipav en cas d’option.

Pour rappel, l’Acre est une aide à la création d’entreprise prenant la forme d’une exonération partielle de charges sociales pendant les 12 premiers mois d'activité au maximum. En début d'activité, le micro-entrepreneur peut bénéficier de taux de cotisations sociales réduits, s’il peut prétendre au dispositif d'aide à la création ou reprise d'entreprise (Acre). Le micro-entrepreneur qui souhaite bénéficier de l’Acre doit en faire la demande à l’Urssaf, simultanément à sa déclaration de début d'activité.

Pour le calcul de leurs cotisations sociales, les bénéficiaires de l'Acre bénéficient d’un taux « réduit » jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit celui de leur début d’activité. Dès lors, pour une création le 3 mars 2026, l'exonération sera appliquée jusqu’au 31 décembre 2026. En revanche, pour une création le 3 avril 2026, l'exonération sera appliquée jusqu’au 31 mars 2027.

Secteur d’activité Taux global "réduit" (débuts jusqu'au 30/06/2026) Taux global "réduit" (à partir du 01/07/2026)
Achat / Revente de marchandises (BIC) 6,20 % 9,3 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) 10,6 % 15,9 %
Autres prestations de services (BNC) 12,8 % 19,2 %
Professions libérales relevant de la Cipav 13,4 % 17,4 %

Un taux réduit en outre-mer (hors Mayotte) : les micro-entrepreneurs exerçant dans les départements et régions d’outre-mer (DROM) bénéficient de taux réduits de cotisations sur trois ans.

Lire aussi: Micro-entreprise : Tout ce qu'il faut savoir

Cas particuliers : absence de CA, cotisations minimales et basculement de régime

En l’absence de CA ou en présence d’un CA trop faible, vous pouvez demander à verser des cotisations minimales afin de vous assurer une meilleure protection sociale. Cette demande doit être formulée auprès de l’Urssaf par courrier ou courriel via la messagerie de votre compte en ligne (motif : "Gestion quotidienne de mon compte" > "J'ai une autre question concernant la gestion de mon compte") : dans les 3 mois suivant la création d’activité, pour une application immédiate, au plus tard le 31 décembre, pour une application au 1er janvier de l’année suivante.

Attention : si vous optez pour le paiement de cotisations minimales, vous perdrez le bénéfice du micro-social et basculerez vers le régime « classique ». L’option pour le paiement de cotisations minimales permet de continuer à bénéficier des garanties liées au paiement des cotisations malgré un chiffre d'affaires faible ou nul. L’entrepreneur bascule dans ce cas dans le régime des travailleurs indépendants « classiques » : ses cotisations sont calculées sur son revenu professionnel (à déclarer une fois par an), au lieu du chiffre d’affaires.

Pour un artisan ou un commerçant, les cotisations minimales s'élèvent à 1 005 €. La cotisation minimale des indemnités journalières est calculée sur une base de 40 % du Pass (15 893 € pour 2018) au taux de 0,85 % et s'élève à 135 €. La cotisation minimale d'assurance retraite de base est calculée sur une base forfaitaire de 11,5 % du Pass (4 569 € pour 2018) soit 811 €.

Protection sociale et couverture

Le micro-entrepreneur bénéficie ainsi d’une couverture sociale (remboursement des frais médicaux, congé maternité/paternité, retraite...). En devenant micro-entrepreneur vous serez couvert en cas de maladie. Toutefois, il faudra au moins une année d'affiliation pour percevoir des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie et 6 mois d'affiliation pour la maternité. Au niveau de la retraite, vos droits dépendront du montant de votre chiffre d'affaires déclaré et de votre situation personnelle.

À partir du 1er janvier 2018, le régime social des indépendants (RSI) est progressivement adossé au régime général de la sécurité sociale. Depuis le 1er janvier 2018, le régime social des indépendants (RSI) a été supprimé. Le paiement de la régularisation définitive des cotisations de l’année civile précédente intervient lorsque votre revenu définitif de l’année précédente est connu. D’un point de vue comptable, le principe est plus simple. A la clôture de l’exercice, la situation réelle vis-à-vis des cotisations sociales du travailleur indépendant est constatée en comptabilité. En présence d’un solde à payer, il est vivement conseillé de mettre de côté la trésorerie nécessaire au paiement de ce solde qui sera appelé par la caisse.

Lire aussi: Guichet Unique INPI : Micro-entreprise

Autres obligations et taxes liées à l'activité

Durant la vie de son entreprise, l’entrepreneur devra payer d’autres taxes, toujours dépendantes du chiffre d’affaires déclaré. Aux charges sociales s’ajoutent les charges fiscales. Elles sont de deux types : les impôts ; la cotisation foncière des entreprises (CFE). Lors de la déclaration annuelle des revenus, les entrepreneurs doivent déclarer leur chiffre d’affaires pour s’acquitter ensuite de la taxe. Pour cela, il convient de remplir le formulaire 2042 C PRO. Un abattement est ensuite réalisé sur le chiffre d’affaires indiqué. Ce dernier varie toujours selon la nature de l’activité exercée : 71 % pour les activités d’achat et de revente ; 50 % pour les autres activités relevant des BIC (prestations de services) ; 34 % pour les BNC (professions libérales et agents commerciaux).

La cotisation foncière des entreprises est une taxe similaire à la taxe d’habitation. Elle dépend principalement de l’estimation de la valeur locative des biens utilisés pour l’exercice de l’activité. Les entreprises ne paient pas la CFE la première année civile. Il est donc vivement conseillé de démarrer votre activité un mois de janvier ! Aussi, si votre chiffre d’affaires est nul, vous ne devrez pas en payer. C’est lors de la troisième année civile de vie de votre entreprise que vous devrez vous acquitter de la CFE qui peut varier de 200 à plusieurs milliers d’euros si votre chiffre d’affaires dépasse largement les 10 000 euros annuels.

Salariés, obligations d'employeur et déclarations

Si vous embauchez un ou plusieurs salariés, le micro-entrepreneur doit, en tant qu’employeur, payer des cotisations sociales patronales et prélever les cotisations salariales sur les rémunérations versées. Ces cotisations et contributions sociales sont calculées sur les revenus versés aux salariés : salaires, indemnités, prestations sociales complémentaires, revenus de remplacement en cas d'arrêt maladie, maternité ou accident du travail, prestations familiales « extralégales », avantages en espèces servis par le comité social et économique (CSE), avantages en nature tels que nourriture et logement, mise à disposition de véhicule professionnel pour un usage privé.

C'est l'employeur qui retient le montant des cotisations sociales chaque mois sur la paie de ses salariés. Il doit ensuite déclarer et verser ces cotisations sociales à l'aide de la déclaration sociale nominative (DSN) au plus tard le 15 du mois suivant celui de la période d'emploi considérée lorsqu'il embauche moins de 11 salariés. L'employeur a la possibilité d'opter pour la déclaration sociale nominative trimestrielle.

Auto-entrepreneur - Comment déclarer son chiffre d'affaires à l'Urssaf ? (Tuto 2025)

Points pratiques et recommandations de gestion

A la création de son statut, l’entrepreneur décide de payer mensuellement ou trimestriellement ses cotisations. Dès lors, il devra se connecter sur la plateforme de l’URSSAF chaque mois. Il lui sera demandé son chiffre d’affaires. Un taux fixe sera appliqué sur ce chiffre d’affaires pour déterminer les cotisations sociales à payer, différentes selon l’activité de la société. Pour démarrer son activité, l’auto-entrepreneur doit déclarer le début de l’activité. Ainsi, il doit remplir le formulaire P0 CMB pour obtenir un numéro Siret et être enregistré par le Greffe. Cette déclaration est gratuite pour les micro-entrepreneurs sauf pour ceux dont l’activité est d’être agent commercial.

En devenant micro-entrepreneur, vous ne cotisez pas à l'assurance chômage en tant qu'entrepreneur individuel. Non, vous ne pouvez pas percevoir d'allocation chômage si vous arrêtez votre activité de micro-entrepreneur. À la différence des salariés, les indépendants ne cotisent pas à l'assurance chômage. Non, un micro-entrepreneur ne peut pas déduire ses charges de son chiffre d'affaires. Dans le régime fiscal de la micro-entreprise, le principe est que l'entrepreneur individuel est imposé sur la base de son chiffre d'affaires diminué d'un abattement forfaitaire représentatif de l'ensemble des charges de l'activité professionnelle.

Les micro-entrepreneurs sont redevables de la contribution à la formation professionnelle (CFP). Les micro-entrepreneurs qui le souhaitent peuvent avoir recours à une ou plusieurs formations. Pour une bonne gestion, il est important d'anticiper les différentes dépenses liées à votre entreprise parmi lesquelles les cotisations sociales. Il est vivement conseillé de mettre de côté la trésorerie nécessaire au paiement éventuel d'un solde appelé par la caisse.

Seuils bancaires et compte professionnel

En tant que micro-entrepreneur, vous devez obligatoirement disposer d’un compte professionnel dans le cadre de l’exercice de votre activité si : votre chiffre d’affaires dépasse les 10 000 euros annuellement ; cela, sur une durée de deux années consécutives. Une fois ces deux conditions remplies, vous devrez alors payer les frais bancaires relatifs à la gestion de votre compte auto-entrepreneur, à l’utilisation de votre carte bancaire... Les frais entourant la gestion du compte bancaire disparaissent selon le chiffre d’affaires généré par l’auto-entreprise.

Basculer hors régime micro-social

Le régime micro-social cesse de s'appliquer lorsque le chiffre d'affaires permettant de bénéficier du régime fiscal de la micro-entreprise est dépassé pendant deux années consécutives. Dès le 1er janvier de l’année suivante, l’entrepreneur doit basculer dans le régime des travailleurs indépendants classiques. Il sera alors soumis aux cotisations et contributions sociales calculées au réel.

Le micro-entrepreneur est affilié à la Cipav s’il exerce l’une des professions suivantes : Architecte, architecte d’intérieur, économiste de la construction, maître d’œuvre, géomètre expert ; Ingénieur conseil ; Moniteur de ski, guide de haute montagne, accompagnateur de moyenne montagne ; Ostéopathe, psychologue, psychothérapeute, ergothérapeute, diététicien, chiropracteur, psychomotricien ; Artiste non affilié à la Maison des artistes ; Expert en automobile, expert devant les tribunaux, mandataire judiciaire à la protection des majeurs ; Guide-conférencier.

Le simulateur suivant permet d’estimer le montant des cotisations sociales : Calculer le revenu net d'un micro-entrepreneur (auto-entrepreneur).

balises: #Entreprise

Articles populaires: